Talk Talk, London 1986, 1999.
Loin de la marée noire et des "gilets jaunes", loin aussi du XV de France (ces pauvres Bleus qui, soit dit en passant, auront battu les deux seules équipes du Tournoi habillées par Macron, lol)... j'attends fébrilement le printemps. Pas celui que nous promettent les idéologues de tout bord (de la politique comme du rugby), encore moins celui dont rêvent (?) les "conkicasse" et ceux, plus cons encore, qui disent les comprendre... Non, ce que j'attends aujourd'hui, en fuyant tout ce tohu-bohu qui m'aura bien pourri l'hiver, c'est mon printemps à moi, avec mes couleurs à moi, un "autre monde", comme celui de Mark Hollis... Et là seulement je pourrai entrevoir un petit bout de l'arc-en-ciel.
[ajout du 22-03-19]
Ma vie avec John F. Donovan. Ce qui caractérise Dolan, outre sa précocité, sa naïveté et son côté touche-à-tout - il écrit, il produit, il réalise, il monte, il s’occupe même des costumes et parfois tient le rôle principal (plus "auteur" tu meurs) -, c’est qu’il ne doute de rien, va jusqu’au bout de ses scènes avec comme seule arme sa sincérité, une croyance moins dans les pouvoirs du cinéma qu'en son propre cinéma, cinéma de l’intime (Donovan/Dolan ça rime) mais tellement égocentré, tantôt hystérique tantôt pleurnichard, que les moments de stupeur (devant tant d’audace) font vite place à la consternation, le summum étant ici la séquence où Natalie Portman, qui vient de lire la rédaction de son fils (Rupert, portrait de l'artiste en pré-ado incompris et forcément génial) que lui a apportée l’institutrice, véritable déclaration d’amour à sa maman, part sur le champ, complètement bouleversée, rejoindre celui-ci à Londres où il s’est enfui, avec le ralenti de circonstance pour marquer les retrouvailles, le tout sur une reprise de "Stand by me", un sentimentalisme d’une telle niaiserie que même chez Disney on n’aurait pas osé. Et à côté de ça, comme des contrepoints balancés en dépit du bon sens (tout est à l’emporte-pièce dans ce film raccourci de moitié), les inévitables scènes de crises (l’enfant devant la série télé où joue son idole, la famille autour du "plat préféré" de Donovan, l'idole en question...), de chansons chantées à tue-tête (Donovan et son frère dans la salle de bains), les effets "clip"... bah oui "le style c’est d’être soi-même", sans oublier l’atroce scène avec Michael Gambon en vieux sage assénant ses vérités (on se croirait chez LVT)... Bref, tout ça on connaît, la seule chose un peu surprenante ici, parce qu'on n'y était pas habitué, c'est l'interprétation que j'ai trouvé assez mauvaise - et je ne parle pas seulement de l'enfant qui, lui, est absolument épouvantable (faut dire qu’il n’est pas non plus aidé par les dialogues, avec ces répliques qui ne sont pas celles d'un enfant de 11 ans) -, comme si les acteurs s'efforçaient, un peu gênés aux entournures, d'appliquer à la lettre ce que leur demandait Dolan, rendant leur jeu, par instants, très emprunté. Reste quand même quelques bons moments, comme les scènes entre Donovan et son ex-futur amant, celle notamment dans la voiture, à laquelle fera écho le dernier plan du film (enfin, ce qui aurait dû être le dernier plan, le film se terminant sur la journaliste et une ultime minauderie de l’actrice), Rupert adulte assis sur la moto de celui qu'on suppose être son petit ami, accroché à lui et prêt à partir, ce qui n'est pas sans évoquer My own private Idaho de Gus Van Sant. Et de se dire que la même histoire écrite (à l’encre verte, davantage centrée sur la relation épistolaire entre l'enfant et son idole) et réalisée par Van Sant, aurait apporté une tout autre dimension, parce que plus romanesque, en même temps que cette part d'émotion, non factice, qui manque tant au film de Dolan.
Loin de la marée noire et des "gilets jaunes", loin aussi du XV de France (ces pauvres Bleus qui, soit dit en passant, auront battu les deux seules équipes du Tournoi habillées par Macron, lol)... j'attends fébrilement le printemps. Pas celui que nous promettent les idéologues de tout bord (de la politique comme du rugby), encore moins celui dont rêvent (?) les "conkicasse" et ceux, plus cons encore, qui disent les comprendre... Non, ce que j'attends aujourd'hui, en fuyant tout ce tohu-bohu qui m'aura bien pourri l'hiver, c'est mon printemps à moi, avec mes couleurs à moi, un "autre monde", comme celui de Mark Hollis... Et là seulement je pourrai entrevoir un petit bout de l'arc-en-ciel.
