jeudi 1 novembre 2018

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En vrac.

"L'année dernière, au fond d'une grande enveloppe, parmi des passeports de carton bleu marine périmés et des bulletins d'un home d'enfants et d'un collège de Haute-Savoie où j'avais été pensionnaire, je suis tombé sur des feuillets dactylographiés.
Dans un premier temps, j'ai hésité à relire ces quelques pages de papier pelure retenues par un trombone rouillé. J'ai voulu m'en débarrasser tout de suite, mais cela me paraissait impossible, comme ces déchets radioactifs qu'il est inutile d'enterrer à cent mètres sous terre.
Le seul moyen de désamorcer définitivement ce mince dossier, c'est d'en recopier des extraits et de les mêler aux pages d'un roman comme je l'ai fait il y a trente ans. Ainsi, on ne saura pas s'ils appartiennent à la réalité ou au domaine du rêve. Aujourd'hui, 10 mars 2017, j'ai ouvert de nouveau la chemise vert pâle, j'ai ôté le trombone qui a laissé une tache de rouille sur le premier feuillet et, avant de déchirer le tout et de n'en laisser aucune trace matérielle, je recopie quelques phrases et j'en aurai fini." (Patrick Modiano, Souvenirs dormants, 2017)

Il est bien Amin, le nouveau film de Philippe Faucon, simple dans sa mise en scène, économe dans son récit; les deux personnages sont plein d’humanité, lui d’une grande dignité, elle d’une extrême douceur, c’est sûr qu’après le von Trier, ça repose... En même temps, y’a pas grand-chose à en dire, on suit ça avec attention comme on écouterait de "belles personnes" nous raconter leur vie, sans éclat, sans l’émotion surtout que dégageait Fatima, on aurait aimé que ça déraille un peu... mais bon.

Time song, un titre inédit des Kinks, enregistré en 1968 et qui figure sur l'édition du 50e anniversaire de The village green preservation society.

J'apprends la mort il y a un mois de Diourka Medveczky, l'auteur du génial Marie et le curé... Une mort passée inaperçue (juste un entrefilet dans le Midi libre), à l'image de ses films sur lesquels la critique ne s'est jamais vraiment penchée. L'occasion pour moi de republier le texte que j'avais écrit en 2012 et que personne n'a lu évidemment...

Tiens, c’est bizarre, aucun de mes films français préférés de l’année n’est nommé pour le Delluc 2018... Bon c’est vrai que je n’ai pas tout vu, à commencer par le High life de Claire Denis (ça peut être pas mal), la seule réalisatrice de la liste... ce qui ne relève pas d’un calcul, l’obligation de retenir au moins une réalisatrice, car le film y a sûrement sa place, à la différence des Filles du soleil dans la sélection cannoise, là, au contraire, un vrai mystère tant le film d'Eva Husson, à en croire les critiques, est bien parti pour être la plus grosse bouse de l’année (j’attends quand même avec impatience la critique de Femme actuelle), au point d’ailleurs qu’on peut se demander si cette sélection ne relevait pas d’une volonté chez ceux qui sélectionnent de discréditer le discours féministe, quant aux reproches de sexisme dans le cinéma (le peu de films de cinéastes femmes sélectionnés dans les festivals), en choisissant volontairement le pire des films, façon de dire: "bah oui, on veut bien prendre des films faits par des femmes mais c’est pas facile... voyez, c’est tout ce qu’on a trouvé... alors arrêtez de nous casser les c... euh les pieds!"

Sinon mes 5 films français de l’année (pour l’instant et par ordre alphabétique):

- La Belle et la belle de Sophie Fillières
- Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilian Klipper
- Contes de juillet de Guillaume Brac
- Madame Hyde de Serge Bozon
- Les Sept déserteurs ou la Guerre en vrac de Paul Vecchiali

"Faire un premier film, c'est un peu comme faire sa grosse commission sur la place publique", disait Marie-Claude Treilhou à l'époque où elle était stagiaire (et assistante monteuse) sur Passe montagne, le premier film de Jean-François Stévenin. C'est dans le livre de Yann Dedet, Le point de vue du lapin. Et Dedet d'ajouter: "Voilà qui donne une idée de l'ampleur de la tâche." Je confirme.

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