jeudi 1 février 2018

[...]

Je pensais fermer le blog, mais comme les commentaires se poursuivent, sans rapport avec le texte sur Split, j'ouvre un autre espace où d'ailleurs se retrouvent les commentaires précédents, ceux qui ne concernaient pas le Shyamalan. Comme ça, c'est plus clair. Si vous avez encore des trucs à dire...

[On y parle, entre autres, de Seule sur la plage la nuit de Hong Sang-soo, Madame Hyde de Serge Bozon, Pentagon papers de Steven Spielberg, Wonder wheel de Woody Allen, Le 15h17 pour Paris de Clint Eastwood, Que le diable nous emporte de Jean-Claude Brisseau, Phantom thread de P.T. Anderson, les Garçons sauvages de Bertrand Mandico, Call me by your name de Luca Guadagnino, la Caméra de Claire de Hong Sang-soo, la Belle et la belle de Sophie Fillières, Avant que nous disparaissions de Kiyoshi Kurosawa, Lady bird de Greta Gerwig, Mektoub my love d'Abdellatif Kechiche, la Forme de l'eau de Guillermo del Toro, Ready player one de Steven Spielberg...]

175 commentaires:

Buster a dit…

Anonyme a dit…
Il est bien le dernier Hong Sang-Soo ?
15 janvier 2018 à 20:17

Anonyme a dit…
@ Anonyme du 15 janvier 2018 à 20:17 : confer ce qu'en dira valzeur.
16 janvier 2018 à 16:02

Anonyme a dit…
Hong Sang-soo, on s'en fout
16 janvier 2018 à 19:41

valzeur a dit…
Mon Dieu, le dernier HSS, les mots me manquent... (disons que c'est son pire film, le plus exténué, désinvesti et branlant de toute sa carrière)
17 janvier 2018 à 10:36

Buster a dit…
A ce point? ça doit être vachement bien alors... j'ai hâte de le voir.
17 janvier 2018 à 19:25

valzeur a dit…
Buster, gros pervers !
Puisque c'est comme ça, je vais voir le nouveau Bozon la semaine prochaine, voilà ! (Monde, retiens ton souffle...)
18 janvier 2018 à 22:55

Buster a dit…
Hum... j'imagine déjà les commentaires qui suivront (et c'est pas joli-joli).
19 janvier 2018 à 12:29

Strum a dit…
Le dernier Hong Sang-soo est bien. Hong y imagine comme à son accoutumée une variation narrative, à ceci près que cette variation intervient cette fois par rapport à la propre vie du réalisateur, et non pas de l'intérieur du récit. Hong qui a quitté femme et enfant pour son actrice Kim Min-Hee, imagine dans ce film ce que leur vie serait devenue s'il était resté avec sa femme. On peut bien sûr refuser de voir comme Valzeur ce que les inventions narratives récurrentes de Hong ont de singulier de film en film. Pourtant, l'invention est quelque chose de rare au cinéma, même si elle est chez Hong purement narrative et non visuelle. Ici, le caractère ludique de l'invention narrative est recouvert d'une mélancolie persistante, comme dans le Jour d'après, car la séparation du réalisateur et de son actrice dans le film les rendent très malheureux. Le dernier plan sur la plage est très beau et témoigne d'un soin formel rare chez Hong. On retrouve sinon sa manière faite de longs plans fixes et d'ellipses soudaines sur le modèle de la fugue musicale.
23 janvier 2018 à 11:55

Buster a dit…
J’en sors. Le film est beau, triste et beau, hivernal, très mélancolique… On parle toujours de Rohmer à propos de Hong Sang-soo, mais là j’ai plutôt pensé à Duras, et pas seulement parce qu’on y entend l’adagio du Quintette de Schubert, comme dans Savannah Bay…
24 janvier 2018 à 00:05

Buster a dit…

valzeur a dit…
Hello Buster,
Mon Dieu, je suis hermétique au dernier HSS, comme c'est mal ! (d'autant que Seule sur la plage dans la nuit me paraît une bouse exténuée ultime).
Par contre, surprise/stupeur, je suis convaincu (ainsi que Griffe) par la première moitié de Madame Hyde, vraiment très bonne, presque formidable où Bozon réussit à peu près tout ce qu'il touche ; puis dans la seconde, il s'égare, la mécanique se grippe et le film devient flou et relativement peu intéressant (notamment au vu du début). Ceci dit, les acteurs sont merveilleux, particulièrement bien dirigés, et l'ensemble laisse une curieuse impression (SB est passé à côté d'un très bon film).
24 janvier 2018 à 01:06

