Ron Randell et Elaine Stewart dans Most dangerous man alive d'Allan Dwan (1961).
Notes sur "Los Alamos".
Epingle 1. "Pour savoir filmer des acteurs il faut d'abord savoir filmer des montagnes." (Luc Moullet citant Lubitsch)
Ça se passe dans les Alpes du sud, où Luc Moullet aime tourner ses films, sauf que là c'est plus à l'est, du côté du mont Bégo, célèbre pour les gravures rupestres qui ornent les roches situées autour (plus de 40000 pétroglyphes, majoritairement des corniformes), une partie dans la vallée des Merveilles, vallée austère, minérale, l'autre dans la vallée de Fontanalba, plus verdoyante. Un mystère qui n'est pas le seul. Il y a aussi la composition des roches, riches en métaux divers (fer, cuivre, zinc, plomb), ce qui provoque des phénomènes étranges, électromagnétiques, tels le dérèglement des boussoles et surtout, lors des épisodes orageux, l'attraction de la foudre juste au-dessus de la montagne dont le sommet fait office de paratonnerre. Et de voir le Bégo comme une sorte de dieu de la foudre auquel on aurait rendu hommage il y a des milliers d'années, le signe cornu des gravures rappelant la forme des éclairs. A moins qu'il s'agisse du diable. Une autre particularité des roches de cette région est de contenir la pechblende ("fausse poix" en allemand, du fait de son aspect), un minerai d'uranium à très forte radioactivité. Et qui dit radioactivité...
Préambule.
A la fin des années cinquante, pendant qu'Allan Dwan tournait aux Etats-Unis Most dangerous man alive, on prospectait dans la vallée de la Gordolasque, sur les pentes du mont Capelet, à la recherche d'uranium. Le 3 juillet 1959, au lieu-dit "Les Granges du Colonel", vers midi, après un orage d'une extrême violence, un homme sortit de la mine. Il marchait droit devant lui, les bras ballants, le regard fixe. Le ciel était d'une blancheur aveuglante. Après quelques mètres, l'homme s'écroula au milieu des rochers.
De nos jours...
Un paysage de montagne (au loin le mont Bégo). Il fait beau, c'est le printemps. Deux hommes sur un sentier, longeant la montagne. Au bas une rivière. Coupe. Les deux hommes assis au bord de la rivière. On reconnaît Florent Marchet et Fred Testot. Le premier porte une veste en peau de mouton retournée, le second un poncho à losanges.
Florent Marchet (sortant un paquet de sa sacoche): Tu veux un morceau?
Fred Testot: C'est quoi?
Florent Marchet (déballant le paquet avec précaution): Du "yellow cake"... c'est moi qui l'ai fait... tiens, prends...
Fred Testot (recueillant le morceau avec la même précaution): Ça a l'air bon.
Florent Marchet: J'ai changé la recette... j'ai mis plus de jaunes d'œufs... et de vanille aussi.
Fred Testot (la bouche pleine): Mmmm... c'est vachement bon.
Florent Marchet: J'aime bien quand c'est moelleux.
Quelques vues de la montagne. Le soleil à contre-jour. Les deux hommes mangeant leur gâteau en silence.
Epingle 2. Le yellow cake n'est pas qu'un gâteau, c'est aussi un concentré d'uranium (80% de pechblende). Son nom vient de la couleur et de la texture des produits issus des premières méthodes d'extraction (aujourd'hui abandonnées).
Fondu au noir. Les deux hommes allongés dans l'herbe: Fred Testot à même le sol, le poncho remonté jusqu'au cou, dormant profondément; Florent Marchet sur une couverture, bras croisés derrière la tête, la veste ouverte - on aperçoit une étoile de shérif sur son gilet -, qui regarde la montagne. Il pense: "Où est-il? Là, tout près, caché derrière un rocher, en train de nous épier? Ou plus haut, dans une de ces nombreuses grottes qui creusent la montagne?" Long panoramique sur la montagne puis zoom sur ce qui ressemble à l'entrée d'une ancienne mine, recouverte par la végétation. "Là, peut-être..." Des blocs de pierres entassées, un panneau en bois, rongé par le temps, et dessus une inscription: "DANGER DE MORT".
Les nuages qui s'accumulent et assombrissent le ciel.
Florent Marchet (se levant brusquement et secouant du pied Fred Testot): Allez debout, vite... le temps se couvre et je veux pas être là quand ça va éclater.
Fred Testot (s'étirant): Oooaaah... où tu veux aller?
Florent Marchet (repliant sa couverture): Je sais pas... il faut qu'on trouve un abri.
(à suivre)
Notes sur "Los Alamos".
