jeudi 27 décembre 2018

[...]

Replongé dans la Révolution française, et la masse de documents qui la concerne (procès-verbaux, pétitions, décrets et autres discours...), matériel d’autant plus abondant que la Révolution a été conduite pour l’essentiel par des juristes, tout ça vu à travers non seulement les assemblées mais aussi les clubs et les sections parisiennes... tiens, "Des clubs et des sections", ce serait un bon titre (hé hé)... enfin bref, au milieu de cette importante littérature, demeure le dernier mot écrit par Robespierre, sa signature abrégée: "Ro", inscrite au bas du fameux appel du Comité d’exécution à la section des Piques (section dont faisait partie Robespierre, même s’il ne la fréquentait plus depuis plusieurs mois – le marquis de Sade en fit partie aussi jusqu’en 1793), au soir du 9 thermidor. Pourquoi "Ro"? On ne le saura jamais. La lettre, contrairement à la légende (reprise par de nombreux historiens au XIXe siècle), n’a pas été rédigée au moment où, réfugié - avec son frère Augustin, Saint-Just, Couthon et Le Bas - dans l’Hôtel de ville, siège de la Commune, les troupes de la Convention s’apprêtent à l’arrêter et qu’une balle (perdue ou tirée par le gendarme Merda?) reçue à la mâchoire - d’où la tache supposée de sang sur la lettre, en fait de l'encre tout simplement -, l’aurait empêché d'apposer sa signature... Elle se situe bien avant, au moment où Robespierre vient d’arriver à l’Hôtel de ville et que la Commune est encore en position de force (plus de 2000 sans-culottes et une trentaine de canons sur la place de Grève). La lettre parvint d’ailleurs à destination mais resta sans suite, de la même manière que la place de Grève se vida progressivement dans les heures qui suivirent, faute de décision rapide de la part de Robespierre (incapable de s’engager - idem pour Saint-Just, silencieux et comme paralysé), de sorte qu’à 2 heures du matin, le rapport de forces s’était inversé au profit de la Convention... "On raconte que Robespierre, pressé par ceux qui l’entouraient [les autres signataires: Legrand, Lerebours, Louvet, Payan, par ordre alphabétique, d'où Robespierre en dernier], au nom de leur salut commun, de signer la guerre civile, la mort de la Convention, le renversement d’un principe, se sentit troublé jusqu’au fond de l’âme, prit la plume, commença, et sa conscience protestant, ne put continuer." Sentiment de se trahir soi-même? Possible. Surtout: effondrement chez lui de tout un système de pensée, élaboré et défendu inlassablement depuis 1789, ce qu’on pressentait déjà dans son discours tenu la veille au club des Jacobins ("Frères et amis, c’est mon testament de mort que vous venez d’entendre. Mes ennemis, ou plutôt ceux de la République sont tellement puissants et tellement nombreux que je ne puis me flatter d’échapper longtemps à leurs coups. C’en est assez pour moi, mais ce n’est pas assez pour la chose publique... si vous me secondez les traîtres auront subi dans quelques jours le sort de leurs devanciers, si vous m’abandonnez, vous verrez avec quel calme je saurai boire la cigüe..."), prolongeant celui qu’il venait de prononcer à la Convention et dans lequel il proposait d’épurer le Comité de salut public et de constituer l’unité du gouvernement sous l’autorité de la Convention, tout en concluant: "Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n’est point arrivé où les hommes de biens peuvent servir impunément la patrie; les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits tant que la horde des fripons dominera."

Et Marcel Gauchet de résumer l’énigme qui entourera à jamais la fin de Robespierre:

"De vieux routiers du mouvement révolutionnaire auraient dû savoir à quoi s’en tenir sur la contre-offensive qui allait immanquablement suivre et s’organiser en conséquence. Comment comprendre qu’il n’en ait rien été? Et même dans le désordre d’une mobilisation improvisée tardivement et très inégale selon les sections, bien conduites à temps, les troupes de la Commune auraient parfaitement pu l’emporter. Pour aboutir à quoi, en fin de compte, une fois la Convention subjuguée? C’est une autre question.
Mais l’étonnement n’est pas moindre devant le flottement du petit clan robespierriste, empêtré dans ses scrupules légalistes à un moment où il n’avait plus rien à perdre. Cette indécision témoigne du point d’incertitude extrême où il en était arrivé, Robespierre en tête, qui ne sait manifestement où aller. Passe encore pour les spécialistes de la tribune, mal à l’aise devant l’emploi de la force. Mais Saint-Just, fait au feu des batailles, expert en conduite des armées? Son inertie, sa paralysie au cours de cette journée et de cette nuit ne sont pas leur moindre mystère.
Restent les circonstances troubles de la blessure de Robespierre, qui achèvent d'ajouter à l'obscurité de ce dénouement. L'hypothèse de la tentative de suicide ratée séduit parce qu'elle consonne avec l'atmosphère désespérée de ces derniers temps, mais elle restera éternellement en concurrence avec le récit du haut fait d'un gendarme [futur général d'Empire] venu arrêter "le tyran". Le point final de ce parcours à nul autre pareil est un immense point d'interrogation." (Marcel Gauchet, Robespierre. L’homme qui nous divise le plus, 2018)

115 commentaires:

Edouard Louis a dit…

Marcel Gauchet, beurk !

Buster a dit…

Pff... j'aime pas Edouard Louis

geai a dit…

Vive "Buster", l'ami d'Emmanuel !

Cyril Hanouna a dit…

Pour trancher je vous propose d'organiser un match de boxe Edouard Louis / Marcel Gauchet

Edouard Louis a dit…

J’ai dû annuler mon abonnement à Balloonatic, voyant que l’horrible Gauchet y était cité avec complaisance

Gauchet c’est le contempteur des grèves de 1995, des mouvements sociaux, du Pacs, du mariage pour tous, de l’homoparenté, des mouvements féministes, de Bourdieu, Foucault et la pensée 68, des revendications démocratiques...

Buster a dit…

Lol... mais ils boxent pas dans la même catégorie.
Edouard Louis, c’est l’attrape-bobos par excellence, aucun intérêt. Chez Gauchet au moins ça pense, il se contente pas d’éructer des anathèmes, et ce qu’il dit de la Révolution et de Robespierre j’y adhère volontiers... (pareil au passage, même si ça n’a aucun rapport, de ce qu’il dit de Macron et des gilets jaunes)

Anonyme a dit…

Il dit quoi Gauchet de Macron ?

Buster a dit…

Pas du bien.

Buster a dit…

par exemple

Marcel Droitier a dit…

Pour ceux qui ne sont pas abonnés au site du quotidien Le Soir :

Le gouvernement a cédé aux gilets
jaunes. La crise est finie ?

Je crains que les mesures prises ne
soient que des pansements. Beaucoup
ont parlé d’une colère. Mais c’est surtout
une demande à l’égard du pouvoir
qui s’est exprimée. Les gilets
jaunes ont dit : « Améliorez notre
sort. » Mais comment fait-on ? On
peut augmenter les salaires, mais audelà
? Qu’en est-il de la division internationale
du travail ? Du déclassement
? De ce point de vue, il n’y a
aucune issue. L’incompréhension s’est
installée entre des parties entières de
la société qui ne parlent plus le même
langage. Ce n’est plus une fracture
sociale mais une fracture morale.

Vous êtes inquiet ?

Oui, sur la capacité de la France à
trouver une réponse politique. Il n’y a
plus de consensus possible. Le gouvernement
d’Emmanuel Macron est durablement
affecté. Mais il n’y a pas
d’alternative possible. On est dans
l’impasse. Le pays est devenu ingouvernable.

Voilà déjà trente ans que vous étudiez
les fractures françaises. Pourquoi
est-ce aujourd’hui que cela explose ?

Au départ, il y a une cause : la projection
des fractures globales liées à la
mondialisation sur le territoire. Des
régions entières, frappées par la
désindustrialisation, sont sinistrées.
Tout cela s’est aggravé depuis trente
ans. Macron a été élu à cause de la
décomposition du système politique
déjà engendrée par ce phénomène
profond. Il a donné une expression au
phénomène du discrédit des partis politiques.
Mais la déception est énorme.

Quelle en est la cause ?

Macron s’est fait élire en promettant
d’écouter la société. Mais il a fait exactement
le contraire ! Macron a seulement
pensé qu’il avait un déficit de
crédibilité, alors il a voulu « faire »
président. Mais il fallait en même
temps continuer une politique plus
délibérative, tournée vers l’écoute des
mécontentements et des frustrations.

Il a fait des choses…

Ce gouvernement a légiféré à une vitesse
folle. Mais à l’arrivée, les gens se
sont dit : cela n’a rien à voir avec ce
que l’on attendait. Le gouvernement
est dans les contradictions permanentes.
Les réformes s’entrechoquent,
mais aussi se contredisent. C’est une
politique incompréhensible. Et les
technocrates ne sont pas capables de
l’expliquer.

Les Français n’attendent-ils pas trop
du président ? Macron lui-même avait
dit en campagne qu’il fallait une sorte
de roi…

Mais il s’est trompé sur ce que l’on attendait
d’un roi. Un roi, ce n’est pas
un manager, pas un patron de startup
qui secoue ses employés pour qu’ils
travaillent dix-huit heures par jour
pour que les Français, par effet d’entraînement,
deviennent tous milliardaires
! Dans la tradition française,
un roi, c’est un arbitre. Quelqu’un qui
est là pour contraindre les gouvernants
à écouter les gouvernés. Quand
les gens accusent Macron d’être le président
des riches, ils lui reprochent
surtout de ne pas être l’arbitre entre
les riches et les pauvres.

La claque qu’il a reçue peut lui donner
la sagesse qui lui a manqué
dans l’exercice du pouvoir ?

Elle pourrait. Elle devrait. Il faut qu’il
fasse à l’égard de lui-même la disruption
qu’il voulait faire pour les autres.
Ce n’est pas exclu, il est jeune, plastique,
pas enfermé dans des routines
de pouvoir. C’est ça qu’il faudrait : un
appel à Macron pour changer.

