lundi 28 janvier 2019

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Ron Randell et Elaine Stewart dans Most dangerous man alive d'Allan Dwan (1961).

Notes sur "Los Alamos".

Epingle 1. "Pour savoir filmer des acteurs il faut d'abord savoir filmer des montagnes." (Luc Moullet citant Lubitsch)

Ça se passe dans les Alpes du sud, où Luc Moullet aime tourner ses films, sauf que là c'est plus à l'est, du côté du mont Bégo, célèbre pour les gravures rupestres qui ornent les roches situées autour (plus de 40000 pétroglyphes, majoritairement des corniformes), une partie dans la vallée des Merveilles, vallée austère, minérale, l'autre dans la vallée de Fontanalba, plus verdoyante. Un mystère qui n'est pas le seul. Il y a aussi la composition des roches, riches en métaux divers (fer, cuivre, zinc, plomb), ce qui provoque des phénomènes étranges, électromagnétiques, tels le dérèglement des boussoles et surtout, lors des épisodes orageux, l'attraction de la foudre juste au-dessus de la montagne dont le sommet fait office de paratonnerre. Et de voir le Bégo comme une sorte de dieu de la foudre auquel on aurait rendu hommage il y a des milliers d'années, le signe cornu des gravures rappelant la forme des éclairs. A moins qu'il s'agisse du diable. Une autre particularité des roches de cette région est de contenir la pechblende ("fausse poix" en allemand, du fait de son aspect), un minerai d'uranium à très forte radioactivité. Et qui dit radioactivité...

Préambule.

A la fin des années cinquante, pendant qu'Allan Dwan tournait aux Etats-Unis Most dangerous man alive, on prospectait dans la vallée de la Gordolasque, sur les pentes du mont Capelet, à la recherche d'uranium. Le 3 juillet 1959, au lieu-dit "Les Granges du Colonel", vers midi, après un orage d'une extrême violence, un homme sortit de la mine. Il marchait droit devant lui, les bras ballants, le regard fixe. Le ciel était d'une blancheur aveuglante. Après quelques mètres, l'homme s'écroula au milieu des rochers.

De nos jours...

Un paysage de montagne (au loin le mont Bégo). Il fait beau, c'est le printemps. Deux hommes sur un sentier, longeant la montagne. Au bas une rivière. Coupe. Les deux hommes assis au bord de la rivière. On reconnaît Florent Marchet et Fred Testot. Le premier porte une veste en peau de mouton retournée, le second un poncho à losanges.

Florent Marchet (sortant un paquet de sa sacoche): Tu veux un morceau?
Fred Testot: C'est quoi?
Florent Marchet (déballant le paquet avec précaution): Du "yellow cake"... c'est moi qui l'ai fait... tiens, prends...
Fred Testot (recueillant le morceau avec la même précaution): Ça a l'air bon.
Florent Marchet: J'ai changé la recette... j'ai mis plus de jaunes d'œufs... et de vanille aussi.
Fred Testot (la bouche pleine): Mmmm... c'est vachement bon.
Florent Marchet: J'aime bien quand c'est moelleux.

Quelques vues de la montagne. Le soleil à contre-jour. Les deux hommes mangeant leur gâteau en silence.

Epingle 2. Le yellow cake n'est pas qu'un gâteau, c'est aussi un concentré d'uranium (80% de pechblende). Son nom vient de la couleur et de la texture des produits issus des premières méthodes d'extraction (aujourd'hui abandonnées).

Fondu au noir. Les deux hommes allongés dans l'herbe: Fred Testot à même le sol, le poncho remonté jusqu'au cou, dormant profondément; Florent Marchet sur une couverture, bras croisés derrière la tête, la veste ouverte - on aperçoit une étoile de shérif sur son gilet -, qui regarde la montagne. Il pense: "Où est-il? Là, tout près, caché derrière un rocher, en train de nous épier? Ou plus haut, dans une de ces nombreuses grottes qui creusent la montagne?" Long panoramique sur la montagne puis zoom sur ce qui ressemble à l'entrée d'une ancienne mine, recouverte par la végétation. "Là, peut-être..." Des blocs de pierres entassées, un panneau en bois, rongé par le temps, et dessus une inscription: "DANGER DE MORT".