Buster a dit…
Hello
Pas encore vu le Bozon, en fait je voulais le voir au festival des Inrocks, à la Gaîté lyrique, mais finalement non, car pas de projection DCP (une honte!). Je le verrai à sa sortie.
Je note quand même que vous avez aimé la moitié d'un Bozon, c'est pas rien.
24 janvier 2018 à 08:50

Raul Mascoz a dit…
Bozon parvient, par une mise en scène aussi enjouée que précise, à faire partager au spectateur l’enjeu de chaque échange, l’excitation de chaque découverte et décision. Dans ce didactisme euphorisant, à contre-courant du pessimisme de l’époque, réside aussi la dimension politique de cette ode au progrès social que représente l'école lorsqu’elle est pensée avec indépendance et témérité.
24 janvier 2018 à 12:05

Buster a dit…
Merci Raul, ça complète parfaitement ce que j'ai lu ailleurs sur "la petite forme".
24 janvier 2018 à 13:14

valzeur a dit…
Hello Buster,
Oui Raoul, mais non aussi !
Avec Griffe, nous nous interrogions sur la vraie réussite des 45 minutes et sur le lent vau-l'eau des 45 suivantes. Notre hypothèse est que la bizarrerie cultivée par Bozon est au fond exogène, et qu'elle ne nourrit pas en profondeur ses films, aboutissant à la longue à un catalogue de plan bizarres/décalés aux raccords abrupts et/ou cra-cra. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un sens extrêmement juste des lieux et de la direction d'acteurs. Sur le fond, il est dommage qu'après une exposition remarquable, Bozon ne parvienne pas à déployer son histoire (c'est particulièrement visible avec le personnage de Huppert - pourtant géniale - qui semble dans un entre-deux permanent dans la seconde moitié du film). Un seul plan la montre terrifiante, et elle est filmée en fond de champ, comme si l'idée même d'évoluer clairement faire le film de genre dérangeait Bozon. Griffe me faisait remarquer que son cinéma était au fond très macronien, en même temps, les élèves sont des brutes idiotes et méchantes, rappeurs ou non, et en même temps, des adolescents subtils et fins, capables de raisonnements articulés (pour ne citer que cet exemple sans trop déflorer le film).
Ceci dit, Madame Hyde me semble vraiment visible pour une fois, et par moments captivant ou à peu près...
25 janvier 2018 à 01:02

Buster a dit…

Buster a dit…
Macronien??? Le dualisme, la coïncidence des contraires, ça existe depuis longtemps, c'est d'ailleurs ce qui fonde le fantastique, on peut imaginer que ce double aspect des élèves fait écho au personnage de Géquil/Hyde... en même temps, j'ai pas vu le film :-)
25 janvier 2018 à 13:27

valzeur a dit…
Hello Buster,
Macronien au sens de qui ménage la chèvre et le chou, les profs vieilles ganaches et les pédagogols... Evidemment, nous n'attendons pas de Bozon un film réaliste avec un sens univoque, mais force est de constater que les motifs qui s'impriment dans son cinéma n'existent qu'à l'état de motifs, et c'est particulièrement le cas de Madame Hyde, pourtant son meilleur film. Comme s'il entreprenait de nanifier de grands thèmes - le Double ou le Mal - et il y avait pourtant matière à remplir un peu plus la coupe, sans aller jusqu'à du Zzviaguintsiev. Ceci dit, son film continue à me trotter dans la tête, et notamment un plan sur José Garcia vers la fin, très beau même si probablement gratuit, que je qualifierais de "bas haut fragile" (vous comprendrez en voyant Madame Hyde). Je le rehausse d'autant plus que j'ai vu La Douleur - soit un anesthésique en purge - et The Pentagon Papers - soit un brouet édifiant comme une Case de l'oncle Tom avec des femmes.
26 janvier 2018 à 17:27