Marcel Droitier a dit…

Est-ce que ce n’est pas pour lui
l’opportunité de faire les réformes
de gauche qu’il avait promises
après un début de mandat à droite ?

Il n’en a pas les moyens ! L’idée qu’en
un an et demi, on peut réformer la
France et ensuite redistribuer les
fruits de la croissance, c’est du roman
rose. Les problèmes de ce pays sont si
profonds qu’ils ne peuvent pas être
résolus si vite. Vous ne réformez pas
l’économie, les institutions, l’école,
l’hôpital en si peu de temps ! Sa promesse
était démesurée. Le vrai problème
de fond, c’est le cadre étroit dans
lequel il inscrit son action. Sarkozy,
Hollande et Macron ont tous mené
une politique de l’offre, constituée autour
de l’adhésion au cadre européen.
Mais le projet de changer l’Europe
tout en redonnant à l’économie française
son dynamisme et sa compétitivité
perdue, c’est une folie. Tant que
l’on est dans ce schéma, toutes les politiques
françaises sont vouées à l’échec.

Pourquoi ?

Parce que l’euro est surévalué par rapport
aux capacités productives. Alors
l’appareil productif s’enfonce inexorablement.
Un abîme sépare l’économie
française de l’économie allemande et
même de l’économie du Nord de l’Italie.
Le pari économique est intenable.
Et l’idée d’une refondation de l’Europe
dans un sens qui plairait aux Français
est aussi une fiction. Personne
n’en veut. Macron a échoué sur tout.
Le premier échec date de l’été 2017,
avec la négociation sur le travail détaché.
Si Macron avait réussi à arracher
aux Européens une réforme significative,
il aurait marqué un point
décisif. Mais il n’a obtenu que des
micro-aménagements qui n’entreront
en vigueur qu’en 2022.

En laissant filer le déficit,
Macron a perdu ce qu’il lui restait
de crédit en Europe ?

Macron a eu un succès d’estime, mais
pas de capacité d’entraînement. Mais
paradoxalement sa faiblesse pourra
peut-être faire bouger les choses. Le
fait que la France fasse peur aux Européens
peut être une meilleure arme
que sa bonne volonté. Car qu’arriverait-
il s’il y avait un risque de Frexit ?
Qu’est-ce qu’il resterait de l’Europe ?
Si les autres Européens ont soudain
très peur de ce qui se passe en France,
peut-être que Macron obtiendra des
concessions. Les autres Européens
n’ont pas plus envie que nous d’un
scénario à l’italienne, avec une alliance
Mélenchon-Le Pen. Il n’est pas
exclu que l’Europe évolue sous la
pression d’un danger.

Le danger populiste est réel
en France ?

Il y a une impasse française. Je ne
vois pas de gouvernement dans le
système politique classique qui puisse
assumer. C’est la conclusion un peu
triste et désespérée à laquelle j’arrive.
Mais les populistes ne peuvent pas
gouverner non plus. Les gens ne sont
pas fous. Ils votent pour Marine Le
Pen mais ils ne croient pas qu’elle
puisse gouverner. C’est une force de
contestation, pas d’alternative.
Comme Mélenchon.

Les gilets jaunes demandent
un renouveau démocratique,
notamment via le référendum
d’initiative citoyenne...

Cette demande est compréhensible.
C’est le mouvement d’individualisation
de la société qui conduit à une demande
démocratique exacerbée. Chacun
veut se faire entendre pour son
compte. Mais c’est une demande à laquelle
il est très difficile de répondre
parce que c’est une demande d’écoute
individuelle. Il y aurait autant de référendums
possibles que de citoyens.

Marcel Droitier a dit…


Une démocratie plus directe, ce serait
un danger ? Le système suisse est-il
forcément mauvais ?

Non. Le système helvétique, le plus
ancien, repose sur une tradition
particulière. C’est un pays fédéral.
Comme beaucoup de choses sont décidées
par les cantons, il y a un besoin
de cadre national. En France, ce ne
serait pas un instrument adapté à la
tradition politique. Les perdants
n’admettent jamais leur défaite. Regardez
ce qui s’est passé avec le référendum
de 2005 sur la Constitution
européenne. Dans une démocratie, je
considère qu’il y a deux Constitutions
: la Constitution écrite et la
Constitution non écrite, qui repose sur
l’intelligence et la sagesse des gouvernants.
Ce n’est pas au peuple de dire ce
qu’il veut quand il a désigné des gouvernants.
C’est aux gouvernants de
comprendre les attentes des gouvernés
et d’en tenir compte pour les traiter
politiquement. Un gouvernement
décide, mais il doit organiser la
discussion dans la société.

Le grand débat national, à partir de
janvier, sera-t-il cette opportunité ?

J’ai des craintes car d’abord c’est une
concession. On dit aux gilets jaunes,
vous n’êtes pas contents, alors on va
vous donner un débat. Mais ça va être
le défouloir. Normalement, le gouvernement
fait des propositions qui sont
discutées au parlement. Mais dans ce
parlement, on ne discute de rien.

Il y a quand même un motif d’espoir
dans cette crise ?

J’en ai un petit. Macron a réussi parce
qu’il a proposé une issue à quelque
chose qui était une vraie fatigue de la
société française devant ses propres
blocages. Tout le monde en avait
marre des réformes impossibles. On
peut penser que ça va être un réveil
sur la nécessité pour les Français d’un
diagnostic lucide sur leur situation
réelle. Qu’ils voient enfin tout ce qui
ne va pas.

Buster a dit…

Bah ouais...

Anonyme a dit…

Quel rapport avec Robespierre ?

Buster a dit…

Aucun, comme je l’ai dit plus haut... même si les gilets jaunes aujourd’hui, du moins les plus enragés, ont un petit côté sans-culottes... alors qu’au tout début on était plutôt dans une forme de jacquerie (non paysanne)

Eddy Bellegouaille a dit…

Vous pensez comme ce vieux réac de Gauchet que la révolution est impossible aujourd'hui ?

Buster a dit…

Tss... Bellegouaille... quelle révolution? il n'y a rien de révolutionnaire dans le mouvement des gilets jaunes... ce mouvement c’est avant tout une révolte que les plus radicaux voudraient transformer en insurrection, rien de plus... pour aller au-delà il aurait fallu de vrais leaders qui pensent de façon plus constructive le mouvement, là ce ne sont que des meneurs... et puis une révolution c'est autrement plus violent que ce qu'on vit actuellement, ce que la société ne supporterait pas, aujourd'hui la fin, si noble et justifiée soit-elle, ne justifie plus les moyens...

Buster a dit…

PS. C'est marrant je m'attendais à voir débarquer Francis Lalanne sur le blog, mais non :-)

Francis Lalanne a dit…

Coucou

Lola a dit…

Buster, vous m’intriguez de plus en plus. Je viens de lire l’entretien de Gauchet dans le journal Le Soir, et cela m’a rappelé un de vos com publié dans un précédent billet, (celui avec Bibi Fricotin).

Buster a dit…

?? C’est quoi le problème? Que je parle moi aussi du petit espoir que représente la jeunesse de Macron et du fait qu’il peut changer (Gauchet dit qu’il est plastique)? Pure coïncidence, d’autant que l’interview de Gauchet est plus récente que mon commentaire.

Lola a dit…

Aucun problème Buster, j’avais vu que votre com était antérieur. Je me disais seulement que vous deviez bien connaître Gauchet : ) Bonne fête de fin d'année !

Buster a dit…

Ha ha... bah non. Bon réveillon à vous.

Anonyme a dit…

Alors Buster, vous allez réveillonner avec Macron ?

Buster a dit…

Faut rire?

Jean-Luc Mélenchon a dit…

MERCI MONSIEUR DROUET

Comme ceux qui me lisent, je vis la fin d’année politique la plus motivante de ma longue vie d’engagements. J’ai donc le cœur plein de gratitude pour ces gilets jaunes qui mènent avec tant de bon sens, tant de sang-froid, tant de constance, le combat pour libérer notre pays des chaines de l’argent roi. Je mesure que dire cela en une phrase de ce marbre, c’est s’exposer à l’ironie des pomponnés. Mais je ne peux pas renoncer au plaisir que ces mots me donnent. Il n’y a pas de plus grand bonheur pour qui épouse ses rêves que ce matin qui se lève avec leurs couleurs.
La révolution citoyenne des gilets jaunes est une des meilleurs choses qui nous soit arrivée depuis si longtemps. L’histoire de France a pris un tournant qui a déjà ses répliques dans nombre de pays. Quel bonheur c’est là. Je m’amuse des ironies de l’histoire. Il y en a tant ! La plus suave c’est de voir l’action de monsieur Éric Drouet. Je ne le connais pas. Je l’écoute, je le lis et je vois en lui la même sage et totale détermination que chez madame Priscilla Ludosky. Je les vois se tenir à distance des pièges grossiers qui leur sont tendus à intervalles réguliers par les terribles adversaires qu’ils affrontent à mains nues. Leur surgissement, leur incroyable aptitude au combat sidèrent ceux qui regardent le peuple de haut. La France est pleine de ces personnages qui marquent son histoire comme autant de cailloux blancs.

