samedi 15 septembre 2018

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Baseball Gregg, Sleep, 2018. De l'electropop où se mêlent un peu de Sufjan Stevens et de Mercury Rev, c'est bon...

(merci au passage à Ludo qui m'a fait découvrir l'album)

9 commentaires:

Anonyme a dit…

De rien Buster.
Sur "Sleep", les morceaux que j'ecoute le plus sont: "Infinite Scrolling", "Always Feel The Same"
Sur "Vacation", c'est "Vacation II", j'aime la tonalite joyeuse et vacanciere (les vagues, les grillons)
Ludo

Buster a dit…

Infinite scrolling (c'est le morceau qui me rappelle le plus Sufjan Stevens, avec Gemini), Always feel the same, Together in my dreams, Subtropical solitude, Sleep...

Rui De Almeida a dit…

Pourquoi ne pas appréhender la musique comme vous le faites pour le cinéma par la beauté plastique des formes; formes qui esthétisent et qui relèvent la richesse du scénario vers l'indicible ...
Pourquoi les délaisser quand vous vous intéressez à la musique?
Pourquoi oublier la richesse de la composition, la structure, les paroles musicales si particulières( dessiner en peu de mots un univers) etc?
Et pourquoi à l'inverse montrer de l'intérêt à ces choses informes, indistinctes (lignes de chant et fonds sonore interchangeables à l'envie) et sans idées remplis de sentimentalisme, prisonnier d'égocentrisme et dégoulinant de mélancolie qui souvent servent à accompagner des bandes sonores de publicités...

Je vous le dis non en néophyte mais en tant qu'appréciateur de pop-music et ne comprenant pas, à l'intérieur de cette histoire si riche de la musique populaire, vos choix qui s'orientent vers des chemins de traverses remplis de ces groupes si insignifiants, effaçables dans le temps car ne méritant pas de laisser une trace.
Aussi digne d'intérêt, dans un autre versant mais si semblable, que la muzak actuelle périssable avant l'arrivée de la prochaine nouveauté, du nouveau son.

La critique cinématographique a connu ses heures de gloire au contraire de la critique musicale délaissé à des oisifs incultes, bienheureux de pouvoir parler d'un Art. Il est vrai qu'il est plus difficile de cerner par l'écriture l'art musical, et que les concepts ou genre qui permettent définir tout un pan musical serviront de paravent à ces incultes incapables de parler correctement d'une oeuvre musicale, ou même d'en apprécier les vrais richesses; les batailles de genres sont toujours plus faciles pour remplir des pages blanches....

Mais vous, qui avez conscience de ces méfaits dans l'histoire du cinéma, pourquoi ne pas avoir la même exigence pour la musique?
C'est comme si vous hiérarchiser les mélodrames de Dolan avant ceux de Borzage, Rosselini, Visconti.
Ou les films de l'écurie Corman ou Hammer avant les production Besson
Ou les films noirs, western, péplums, fantastiques de l'âge d'or d'Hollywood avant les sous merdes des genres actuels tels que les comics,action, horreur gore etc.
Ou les monodiques ressassements séniles d'une série si contemporaine comme Girls de Dunham avant les atermoiements de l'âme d'Antonioni, Nicholas Ray, Bergman etc...

Simple réflexion de bienveillance et sans méchanceté pour un des derniers blogs de qualité de la critique cinéma.

Buster a dit…

Grands mots tout ça, vous avez peut-être raison mais je n’ai pas du tout la qualité pour parler ainsi de la musique, qui chez moi relève du simple plaisir d’écoute et fonctionne purement à l’émotion… mais bon, plutôt que des généralités, donnez-nous des exemples de ce que vous défendez dans la pop

Rui De Almeida a dit…

Je ne vous fait pas le reproche de ce que vous écoutez, je constate juste la distorsion d'approche entre ces deux arts dont vous parlez, il est vrai l'un plus que l'autre, et l'un en moindre quantité et avec moins de prétention aussi tandis que vous vous acquittez très bien de la critique cinéma. A ce titre, les brèves musicales ne sont pas gênantes, et je conçois très bien cette approche émotive...

je vous rassure, je n'ai pas la qualité ni la patience pour évoquer la musique mais comme pour le cinéma, j'aimerai y rencontrer une plume mais la critique musicale en manque. Elle se considère souvent comme un simple passeur, ce qui sert de prétexte pour se distinguer par des goûts dits pointus et confidentiels. Il suffit de voir que de nos jours, les plays-lists se pensent comme des oeuvres à part entière et plus importantes que les albums des propres créateurs, mais que personne ne semble s'apercevoir du ridicule de cette situation. Si encore ces compilations n'étaient pas si conventionnelles car je conçois encore que la compilation puisse être un art.