[ajout du 22-03-19]
Ma vie avec John F. Donovan. Ce qui caractérise Dolan, outre sa précocité, sa naïveté et son côté touche-à-tout - il écrit, il produit, il réalise, il monte, il s’occupe même des costumes et parfois tient le rôle principal (plus "auteur" tu meurs) -, c’est qu’il ne doute de rien, va jusqu’au bout de ses scènes avec comme seule arme sa sincérité, une croyance moins dans les pouvoirs du cinéma qu'en son propre cinéma, cinéma de l’intime (Donovan/Dolan ça rime) mais tellement égocentré, tantôt hystérique tantôt pleurnichard, que les moments de stupeur (devant tant d’audace) font vite place à la consternation, le summum étant ici la séquence où Natalie Portman, qui vient de lire la rédaction de son fils (Rupert, portrait de l'artiste en pré-ado incompris et forcément génial) que lui a apportée l’institutrice, véritable déclaration d’amour à sa maman, part sur le champ, complètement bouleversée, rejoindre celui-ci à Londres où il s’est enfui, avec le ralenti de circonstance pour marquer les retrouvailles, le tout sur une reprise de "Stand by me", un sentimentalisme d’une telle niaiserie que même chez Disney on n’aurait pas osé. Et à côté de ça, comme des contrepoints balancés en dépit du bon sens (tout est à l’emporte-pièce dans ce film raccourci de moitié), les inévitables scènes de crises (l’enfant devant la série télé où joue son idole, la famille autour du "plat préféré" de Donovan, l'idole en question...), de chansons chantées à tue-tête (Donovan et son frère dans la salle de bains), les effets "clip"... bah oui "le style c’est d’être soi-même", sans oublier l’atroce scène avec Michael Gambon en vieux sage assénant ses vérités (on se croirait chez LVT)... Bref, tout ça on connaît, la seule chose un peu surprenante ici, parce qu'on n'y était pas habitué, c'est l'interprétation que j'ai trouvé assez mauvaise - et je ne parle pas seulement de l'enfant qui, lui, est absolument épouvantable (faut dire qu’il n’est pas non plus aidé par les dialogues, avec ces répliques qui ne sont pas celles d'un enfant de 11 ans) -, comme si les acteurs s'efforçaient, un peu gênés aux entournures, d'appliquer à la lettre ce que leur demandait Dolan, rendant leur jeu, par instants, très emprunté. Reste quand même quelques bons moments, comme les scènes entre Donovan et son ex-futur amant, celle notamment dans la voiture, à laquelle fera écho le dernier plan du film (enfin, ce qui aurait dû être le dernier plan, le film se terminant sur la journaliste et une ultime minauderie de l’actrice), Rupert adulte assis sur la moto de celui qu'on suppose être son petit ami, accroché à lui et prêt à partir, ce qui n'est pas sans évoquer My own private Idaho de Gus Van Sant. Et de se dire que la même histoire écrite (à l’encre verte, davantage centrée sur la relation épistolaire entre l'enfant et son idole) et réalisée par Van Sant, aurait apporté une tout autre dimension, parce que plus romanesque, en même temps que cette part d'émotion, non factice, qui manque tant au film de Dolan.

17 commentaires:
Vous confondez black blocs et gilets jaunes
Bonsoir Buster, c'est la première fois que je vous laisse un petit mot. Merci pour Hollis. C'est toujours aussi beau. Et puis bon, je ne suis pas d'accord avec vous au sujet des manifestations actuelles, mais ce n'est pas grave. Nous sommes toujours vivants. Bonne soirée. N'oubliez pas d'écrire sur le cinéma.
Merci Chris... oui ce n’est pas grave.