Les nuages qui s'accumulent et assombrissent le ciel.

Florent Marchet (se levant brusquement et secouant du pied Fred Testot): Allez debout, vite... le temps se couvre et je veux pas être là quand ça va éclater.
Fred Testot (s'étirant): Oooaaah... où tu veux aller?
Florent Marchet (repliant sa couverture): Je sais pas... il faut qu'on trouve un abri.

(à suivre)

mercredi 23 janvier 2019

L'âge de Glass

Glass c'est un peu comme la génétique, à la fois un crossover, comme on en trouve dans les comics, qui mêle des personnages issus de récits différents, et une lignée, le troisième volet d'une trilogie: trois films reliés par le thème du super-héros (et son pendant, le super-vilain), chacun des films étant centré sur un personnage: David Dunn, face à Elijah Price, alias Mr. Glass, son archenemy (Unbreakable); Kevin Crumb, alias la Bête, la plus puissante de ses multiples personnalités, face à lui-même et la jeune Casey en qui il finit par se reconnaître (Split); Elijah Price, face à ceux qui ne croient pas à l'existence des super-héros, ce que seul l'affrontement entre David Dunn et la Bête permettrait selon lui de prouver (Glass). Dit comme ça, on pourrait voir ce dernier film comme un aboutissement, le point d'orgue d'un ensemble parfaitement structuré. Il n'en est rien. Glass est une œuvre bâtarde, comme marquée par une tache originelle, qui rend son récit incomplet, fait de lacunes, plus ou moins bien comblées, parfois laissées telles quelles ou alors rebouchées grossièrement. Et c'est bien dans cette apparente "faiblesse" que réside l'intérêt du film. Quelque chose fonctionne mal dans l'histoire que nous raconte Shyamalan, et ce dysfonctionnement, loin de pénaliser le film, le rend au contraire passionnant. Parce qu'il s'inscrit dans la structure même du film, qui est celle de la trilogie que Shyamalan a élaborée en deux temps, sur deux époques (Unbreakable à l'orée des années 2000, Split et Glass entre 2016 et 2018): une histoire contrariée de super-héros (j'entends déjà le ricanement des contempteurs de Shyamalan). Pour le dire autrement, Glass raconte moins la dernière partie attendue de ce type d'histoire - ce que serait ici la lutte sans merci entre David Dunn et la Bête, et son finale, promis mais qui n'arrivera pas, au sommet de la plus grande tour de Philadelphie - qu'une simple "histoire des origines", celles de Dunn et de la Bête, déjà largement traitées dans les opus 1 et 2, celle surtout de Price, un peu délaissée jusque-là et qui, dans le dernier opus, peut enfin se développer.
Bien sûr, il y a cette autre histoire, qu'on pourrait dire de surface, qui essaie de recoller les morceaux, ceux laissés par les deux premiers films, eux-mêmes à raccorder: l'internement des trois personnages dans un hôpital psychiatrique dont le nom Raven Hill fait écho au jeu vidéo Ravenhill Asylum (un jeu d'objets cachés dans un asile d'aliénés), dont surtout l'aspect, notamment la grande salle où les personnages se trouvent réunis pour une thérapie de groupe visant à leur faire perdre leur croyance en leurs super-pouvoirs par une psychiatre venue exprès pour les "convertir" (elle n'a que trois jours pour ça, sinon...), oui eh bien cet hôpital évoque non seulement par sa froideur l'univers des films de Kubrick, mais