Buster a dit…
Salut valzeur
OK... je verrai ça, mais pas avant 2 mois, trop tard pour en discuter... en tous les cas je retiens que ce film vous a vraiment marqué, plus encore que vous n'osez l'avouer...
La Douleur... j'ai compris la mienne en regardant la bande-annonce... ce sera sans moi.
Le PP de SS, c'est pour ce week-end...
27 janvier 2018 à 00:03

Steven S a dit…
Ah ah ah, Raul made a great joke about such an overrated director as Bozon. I appreciate all the same Liberation. Keep me posted.
http://next.liberation.fr/cinema/2018/01/23/pentagon-papers-leaks-de-luxe_1624648
27 janvier 2018 à 00:29

valzeur a dit…
Je me demande si je ne vais pas revoir Madame Hyde pour affiner mes impressions, cela m'arrive assez rarement, et il me reste beaucoup de choses du film après une semaine. Nous verrons !
J'attends votre révolution personnelle et une tombée en amour pour le cinéma de Yorgos Lanthimos :)))
Bon courage pour le Spielberg (j'espère que vous aimez le féminisme con-con du bulbe...)
27 janvier 2018 à 00:31

Buster a dit…
"Spielberg parvient, par une mise en scène aussi enjouée que précise, à faire partager au spectateur l’enjeu de chaque échange, l’excitation de chaque découverte et décision. Dans ce didactisme euphorisant, à contre-courant du pessimisme de l’époque, réside aussi la dimension politique de cette ode au contre-pouvoir que représente le journalisme lorsqu’il est pratiqué avec indépendance et témérité."
Hé hé... sacré Raul :-D
27 janvier 2018 à 00:42

Buster a dit…
valzeur > j'aimerai Lanthimos quand vous aimerez Hong Sang-soo...
27 janvier 2018 à 01:26

Buster a dit…

Anonyme a dit…
personne n'a vu le brisseau ?
27 janvier 2018 à 10:33

Anonyme a dit…
Frédéric Bonnaud a vu le Brisseau.
27 janvier 2018 à 14:02

Marlène Schiappa a dit…
Moi, je l'ai pas vu
27 janvier 2018 à 21:28

valzeur a dit…
Promis, je me mets à aimer HSS dès qu'il nous pond un bon film ! (Croix de bois, croix de fer, etc.)
27 janvier 2018 à 23:47

Buster a dit…
Ouais c'est ça...

Sinon, le Brisseau j'ai vu et j'ai bien aimé (malgré les kitscheries), le film est drôle...
28 janvier 2018 à 01:12

valzeur a dit…
Hello Buster,
Et le médiocre Spielberg qui fait frétiller dans le slip toutes les nouilles que comprend la critique, vous avez testé ? (j'espère que vous aimez la métaphore)
28 janvier 2018 à 13:41

Roman Polanski a dit…
Moi j'ai bien aimé le Brisseau
28 janvier 2018 à 18:20

Buster a dit…
Le Spielberg, ça y est c'est vu. La partie "féministe" est décevante, très mièvre, le péché "mignon" de Spielberg... à l'inverse la partie "journalistique" est très réussie.
28 janvier 2018 à 20:42

Kestaner a dit…
"à l'inverse" ? Vous voulez dire : "en même temps" ?
29 janvier 2018 à 11:46

gipsy king a dit…
Qu'est-ce que ça veut dire, ces lauriers déversés par tonnes sur la tête du médiocre Spielberg ? C'est pour mieux l'étouffer, j'espère ? Qu'on nous sorte de ce cauchemar !
29 janvier 2018 à 18:18

Buster a dit…

Buster a dit…
Médiocre toi-même… ce que je veux dire c’est que Spielberg semble reproduire dans la façon de traiter son sujet le même clivage hommes/femmes que celui du film, qui voit les femmes s’effacer, se retirant dans le salon pour parler de choses futiles, quand les hommes discutent affaires… Kay Graham et tout ce que le personnage renvoie en tant que femme directrice d’un grand journal, ça intéresse nettement moins Spielberg que Ben Bradlee, la vie du journal et l’histoire des Pentagon papers… De Graham il se contente de faire un portrait conforme à la réalité (une femme, féministe à l’insu de son plein gré, comme dirait l’autre, fidèle à la mémoire de son père et de son mari), c’est pauvre, Meryl Streep n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est cette image très gnangnan de femme exemplaire, suscitant l’admiration (des femmes)… En revanche, et non en même temps, Spielberg retrouve avec le personnage de Bradlee (Tom Hanks a la tête de William Holden), l’éclat, le piquant, de ses personnages préférés, il est sur son terrain, cette partie du film (journalisme et espionnage), qui tient Streep à l’écart, dans le salon donc, est vraiment brillante, mais du coup elle est aussi un peu gênante…
29 janvier 2018 à 23:13