Jean-Luc Mélenchon a dit…

C’est pourquoi je regarde Éric Drouet avec tant de fascination. Comment est-ce possible ? Drouet ? Il porte le nom d’un personnage dont Napoléon a dit « sans vous l’histoire de France aurait été toute différente ». Car il y a déjà eu un Drouet décisif dans l’histoire révolutionnaire de la France. Drouet, c’est cet homme qui a observé attentivement cette diligence bizarre sur la route de Varennes en juin 1791. Il a reconnu le passager. C’était le roi Louis XVI fuyant Paris, le peuple et la révolution. Son sang n’a fait qu’un tour ! Il alerte un copain et les voilà qui chevauchent à travers bois pour atteindre Varennes avant le fuyard. A la sortie de la bourgade, au-delà d’un pont, attendaient des troupes qui devaient accompagner le roi dans sa fuite. Drouet y arrive pendant que le roi fait halte chez le premier adjoint au maire de Varennes, l’épicier monsieur Sauce (ça ne s’invente pas). Drouet s’active. Il mobilise les gens qui étaient à l’auberge du village pour construire une barricade. Elle barre bientôt le pont et coupe la route au roi. Ce Drouet-là est un vrai modèle dans ce qu’est une révolution populaire : on n’attend pas les consignes pour agir ! Le peuple qui accourut pour ramener le roi à Paris, les soldats qui refusèrent de passer en force sur le pont, tous ont pour point de départ la situation créée par Drouet. Sa vie ensuite restera à l’image de ce moment. Il sera présent dans nombre des épisodes décisifs de la grande révolution de 1789. Sur le seul tableau à l’Assemblée nationale montrant un épisode de cette Révolution française, on le voit, lui Drouet, un pistolet à la main, menaçant le président de séance un jour où les sans-culottes parisiens avaient envahi l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Les sans-culottes exigeaient l’arrestation des députés qui servaient la soupe à un gouvernement protecteur des riches, fermé aux demandes populaires, inerte devant l’envahisseur après avoir provoqué la guerre. Naturellement, ce revolver et toute la violence de la scène ont été peints pour déprécier le mouvement populaire et stigmatiser sa « violence ». Et ce tableau n’est d’ailleurs exposé que pour cela encore aujourd’hui. Pourtant, pour ma part, chaque fois qu’un groupe de visiteurs passe par là et que je m’y trouve, je lui commente le tableau. Et je lui parle de ce Drouet comme d’un modèle de citoyen qui sait aller à l’action révolutionnaire sans tortiller, pour faire vivre la République. « Ce n’est pas légal » hurlaient les réactionnaires de l’époque. « Et alors ? » demande Robespierre. La chute de la Bastille non plus, réplique-t-il, la proclamation de la fin de la royauté pas davantage ! De nos jours nous pourrions argumenter à l’inverse : « l’esclavage c’était légal, le droit de vote réservé aux hommes c’était légal, la monarchie présidentielle c’est légal, les privilèges fiscaux c’est légal, la suppression de l’ISF c’est légal, l’usage du glyphosate c’est légal ». S’est-on jamais débarrassé de la cruauté d’un ordre légal autrement que par la lutte ? Et les puissants ont-ils jamais fait autre chose que de dénoncer la violence de ceux qui leur résistaient ?
J’en finis avec mon clin d’œil historique. Le Drouet de Varennes est resté un révolutionnaire républicain jusqu’à son dernier souffle, dans une vie pleine de rebondissements. La religion républicaine, la passion pour le programme que contient sa devise « liberté, égalité, fraternité », disent un message universel. La langue républicaine des Français fracasse les bastilles des puissants. Elle comble les gouffres du temps avec des ponts de mots brulants et d’espérances invaincues.
Monsieur Drouet, on vous retrouve avec plaisir. Puisse cette année être la vôtre, et celle du peuple redevenu souverain. Puisse-t-elle être celle de la fin de la monarchie présidentielle, et du début de la nouvelle république. Sur le seuil de ce début d’année prometteur, pour saluer tous les gilets jaunes et l’histoire dont ils sont les dignes héritiers, je vous dis « merci, monsieur Drouet"

Buster a dit…

Marrant... pas autant que son sketch de la perquisition (le meilleur film comique de l’année), mais marrant quand même, tellement c’est bête cet amalgame avec la révolution française.

(cela étant Mélenchon n’a pas grand mérite quant au rapprochement entre les deux Drouet, on le trouvait déjà début décembre sur les réseaux sociaux quand Drouet avait lancé qu’il fallait rentrer dans l’Elysée)

Anonyme a dit…

Buster, vous êtes un pomponné !

Buster a dit…

:-D

(comme l'étaient aussi, soit dit en passant, Robespierre et Saint-Just)

Anonyme a dit…

L'année commence comme elle a fini, bon courage Buster !

valzeur a dit…

Hello Buster,

Ce pauvre Drouet se fait arrêter tous les deux jours. Hypothèse : si c'était la mère Le Pen qui était passée dans un monde parallèle (un peu comme l'épisode interactif et parfaitement anodin de Black Mirror) et qu'elle diligentait ça, on crierait à l'arbitraire, au fassssisme, à la vilénie poutinienne. Là, rien ! Comme c'est amusant, un social-démocrate...

Buster a dit…

Salut valzeur... c'est surtout pas très malin, rien de tel pour renforcer la popularité dudit Drouet, et beaucoup plus efficace que les déclarations d'amour de la Méluche.

Et puis Drouet il est sympa (normal c'est un routier) comparé à l'autre débile (Maxime Nicolle).

Anonyme a dit…

Est-ce que c'est valzeur qui a écrit l'édito des Cahiers du cinéma ?

https://www.cahiersducinema.com/produit/edito-n751-janvier-2019-une-france-qui-se-tient-sage/

Buster a dit…

On dirait, en effet... :-)

valzeur a dit…

Hé, mais c'est ce qu'il a écrit de mieux depuis des lustres, Stéphane Delorme ! Il devrait remplacer dans les médias l'infâme Jean-Michel Apathie (et cesser de parler de cinéma par la même occasion).

Minou Drouet a dit…

Bah alors Buster, l'édito de Delorme vous laisse sans voix ? :)

Buster a dit…

Ha ha Minou Drouet... c’est vrai que le fiston a l’air d’un gros chat.

Le texte de Delorme, j’en dirai quelques mots, il est bien pour ceux qui adhèrent à ce genre de prose, moi pas...

Buster a dit…

Delorme use d’une rhétorique qui est celle de l’extrême gauche ou simplement de la gauche radicale, genre LFI... C’est de la diatribe ni plus ni moins, politiquement parlant ça ne va pas bien loin... tout ça on l’a lu et relu un peu partout dès l’instant qu’on s’écarte des gros machins médiatiques, style BFM... A la diabolisation, ridicule, du gilet jaune par le pouvoir et certains médias, Delorme oppose une forme, tout aussi ridicule, de sacralisation du même gilet jaune (comme Mélenchon). Touche pas à mon gilet jaune... Vision manichéenne et réductrice des choses... Les médias se résument à ce que la télé a de plus médiocre (BFM, LCI, TF1...), il est facile de les vilipender, quant à Facebook on l’évoque tout en minimisant son rôle (pourtant manifeste) dans l’ampleur qu’a pris le mouvement, ce qui évite de pointer tout ce que les réseaux sociaux peuvent charrier de haine et autres délires complotistes, sinon de merde... Bref Delorme se la joue "expert ès politique" qui fait la leçon aux médias qui eux, à l’en croire, ne savent pas ce que veut dire le mot politique, de la même façon qu’il fait habituellement la leçon aux critiques de cinéma qui eux ne comprennent rien au cinéma... tsss

Anonyme a dit…

Vous êtes dur avec BFM

Anonyme a dit…

Le cas Eric Drouet

https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/04/chez-les-gilets-jaunes-le-cas-eric-drouet-cree-de-nouvelles-tensions_a_23633389/

valzeur a dit…

Hello Buster,

Il faut arrêter avec cet usage vraiment plus possible du mot "haine" pour "stigmatiser une colère légitime" (vous appréciez ce cliché aussi ?) ; on dirait un entre-deux tours de présidentielle ! Je vous propose à la place l'acronyme LHLPSDNH que je vous laisse décrypter (vous allez y arriver... Indice : De Castelnau l'a ridiculisé en LHSDTM, tout ceci devient très arcane, hein ?).

Buster a dit…

Salut valzeur,
C’est curieux chez vous cette haine du mot haine quand on veut parler non pas de colère légitime ni de phénomènes du langage mais bien de l’aversion éprouvée (répugnance dirait Delorme) chez certains pour ceux qui ne sont pas de leur bord et sont considérés dès lors comme l’ennemi à abattre (symboliquement bien sûr, nous sommes des gens civilisés)... mais bon puisque cela vous défrise les moustaches que vous ne portez pas, au lieu de parler de haine à propos de ce qu’on peut lire ou entendre parfois chez les plus enragés du mouvement (enragés c’est bien, ça fait révolutionnaire) et leurs zélateurs (Chouard est pas mal dans le genre)... oui donc, au lieu de parler de haine je parlerai dorénavant de "vilains petits propos fielleux", enfin pas sûr que j'y arrive parce que c’est long et l’acronyme VPPF personne ne comprendra.

(le vôtre non plus d’ailleurs, j’ai pas trouvé)

Voilà: ni armes ni violence et sans haine... comme dirait Spaggiari

valzeur a dit…

Hello Buster,

Ce que je remets en cause dans l'usage du mot "haine" tous azimuts, c'est non pas l'existence de ce sentiment mais l'impression de supériorité morale par celle ou celui qui l'emploie (macronisme) et qui pense certainement être dédouané.e de ce sentiment ("Vous n'aurez pas ma haine", etc.) alors qu'il.elle ressent exactement les mêmes émotions face aux suppôt.s de la Haine (rimer ici avec FN). Le mouvement des Gilets Jaunes a au moins pour lui de faire émerger de façon violente cette haine profonde du peuple par les élites ou plus généralement les membres de ce que De Castelnau appelle le Bloc bourgeois unifié (de gauche ou de droite, c'est kif-kif). Pour ce qui est de l'inverse, la haine du Bourgeois par le peuple, il n'y a vraiment pas de quoi être surpris ; pour reprendre les analyses de Christophe Guilluy (lisez le formidable "La France périphérique"), on peut d'ailleurs remplacer le terme "bourgeois" par "gagnants de la mondialisation" et "peuple" par "perdants de la mondialisation".

