Nicolas - Vous ne trouvez pas que Stéphane Bern ressemble de plus en plus à Pierre Dac?
Audrey (interrompant sa lecture) - C'est qui Pierre Dac?
Thomas - Comment, tu ne connais pas Pierre Dac?
Audrey - Non... je devrais?
Nicolas - Un peu oui, c'est un des plus grands humoristes français... avec Francis Blanche il formait... attends, ne me dis pas que Francis Blanche, tu ne connais pas non plus...
Audrey - Bah, c'est que...
Thomas - Mais enfin Audrey... Pierre Dac, Francis Blanche...
Nicolas - Et Raymond Devos?.. Bon lui était belge, mais c'est pareil, c'est la langue française...
Audrey - Désolée, je ne connais pas...
Thomas - Ça alors...
Nicolas - Sinon ton livre, c'est quoi?
Audrey - Paris-Berry de Frédéric Berthet.
Nicolas et Thomas (en chœur) - De qui?
Audrey - Berthet, c'est très drôle... vous ne connaissez pas?
L'autre matin, tombant nez à nez en face d'une énorme araignée, j'ai cru avoir trouvé ce qui me faisait peur chez les insectes: l'envie irrésistible que j'ai de les tuer.
Le type même de raisonnement nazi.
Les zincs se perdent, à Paris. Rien que dans mon quartier, plusieurs ont disparu. Les autres ont changé.
L'autre jour, quand même, dans l'un des rares qui soient restés, deux peintres en bâtiment:
- Quand je bouffais avec ton père, on rigolait tellement qu'on mangeait froid tout le temps.
On a toujours du mal à se représenter les grands écrivains, qui ont écrit de grands livres.
Comment vivaient-ils, etc.
Fausse question.
Un grand écrivain, qui vient d'écrire un grand livre, dit (soupire, murmure, gueule):
- Et maintenant, qui-z-y viennent! Qui-z-y viennent!
Une grande énigme littéraire enfin élucidée.
Photo: Metropolitan de Whit Stillman (1980).
PS. Un petit mot quand même sur l'Ajax dont la victoire sur la Juve (après celle sur le Real, les deux fois sur le terrain de l'adversaire) me réjouit au plus haut point. Si voir Notre-Dame en feu, c'était l'horreur, voir la Vieille Dame prendre l'eau, c'est le pied... Non pas que je n'aime pas la Juventus en tant que telle, mais parce qu'elle fait partie de ces grands clubs européens - les plus riches, même si la Juve l'est moins que les grands clubs anglais ou espagnols - qui, à coups de millions, montent des "super-équipes" avec les meilleurs joueurs du continent. C'est pourquoi lorsque, en Ligue des champions, un "petit" club rencontre un "gros", j'ai toujours envie que le petit l'emporte (c'est mon côté "gilet jaune", hum...), réaction renforcée par le fait que du côté de l'UEFA c'est le contraire, c'est la victoire du gros qu'on souhaite, puisque pour Čeferin et ses amis l'idéal c'est quand même que les gros se retrouvent entre eux à partir des quarts de finale (où ne manquerait que... bah, les gros déjà éliminés par d'autres gros, comme le Bayern par Liverpool et le PSG par Manchester United)... Mais il y a une autre raison pour laquelle je suis pour l'Ajax, c'est que le football qu'il pratique, rapide et spectaculaire, constamment tourné vers l'attaque, renoue avec tout un passé, son propre passé, soit l'époque de Cruyff, le joueur bien sûr (dans les années 70) mais aussi l'entraîneur, à l’Ajax (dans les années 80) puis au Barça (dans les années 90). C'est pourquoi on voudrait que l'équipe aille jusqu’au bout, qu’elle écarte en demies Manchester City (si celui-ci élimine Tottenham) et triomphe en finale du... Barça (si celui-ci élimine Liverpool), en espérant que le manque d’expérience ne lui joue pas un mauvais tour... vu que l’année prochaine ce sera plus dur, d’abord parce que l’équipe sera attendue au tournant, mais surtout parce que, comme d’habitude, dès qu’une génération dorée apparaît à l’Ajax, les joueurs n’y restent pas longtemps, vite repérés par les grands clubs qui ne tardent pas à les acheter, à prix d'or forcément, et ce d’autant plus facilement qu’aux Pays-Bas on ne crache pas sur l’argent. CQFD.