Strum a dit…
Hello Buster. La différence de découpage technique entre le fil narratif Bradlee et le fil narratif Graham est manifeste, mais je pense qu'elle est volontaire, le film racontant comment Graham quitte son ancien monde compassé (aux règles rigides et immobiles, où la femme doit aller dans le salon, ce que souligne la mise en scène), un monde de compromission avec le pouvoir aussi, pour entrer dans le monde de la presse en devenant patronne de patresse, la jonction des deux fils narratifs se faisant au moment où Graham prend sa décision au téléphone (on est dans son appartement, mais cette fois Spielberg découpe la scène comme si on était dans la salle de rédaction ou chez Bradlee). Elle passe alors d'un monde à l'autre. Tout n'est pas parfait (il y a deux trois scènes par trop édifiantes peu avant la fin), mais c'est vraiment un film où la mise en scène raconte l'histoire (qui sur le papier est ténue et lisse) et en souligne les enjeux, y compris en creux (les liens entre la haute bourgeoisie et le pouvoir, mais aussi ceux entre la presse et le pouvoir). Cette primauté de la mise en scène est ce qui confère au film son intérêt à défaut d'un fond intéressant ou complexe.
30 janvier 2018 à 14:02

Stéphane Delorme a dit…
Pour trouver médiocre l'immense Spielberg, il faut être soit un rat nain acnéique, soit un sympathisant des djihadistes, soit les deux à la fois. Lisez notre dossier très complet, vous comprendrez ce que je veux dire.
30 janvier 2018 à 18:19

Buster a dit…
Bonjour Strum… oui je me doute que c’est volontaire de la part de Spielberg, il n’empêche que cet aspect disons féministe du film est traité de façon très quelconque, sans beaucoup d’invention ni d’inspiration. Spielberg se contente de nous donner une image de la femme telle qu’elle était à cette époque, même une femme de pouvoir. Pourquoi pas, mais dans la mesure où la partie proprement journalistique se révèle plus stimulante, plus passionnante (forcément), le contraste ainsi créé minimise la part féministe du film. Le personnage de Streep aurait dû être moins en marge au niveau de la fiction, là on a vraiment l’impression que Spielberg se limite au minimum syndical, d’où peut-être ces plans édifiants pour renforcer (très maladroitement) l'aspect féministe du scénario… A part ça j’aime beaucoup le film.
30 janvier 2018 à 19:57

Buster a dit…

Buster a dit…
PS. J’ai découvert après coup que Dan Ellsberg, la "source" dans le film, à l’origine des fuites, est aussi l’auteur du paradoxe d’Ellsberg, une théorie de la décision qui montre que lorsqu’on doit choisir entre deux options, l’une avec un risque, l’autre avec une incertitude, on tend à privilégier le risque parce qu’il est connu, qu’il n’y a pas d’ambiguïté. Or c’est exactement ce à quoi est confrontée Meryl Streep quant à la publication des documents, elle doit choisir entre le risque (perdre des investisseurs au moment où le journal entre en bourse) et l’incertitude (le verdict de la Cour suprême qui doit trancher entre liberté de la presse et sureté de l’Etat)… C’est juste un exemple mais il y avait là matière pour donner narrativement plus d'intérêt au personnage de Streep, autrement qu’à travers la question convenue (et pas très féministe) de la fidélité à l’esprit du père et du mari.
30 janvier 2018 à 20:06

Anonyme a dit…
Spielberg n'aime pas les paradoxes
30 janvier 2018 à 21:32

James L. Greenfield a dit…
Il semblerait que Spielberg ait minimisé le rôle essentiel joué par le New York Times (qui a analysé les Pentagon Papers et les a rendu publics, jusqu'à ce qu'une décision de justice ne suspende leur publication), au profit du Washington Post (qui en a repris la publication dans un deuxième temps). Peut-on réécrire ou amender l'Histoire pour améliorer l'efficacité ou la lisibilité de l'action d'un film ? Déjà Lincoln prenait quelques libertés avec les faits historiques...
31 janvier 2018 à 12:44