LHLPSDNH : "Les heures les plus sombres de notre histoire" (marronnier pour gogol)
LHSDTM (variante De Castelnau) : "Les heures sombres de ta mère"

Buster a dit…

Admettons, mais à vous lire on a l’impression (puisqu’il s’agit là aussi d’un sentiment, pas d’une vérité) que le mot "haine" ne peut s’entendre que dans un sens (du bas vers le haut, pour faire simple)... parce que, certes, ce que vous décrivez dans l’autre sens, on peut le ressentir de façon évidente chez ceux dont le mépris (de classe, allons-y) se lit dans leurs paroles comme dans leur comportement, mais le généraliser à toutes les élites, à commencer par les macronistes, au prix quand même d’une petite gymnastique intellectuelle: supposer un sentiment de supériorité morale chez celui dont on suppose qu’il pense être dédouané du sentiment de haine en employant le mot alors qu’en fait, nouvelle supposition, il ressent les mêmes émotions que les autres... ça fait beaucoup. Mais bon peu importe... ce que je ne supporte pas ce n’est pas la haine du laissé-pour-compte pour les privilégiés (compréhensible, c’est le côté sans-culottes de l’affaire), mais celle des idéologues de tout poil (pas les plus défavorisés) qui prennent prétexte de cette haine du peuple pour imposer des revendications, elles, éminemment politiques, qui n'ont aucune légitimité démocratique.

Et pour rester dans le cadre des GJ, je persiste à dire qu’avec un type comme Eric Drouet comme figure de proue (qui n’a aucune stratégie politique, se contentant de petits coups d’éclat médiatiques qui lui permettent d’asseoir sa popularité), le mouvement est voué à l’échec, même pas sûr qu’il tienne jusqu’au printemps...

PS. Pour revenir à la haine, je sors de Bienvenue à Marwen, un très beau film, qui à première vue pourrait ressembler à du Tarantino revisité par Todd Haynes et raconté par Spielberg (dit comme ça, ça ne vous tentera pas, je sais), mais en fait du Zemeckis dans ce qu’il peut faire de meilleur... et si vous ne l’avez pas encore vu, courrez-y pendant que je lis Guilluy :-D

VGE a dit…

Vous n'avez pas le monopole de la haine.

Buster a dit…

Ha ha... mais qui se cache derrière les initiales VGE, Giscard lui-même ou Édouard Philippe qui sait très bien l'imiter?

Etienne Chouard a dit…

Moi auchi je chais imiter Gichcard

Buster a dit…

Oh p... Chouard, manquait plus que lui!

(ou alors Souard, je ne sais plus)

Anonyme a dit…

À propos de Gilhaines Jauneux, voilà Michéa rhabillé pour l'hiver : https://esprit.presse.fr/actualite-des-livres/jean-yves-pranchere/le-loup-dans-la-bergerie-de-jean-claude-michea-41905

Buster a dit…

Hé hé... on va lire ça (j'aime bien ce qu'écrit Pranchère, alias Pierre Boyer)

Anonyme a dit…

Le texte de Pranchère

Jean-Claude Michéa a commencé sa carrière médiatique par des satires de l’esprit « libéral-libertaire » qui avaient quelque chose de salutaire. Au fil de ses livres répétitifs, la satire s’est fondue en morgue. Son dernier ouvrage semble écrit par un inquisiteur haineux, qui fait son propre portrait lorsqu’il dénonce ces intellectuels qui veulent tenir « le fouet » et remplacent les règles du débat par les techniques de l’intimidation.
Sa thèse centrale, celle de la solidarité intime du capitalisme et des droits de l’homme, n’a rien de neuf. Elle a été formulée de manière plus incisive par Deleuze ou Althusser, auteurs que Michéa vomit. La seule « originalité » de Michéa est de plonger la critique marxienne, qui a ses forces et ses apories, dans une confusion inextricable. Il identifie les défenseurs des droits de l’homme aux seuls libéraux (comme si Babeuf avait été un libéral), le libéralisme au néo­libéralisme (comme si Tocqueville avait été un intégriste du marché), et le néo­libéralisme à une politique de la lutte contre les discriminations – comme si le néolibéralisme n’avait pas eu son premier laboratoire dans le Chili de Pinochet, avec le soutien de cet héritier de Burke que fut Hayek.

Anonyme a dit…

Ces amalgames induisent dès la première page toutes sortes de pataquès. Le livre s’ouvre par une citation de Marx qui associe les droits de l’homme et Bentham. Mais Bentham était un critique radical des droits de l’homme, auxquels il reprochait exactement ce que leur reproche Michéa : de susciter l’illimitation des désirs. Marx, pour sa part, leur reprochait de fixer des bornes trop étroites à ce qu’il nommait, dans les Grundrisse, le « mouvement absolu du devenir ». Michéa est du côté de Bentham et non de Marx. Plus loin, Michéa définit l’essence du libéralisme par la thèse que « le gouvernement des personnes » doit céder la place à ­ « l’administration des choses ». Mais cette formule vient des saint-­simoniens (ces « socialistes originels »). Engels la reprend dans l’Anti-Dühring – que Michéa cite souvent – pour définir la société communiste.
Cette erreur est révélatrice. L’usage que Michéa fait de Marx consiste à aligner des citations décontextualisées, hors de toute intelligence du texte et du travail de pensée qui s’y déploie, afin de n’en retenir que des motifs communautariens. On conseillerait volontiers à Michéa de relire les premières pages du Manifeste communiste, qui contiennent un éloge de la destruction des communautés traditionnelles par la bourgeoisie – éloge confirmé par les Grundrisse où Marx voit le but du communisme dans « le développement universel des individus » : c’est, selon Marx, « l’universalité à laquelle le capital aspire irrésistiblement » qui fait apparaître le capital lui-même « comme obstacle majeur à cette même tendance à l’universalité, le poussant donc à sa propre abolition ». Mais sans doute Michéa ne souhaite-t-il pas relire le Manifeste pour une raison compréhensible : il y trouverait une description de ses positions dans le chapitre contre le « socialisme réactionnaire ».
Par quoi remplacer les droits de l’homme ? Michéa avoue n’en rien savoir. Il dit ne pas vouloir le retour de la « fable stalinienne » dont il reprend pourtant le lexique, même si son univers intellectuel évoque plutôt ce Cercle Proudhon qui associait amis de Georges Sorel et disciples de Maurras. Il en appelle à un « nouveau langage » pour « retraduire la défense des libertés civiques », sans voir que l’idée même d’une traduction suppose que l’original serve de guide. Et comment pourrait-il en être autrement, puisque l’idée des droits de l’homme est celle de l’égalité des droits, hors de laquelle le projet d’une société libre et égale est impensable ?
Allons au cœur philosophique du paradoxe : Michéa, qui se réclame de l’idéal d’autonomie démocratique tel que pensé par Castoriadis (lequel a toujours reconnu que les droits de l’homme en étaient la condition nécessaire quoique non suffisante), veut fonder cet idéal sur la critique du libéralisme donnée à la suite de Leo Strauss par Pierre Manent. Pierre Manent a pourtant marqué explicitement, dans son récent livre La Loi naturelle et les droits de l’homme, que sa critique des droits de l’homme reposait sur la thèse de l’absurdité de l’idée d’autonomie et de l’impossibilité d’une autolimitation de la liberté. Vouloir fonder le projet d’autonomie sur une thèse qui le nie, c’est une forme originale de cocasserie. Mais le rire se fige lorsque Michéa en vient à expliquer que l’action des « maîtres de la Silicon Valley », « certes moins brutale », est « plus déshumanisante » que la dictature de pouvoirs tortionnaires tels que le pouvoir syrien. La brutalité d’une pensée grossière montre alors son vrai visage.

valzeur a dit…

Vous rigolez, Buster ?

J'ai trouvé Bienvenue à Marwen assez désolant, un mélange de kitsch, de démence et de politiquement correct (à bien y réfléchir, cela ne m'étonne pas tant que ça que cela vous plaise :)

Un beau film discutable par contre (la fin est ratée) : Asako I&II

Pour ce qui est du vocable "haine", ne cherchez pas midi à 14h : son usage permanent par les sociaux-démocrates mous du gland est soit du panurgisme minable, soit mon explication, soit les deux :)

A l'anonyme : j'ai commencé à lire la supposée critique capitale de Michéa, 4ème ligne "inquisiteur haineux" (et pourquoi pas Pol pot ?). Pas la peine d'aller plus loin pour voir que ce Pranchère est un nullard qui sort les violons dès l'entame, en ce qui me concerne. Buster, vous me ferez un compte-rendu ? Je pense que ce type d'arguments, "inquisiteur haineux", convient mieux à votre sensibilité.

Jean-Luc Mélenchon a dit…

Tiens Buster, lis ça, je suis sûr que tu vas aimer :

L’ETAT D'INSURRECTION CITOYENNE
L'insurrection citoyenne reprend. Plus forte, plus déterminée que jamais. Sur les ponts de Paris ce fut même une bataille au corps à corps. Quel genre de pouvoir est celui qui rend de telles scènes possibles en France ? Les vœux ineptes du Président et ses menaces contre l’action populaire ont reçu leur réponse dans les rues ce samedi. La mobilisation est repartie à son point le plus haut. Comme nous avions été nombreux à le prévoir, les rites familiaux des fêtes de fin d’année n’avaient pas éteint l’incendie politique des Gilets jaunes. L’arrestation de Drouet et les autres actes de répression disproportionnés que le pouvoir a ordonnés à la Police et à la Justice ont bien relancé la mobilisation. Et les grossières campagnes de lynchage médiatique réalisées par les chiens de garde ont réarmé le ressort de l’indignation populaire. Et spécialement lors de cette manœuvre ridicule de la presse Bolloré pour actionner un buzz, en pleine journée de mobilisation de rues, sur le thème « l’abrogation du « mariage pour tous » première revendication des gilets jaunes ». Une attitude stupide qui alimente l’hostilité populaire croissante contre les malheureux soutiers des médias présents dans la rue. Mais encore une fois il n’y a pas de meilleure éducation populaire de masse que celle-là, y compris concernant la vraie nature des principaux instruments de domination du système en général et pas seulement de l’appareil médiatique. Et comme cette dernière manœuvre « mariage pour tous » s’est appuyée sur les travaux du prétendu « grand débat », on voit à quelles manipulations celui-ci est voué. Avant les fêtes, les mêmes chiens de garde avaient essayé d’administrer un bon vieux coup de rayon paralysant sur le registre de l’antisémitisme. En vain. A la rentrée ce furent Apathie et Hamon assignant Drouet à l’extrême droite pour demander une répression « républicaine ». Hamon poussa même jusqu’à demander qu’on « remette le clocher au centre du village », expression qui en dit long sur les racines de ce type de pensée. Et toute la journée les insultes contre Drouet ou contre moi fusèrent dans l’ivresse contagieuse des boucles médiatiques. Le pouvoir se sentit les mains libres. Il embastilla Drouet. Mais pas seulement ! Les femmes également arrêtées ce soir-là firent un superbe selfie en cellule, une image d'un type qui fait le tour de France et du monde en quelques minutes, discréditant en une seconde ceux qui croyaient les intimider. En tous cas, toute la séquence reste celle d’un échec total des extincteurs traditionnels de la bonne société.