Je ne souhaite pas faire de name-dropping car c'est une paresse de la critique musicale qui passe son temps pour évoquer une oeuvre musicale à la rapprocher d'autres artistes et de la classifier dans un genre, et vous ne verrez dans aucun écrit musical la singularité d'une oeuvre. Remarquez, la critique cinéma actuelle n'en est pas très loin....
De plus, les critiques d'un genre comme la pop( dont la parenté commence par les Beatles et les Stones) se sont amusés à décliner cette pop en sous genre pour pouvoir cloisonner certains genres musicaux et les snobiner. Maintenant, ils en exaltent le mélange de ces sous-genres mais toujours avec les mêmes produits si pauvres. Prenez le genre rock progressif qui ne veut rien dire mais qui a permis d'y classer ce que les puristes ne souhaitaient pas, et éviter à leurs lecteurs de s'y intéresser réellement. C'est comme si vous étiez resté à l'image d'épinal des westerns et qui ne vous auraient pas permis de rencontrer des auteurs comme Ford, Mann, Dwann etc. Dites moi un seul groupe dits de Rock progressif dont vous avez écouté deux albums entiers?

Mais, bon, sans établir une liste, je peux vous évoquer à titre d'exemple des artistes:

Comme Ennio Morricone, maître de la composition avec un univers si vaste et si varié avec un vocabulaire musical propre mais délaissé par la critique car il ne rentre pas dans une case.
Personne non plus pour étudier et évoquer toute la création et la recherche musicale d'un artiste non conventionnel et hors des clichés musicaux comme Robert Fripp car les critiques sont trop occupés à suivre la dernière mode musicale.

Ou un artiste comme David Sylvian qui serait proche de vos émotions musicales, dont la mélancolie a irrigué les années 80 avant d'autres approches musicales plus arides mais non moins passionnantes dans les années 90.

Et puis, il existe des tas de groupes honnis par cette fausse intelligentsia comme par exemple Queen qui ont allié innovation et succès populaire mais dont les tubes ( que j'aime aussi) ont caché l'étendue de leur talent.

Ou pour vos humeurs synthétiques, épiques et mélancoliques, un groupe comme Ultravox qui a été caricaturé en France à outrance.

Pour les amateurs de son électro, qui connait l'univers génial et psychédélique de Future Sound of London? Pas la critique, occupé à chasser un nouveau son qui n'en sera jamais un ou une nouvelle voix censé retranscrire son époque, mais n'a pas le temps de s'arrêter sur une discographie entière d'un artiste; la mode, la mode, la mode...

Plus proche de vous, les albums des Manic Street Preachers sont bourrés de pépites mais en France, les imageries des packages marketing sont plus vendeuses que les chansons.

Je ne suis pas sûr pas que mes mots sont soient si grands, et je ne pensais pas allonger mon premier commentaire.

Bonne continuation.

Buster a dit…

Eh bien merci pour ces longues et fructueuses précisions...

Rui De Almeida a dit…

J’ai évoqué la dernière fois des artistes si différents de vos goûts en espérant vous donner envie d’explorer et de découvrir d’autres conceptions de la musique qu’à regret, je n'ai pas parler d’accointances musicales qui pourrait nous rapprocher. J’y réfléchissais et je me disais que des groupes comme les Cocteau Twins voire les Smiths en feraient sûrement parti.

Je crois déceler que vous creusez le sillon, jusqu’à l’obsession, de ce sous-genre éthéré et hypnotique qui a commencé par être tracé par Cocteau Twins. Et pour avoir ,de temps en temps, laisser traîner une oreille à certains de leurs descendances, je me faisais la réflexion de combien d’entre eux ont le talent de sculpture sonore de Robin Guthrie avec sa guitare cristalline qui est d’une beauté glaçante et en même temps aérienne, tout comme la voix quasi désincarné de Liz Fraser qui vire vers le féerique céleste ? Car délesté d’harmonies et de mélodies( à ne pas confondre avec voix mélodieuse), combien de ces groupes voulant créer des ambiances vaporeuses et cotonneuses n’évoquent que l’ennui sans volupté ? Combien d’autres au lieu d’enchanter, s’infantilisent ? Et combien aussi de ces disciples qui, sous des grandes envies de mélopée avec sa cohorte, si facile à convier, d’instrumentation sombre et triste , nous donnent envie de les secouer avec leurs plaintes larmoyantes et leur sensibilité à fleur de peau?

Malgré de bonnes chansons, Cocteau Twins n’aura pas su sortir malheureusement un album aussi intelligent que « The Queen is Dead » où tout y est si subtilement agencé et étagé: des compositions jusqu’aux voix et lignes de chants morriseynes ; des arrangements instrumentaux jusqu’à l’agencement des chansons ; de la production claire avec un grand sens de l’espace jusqu’aux détails sonores imperceptibles qui se surajoutent comme des filtres lumineux aux chansons et qui permettent de façon invisible de donner cet aspect intemporel ; des paroles si intelligentes de précision, grinçantes et drôles de Morrissey qui tempèrent cette marche majestueuse et funèbre du milieu de l’album jusqu’au visuel composé de la pochette delonesque de l’album et des clips aux images si travaillées de Derek Jarman. Ce tout confère un album d’une élégance pure.