Anonyme a dit…
@James L. Greenfield
Tout sera pardonné à Spielberg comme à Woody Allen, car les génies ont tous les droits. Et ne me demandez pas ce qu'est un génie. Lisez plutôt les Cahiers du cinéma... Mais pas ceux de 1968, hein !
31 janvier 2018 à 14:57

Anonyme a dit…
Il y a les génies et il y a les blaireaux.
"Je suis partagé. D'un côté il faut toujours espérer que les gens puissent s'émanciper et se conduire raisonnablement. D'autre part, quelqu'un qui se bat pour un pot de Nutella ne démontre-t-il pas qu'il est en deçà de toute éducation ? Il me semble vraiment difficile qu'il puisse se tirer d'affaire. La subalternité de classe est devenue chez lui une seconde nature, et plutôt que s'en débarrasser il va lutter pour la défendre comme s'il s'agissait du plus précieux de ses droits. Dès lors, ne faut-il pas se réjouir du spectacle que donnent ces blaireaux s'entretuant pour un pot de ce truc ? Ne faut-il pas leurs distribuer des armes à l'entrée du supermarché ?"
Eugenio Renzi, critique de cinéma
31 janvier 2018 à 15:28

valzeur a dit…
Hello Buster,
Hum, cette citation de Renzi ! Je m'étonne que ce blaireau critique de cinéma ne propose pas qu'on éduque le bon peuple en lui montrant les films édifiants et confits en nu(te)llité de son ami Xavier Beauvois...
1 février 2018 à 10:49

Anonyme a dit…

Super, le blog continue

coeurcoeur a dit…

Valzeur plein d'amour pour 2018.

Buster a dit…

Oui le blog continuera... tant qu'il y aura des commentaires

Griffe a dit…

Renzi, c'est l'Aznavour de la critique de cinéma :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/video-pour-charles-aznavour-on-pourrait-faire-un-tri-entre-les-migrants-pour-garder-les-gens-utiles_2550977.html#xtor=CS1-747

Longue vie aux commentaires et à votre blog, Buster !

(Et revenez quand même de temps en temps nous parler d'un bon film - à propos, vous avez vu Gaspard va au mariage ?)

Buster a dit…

Pas encore vu Gaspard, j'avais été un peu... échaudé par Douches froides (hé hé), ce qui fait que j'avais zappé Happy few, mais là il paraît que c'est pas mal... je vais y aller.

Anonyme a dit…

Hi Buster

J'ai trouvé ça sur FB : https://www.facebook.com/buster.ball.7/posts/1527920837292082

Buster a dit…

Lol

Anonyme a dit…

Et le Woody's Wonder Wheel ?

Buster a dit…

C'est vu.

Anonyme a dit…

Vite vu ?

David Thiery a dit…

Quelle folie ce billet final, on y découvre que Buster abritait dans son esprit les personnalités de Valzeur, divers anonymes et un fan Stéphane Delorme. Shyamalan ménage ces retournements.

Buster a dit…

Voilà.

(vive Shyamalan! :-)

Buster a dit…

Sinon, pas terrible le Woody Allen, le mode de narration, les personnages abandonnés à leur triste sort, enfermés, lui dans sa médiocrité, elle dans ses souvenirs, l'autre dans son romantisme..., le théâtre d'O'Neill, la lumière de soleil couchant, ce côté désabusé du film, c'est franchement pénible... mais j'aime bien la figure du petit garçon, pyromane et cinéphile (Woody Allen en herbe?), peut-être parce que justement il est comme extérieur à la fiction, c'est la seule chose qui m'a touché.

Ludovic a dit…

Bonjour Buster,
En fait, c'est ferme ou pas, selon les commentaires. C'est plus que du service-apres-blog tout ca, c'est que vous n'etes pas vraiment decide a partir...

Pas vu le Woody Allen, pas motive apres le deballage mediatique graveleux.