JLM a dit…

Evidemment l’insurrection a franchi un seuil en faisant un tel retour. Il va de soi que le sens politique du mouvement se concentre sur la question du pouvoir politique. Aucune société démocratique ne peut fonctionner sans consentement à l’autorité. Quand celui-ci se rompt, que cela plaise ou pas il faut tout remettre à plat. Bien sûr, la macronie, ses pompes et ses œuvres, ne veulent pas en entendre parler. Mais plus elles tardent, plus le niveau de l’exigence politique s’élève. On est déjà passé de la hausse du carburant au RIC. Le tout sur fond de slogan permanent « Macron démission », « Macron on vient te chercher ». On approche du moment où c’est la règle du jeu politique tout entière qui sera mise en débat. Cette transcroissance des revendications sociales en revendication de pouvoir politique est au cœur de la vision des Insoumis et de leur projet de convocation d’une Assemblée Constituante ! Ce qui est certain en toute hypothèse, c’est que le macronisme c’est la chienlit. Le sens de l’Etat a déserté les sommets du pouvoir. En atteste l’utilisation des moyens de l’Etat à des fins étroitement partisanes. Comme l’affaire Benalla, nos perquisitions et l’arrestation de Drouet, l’usage de munitions meurtrière dans le maintien de l’ordre qui multiplie le nombre des estropiés l’on montré, parmi tant d’autres choses. Les partisans du passage en force et des solutions violentes entrainent le pays dans une impasse destructrice. JLM

Buster a dit…

valzeur, je suis pas surpris que vous n’aimiez pas le Zemeckis, qui est pourtant un film magnifique, mais c’est vrai qu’on est pas dans le monstrueux, désolé... Sinon pas de compte-rendu de la critique de Pranchère, ça m’obligerait à lire le bouquin de Michéa et j’ai pas envie de me payer un ulcère...

Mélenchon, c’est pareil... j’arrête de lire, j’en peux plus...

valzeur a dit…

Malheureusement, on est bien dans le monstrueux, mais pas au bon sens du terme... J'ai récemment vu de Zemeckis le discutable The Walk qui comporte quand même 30 minutes de très grande classe à la fin, si bien que la hideuse première partie du film se dissout dans la mémoire. Avec Welcome to Marwen, c'est malheureusement l'inverse qui se produit, les 30 premières minutes sont intrigantes voire excitantes, mais ce qui suit est une douche froide de niaiserie. En plus, manque de pot, si Leslie Mann est une bonne actrice, je n'en dirais pas tant de Steve Carell, que j'ai trouvé inerte, totalement désinvesti, et pour tout dire mauvais comme un cochon.

valzeur a dit…

Allons Buster, un quizz pour terminer :

De qui ces mots : " Les partisans du passage en force et des solutions violentes entrainent le pays dans une impasse destructrice" ? :
A° Benjamin Griveaux
B° Jean-Luc Mélenchon
C° Hermann Goering
D° Emmanuel Macron
(Attention, il y a un piège...)

Michel Houellebecq a dit…

Lisez mon bouquin Buster, à cause des gilets jaunes personne n'en parle

Buster a dit…

Bah il est nul votre quizz valzeur, la phrase elle est à la fin du billet de Mélenchon, sommet de flagornerie et de récupération, que j’ai fini par lire (contrairement à vous visiblement :), histoire de comprendre pourquoi le mouvement des GJ, avec des vieux cons pareils, qui se présentent comme des étendards mais se révèlent en fait de vrais boulets pour le mouvement (même ça Drouet l’a compris, le délire mélenchonien autour de leurs deux personnes, celle de Mélenchon, toujours aussi imbu de lui-même, et celle de Drouet, grisé par sa notoriété soudaine, que l’autre essaie lamentablement de récupérer)... donc, pourquoi le mouvement avec un tel attelage, le seul médiatisé, même si la majorité des GJ ne s’y reconnaissent pas, va droit dans le mur, une impasse qui elle ne sera même pas destructrice, puisque l’insurrection ne sera restée qu’à l’état larvé, la population (qui n’est pas le peuple) finissant par lâcher majoritairement le mouvement. C’est d’ailleurs ce sur quoi table le pouvoir, expliquant son discours axé sur les violences et la sécurité (on peut trouver ça minable mais c’est de bonne guerre)... dont la seule préoccupation est (outre surveiller la courbe des sondages quant à la popularité du mouvement) que les manifestations du samedi ne fassent aucun mort (surtout pas de martyrs), d’où le dispositif policier, démesuré, disproportionné, mais adapté à la trouille manifeste du gouvernement que les choses basculent dans la vraie violence insurrectionnelle, imposant un système réellement répressif (là ce sont que des échauffourées), ce qui ne protège pas des bavures, mais les limite quand même... Voilà voilà, c'était mon petit édito du dimanche. Rdv la semaine prochaine après l'acte IX ou X, je ne sais plus :-)

Sur Marwen, je suis consterné par ce que vous dites... je ne suis pas un fan de Zemeckis (je n’aime pas du tout la série des Retour vers le futur, et le passage qui y fait référence est d’ailleurs la partie un peu faible du film, mais c’est peau de balle à côté de tout ce que le film invente par ailleurs, au niveau de la forme comme du récit... Et dire que Carrell y est mauvais comme un cochon, alors qu’il est tout simplement génial, c’est du grand n’importe quoi... Mais bon, je ne vais pas polémiquer, c’est inutile... je reviendrai sur le film à l’occasion d’un billet.

Sinon pas encore lu le Houellebecq, mais feuilleté rapidement en librairie... et tombé sur un passage où l’auteur, à propos de Pink Floyd, confond Ummagumma et Atom heart mother... c'est bizarre, mais il y a peut-être une raison que je découvrirai en lisant le roman.

valzeur a dit…

Hâte de vous lire sur Zemeckis ! La seule explication pour que Carell soit aussi inanimé est peut-être le contraste donné ainsi entre sa marionnette hyperactive et lui, mais cela me semble une idée tellement indigente que je dois me tromper.
Vers la fin de la projection (la scène du procès notamment où l'on voit un ou deux des accusés pleurer), j'ai pensé à la phrase de Billy Wilder en sortant de l'adaptation du Journal d'Anne Frank : "On aimerait connaître le point de vue des nazis". De fait, cela aurait peut-être permis au film de ne pas être sur la longueur un filet d'eau refroidi électrisé par quelques séquences pyrotechniques de plus en plus pénibles (mais les premières sont toutefois plaisantes...).

Le piège de mon quizz était la réponse dans le post précédent, comme quoi vos résolutions ne tiennent pas toutes.

valzeur a dit…

Additif : il n'y a aucun mystère sur l'erreur de titre de Pink Floyd dans le dernier Houellebecq autre que son extrême médiocrité et l'absence de travail ; je suis en train de le lire (parvenu au deux tiers), et c'est pénible comme rarement...

Buster a dit…

Mince... déjà les 2/3 de lus d’un livre qui n’est sorti que depuis trois jours et pénible à lire comme rarement, je reconnais bien là votre extrême masochisme... :-)
Sur la confusion ("Ummagumma, le disque à la vache" je me souviens plus trop de la phrase), elle est tellement grossière, d’autant que Houellebecq cite souvent Pink Floyd parmi ses groupes rock de jeunesse, que je me disais qu’elle était soit volontaire soit liée au fait qu’il ne se relit pas, privilégiant la spontanéité de l’écriture, au risque d’y laisser plein d’erreurs...

Sur Marwen, j’étais sûr que vous reviendriez sur ce plan (un travelling rapide sur 2 ou 3 des agresseurs d’Hogancamp se mettant à pleurnicher), que cela avait dû vous irriter, alors qu’il est très beau ce plan, à la fois par sa discrétion, Zemeckis ne s’y attarde pas (ceux qui pleurnichent sont découverts à la fin du travelling est restent dans une sorte de flou) et qu’il y a comme une succession de niveaux dans le rapport agresseurs/victime, entre Hogancamp au fond expliquant qu’il n’a plus peur parce que ceux-ci sont "partis" (de son imaginaire) et ceux qui pleurnichent au premier plan alors qu’au milieu les autres, dont le meneur à la croix gammée sur le bras, se contentent de baisser plus ou moins la tête...

Le quizz... hum, le piège était grossier.