A part ça, j'ai vu passer les Oiseaux de passage et feuilleté le Livre d'image... (sur le Godard, texte à venir: "L'ivre d'image")
[ajout du 18-04-19]
Et puis ça encore (toujours Berthet, dans Paris-Berry), en attendant Godard:
"Le premier texte, la première prose?, bref la première fois que j'ai voulu publier quelque chose, dans une revue littéraire quand j'avais vingt ans, m'ont été refusés parce qu'il y avait, paraissait-il, trop de virgules.
Audrey (interrompant sa lecture) - C'est qui Pierre Dac?
Thomas - Comment, tu ne connais pas Pierre Dac?
Audrey - Non... je devrais?
Nicolas - Un peu oui, c'est un des plus grands humoristes français... avec Francis Blanche il formait... attends, ne me dis pas que Francis Blanche, tu ne connais pas non plus...
Audrey - Bah, c'est que...
Thomas - Mais enfin Audrey... Pierre Dac, Francis Blanche...
Nicolas - Et Raymond Devos?.. Bon lui était belge, mais c'est pareil, c'est la langue française...
Audrey - Désolée, je ne connais pas...
Thomas - Ça alors...
Nicolas - Sinon ton livre, c'est quoi?
Audrey - Paris-Berry de Frédéric Berthet.
Nicolas et Thomas (en chœur) - De qui?
Audrey - Berthet, c'est très drôle... vous ne connaissez pas?
L'autre matin, tombant nez à nez en face d'une énorme araignée, j'ai cru avoir trouvé ce qui me faisait peur chez les insectes: l'envie irrésistible que j'ai de les tuer.
Le type même de raisonnement nazi.
Les zincs se perdent, à Paris. Rien que dans mon quartier, plusieurs ont disparu. Les autres ont changé.
L'autre jour, quand même, dans l'un des rares qui soient restés, deux peintres en bâtiment:
- Quand je bouffais avec ton père, on rigolait tellement qu'on mangeait froid tout le temps.
On a toujours du mal à se représenter les grands écrivains, qui ont écrit de grands livres.
Comment vivaient-ils, etc.
Fausse question.
Un grand écrivain, qui vient d'écrire un grand livre, dit (soupire, murmure, gueule):
- Et maintenant, qui-z-y viennent! Qui-z-y viennent!
Une grande énigme littéraire enfin élucidée.
Photo: Metropolitan de Whit Stillman (1980).
PS. Un petit mot quand même sur l'Ajax dont la victoire sur la Juve (après celle sur le Real, les deux fois sur le terrain de l'adversaire) me réjouit au plus haut point. Si voir Notre-Dame en feu, c'était l'horreur, voir la Vieille Dame prendre l'eau, c'est le pied... Non pas que je n'aime pas la Juventus en tant que telle, mais parce qu'elle fait partie de ces grands clubs européens - les plus riches, même si la Juve l'est moins que les grands clubs anglais ou espagnols - qui, à coups de millions, montent des "super-équipes" avec les meilleurs joueurs du continent. C'est pourquoi lorsque, en Ligue des champions, un "petit" club rencontre un "gros", j'ai toujours envie que le petit l'emporte (c'est mon côté "gilet jaune", hum...), réaction renforcée par le fait que du côté de l'UEFA c'est le contraire, c'est la victoire du gros qu'on souhaite, puisque pour Čeferin et ses amis l'idéal c'est quand même que les gros se retrouvent entre eux à partir des quarts de finale (où ne manquerait que... bah, les gros déjà éliminés par d'autres gros, comme le Bayern par Liverpool et le PSG par Manchester United)... Mais il y a une autre raison pour laquelle je suis pour l'Ajax, c'est que le football qu'il pratique, rapide et spectaculaire, constamment tourné vers l'attaque, renoue avec tout un passé, son propre passé, soit l'époque de Cruyff, le joueur bien sûr (dans les années 70) mais aussi l'entraîneur, à l’Ajax (dans les années 80) puis au Barça (dans les années 90). C'est pourquoi on voudrait que l'équipe aille jusqu’au bout, qu’elle écarte en demies Manchester City (si celui-ci élimine Tottenham) et triomphe en finale du... Barça (si celui-ci élimine Liverpool), en espérant que le manque d’expérience ne lui joue pas un mauvais tour... vu que l’année prochaine ce sera plus dur, d’abord parce que l’équipe sera attendue au tournant, mais surtout parce que, comme d’habitude, dès qu’une génération dorée apparaît à l’Ajax, les joueurs n’y restent pas longtemps, vite repérés par les grands clubs qui ne tardent pas à les acheter, à prix d'or forcément, et ce d’autant plus facilement qu’aux Pays-Bas on ne crache pas sur l’argent. CQFD.