Et 3 Billboards, vous l'avez vu? ca cause de revolution...je crois

Vus:
- The Post/Pentagon papers: je reste fan de Spielberg (je trepigne d'impatience de voir Ready Player One, le 28 mars)
- The Shape of Water/La forme de l'eau: Del Toro en forme
- Lady Bird, de Greta Gerwig: pas de quoi en faire un camembert
- Stronger, de David Gordon Green: OK sans plus, a voir pour Jake Gyllenhaal
- The Greatest Showman, de Michael Gracey: bof, j'avais voulu le voir pour le cirque

Peut-etre que j'irai voir The Disaster Artist, de James Franco. Encore faut-il qu'il sorte sur Nancy. D'ailleurs, pendant qu'on parle de sortie limitee, je vous avais parle du dernier Brisseau, Que le diable nous emporte, sorti uniquement sur Paris, et en rafale en plus. Qu'en avez-vous pense?

Envie de voir Jumanji, Return to the Jungle, de Jake Kasdan (fils de Lawrence kasdan), juste pour Jack Black, acteur que j'adore. Il sera cette annee dans le prochain Gus Van Sant (Don't worry, he won't get far on foot).

Et Phantom Thread, le prochain PTA, dernier role de DDL...oui, j'irai.

Ah, au fait, aujourd'hui c'est la sortie de Le 15h17 pour Paris, du grand Clint. Miam-miam.

Ludovic
King of Foxgloves/Flotation Toy Warning

Buster a dit…

Bonjour Ludovic,

Un blog qu'on a alimenté pendant 10 ans on s'y attache forcément, mais bon, les textes c'est fini, je me limite aux commentaires qui de toute façon vont se raréfier.

Le film d'Eastwood, mouais, le sujet ne m'intéresse pas du tout, à la différence de Sully.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Choc et sidération ! Le Eastwood est un beau film, son meilleur depuis Mémoires de nos pères, approximativement. C'est étrange, tout le monde parle de propagande, mais je trouve le film bien plus ambigu que ce qu'on en dit ; si j'osais, je le qualifierais de rohmero-warholien ! Intrigant, non?

Le Paul Thomas Anderson à venir est également une réussite, mais nous en parlerons peut-être plus tard...

Philippe Relga a dit…

Ludovic semble bien aimer le cinéma américain.

Buster a dit…

Hello valzeur,

Rohmero-warholien? Oui c'est osé... pour l'effet de réel et le 1/4 d'heure de célébrité? Bon on verra...

Ludovic a dit…

Bonjour Buster,

@Philippe Relga: oui, j'aime beaucoup le ciné US; que je trouve souvent très superieur au cine francofrançais. Attention, je ne parle pas de blockbusters debiles type Transformers, mais de films tels que ceux realises par Spipelberg, Mann, Cameron (Dans une certaine mesure), Jeff Nichols, Shyamalan, Carpenter, Craven (sauf les Scream), PTA; Wes Anderson, un peu de GVS, bref vous voyez.

Le Eastwood, oui il porte un sujet à vous rappeler que l'on a inscrit l'etat d'urgence dans le droit commun, mais comme d'habitude Clint fait l'eloge de la bravoure americaine. Moins reussi que Sully pour moi, mais bon quand meme.

J'irai voir Madame Hyde, bien sur.

Vous avez vu le Brisseau et le Gerwig?

Vous pourriez lancer un fil musique? A defaut, dites-moi ce que vous ecoutez de nouveau.

Ludovic
Pretty Ballerina/The Left Banke

Buster a dit…

Bonjour Ludovic,

Pas vu le Gerwig mais le Brisseau si, et j'ai bien aimé même si ce n'est pas du grand Brisseau (comparativement à ses films les plus connus mais aussi les derniers comme A l'aventure et La fille de nulle part), à cause notamment des passages numérico-cosmiques qui côtoient le ridicule (mais qui donnent aussi au film un petit côté touchant)

J'avais écrit ailleurs un truc:

Que le diable nous emporte... Mais il est où le diable? Deux étages au-dessus, adepte de la méditation, aidant à s’envoyer en l’air, jusqu’au plafond, et plus loin encore, au-delà des nuages, les filles du dessous, des filles perdues, en quête d’extase et par-là même de renaissance... C’est d’une générosité folle, à l’image du petit déjeuner offert à Suzy Prim (ha ha), d’une naïveté confondante, à l’image de tous ces trucages numériques, érotiques et cosmiques, particulièrement kitsch, auxquels se livre Brisseau, c’est surtout très drôle, comme dans les comédies américaines, qui voit l’amour se décliner à coup de poêle sur la tête, pour que l'autre se calme, puis en versant l’eau d’une cruche, toujours sur la tête, pour qu'il se réveille... Brisseau cite Pouchkine, le diable donc, mais aussi Bresson (le vent souffle où il veut... pour aller jusqu’à toi, quel drôle de chemin, etc.), jusqu’à tout balayer dans un grand éclat de rire. Jouissif.