Creed 2 a dit…

Boxeur numéro 1 : à Paris hier, un manifestant, donnant des coups de poing sur le bouclier d'un gendarme (la victime a obtenu 15 jours d'ITT). Les images ont été abondamment et complaisamment montrées sur les chaînes d'infos en continu.
http://videos.leparisien.fr/video/un-homme-boxe-un-gendarme-l-incroyable-sequence-de-l-acte-8-a-paris-05-01-2019-x704jfj#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F

Boxeur numéro 2 : à Toulon hier, un commandant de gendarmerie qui a été décoré le 1er janvier 2019 de la Légion d'Honneur, tabassant un manifestant noir, sans défense, collé au mur. Les images ne sont hélas pas parvenues jusqu'aux journalistes qui ne les ont pas diffusées.
https://twitter.com/Brevesdepresse/status/1081654022887608321/video/1

valzeur a dit…

Ce plan n'est pas mal du tout, Buster, je vous l'accorde ; le problème est qu'il fait surgir le regret d'un autre film, celui par exemple qui aurait pu être consacré à ces types, au lieu de la soupe tiédasse qu'on s'est fadé avec le film-Carell, et qui aurait peut-être été meilleur, ou même un autre film sur le personnage de Hogancamp qui est quand même furieusement original. Le voir rétréci à des normes digestibles par le public américain lambda m'a démoralisé. Il y a plein de pistes intéressantes qui ne mènent à rien. Marwen m'a fait penser à une saillie vacharde de Jeanne Balibar sur l'horrible Gainsbourg de Joann Sfar, je vous ressors l'intégralité parce que c'est un grand moment de critique sans filtre : "Je viens de voir Gainsbourg (vie héroïque). Ça m’a déprimée. Tout est simplifié, infantilisé, le film ne se coltine aucune difficulté. Dès qu’il y en a une qui se présente, une marionnette avec un gros nez et de grosses oreilles apparaît. Et à la fin du film, il y a une phrase du mec qui te dit ce qu’il a voulu faire… Depuis quand les cinéastes ont besoin de mettre à l’écran leur note d’intention ? Sur la musique, sur l’inspiration, sur ce qu’est la provocation en politique et en art, c’est pas possible. Et après, tout le monde dit “C’est magique”… J’en suis sortie muette de révolte."
Le passage que j'applique à Marwen est bien évidemment celui-ci : "Ça m’a déprimé.e. Tout est simplifié, infantilisé, le film ne se coltine aucune difficulté. Dès qu’il y en a une qui se présente, une marionnette avec un gros nez et de grosses oreilles apparaît." (Remplaçons dans Marwen la marionnette au grand nez par les pitites marionnettes si dynamiques/sexy/flashy...)

valzeur a dit…

Je dois avoir une discussion serrée dessus la semaine prochaine avec un houellebecquien de ma famille, ceci explique cela...

Buster a dit…

Mouais pas convaincu par le rapprochement... par contre je viens de comprendre pourquoi vous êtes sorti déprimé du film. Le mélange avec le bouquin de Houellebecq. Pas bon, ça... Il vous reste plus qu’à prendre un "petit comprimé, blanc, ovale, sécable" :-D (vous nous raconterez votre discussion avec le houellebecquien)

Creed2 > Bah ouais, il aurait fallu que le boxeur du pont Leopold Senghor et le flic de Toulon combattent l’un contre l’autre (ils ont l'air de boxer dans la même catégorie), ce qui me rappelle mon post précédent... Sinon ce genre de scènes va se multiplier dans les semaines à venir... c’est inévitable.

valzeur a dit…

Pourtant, Buster, le film est dans l'évitement permanent de ce qui pourrait être intéressant. Et, personnellement, la résilience est un sujet que je ne supporte plus au cinéma ou dans les livres.

Buster a dit…

C’est toujours la même chose, reprocher au film de ne pas être ce qu’on aurait voulu qu’il soit... ce que Zemeckis évite c’est justement d’enfermer son film dans la thématique bienpensante de la résilience... il finit par dire autre chose, à travers son personnage de Captain Hogie, qui ne se réduit pas non plus à l’autoportrait... quoi? bah... la suite dans mon prochain billet :-)

valzeur a dit…

Ce teasing...
C'est vrai que remplacer de façon directe la résilience par des péripéties de films d'aventure avec des mini-mois à foison, c'est une avancée majeure dans le traitement de la résilience.
Et que dire des scènes avec Nicol(Leslie Mann)? Je dois toutefois reconnaître que c'est une très bonne actrice et que sa performance écrase le pauvre Carell.

valzeur a dit…

Huuuuum Buster,

Avec Griffe, nous avons vu l'avant-première intersidérale à la Cinémathèque du dernier film de votre Chouchoumyalan, Glass ! Et vous savez quoi ? C'était nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuulllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll au point que nous avons hésité à réclamer l'euthanasie à la fin de la séance qui s'est poursuivie par un débat tout aussi pénible (avec heureusement un peu de champagne à la fin, hips). Griffe le note 0/6 et moi 0/20.
Si par extraordinaire vous aimez ça, je vous rebaptise Dumbo le critique volant, vous êtes prévenu.

Buster a dit…

Griffe a été plus rapide mais il n'a pas mis son commentaire au bon endroit :-)

Zéro pointé? Hum... on verra.

Anonyme a dit…

Le Gitan de Massy avait dit qu'il allait revenir : https://www.youtube.com/watch?v=3T9J4q-4hg0

Et il est revenu : https://www.lepoint.fr/societe/gilets-jaunes-un-manifestant-filme-en-train-de-boxer-un-gendarme-05-01-2019-2283574_23.php

Anonyme a dit…

Hommage à Christophe : https://lundi.am/Hommage-a-Christophe-Dettinger

Buster a dit…

Christophe le castagneur à ne pas confondre avec Christophe Castaner.

Anonyme a dit…

Luc Ferry, philosophe et Ministre sous la deuxième présidence de Jacques Chirac, interrogé dans l'émission Esprits libres diffusée sur Radio Classique : "Ce que je ne comprends pas, c'est que l'on ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin aux violences", explique l'ancien sympathisant de l'UMP. "Franchement, quand on voit des types qui tabassent à coup de pieds un malheureux policier qui est par terre, voilà.... Qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois, ça suffit ! Ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d'extrême droite, d'extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit, cette violence est insupportable. On a, je crois, la 4e armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies. Il faut dire les choses comme elles sont."

Anonyme a dit…

HAHAHAHAH Valzeur et Griffe qui conchient le dernier Shyamalan après s'être pâmés devant le caca de Guadagnino (Suspiria)

Buster a dit…

Luc Ferry, pff... peut-être pas aussi con que son "ancêtre" Jules dont Clémenceau disait qu’au niveau de l’intelligence il était au-dessous du médiocre, mais quand même une sacrée brêle... qu’un mec "philosophe" (les guillemets s’imposent) balance des trucs comme ça, c'est tellement ahurissant que j'ai d'abord cru à une fake news (et pourquoi pas "quand j’entends les mots "gilets jaunes" je sors mon revolver" pendant qu’on y est - je dis ça sachant le rapport qu’a cette andouille à la Kultur)

Griffe a dit…

Salut Buster, voici un très beau texte sur les Gilets Jaunes (c'est signé Rémi Coutenso) :

Note sur les gilets jaunes, la tragédie, le Trauerspiel et Hamlet
Gérard Noiriel, dans ses commentaires sur l’actualité sociale, nota que le nom « gilet jaune » témoignait une fois de plus de la créativité propre aux luttes sociales. Le détournement symbolique d’un outil administratif – le gilet jaune – pour désigner la situation sociale des acteurs du mouvement social est en effet tout à fait significatif : le « gilet jaune », outil qui signifie habituellement la situation d’urgence et de danger propre aux accidentés de la circulation automobile, est transposé dans le domaine de la circulation marchande, dans laquelle le pouvoir d’achat des « gilets jaunes » est amputé, où les pressions fiscales sont des chocs quasi-mortels et l’Etat une ambulance devenue folle et destructrice.
Cette créativité propre aux gilets jaunes pourrait être saisie au moyen des catégories de Nietzsche si ces dernières avaient une valeur socialement émancipatrice : « la révolte des esclaves » se caractériserait par le fait qu’elle hisserait les « faibles » au niveau métaphysique des « forts » dans la mesure où elle témoignerait de leur capacité à créer par eux-mêmes un système de valeurs qui finirait par anéantir le système dominant de valeurs aristocratiques. Cependant force est de constater que ce sont bien les classes profitantes et massivement visibilisées qui usent régulièrement de cette rhétorique créative, souvent pour dénoncer un « débat public » dominé par les valeurs de gauche (Causeur, Zemmour, BFMTV, Alexandre Devecchio, Eugénie Bastié, Philippe Muray etc.).
La créativité des « gilets jaunes », si elle est une façon pour eux d’imposer leurs propres termes et évaluations dans le débat public, demeure cependant à l’intérieur du cadre linguistique et matérielle de l’anticapitalisme tronqué.
Un exemple :
Cette créativité se manifeste dans la façon de désigner ses rendez-vous avec le pouvoir politique, voire avec l’histoire : Acte I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII. Le vocabulaire de la temporalité théâtrale est détourné pour s’orienter dans le temps médiatique et politique. En outre, le fait que le pouvoir politique actuel, par sa présidentialisation excessive inhérente à la cinquième République, soit associé au pouvoir monarchique, nous introduit dans l’orbe du théâtre fondamental, la tragédie.
Cette tragédie, mise en scène par les gilets jaunes, ne connaît l'activité de l'histoire que sous l'aspect des agissements infâmes des comploteurs ; l’action centrale est donc invisible et a lieu dans les coulisses ; les conseillers secrets, identifiés par les révoltés, ont leurs entrées au cabinet du prince où sont préparés les coups de la haute politique. Dans ces conditions les ronds-points, comme décor de l’action secondaire des révoltés, renvoie régulièrement à ce monde invisible où une souveraineté illégitime, une autre Loi, s’exerce ; c’est ce qu’illustra cette pancarte sur laquelle fut visibilisée la cour du prince : « Macron = Drahi = Attali = banques = média = Sion ». Il fut donc logique que le référendum d’initiative citoyenne devint le thème central du drame en cours, dont le motif est la réappropriation de l’esprit de la constitution française, à savoir la faculté d’exercer la dictature par le peuple et pour le peuple. Conformément à une caractéristique de la tragédie, deux lois inconciliables traversent le drame et une seule devra s’imposer.