Non l’anonyme je ne confonds pas black blocs et gilets jaunes, de la même manière que je ne confonds pas terrorisme et black bloc (la violence n’est pas la même)... mais disons que si tous les GJ ne sont pas des BB (heureusement), tous les BB sont, dans l’esprit, des GJ, certes parmi les plus radicaux, les plus violents, mais gilets jaunes quand même, à travers ce qu’ils combattent (le système, le capitalisme...). Il se trouve seulement que cette forme de violence qui se veut révolutionnaire et le "romantisme" que certains y trouvent, me "révoltent" au plus haut point... (déjà moi, un simple tag et j’ai les yeux qui saignent)
https://www.youtube.com/watch?v=yEtmZKE5jhw
"Il n'y a que quand ça casse qu'on est entendu"
https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/16/il-n-y-a-que-quand-ca-casse-qu-on-est-entendu-recit-d-une-journee-de-violences-des-gilets-jaunes-a-paris_5437197_3224.html?fbclid=IwAR0Uc1aOmhnNC8B0b1oMM1Ubwt60N2_1cXqqwZ2BawXV637Dlz1PAH07DEs
Juan Branco, je connais, valzeur (avant qu’il disparaisse) m’en avait parlé... ce qui me gêne dans ce type de discours c’est quand même sa partialité... c’est comme avec Ruffin ou Plénel, on part du postulat que la présidence de Macron est une imposture, que son accès au pouvoir n’est pas légitime, puisque tout serait placé sous le signe de la corruption, et à partir de là, tout ce qui est connoté Macron, de près ou de loin, est forcément une menace pour la démocratie... Mouais, pas convaincu... pourtant il y a beaucoup à redire sur le macronisme.
Eh ben je sais pas ce qu'il vous faut.
Hé Buster, il n'y a pas que vous qui n'aimez pas les tags :)
http://videos.leparisien.fr/video/domicile-d-eric-drouet-vandalise-heureusement-que-j-etais-pas-la-19-03-2019-x74hctt#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F
Ha ha ha... trop drôle (et cette vieille moule de Mélenchon qui s’indigne de "l’agression" dont a été victime son petit Drouet chéri)
Sinon concernant Branco, je ne parle pas de la vidéo que je n’ai pas regardée mais de l’extrait de son texte Crépuscule qu’il avait mis en ligne et dans lequel il décrivait comment Macron avait été élu... ce qui en effet pose question, si tout est vrai, mais écrit dans un style tellement racoleur (genre "tout ça est révoltant mais attention, ce n’est rien à côté de que je vais vous révéler maintenant"), où la détestation de Macron et de ce milieu que Branco connaît bien pour l'avoir lui-même fréquenté (cf le portrait de Gabriel Attal), était si manifeste que ça donnait à l’ensemble un petit côté aigri assez déplaisant... je préfère quand la critique (et Dieu sait si Macron mérite d’être critiqué) s’accompagne de plus de discernement... là, on perçoit trop la petite musique LFI, la grosse machine anti-Macron, et ça finit par agacer.
Les disparitions qui nous attristent s'enchaînent : après Mark Hollis, Marlen Khoutsiev
C'est vrai... ;-(
http://theballoonatic.blogspot.com/2017/07/mk2.html
C'est sûr que Macron n'est pas du tout racoleur, lui...
(Branco a quitté la LFI, lui reprochant, à juste titre, d'être un parti très peu démocratique dans son organisation.)
Si Branco a quitté LFI il a bien fait, du coup je regarderai peut-être la vidéo... :-)
Parce que LFI, du moins ses porte-paroles, je n’en peux plus, leur rhétorique est insupportable... vous me direz qu’en face c’est pas mieux, ce qui n’est pas faux... je ne défends pas du tout Macron... en fait tout m’emmerde aujourd’hui, de LFI au RN en passant par le PS et LR... LREM pareil... en plus Castaner n’est pas du tout au niveau, il instrumentalise la violence des BB et des GJ de la même façon que Mélenchon instrumentalise celle des forces de l’ordre... il aurait dû sauter en même temps que Delpuech.
Reste certaines filles de LREM que je trouve assez touchantes dans leur manière (parfois maladroite) de défendre la ligne politique du patron... Braun-Pivet, Poirson, Bergé, même Schiappa finalement j’aime bien... peut-être aussi parce qu’elles ont de l’humour et une réelle classe, pour ne pas dire du charme... ok je dis ça pour provoquer, mais bon quand même...
Moi aussi j'ai de l'humour et du charme, je suis très classe
Le moins qu'on puisse dire c'est que ça ne crève pas les yeux.
https://www.youtube.com/watch?v=huGdv29_cGM
Hé hé... c'est plus facile de quitter un plateau de télé qu'un F4 parisien à 1300 euros le loyer... :-D
Enregistrer un commentaire