Pour la musique il y a ça:

Solitary guys

le premier titre du prochain album de Lawrence Arabia

Ludovic a dit…


- Up, Ultimate Painting (leur precedent album, c'etait Dusk, en 2016, que j'avais aime, vous par contre pas trop, de memoire)

- There's a Riot Going On, Yo La Tengo

- Always Ascending, Franz Ferdinand
https://www.youtube.com/watch?v=crjugtkXZN4
https://www.youtube.com/watch?v=PNsUgvkjviY

- Little Dark Age, MGMT (pas mal)

- Damned Devotion, Joan As Police Woman

- Last Night All My Dreams Came True, album post-separation de Wild Beasts

- Outtakes From Exile, EMA

- The Worms Heart, The Shins

- The Tenant, Death & Vanilla

- We Can Die Happy, l'autre Tennis sorti en 2017!! C'est un EP de 4 titres.

- Everything Was Beautiful, and Nothing Hurt, Moby

- il me semble qu'il y aura aussi un Chromatics

_ Wrong creatures, BRMC

- Boarding House Reach, Jack White

- Slow Sundown, Holy Motors (des shoegazers estoniens, plus influences par Beach House que par MBV) : https://www.youtube.com/watch?v=CrkPAbVGY2g (bon)

- A Humdrum Star, GoGopenguin https://www.youtube.com/watch?v=n8J7B6nOsHQ

- The Stars, The Oceans and The Moon, Echo & The Bunnymen


Ludovic
https://www.youtube.com/watch?v=lDLzlsf0McM

Griffe a dit…

Salut Buster, le début de votre chanson m'a rappelé un morceau que j'ai beaucoup écouté il y a 20 ans.

https://www.youtube.com/watch?v=iPzpWsVpQBE

Vous n'aimez pas la musique inquiétante ?

Anonyme a dit…

" J'avais écrit ailleurs un truc "

Pourquoi ne pas l'avoir écrit sur le blog ?

valzeur a dit…

Hello Buster,

Toutes les étoiles sont alignées, puisque Griffe et Clark aiment aussi le Eastwood, vous vous rendez compte ? Ne manque plus que vous, faute de quoi vous rejoindrez le camp de Kaganski - qui aime tous ses films, sauf celui-là -, de Michel "Même un génie peut se tromper" Ciment, etc... Flippant, non ?

D'accord avec Ludovic sur le MGMT et le Franz Ferdinand (du moins certains morceaux sur celui-ci).

Tiens, Buster, et si vous succombiez à Perez et son nouvel album, Cavernes ?

Buster a dit…

Salut à tous,

Bon d'accord je vais prendre le 15h17 pour Paris, même si hein, tout ça n'a pas l'air très folichon, en plus Eastwood oublie Jean-Hugues Anglade, le vrai héros de l'histoire :-D

Et merci Ludovic pour les suggestions musicales... je n'ai pas écouté grand-chose depuis le début de l'année, le GoGo Penguin est arrivé samedi mais je ne l'ai pas encore ouvert (j'avais déjà entendu Raven et Bardo).

Pollux a dit…

Valzeur, Griffe, Clark, c'est qui ces mecs ? Des critiques ?

Anonyme a dit…

C'est qui, Pollux ? Xavier Beauvois ?

Ludovic a dit…

Salut Buster,

J'ai revu mon jugement concernant le Eastwood, je suis moins emballe maintenant... la narration est fade, et les personnages font deja vu, surtout dans sa filmo... correct.

