dimanche 19 mai 2019

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Petite parenthèse (désenchantée) - avant de revenir au Satyricon, largement au-dessus de tout ce qu'on peut voir en ce moment - avec The dead don't die de Jarmusch et Douleur et gloire d'Almodovár. Le premier ne vaut pas le second, c'est entendu, mais le second est loin d'être le chef-d'œuvre annoncé un peu partout (ou alors si, mais alors au mauvais sens du mot, au sens où le film du coup s'affiche trop comme "chef-d'œuvre"). De sorte que si le Jarmusch est lui trop "léger", la nonchalance du film confinant à la pure léthargie, que n'égayent pas les nombreux clins d'œil, enfilés là comme des perles de vieux potache (ha ha, Samuel Fuller...), Douleur et gloire souffre à l'inverse d'un excès de gravité, à l'image du titre, à moins de voir dans celui-ci une référence aux telenovelas, comme il y a "Passion et pouvoir", sauf que le film n'a pas justement ce côté romance des telenovelas, ce qu'on retrouvait dans certains des anciens films d'Almodovár (je pense notamment à la Fleur de mon secret, un de ses plus beaux), à l'époque où il signait Pedro Almodovár et pas seulement Almodovár, pas encore au sommet de sa... gloire. Que le film, un peu trop écrit à mon goût, évoque l'acédie, l'assèchement des passions, et la manière dont on n'en sort, ne veut pas dire qu'on y trouve le côté sec, épuré, qui caractérise les derniers films de maîtres. C'est beau - pas si mélancolique que ça (on est davantage sur le registre dépressif avec les douleurs qui vont avec) -, mais y manque la petite étincelle qui illuminait le magnifique Julieta... Et puis, comme dans tous ces films où se décèle une mise en abyme, sous la forme du film dans le film, c'est souvent le film enchâssé, ici El primer deseo, sur les premiers émois de Salvador, soit le cœur du film, que représente la scène merveilleuse, "ensoleillée", dans la cueva, entre Salvador petit garçon et Eduardo son "élève", qui se révèle la partie la plus séduisante. Exit la douleur, exit la gloire... c'est à ce moment-là, seulement, que l'émotion surgit.

Vu aussi la Salamandre (1971), le superbe film "en couleurs noires et blanches" d'Alain Tanner (hélas dans un format de projection inadapté au 1:85 d'origine, l'image se trouvant allongée, ce qui pose problème, surtout quand en plus y figure Jean-Luc Bideau qui mesure pas loin de 2 mètres). J'y reviendrai...

Sinon un peu de promo avec la sortie du premier livre du blog Zoom Arrière consacré à Brian De Palma: c'est .

12 commentaires:

Anonyme a dit…

Où avez-vous vu La Salamandre ?

Buster a dit…

Au Reflet Médicis.

Anonyme a dit…

bonjour buster
je lis ton blog avec plaisir
par curiosité, quel âge as-tu?

Buster a dit…

J'ai l'âge qui vous permet de me tutoyer + 12 ans l'âge du blog

Anonyme a dit…

ok, donc pour moi tu as 39 ans.

Anonyme a dit…

Grosse déception le Almodovar.

Anonyme a dit…

Dolor y gloria = obra maestra

Lola a dit…

Alors Buster, vous avez fait votre choix pour les Européennes ? :D

Buster a dit…

Tsss... il y a le parti animaliste, le toutou de l'affiche a une bonne gueule (lui), mais j'hésite encore...

Lola a dit…

C'est malin (Manon Aubry aussi a du chien).

Anonyme a dit…

Oh putain... Delorme a mis la palme aux Misérables !

Anonyme a dit…

http://www.lefilmfrancais.com/document/cannes2019/etoiles/ET07.png