Morrissey ne reproduira plus cette œuvre, ni les autres participants, mais il y eut un alliage parfait au bon moment. Je ne l’écoute pas si souvent, il m’arrive de l’oublier mais quand il atterrit sur la platine, j’en suis toujours émerveillé.

Buster a dit…

Non non je ne suis pas si sélectif, la musique éthérée je n’aime pas vraiment, pas assez d’aspérités, trop évanescent, j’aime bien certains groupes de dream pop ou davantage shoegaze mais c’est différent... en fait je ne suis pas obsédé par un style de musique, il y a des choses que je n’aime pas, comme le metal, le rap, le rock‘n roll, les trucs trop bluesy ou country... mais le reste, et il en reste beaucoup, peut tout à fait me convenir. Si je devais citer mes préférés... ces dernières années: Beach House, Lawrence Arabia, John Cunningham, The Apartments, Jeremy Jay, Thurston Moore, The Notwist, Here We Go Magic, Ducktails et bien d'autres encore... plus loin Sparklehorse, Grandaddy., Robert Wyatt, Broadcast, The High Llamas, The Sea and Cake, Saint Etienne, The Field Mice, Belle & Sebastian, Yo La Tengo, Massive Attack, Slowdive... plus loin encore Prefab Sprout, Galaxie 500, Talk Talk, The Pale Fountains, Morrissey bien sûr... je m'arrête aux années 80 et je sais que j'en oublie plein...

Rui De Almeida a dit…

J'ai déjà écouté d'une vague oreille Beach House, John Cunningham, the Field Mice sans être attiré mais pas assez pour avoir un avis très tranché.

The Apartments, j'en connais que les reprises par This Mortal Coil, il faudrait que j'attise ma curiosité. Je réecoutais par hasard "i melt with you" des Modern English, et je me faisais la réflexion que ce romantisme échevelé de cette génération n'existait plus dans la nouvelle jeunesse. Me tromperai-je?

Thurston Moore: le peu de chansons que j'ai entendu me semblaient chiantes et pourtant j'aime beaucoup plein de chansons de Sonic Youth jusqu'à l'album Sister.

Galaxie 500, Pale Foutains, Slowdive me rappellent certains premiers émois musicaux et je ne veux pas en dire du mal.

Saint Etienne et High Lamas, de vagues souvenirs sans émoi, sauf un concert de High Lamas mais aucun rapport avec la musique. Je n'ai quasi plus de souvenirs de leurs chansons, sans regret.
Sparklehorse, je ne peux pas; Yo la Tengo, vu en concert entraîné de force par un ami, vague ennui.

Belle and Sebastian, de bon souvenirs du premier album, même si j'ai jamais eu envie d'y retourner mais me semblait plus créatif que la moyenne.

Je trouve Massive Attack très surfait. Expression facile mais en gros, ça veut dire écoutable, sans plus, et ne comprend pas l'effervescence. La nouveauté du son?

J'aime bien une chanson de Notwist, me souvient plus du titre avec des petits bruits electro tout le long de la chanson qui servent à rien et très irritants mais pas assez pour que je n'aime pas la chanson.

Cars and Girls de Prefab Sprout me fait toujours chavirer, et un très bon souvenir de l'album "Steve Mac Queen" d'un très grand soin dans la production; dans le genre héritier des Beatles avec le son si clair et limpide des années 80, je leur préfère Tears for Fears mais c'est juste pour pinailler.

Talk Talk, de bons souvenirs de "colour of spring", plus simple et mélodique, et j'ai vénéré longtemps le jazz lent, hiératique, lumineux et froid de "Spirit of eden" et "laughing stock" avant de les oublier et quasi les renier. Comme quoi, rien n'est définitif. Et je comprends fortement l'attrait.

Ah, les chansons de Grandaddy, moi qui suis un grand fan d'ELO, je n'ai pu que aimer leurs chansons si bien troussés comme les Pixies mais plus riches en mélodies.

Rock Bottom: Un album hors norme, un chef d'oeuvre, quasiment parfait, le meilleur de l'avant garde/rock prog anglaise de l'époque pour traduire les émotions humaines les plus profondes et exarcébés dans le meilleur et le pire; on approche la folie qui cotoit aussi les anges; l'impression d'avoir traversé un abyss de beauté en enfer. Ensuite, l'album suivant "Ruth is Stranger than Richard" souffre de la comparaison mais est un bon album plus calme, plus jazz et constitué de petites pièces sans prétention avec une ambiance très automnale. Ensuite, tout ce qu'il a fait m'emmerde profondément mais que faire après un tel album.

Morrissey, déjà parlé avant et ne connais pas Lawrence Arabia, Jeremy Jay,Ducktails, Here We Go Magic, The Sea and the cake.


J'en connais un peu plus sur vos goûts musicaux et je vous dirais, juste comme conseil que vous pouvez mettre où vous voulez:) : Continuez d'explorer même là où l' esprit ne vous appelle pas tout de suite et laissez vos sens et votre coeur en éveil.