Griffe a dit…

Une autre mise en scène de révolte face au pouvoir politique contemporain, une autre tragédie, une autre dénonciation créatrice est cependant possible et souhaitable.
Sa caractéristique principale serait de mettre en évidence que le pouvoir invisible qui exercerait sa dictature n’a rien d’humain : le souverain, ici le président de la république, serait aux ordres de la valeur marchande et de son système impersonnel et automatisé ; il occuperait alors la place du martyr, victime spéculaire traversée par une impuissance indépassable et un devenir-fou. Alors qu’à grand fracas il donnerait vainement libre cours à sa puissance idéologique, il resterait une chose qui parlerait en faveur de ce César abîmé dans l’ivresse du pouvoir : c’est qu’il serait victime d’un déséquilibre entre la grandeur "infinie" dont il est investi par l’idéologie et la misère de sa condition d’agent d’entretien du capitalisme.
On ne se situerait plus alors dans la tragédie, mais dans le Trauerspiel (le jeu du deuil ou de la tristesse), car la fonction principale du souverain serait non pas de décider, mais d’éviter la décision : le pouvoir politique serait rendu à son impuissance fondatrice.
En un mot : Hamlet est le séducteur de toute révolte cohérente avec elle-même.

valzeur a dit…

Hé l'anonyme, voyez-le Shyamalan et on en reparle ! Et puisque c'est comme ça, je vais révéler les twists de cette bouse : le père de... se trouvait dans... ; la psychiatre, c'est la belle-soeur du... ; la Bête a une ... bifide dont il se sert pour... les... - bon film !

Buster a dit…

Merci Griffe, beau texte en effet, l'idée du Trauerspiel me plaît bien, il faudra quand même que je relise tout ça.

Pour le Shyamalan, tous ces bouts de twistsq ça promet...

Anonyme a dit…

En tant que porteur d'un tatouage en forme de trèfle sur le poignet, je m'oppose formellement aux révélations de valzeur :-)

Anonyme a dit…

Honnêtement Buster, Mélenchon n'a pas tort (et en plus il parle bien) : https://www.youtube.com/watch?v=00JKfNG6w5A

Buster a dit…

Honnêtement SI (il a tort)... reprocher au gouvernement de jeter de l'huile sur le feu c'est l'hôpital qui se fout de la charité...
Mélenchon représente tout ce que je déteste dans le milieu de la politique: démagogie, suffisance, enfumage, sectarisme, etc... Ferry politiquement parlant c'est peanuts, comme il ne représente rien, on le confond avec la majorité pour dénoncer ces excès de langage qui poussent à l'escalade dans la violence... alors qu'en face bien sûr, la violence n'existe pas, ni dans les mots ni dans les actes... même les GJ qui viennent masqués se heurter au plus près des flics ne sont que de pauvres agneaux qu'on empêche de manifester, ils ne sont là que pour exprimer leur colère... et puis cette mise en scène... le costard de "président" (il y croit toujours), le ton calme (il a dû prendre 2 ou 3 valium avant de se faire filmer)... c'est tellement débectant que je n'ai pas pu aller jusqu'au bout... Mélenchon ce n'est qu'un chef de clan, un tribun, il n'a pas la carrure pour prétendre à autre chose, c'est d'ailleurs à cause de sa grande gueule que sa carrière au PS est restée limitée, il en a gardé aigreur et rancoeur, chacune de ses interventions ne fait que le confirmer... Après il n'est pas le seul à condamner parmi les politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par le centre, c'est un festival de conneries ce qu'on entend chaque jour (à part peut-être Jadot qu'on n'entend plus d'ailleurs).

Anonyme a dit…

Vous comptez voter EEV aux Européennes ?

valzeur a dit…

Hello Buster,

Mais qui trouve grâce à vos yeux ? On aimerait le savoir...
A vous lire, vous êtes habité par une haine de Mélenchon complètement disproportionnée ! Ce n'est pas Mélenchon qui détruit le pays par ses mesures, son incompétence, sa suffisance, sa corruption ; et il est autant écouté par les Gilets Jaunes que le Pape, à mon avis ; personnellement, ça ne me pose pas de problème que vous ayez la bave aux lèvres en l'évoquant, mais faire des mamours social-démocrate juste après est disons paradoxal.

Tout se règlera d'ici quelques semaines ou mois par un simple dilemme beau comme une rédaction philo de terminale : faut-il préférer l'ordre ou la justice sociale ?
J'ai ma petite idée sur votre réponse (comme vous sur la mienne, d'ailleurs...)

Très drôle, le trèfle, merci l'anonyme !!! (seuls les initiés comprendront...)



Buster a dit…

Salut valzeur... Bah personne justement... Mélenchon j’en parle parce qu’on m’interpelle à son sujet, et comme c’est ma bête noire, je le reconnais, j’en remets une couche à chaque fois, sinon je n’en parle pas ou alors très peu... C’est vrai que la plupart des GJ n’en ont rien à foutre de Mélenchon, il est trop tordu, mais le problème n’est pas là, le problème c’est celui de l’après, sachant que ce qui est demandé aujourd’hui par les GJ qui continuent de manifester, même les plus pacifistes, c’est (outre le RIC) la démission de Macron... donc le dilemme ce n’est pas l’ordre ou la justice sociale (alternative un peu facile, et de toute façon bancale, l’un n’est pas le contraire de l’autre), mais Macron toujours au pouvoir (avec un autre gouvernement ?) ou son départ; d'un coté les avantages certes insuffisants mais acquis et ce qui sortira du grand débat (pas beaucoup plus mais un peu quand même), de l'autre la poursuite du mouvement, pour obtenir ce que Macron ne peut accorder sans renier sa politique (et ça à mon avis il en est incapable), mouvement de plus en plus politisé et instrumentalisé par les partis d’opposition les plus actifs, LFI et RN, jusqu’à ce que Macron dégage (de quelle façon, dites-moi, ça m’intéresse)... et si c’est par la voie des urnes, vous souhaiteriez qui à la place, ça aussi ça m’intéresse, parce que votre Mélenchon, on y revient, il aura encore moins de chances que l’an passé contre Le Pen, laquelle en ce moment engrange les voix les doigts dans le nez... donc la sortie, avant le printemps et les hirondelles, ce sera Macron II ou Le Pen... tout ça n’est pas très réjouissant.

Voter EEV aux Européennes? C’est une idée... pourquoi pas (à condition que j’aille voter)

Griffe a dit…

Salut valzeur, salut Buster, à mon avis Macron ne partira pas : le mouvement des GJ s'essouffle lentement, les coups de matraque et sa disparité l'épuisent. Il y aura donc des élections. Et c'est là que Mélenchon, tout "tordu" qu'il puisse être, joue - à mon avis - la bonne carte, celle de défendre sans fausse pudeur un mouvement qui reprend un certain nombre de points de son programme. Est-ce que sa tentative de le "récupérer" sera un échec ? Peut-être, mais ce serait politiquement suicidaire de se tenir à distance sans rien dire ni faire. Fait-il preuve de mauvaise foi ? Un peu, mais pas plus que la Le Pen ou que Macron. Est-il audible ? Des scrupules seraient inaudibles. Il force le trait, mais c'est de bonne guerre politicienne. Mélenchon est un stratège intelligent, sa dernière campagne n'a pas été loin de le placer dans le duo de tête aux Présidentielles. Je pense qu'il sait que Macron ne "dégagera" pas, je ne suis même pas sûr qu'il le veuille.

Buster a dit…

Salut Griffe, vous envisagez donc une dissolution de l’Assemblée... oui mais quand? Seul Macron peut en décider... son intérêt (s’il doit absolument s’y résoudre) serait d’attendre au moins la fin du grand débat... avant, cela ferait le jeu de Le Pen qui récupérerait pas mal de voix des GJ parmi les nombreux abstentionnistes des dernières législatives, mais aussi de LR dont elle commence à siphonner les voix comme Mélenchon l’avait fait avec Hamon aux présidentielles. Pour Mélenchon aussi, seule une dissolution rapide de l’Assemblée peut lui être bénéfique mais sa réserve de voix n’est pas aussi grande. A gauche il a déjà quasiment tout pris, son salut c’est également les abstentionnistes, ce qui le place en concurrence directe avec Le Pen... La question serait alors celle des reports de voix au deuxième tour, je n’imagine pas des retraits pour le mieux placé entre RN et LFI, en revanche je vois bien un grand nombre de triangulaires avec LREM. Donc des élections favorables à Le Pen, et à un degré moindre Mélenchon, si elles avaient lieu prochainement (avec un taux record de participation), du moins au 1er tour, mais dans trois mois ça risque d'être différent quand la lassitude de la population + le grand débat auront fini par bien essorer le mouvement. Et ça Macron le sait...

Anonyme a dit…

hein, quoi, qu'est-ce que j'apprends? Buster est social-démocrate? quelle horreur!

Griffe a dit…

Pardon Buster, je me suis mal exprimé. Je ne parlais pas d'élections anticipées mais des européennes de mai prochain. Je pense que vous avez raison : Macron n'a qu'à attendre que ça se tasse.

Patrick Bruel a dit…

On s'en fout de Mélenchon, ce qu'on veut savoir c'est si les trois penalties accordés à Guingamp contre le PSG étaient justifiés

Buster a dit…

Mais oui Patrick, parfaitement justifiés... trois gilets jaunes venus de Bretagne, sauvagement agressés par des forces de l’ordre parisiennes, les images sont sans appel :-D

Anonyme a dit…

Alors Buster, prêt pour l'acte 10 ?

Buster a dit…

Pas suivi le 9 et pour le 10 ce sera pareil... toujours la même chanson des deux côtés... l'essentiel a été dit, tout ça maintenant est un peu fatiguant, d'autant qu'il faut se fader en plus le blabla électoraliste du RN et de LFI.. merci bien

valzeur a dit…

Hello Buster,

Avez-vous lu la prose pénible mais instructive de Juan Branco sur Macron ? :
http://www.gillesclement.com/fichiers/_communique_02518_macron-et-son-crepuscule-3.pdf

C'est délicatement repoussant...
La partie sur Gabriel Attal - dont j'apprends qu'il était condisciple avec Branco à Sciences Po - est la plus lisible, et partant la plus cruelle.