aussi, à travers les nombreuses caméras de vidéosurveillance qui y sont installées, une sorte de panopticon dont on se doute qu'il servira à autre chose qu'à surveiller les malades. C'est que le lieu est devenu le centre opérationnel de Mr. Glass (présenté au début comme un zombie dans son fauteuil roulant, rendu léthargique par tous les sédatifs qu'on lui administre - ce qui chez Samuel L. Jackson, le roi de la tchatche, ne peut que faire tiquer). Si Crumb et Dunn viennent d'arriver (ils ont été arrêtés - trop facilement? -, après s'être livrés un premier combat dans lequel David Dunn s'est montré aussi fort que la Bête - match nul entre les deux), Price, lui, y est depuis près de vingt ans. Autant dire qu'il a eu le temps de perfectionner sa théorie sur les super-héros et de mettre au point, grâce à ses capacités intellectuelles, restées intactes, la façon de l'expérimenter. Mais derrière tout ça, il y a cette histoire des origines, à commencer par la sienne, celle d'Elijah Price, que Shyamalan a dû à chaque fois réduire, faute d'avoir su/pu l'intégrer comme il le voulait dans les deux premiers films. A ce titre, la séquence du manège, extraite d'Unbreakable mais qui avait été coupée (on peut la voir  - à 8.12 - dans sa version complète) et qui nous montre Elijah enfant se fracassant contre les parois de la nacelle, est une scène clé du film, non seulement par son côté "scène primitive" (équivalente en cela à la scène dans Split  Kevin est maltraité par sa mère), mais surtout par sa puissance dramatique, la scène préfigurant la future vie du personnage que les fractures à répétition, du fait de ses "os de verre", vont conduire à s'enfermer, hors du monde.
Glass évolue ainsi sur deux niveaux. Un niveau superficiel, celui du crossover, qui fait se rencontrer Dunn, la Bête et Mr. Glass (une rencontre en fait prévue depuis le début mais jamais concrétisée, tout juste esquissée - cf. par exemple la très belle scène dans Unbreakable où la mère d'Elijah lui offre son premier comics, emballé dans du papier violet - ce qui sera sa couleur de référence - et qui se révèle être un numéro d'Active comics avec en couverture le combat entre une sorte de Superman au justaucorps vert - écho au personnage de Dunn en justicier avec sa cape de pluie - et une figure animale, à la peau ocre, nommée Jaguaro - écho au personnage de la Bête qui ne sera créé que 17 ans plus tard); un niveau plus profond, plus ou moins caché, qui touche essentiellement au personnage de Glass (justifiant le titre du film): sa propre histoire à compléter, sa détermination à vouloir prouver au monde entier que les super-héros existent. Le film navigue entre les deux niveaux, créant cette impression de flottement, parfois même d'égarement (quid de la société secrète, de l'opération chirurgicale subie par Glass? etc.), jusqu'à rendre le twist final accessoire (étant entendu qu'il ne s'agit pas de la "révélation" - sans surprise tant le spectateur le savait déjà - que le père de Kevin Crumb avait pris le train que fit dérailler Mr. Glass, cet accident dont David Dunn fut le seul survivant et qui a valeur de scène fondatrice pour l'ensemble de la trilogie). Tout tourne autour des rapports entre les trois personnages (eux-mêmes confrontés à cette psychiatre