A part ça, j'ai vu passer les Oiseaux de passage et feuilleté le Livre d'image... (sur le Godard, texte à venir: "L'ivre d'image")
[ajout du 18-04-19]
Et puis ça encore (toujours Berthet, dans Paris-Berry), en attendant Godard:
"Le premier texte, la première prose?, bref la première fois que j'ai voulu publier quelque chose, dans une revue littéraire quand j'avais vingt ans, m'ont été refusés parce qu'il y avait, paraissait-il, trop de virgules.
Je ne sais toujours pas ce que ce type avait contre les virgules.
Il avait mon âge, à l'époque (et du coup doit encore l'avoir aujourd'hui, rien à faire ce crétin me poursuit, c'est beau, une génération), et était membre du comité de rédaction de la revue en question.
Ça, il faut dire qu'elle n'a pas duré longtemps, leur revue. Quant aux virgules, merci, tout va très bien pour elles.
Je sais qu'il est devenu plus ou moins haut fonctionnaire.
Peut-être que dans ses notes de service, dont il bombarde ses secrétaires, il n'utilise jamais de virgules? Qu'il menace de mort, ou de les rétrograder, ses collaborateurs si jamais il s'en servent?
Qu'il mijote en secret, car un homme atteint si jeune par le démon de la littérature ne peut qu'y revenir un jour, la publication d'un livre où il n'y aurait, ça ne se serait jamais vu, aucune virgule?
Or, j'aime, moi, les virgules. Dans certains cas, bien sûr. Question de respiration? Question de livre, aussi.
Dans ce livre, j'aime les virgules. Les brins d'herbe de Walt Whitman. Virgules couchées sous le vent. Minuscules attentes de ce qui va venir. Choses, corps souples. Mes virgules sont mes catins. Qui a jamais prétendu que l'on devait écrire, lire, en apnée? Pourquoi aucune halte? Même courte, la randonnée est longue. Comment dit-on: prendre son temps?
Jolies, vertes virgules, ondoyantes, dans ce champ."
Jolies, vertes virgules, ondoyantes, dans ce champ."

8 commentaires:
Et alors ? vous en pensez quoi des "passages" et de "l'image" ?
Manchester City a été éliminé par Tottenham.
Oui je sais... dommage, Ajax-City c'eût été une belle affiche.
Pas mal les Oiseaux de passage mais le film ne m'a pas emballé plus que ça... je trouve le récit un peu trop édifiant... bon c'est dans l'esprit des tragédies, avec le côté inexorable, le fatum, qui fait que le récit suit sa route sans dévier... mais tout ça manque quand même de passion...
Le Godard, la partie 3: Ces fleurs entre les rails... sur les trains est vraiment magnifique, après... il y a d'autres choses très belles, dans Heureuse Arabie, sur le contrepoint par exemple... sinon le travail de ponctuation est très étonnant... j'y reviendrai.
Ok merci.
Bon alors Buster, il vient ce texte sur Godard, ou vous vous préparez pour l'acte 23 des Gilets Jaunes ?
Ah non pitié... les gilets jaunes et leurs ultimatums complètement débiles... j'en peux plus
(Sophie Tissier, pff... y a pas plus con)
Merci.
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