mardi 7 mai 2019

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La brecha de Víznar, 1966
Tanto monta, monta tanto, 1966

José Guerrero: Pelegrinaje (1966-1969), Centre José Guerrero, Grenade, 3 mai 2019.

José Guerrero, le plus grand peintre espagnol de la seconde moitié du XXe siècle, de retour à Grenade, sa ville natale, en 1966, après 16 années passées aux Etats-Unis...
La brecha de Víznar, son œuvre la plus célèbre, évoque l'assassinat de Federico García Lorca, le grand poète grenadin, fusillé en 1936 à Víznar (près de Grenade) par la milice franquiste et dont le corps, qui n'a jamais été retrouvé, aurait été jeté au fond d'une "brèche" (en fait un des nombreux puits qui servaient avant la guerre à alimenter le moulin d'une petite fabrique textile) puis enseveli à la hâte, comme des centaines d'autres.

[ajout du 09-05-19]

A Grenade en ce moment passe le dernier Assayas, pas très bon, surtout/même en version doublée, Dobles vidas, c'est le moins qu'on puisse dire... et d'ailleurs j'en dirai pas plus, au contraire du dernier Téchiné, l'Adieu à la nuit, vu juste avant de partir et qui m'a agréablement surpris, par l'espèce de contre-pied que prend le film si on le compare aux autres films qui traitent du même sujet: la radicalisation, s'écartant des schémas habituels, psycho-sociologiques, sur le pourquoi et le comment d'un tel basculement, jusqu'à l'inscrire dans un cadre quasi idyllique, celui ensoleillé du Midi, au milieu des chevaux et des cerisiers en fleurs... Téchiné privilégie, dans la tradition de ce qu'il sait faire, la relation nécessairement conflictuelle entre ledit "radicalisé" (un jeune français converti à l'islam et décidé à rejoindre coûte que coûte la Syrie pour faire le djihad) et sa grand-mère - pas n'importe laquelle, c'est Catherine Deneuve et, elle, ne se contente pas de faire un bon café, c'est elle qui dirige le haras et supervise la production des cerises -, dévastée à l'idée de "perdre" son petit-fils... Pas trop de retour du refoulé ici, on n'est pas chez Desplechin (même si le scénario a été co-écrit par une de ses scénaristes), Téchiné la joue simple, classique, sans esbroufe, nous offrant pour le coup une vision "déradicalisée" de la radicalisation... Car on peut voir aussi le film comme une sorte de manifeste "girardien", prônant le romanesque contre le romantique, la "vérité" du premier (le déchirement des proches, incarnés par Deneuve) contre les "mensonges" du second (l'illusion, aveuglante, dont sont victimes les futurs djihadistes), un film qui finalement en dirait beaucoup plus que ceux qui collent d'un peu trop près à la réalité...

A venir: 90's de Jonah Hill.

14 commentaires:

Anonyme a dit…

Mais... Buster... vous êtes un... Rouge !!!?

Buster a dit…

Oui mais... rouge Grenade.

Anonyme a dit…

Vous êtes parti à Grenade pour fuir la crise des Gilets jaunes ?

Buster a dit…

Non quand même pas... mais c'est vrai que Grenade ça repose du blabla politico-médiatique sur et autour des GJ, surtout quand on est comme ici dans un cadre enchanteur, l'Albaicin, ses petites rues en pente et ses maisons blanches, la vue sur l'Alhambra et les sommets enneigés de la Sierra Nevada... bref, ça donne pas envie de revenir.

Sinon, histoire de rigoler, j'ai vu hier soir des Rouges étriller des Gilets Jaunes:

(ce qui est marrant aussi c'est qu'en Espagne beaucoup de gens, qui ne supportent pas l'arrogance des Catalans vis-à-vis du reste du pays, étaient pour Liverpool et en Angleterre beaucoup, qui ne supportent pas l'arrogance des Scousers vis-à-vis des autres clubs anglais, pour le Barça)

Benjamin a dit…

Pas de Messi(e) en finale, mais il y aura au moins un club juif :

https://www.lemonde.fr/football/article/2019/05/08/ligue-des-champions-ajax-et-tottenham-clubs-juifs-malgre-eux_5459596_1616938.html

Buster a dit…

Hé hé... intéressant, je ne savais pas pour Tottenham.

Lucas Moura a dit…

Pas mal aussi Ajax- Tottenham, non ?

Buster a dit…

Sûr... ah si le PSG avait seulement le quart du mental des équipes anglaises (et un meilleur "banc" aussi)

Anonyme a dit…

Mais au fait Buster, que faites-vous donc là-bas, à Grenade ?

Buster a dit…

Rien justement, c'est ça qui est bien.

Anonyme a dit…

Il y a d'autres peintres importants en Espagne pour la période 1950-2000, Eduardo Arroyo a été très importants pour la figuration narrative (c'est assi une peitnure très cinématographique).

Sinon Grenade très belle ville en effet (quoi qu'un peu plus bourgoise que Séville ou Cordoue) . La cathédrale baroque est à la fois imposante et modeste (du fait de la présence mulsulmane il n'y a pas l'espèce de fiéreté à al fois nationalsite et religieuse de l'art gothique, le baroque , déjà un art de crise pour nous, est le plus vieux de catholicisme en Andalousie).
Dans l'Alhambra, j'ai été marqué au point d'en rêver comme d'un lieu magique, presque kubrickien) l'extraordinaire palais de Charles Quint, évidé par un cour circulaire énorme, et étonnament sobre, rapportée en plein milieu du complexe musulman (qu'il est finalement trop singulier pour dénaturer), un geste architectural quasi-brutaliste avant la lettre. Il y a un discret mais superbe musée d'art à l'intérieur, avec des superbes statues polychromes de Lorenzo cano.

Buster a dit…

Pas encore revisité l'Alhambra mais c'est prévu... la Cathédrale oui et surtout le monument que je préfère à Grenade, la Chartreuse (il y a également le monastère de San Jeronimo)... j'aime aussi l'animation de la ville avec tou(te)s ces étudiant(e)s... et le flamenco le soir dans les cuevas...

Sinon j'ai découvert il y a quelques jours à la fondation Rodriguez-Acosta une petite sculpture d'Alonso Cano, représentant San Diego de Alcala... absolument magnifique

Anonyme a dit…

Oui les statues polychromes et les peintures d'Alonso Cano sont magnifiques et parfois troublantes : https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Alonso_Cano_-_Bust_of_Saint_Paul_-_Cathedral_of_Granada_-_2.jpg

Une sorte de croisement (ou de tension, qui traverse l'histoire de l'Espagne) entre la finesse psychologique et la bienveillance
(plutôt laïque et sceptique) de Velasquez pour le sujet peint et le mysticisme sévère mais très érotisé et centré sur soi de Zurbaran. Sa biographie est aussi etonnante

Buster a dit…

Très juste... à propos de Zurbaran, il y a aussi à la fondation Rodriguez Acosta une de ses toiles, la Virgen niña rezando, qui n'est pas aussi belle, le regard est différent, que la version la plus célèbre la Virgen niña en oracion au musée de l'Ermitage à St Petersbourg, mais bon c'est du Zurbaran :-)