tag:blogger.com,1999:blog-4981754925908606058.post-79353397156683655382008-05-10T00:25:00.008+02:002008-05-10T14:23:11.999+02:002008-05-10T14:23:11.999+02:00[...]<div align="justify"><span style="font-family:verdana;">Bon, il faut que je vous dise: depuis une semaine j’ai tous les matins de violents et mystérieux accès de fièvre qui, à chaque fois, me laissent sur le carreau pour le reste de la journée. Que faire le soir venu? Pas grand-chose sinon récupérer (en écoutant par exemple Albin de la Simone), regarder des films et, à condition d’être allé jusqu’au bout, essayer d’en rendre compte (ce qui n’est pas facile quand on a les idées en charpie). Donc après Stillman, Guiraudie:<br /><br />Il y a dans <strong>Voici venu le temps</strong>, beau film injustement décrié (par Guiraudie lui-même d’ailleurs - il est très fort dans l’autocritique, c’est son côté PCF), un émouvant portrait d’artiste, celui d’un homme d’âge mûr fabriquant une machine, machine de rêve, faite de chaînes et de "<em>bidounes"</em>, machine impossible - il n’arrive pas à la finir bien qu’étant près du but - et pourtant possible puisqu’il en rêve. Voilà bien une des plus belles images du désir qu’on ait vue au cinéma depuis longtemps. Le désir avec tout ce que cela sous-entend: son attachement à un objet fantasmatique, la recherche non pas de la satisfaction mais d’une limite que l’on n’atteint jamais, etc. Il faut dire que le désir chez Guiraudie structure toute son œuvre, il en est le moteur, comme dans n’importe quelle œuvre, mais également la matière, le sujet par excellence que le cinéaste ne cesse d’interroger de film en film, et sous toutes ses formes. Cette métaphore du désir on la trouvait déjà dans <strong>Ce vieux rêve qui bouge</strong>, à travers la machine que le héros, un jeune technicien homo, démontait en même temps qu’il draguait le contremaître de l’usine, sous le regard excité, mais aussi désabusé, d’un vieil ouvrier. Le désir y était tout à la fois celui du sexe, du politique et de la fiction. Quel cinéaste français, si l’on excepte le vertueux Rohmer et l’inconvenant Brisseau, est capable aujourd’hui de mettre en scène avec autant d’acuité, de poésie et d’ampleur narrative la question, si essentielle, du désir? Les Inrocks vous diront: Desplechin, Honoré, les Larrieu... N’en croyez rien, le seul bien sûr c’est Guiraudie.</span></div><div align="justify"><span style="font-family:verdana;"><br />Sinon toujours pas vu <strong>Material girls</strong>.</span></div>Busterhttp://www.blogger.com/profile/07099897805348267693balloonatic@orange.fr