Buster a dit…

salut valzeur... j'ai lu, enfin pas tout, c'est quand même très pénible à lire, le style est épouvantable, on dirait du (très) mauvais Balzac... pas d'éléments vraiment nouveaux, Branco compile à partir du bouquin sur Mimi Marchand qui lui sert de base et établit des liens déjà connus (amitiés et soutiens douteux, promesses, silence complice des médias, aux mains de milliardaires... ), s'il s'agissait de nous démontrer que Macron n'était pas la blanche colombe aux beaux yeux bleus que la presse people nous avait vendue, OK... mais qui croyait à ça à part les neuneus qui lisent Voici ou Paris Match? Les liens de Macron avec les grands patrons (Arnault-Niel-Lagardère...) et certains médias qui en ont fait un pur produit marketing, c'est une réalité, connue depuis sa campagne, du moins dans les grandes lignes, il y a quelque chose d'américain là-dedans... c'est pas très glorieux mais c'est à l'image de notre monde, en tous les cas ça ne rend pas Macron illégitime, c'est passé par une publicité à outrance, parallèlement au dégagisme qui a présidé à l'élimination de ses rivaux, mais l'imposture non.

(survolé la partie sur Attal... là en effet on apprend des choses, surtout si Branco était avec Attal à Sciences Po... mais bon, dans son acharnement à démolir l'image d'Attal on ne peut s'empêcher de voir chez lui comme une pointe de jalousie, genre pourquoi lui a réussi alors qu'il vaut pas mieux et même moins que nous autres)

Anonyme a dit…

Buster si vous saviez tout ça c'est que vous faites partie de la Macronie !

Gabriel Attal a dit…

Regardez-moi bien. Ai-je l'air d'une pourriture ?

https://resize-parismatch.ladmedia.fr/r/625,417,center-middle,ffffff/img/var/news/storage/images/paris-match/actu/politique/gabriel-attal-j-ai-monte-le-fan-club-d-orelsan-a-l-assemblee-1567267/25443449-1-fre-FR/Gabriel-Attal-J-ai-monte-le-fan-club-d-Orelsan-a-l-Assemblee.jpg

Buster a dit…

Hum... c'est vrai que son parcours (sup) n'inspire pas une grande confiance

Sinon sur ce qu'on disait de Macron au moment de son élection:

Marion a dit…

C’est dingue votre indulgence envers Macron. On peut mettre en évidence toutes les corruptions possibles qui ont entaché son élection et le rendent illégitime, vous, vous trouvez ça normal. Ouvrez les yeux bon sang !

valzeur a dit…

Hello Buster,

Ce qui est intéressant dans cette purge, c'est quand même la soumission extrême de la presse particulièrement bien détaillée par Branco ; en gros, tout le monde savait tout des liens de Macron avec les plus grandes puissances financières de France, notamment par l'intermédiaire de sa glorieuse épouse enseignante, et rien n'en est jamais ressorti, y compris dans le papier que vous citez du Monde Diplo, probablement le plus "avancé" dans une forme relativement bienveillante de critique '"Mais l’avantage accordé par la presse à M. Macron tient moins à ce qui se dit qu’à ce qui se tait.", le summum du rentre-dedans...)
Et Branco fait bien ressortir l'abandon du bien commun - bon, avec pleins d'effets de manche dispensables - notamment dans la figure de G. Attal qui devient l'emblème de la Macronie. Ce qui est raconté à son sujet est d'une telle indécence qu'il donnerait presque des envies de Révolution ! Ce pouvoir est bien celui de l'abandon de toute limite et de toute décence commune, les Gilets Jaunes ne s'y sont pas trompé...

Buster a dit…

Marion, il s’agit moins d’indulgence que de "blasitude" par rapport à toutes ces pratiques, à partir du moment où l’on passe du "petit candidat", dont le rêve est surtout d’atteindre les 5% pour se faire rembourser ses frais de campagne, au "gros candidat", capable de gagner, ce qui ne peut se faire sans la mise en place de tout un système plus ou moins légal de soutiens. Si le pouvoir corrompt inévitablement, l’accès au pouvoir suppose déjà pas mal de compromissions...

valzeur, ah oui les "effets de manche", en lisant Branco on se croirait au tribunal, j’imagine le juge le rappeler régulièrement à l’ordre "maître, venez en aux faits" quand il se perd dans ses digressions, et la défense crier "objection votre honneur" dès qu'il se lance dans la diatribe (à la Père Duchesne)... Branco en fait des tonnes pour nous "raconter" l'élection de Macron, son truc c'est un peu d'inverser le storytelling officiel (l'être pur, quasi vierge politiquement, marié à son ancienne prof de français de 20 ans son aînée...) pour une autre histoire, la même mais à l'envers (l'opportuniste qui pour se faire élire s'est rallié tout le gratin de la finance, les grands patrons, et une grande partie de la presse, aux mains desdits patrons... tout ça par l'entremise de son épouse, plus puissante encore qu'une Marie-France Garraud, qui avec l'aide de sa copine, une ancienne taularde devenue la reine de la presse people, ont littéralement, grâce donc à leurs réseaux, permis l'élection du bébé champion... Mouais, un peu gros quand même (surtout le rôle de Brigitte Macron, sous prétexte qu'elle a été aussi la prof des enfants Arnault)
Mais vous avez raison, pourquoi la presse est restée relativement silencieuse sur le sujet... Par docilité parce que la plupart des médias appartiennent à ces milliardaires que côtoyait le couple Macron (on pense à la blague de Niel: quand les journalistes m'emmerdent je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix)... peut-être aussi de façon plus ambiguë, parce que Macron restait le seul candidat solide face à Le Pen et Mélenchon, après la déconfiture de Fillon... Branco fait l'inventaire de tous les médias en lien avec la finance et qui sont restés discrets sur le sujet... mais si on prend l'exemple du Canard enchaîné, organe indépendant s'il en est, lui non plus n'en a pas vraiment parlé (en tous les cas j'en ai pas souvenir), parce qu'il était déjà occupé par l'affaire Fillon ou parce que tout ça n'était pas si clair?
Reste que pour Macron passer en effet du statut d'outsider à celui de favori suppose autre chose que les déboires de Fillon et de Hamon... des moyens suffisants, comme il n'était pas lui-même milliardaire et qu'il s'était coupé de la droite et de la gauche, ne récupérant que le centre comme appui politique, quel autre type de soutien pouvait-il espérer d'autre que celui de la finance... c'est triste, parce que ça vous lie les mains, et on voit le résultat, est-ce si immoral que ça... je ne sais pas.

valzeur a dit…

Buster, c'est d'un immoralisme total et absolu ! Sa politique n'est que renvois d'ascenseur à ceux qui l'ont porté aux pouvoirs, qui par les 29 couvertures de Paris Match, qui par des espèces sonnantes et trébuchantes pour sa campagne. Quant au Canard enchaîné, son silence sur Macron pendant la campagne indique clairement qu'il n'est pas si indépendant que ça, d'autant qu'il a été l'instrument de la chute de Fillon sans laquelle pas de Macron...

Vous sous-estimez l'entregent de Brigitte qui vient en plus d'une grande famille picarde, si je ne m'abuse. N'oubliez pas tous ces petits riens d'entre-soi de classe privilégiée qui sont plutôt bien dépeints dans le texte de Branco (pour Attal, principalement).

Buster a dit…

Ma phrase était mal formulée, je voulais dire "est-ce plus immoral qu'avec les autres"? j'entends les autres cadors de la politique... vous allez me répondre oui bien sûr (mais alors l'immoralisme du Prince, celui que défendait Machiavel).

Anonyme a dit…

Macron démission

Anonyme a dit…

Il faut vous rendre à l'évidence Buster, le texte de Branco met en lumière l'ignominie du pouvoir macroniste. Il faut soutenir les gilets jaunes qui veulent la fin de Macron

valzeur a dit…

Pitié, Buster, pas Machiavel ! (Sauf, évidemment, si vous aussi vous destinez à la magistrature Suprême...)

Mais bien sûr que Macron est pire que ses prédécesseurs et que ses concurrents ! Il suffit de l'écouter et de regarder autour de vous !
L'immédiateté de sa prise de pouvoir l'a affranchi de tout effort pour s'y hisser ; là où certains ont mis quarante années pour devenir président après avoir gravi patiemment les échelons, deux années de manigances sans avoir en rien oeuvré pour Bien public et c'était plié de son côté ! Le succès sans l'effort n'apprend rien, et il n'a encore rien appris, et probablement qu'il n'apprendra rien... Une amie a eu cette formule juste avant son élection qui me semble toujours prophétique : "La France ne peut pas être gouvernée par un homme qui a épousé sa mère". On voit ce qu'il en est aujourd'hui...

Buster a dit…

Ha ha... il manque le parricide (à moins que... symboliquement la trahison vis à vis de Hollande) pour que Macron soit condamné à l’exil (le sens de Macron démission?)... enfin bon, je ne comprends pas Macron, son ethos (Machiavel c’était pour rire)... on parle toujours de mépris et d’arrogance, j’ai l’impression que c’est plus compliqué que ça, que sa rhétorique est surtout celle du manager, ce qui n’est pas mieux, d’où les formules choc, qui poussent à l’affrontement, et qu’à partir de là je ne vois pas comment ça peut changer... sa vision entrepreneuriale du monde est assez terrifiante... même si je n’ai pas de Macron une image aussi négative (euphémisme) que vous et Branco, elle l’est suffisamment aujourd'hui pour exercer mon droit de retrait lors d`éventuelles élections (parce que hein, quand même, voter pour LFI, je ne parle même pas du RN, ça reste au-dessus de mes forces)... et puis rien, aucun espoir en des jours meilleurs, la fracture est consommée, les tensions seront de plus en plus violentes, ça n’amènera pas la révolution (autre temps) mais l’adaptation du système avec d’autres types de gouvernants..

Anonyme a dit…

Il n’y a pas que LFI et RN... vous évoquiez la possibilité de voter EELV

Buster a dit…

Oui peut-être... mais juste pour continuer de faire semblant d'y croire.

Anonyme a dit…

C'est bien Buster, vous avez le moral :)

Buster a dit…

Toujours.