Epingle 1. "Pour savoir filmer des acteurs il faut d'abord savoir filmer des montagnes." (Luc Moullet citant Lubitsch)
Ça se passe dans les Alpes du sud, où Luc Moullet aime tourner ses films, sauf que là c'est plus à l'est, du côté du mont Bégo, célèbre pour les gravures rupestres qui ornent les roches situées autour (plus de 40000 pétroglyphes, majoritairement des corniformes), une partie dans la vallée des Merveilles, vallée austère, minérale, l'autre dans la vallée de Fontanalba, plus verdoyante. Un mystère qui n'est pas le seul. Il y a aussi la composition des roches, riches en métaux divers (fer, cuivre, zinc, plomb), ce qui provoque des phénomènes étranges, électromagnétiques, tels le dérèglement des boussoles et surtout, lors des épisodes orageux, l'attraction de la foudre juste au-dessus de la montagne dont le sommet fait office de paratonnerre. Et de voir le Bégo comme une sorte de dieu de la foudre auquel on aurait rendu hommage il y a des milliers d'années, le signe cornu des gravures rappelant la forme des éclairs. A moins qu'il s'agisse du diable. Une autre particularité des roches de cette région est de contenir la pechblende ("fausse poix" en allemand, du fait de son aspect), un minerai d'uranium à très forte radioactivité. Et qui dit radioactivité...
Préambule.
A la fin des années cinquante, pendant qu'Allan Dwan tournait aux Etats-Unis Most dangerous man alive, on prospectait dans la vallée de la Gordolasque, sur les pentes du mont Capelet, à la recherche d'uranium. Le 3 juillet 1959, au lieu-dit "Les Granges du Colonel", vers midi, après un orage d'une extrême violence, un homme sortit de la mine. Il marchait droit devant lui, les bras ballants, le regard fixe. Le ciel était d'une blancheur aveuglante. Après quelques mètres, l'homme s'écroula au milieu des rochers.
De nos jours...
Un paysage de montagne (au loin le mont Bégo). Il fait beau, c'est le printemps. Deux hommes sur un sentier, longeant la montagne. Au bas une rivière. Coupe. Les deux hommes assis au bord de la rivière. On reconnaît Florent Marchet et Fred Testot. Le premier porte une veste en peau de mouton retournée, le second un poncho à losanges.
Florent Marchet (sortant un paquet de sa sacoche): Tu veux un morceau?
Fred Testot: C'est quoi?
Florent Marchet (déballant le paquet avec précaution): Du "yellow cake"... c'est moi qui l'ai fait... tiens, prends...
Fred Testot (recueillant le morceau avec la même précaution): Ça a l'air bon.
Florent Marchet: J'ai changé la recette... j'ai mis plus de jaunes d'œufs... et de vanille aussi.
Fred Testot (la bouche pleine): Mmmm... c'est vachement bon.
Florent Marchet: J'aime bien quand c'est moelleux.
Quelques vues de la montagne. Le soleil à contre-jour. Les deux hommes mangeant leur gâteau en silence.
Epingle 2. Le yellow cake n'est pas qu'un gâteau, c'est aussi un concentré d'uranium (80% de pechblende). Son nom vient de la couleur et de la texture des produits issus des premières méthodes d'extraction (aujourd'hui abandonnées).
Fondu au noir. Les deux hommes allongés dans l'herbe: Fred Testot à même le sol, le poncho remonté jusqu'au cou, dormant profondément; Florent Marchet sur une couverture, bras croisés derrière la tête, la veste ouverte - on aperçoit une étoile de shérif sur son gilet -, qui regarde la montagne. Il pense: "Où est-il? Là, tout près, caché derrière un rocher, en train de nous épier? Ou plus haut, dans une de ces nombreuses grottes qui creusent la montagne?" Long panoramique sur la montagne puis zoom sur ce qui ressemble à l'entrée d'une ancienne mine, recouverte par la végétation. "Là, peut-être..." Des blocs de pierres entassées, un panneau en bois, rongé par le temps, et dessus une inscription: "DANGER DE MORT".
Les nuages qui s'accumulent et assombrissent le ciel.
Florent Marchet (se levant brusquement et secouant du pied Fred Testot): Allez debout, vite... le temps se couvre et je veux pas être là quand ça va éclater.
Fred Testot (s'étirant): Oooaaah... où tu veux aller?
Florent Marchet (repliant sa couverture): Je sais pas... il faut qu'on trouve un abri.
(à suivre)

9 commentaires:
C’est quoi ça ?
Rien, juste des notes pour moi-même, je savais pas où les mettre.
Vous cherchez un producteur ?
Même pas. Mais si quelqu’un veut me donner des sous...
Il faudrait créer une cagnotte.
Bonne idée. Allez-y :-)
On commence quand le tournage ?
monsieur Buster vous auriez dû me choisir pour le rôle je suis beaucoup plus bankable que Fred
Je sais Omar mais c'est trop tard (à moins qu'un petit rôle...)
Fred je ne connais pas encore les dates.
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