dont on ne saisit pas trop les intentions) et du rôle que joue Mr. Glass. Avec cette particularité qui est propre aux relations triangulaires, à savoir qu'elles s'appuient toujours sur des rapprochements duels, entre deux personnages, au détriment du troisième, ce que Shyamalan met en scène en modifiant successivement le schéma de sorte que chaque personnage devient à un moment donné l'élément tiers. Quant aux personnages secondaires, ils sont vraiment secondaires, réduits à trois, par effet de symétrie, soit un allié pour chaque super-héros/vilain: le fils de David, la mère d'Elijah (interprétés par les mêmes acteurs qu'il y a vingt ans - on les revoit d'ailleurs tels qu'ils étaient à l'époque au détour de quelques flashbacks) et la nouvelle "amie" de Kevin, la seule qui peut attendrir la Bête, Casey, personnage magnifique mais dont il ne reste rien ici, juste le sentiment (triste) d'un personnage stockholmisé. Ce minimalisme de l'écriture se retrouve au niveau de la forme, Shyamalan jouant sur des effets extrêmement simples, presque naïfs, proche en cela de la série B - il y a un petit côté Ulmer -, comme si le cinéaste, bien qu'il en ait les moyens, s'interdisait aujourd'hui toute surenchère formaliste. Un exemple parmi d'autres: la pièce où se passe la thérapie de groupe; elle est peinte en rose, couleur étonnante vu le contexte, sauf à considérer qu'elle dérive du violet (via le mauve), suggérant ainsi de façon purement chromatique que Mr. Glass a pris possession des lieux, contrairement à ce que laisse penser l'image qu'on a de lui à cet instant du film.
Qu'en conclure? Que Glass, certes, n'a pas la beauté visuelle de The village, qu'il n'a pas non plus la puissance fictionnelle de The happening, peut-être les deux plus beaux films de Shyamalan. Que, de même, si l'on s'en tient à la seule trilogie, il n'a ni l'aspect chatoyant, très pulp, d'Unbreakable ni le côté fascinant de Split. Glass se situe davantage dans le prolongement de Lady in the water et The visit. C'est que Shyamalan a changé. On peut le regretter, on peut aussi saluer l'évolution d'un cinéaste, n'hésitant pas à aller vers une plus grande économie, aussi bien dans ce qu'il raconte que dans sa manière de raconter. Mais ce qui, en dernier lieu, rend Glass si émouvant est que Shyamalan, plutôt que de traiter ce dernier volet (à vocation synthétique) sur les super-héros sous la forme mainstream d'une apothéose, choisit la voie inverse, dans le plus pur esprit des comics, voie plus risquée, plus fragile, que d'aucuns qualifieront forcément de déceptive. Si les deux premiers films empruntaient le chemin qui va du héros (mortel) au super-héros, Glass ramène tout ce petit monde à l'échelle de l'humain, échelle si petite que... (attention spoilers) un super-héros, connu pour sa peur de l'eau, finit par périr noyé dans une flaque d'eau; un autre, connu pour sa bestialité, finit par être abattu comme une bête; et le dernier, l'opposé du super-héros mais équivalent parce que les deux ne peuvent exister l'un sans l'autre, connu, lui, pour sa fragilité osseuse, finit par succomber en tombant simplement de son fauteuil. Ainsi rendus mortels, la preuve est faite que, au-delà de leurs super-pouvoirs enfin révélés au monde, les super-héros sont bien réels.

mardi 8 janvier 2019

Marwen marvel

Ce qui frappe dans Bienvenue to Marwen, le dernier film, magnifique, de Zemeckis, c'est d'abord sa structure:
1) des petites installations, scénettes de guerre (la WW2) qu’on croirait sorties de chez Tarantino, avec des figurines en guise de personnages: Captain Hogie, de l’US Air Force, à la tête d’un groupe de guerrières badass et super sexy, confrontées à une horde de soldats SS qu’elles n’arrêtent pas de zigouiller car ressuscitant sans cesse... ça se passe à Marwen, petit village belge lui aussi inventé.
2) Toutes ces scènes minutieusement agencées sont ensuite photographiées et viennent enrichir l’œuvre d’un certain Mark Hogancamp, dont Hogie est l’alter ego (ils ont en commun un goût prononcé pour les souliers féminins), personnage idéalisé (il est du genre cool), les amazones qui le protègent étant elles-mêmes inspirées de femmes qu’Hogancamp connaît ou a connues mais que son subconscient (matérialisé là aussi par une poupée) maintient à l’état de fantasmes.
3) Cette œuvre, qui doit faire l’objet d’une exposition dans une galerie célèbre de New York, a valeur de thérapie: quelques années auparavant, Hogancamp a été tabassé à la sortie d’un bar par une bande de néo-nazis à qui il avait avoué, sous l’emprise de l’alcool, son penchant queer. Laissé pour mort, il survécut mais totalement amnésique, n’ayant plus aucun souvenir de l’agression (sauf la chanson qui passait à ce moment-là dans le bar) ni même de son passé; depuis, il tente de se reconstruire via ce monde imaginaire qu’il met en scène pour surmonter son traumatisme, vivant en solitaire, toujours accro aux talons hauts mais abstinent, tel un grand enfant au milieu de ses poupées, dans l’angoisse du procès qui doit le confronter à ses agresseurs.
4) C’est là que Zemeckis intervient. D’abord en reliant tous ces éléments dans le cadre d’une fiction qui conserve sa base documentaire (le film reste fidèle à l’histoire d’Hogancamp, déjà sujet d’un documentaire, Marwencol, sur lequel Zemeckis s’est appuyé). Et quoi de mieux pour faire le lien entre un personnage réel (Hogancamp incarné par Steve Carrell) et son effigie en plastique que la performance capture dont rappelons-le Zemeckis est l'inventeur. Et par là-même donner chair aux autres créatures, à commencer par la dernière (sous les traits de la douce Leslie Mann, la nouvelle voisine, incarnation de Nicol - sans "e" à la fin, ce qu'on peut voir comme un contrepoint (féminin), dans ce monde ultra-violent que sublime Hogancamp pour mieux le conjurer, au Django de Tarantino, dont le "D" était muet - Nicol, sa voix enfantine, ses chaussures à talons et sa démarche un peu gauche qui ne peuvent que séduire Mark au point qu'il finira par accoler la fin de son prénom au nom du village, devenu Marwencol.
5) Plus encore: faire le lien entre Hogancamp/Hogie et Zemeckis lui-même, tant le personnage résonne avec d'autres héros du cinéaste: on pense bien sûr à Forrest Gump mais aussi, pour rester dans l'esprit du héros esseulé, à Cast away (on regrettera toutefois que Zemeckis abuse de l'autocitation - péché spielbergien - quand il recourt par exemple à la machine à voyager dans le temps, référence à Back to the future, qui n'apporte rien au récit).
6) Tout cela confère une grande plasticité au film, favorisant les allers-retours entre l'univers d'Hogancamp et celui de Zemeckis. Soit la part créatrice des deux, d'où se dégage une grande mélancolie, ici à travers cette histoire d'homme meurtri, homo doloroso, sauvé par l'art autant que par les femmes, dimension qui surpasse l'aspect purement thérapeutique de la création chez Hogancamp (dont le nom rime avec camp), ce en quoi Zemeckis réussit (amnésie du personnage aidant) là où Van Sant avait échoué dans Don't worry, he won't get far on foot, à suivre au plus près les traumas de son personnage (John Callahan) au détriment de son talent de cartooniste. Dans Marwen, Zemeckis va plus loin, non seulement en offrant à ses figurines une force d'incarnation rarement vue au cinéma, mais surtout en déjouant les pièges inhérents à ce genre d'histoire: un aspect trop folklorique du personnage, que Zemeckis filme au contraire avec beaucoup de finesse et une évidente tendresse (proche en cela de certains personnages de Tim Burton); une sur-dramatisation que Zemeckis évite en réduisant la partie biographique, disons extra-artistique, du récit à la seule audience du procès, auquel assiste Mark accompagné de sa poupée Hogie (de tout le reste, dont cette haine qu'il vouait au début à tous les hommes, nous ne saurons rien), un procès où loin de jouer sur la valeur cathartique qu'aurait pu avoir la séquence, Zemeckis préfère, au détour d'un travelling d'autant plus beau qu'il est fugace, nous montrer la honte de ses agresseurs, baissant la tête, certains même en train de pleurer. "Cours dire aux hommes faibles" chantait Murat. Ici on a droit au Dream baby de Roy Orbison. Mark n'est pas guéri (peut-il l'être un jour?) mais une étape a été franchie, qui lui permet d'aller manger des sushis avec sa fidèle Roberta...