- Frank Ocean, Moon River: https://www.youtube.com/watch?v=mXiFHDfvn4A (assez joli)

- Holy Motors, Signs: https://www.youtube.com/watch?v=IDc__pC-LJA (pas mal du tout)
Et surtout Honeymooning: https://www.youtube.com/watch?v=F3_ND50_PSE

- Alexandre Desplat, The Shape Of Water: https://www.youtube.com/watch?v=HA8dDFFvOUw

- Joan As Police Woman, Tell Me: https://www.youtube.com/watch?v=X8vumVOtgso



Ludovic

Ludovic a dit…

Salut Buster,

Je suis tombe sur 2 ou 3 sons pas trop mauvais:

- Beach House, Lemon Glow: https://www.youtube.com/watch?v=08qd-vsHbaY

- Amen Dunes, Blue Rose: https://www.youtube.com/watch?v=A64wcAgpbrM

- Preoccupations, Espionage: https://www.youtube.com/watch?v=Kl1oQE2uzxw

- Aphex Twin, Orphans (2017): https://www.youtube.com/watch?v=bnKaOo67mLQ

- je re-coute le MGMT, qui acquiert de la valeur...

Ludovic

Buster a dit…

Salut Ludovic,

MGMT, j'ai vraiment du mal... le premier titre est sympa, mais après ça se gâte, le 3 est épouvantable, le 4 d'une mièvrerie sans nom (le gros son "eighties", j'en peux plus)... du coup j'ai dû m'accrocher pour aller jusqu'au bout (les deux derniers morceaux sont chiants à mourir, surtout le dernier). En fait seul Days that got away m'a plu, pour le paysage créé, sans les emberlificotages habituels...

Et toujours pas pris le train pour le Eastwood, j'arrive pas à me motiver, malgré ce qu'en dit valzeur que je soupçonne, au passage, de ramollir grave...

valzeur a dit…

Hello Buster,

Moi, ramollir ? Pour le coup, attendez le prochain HSS, et vous verrez si je fléchis, non mais !

Vous devriez surtout être étonné que Griffe aime beaucoup le Eastwood, cinéaste qu'il honnit encore plus que moi !

Tiens, nous avons subi il y a peu un film épouvantable, un hybride mélo-film d'horreur queer absolument naze qui sort dans un mois et il est déjà prévu que tout le monde va se branlotter dessus : Les Bonnes Manières. Pas dit que vous ne détestiez pas d'ailleurs....

Tss tss, il est pas si mal que ça le MGMT (mais je suis d'accord avec vous les 3 et 4 sont durailles).
Heureusement Me & Michael est sauvé par son clip très drôle : https://www.youtube.com/watch?v=OTHHeIAYfuU

Buster a dit…

Oui bon, même mou comme une chique vous continueriez de démolir HSS. La seule façon de savoir c'est d'aller voir le Eastwood, et le PTA dans la foulée... J'irai donc et je vous dirai.

(Griffe aime beaucoup mais ne s'est pas exprimé)

Griffe a dit…

J'ai juste le temps d'en dire un mot avant de prendre la route... Oui j'aime bien l'Eastwood (le beaucoup est exagéré) et c'est une sacrée surprise. J'aime ses acteurs : ils existent. Il faut les comparer avec la clique qui défile dans Phantom Thread : chez PTA, pas un poil de sourcil qui dépasse, rien qui échappe, le spectateur meurt d'étouffement avant même que l'histoire ne commence. Les non-comédiens de 15h17 sont sobres sans coquetterie, avec même sur leur visages poupons un air de sérénité et de tendresse qui force l'attention, surtout quand il est contredit par les épreuves qu'ils traversent (petites humiliations diverses et variées, Scène du train). Le film a l'intelligence de creuser, entre ces personnages si communs et cette séquence d'action, un gouffre. On y met un peu ce qu'on veut, dans ce gouffre, mais il existe. Rien ne préparait ces jeunes gens à une gloire qui ne jette pas plus de mystère sur leur vie passée que cette vie passée ne rend cette gloire moins trompeuse. Des critiques parlent de "spectralité" et ce n'est pas, pour une fois, un vain mot de critique. Les trois gars de 15h17 n'ont pas de profondeur, ils n'ont à disposition que des fantasmes, des clichés, des comptes Instagram et la TV. Ce qui fait de la scène d'action, filmée sans les filtres habituels (c'est-à-dire sans les ralentis, la musique, etc.), le moyen d'un retour au réel saisissant, mais qui ne dure pas : la scène la plus artificielle (celle avec Hollande) conclut le film, avec dans le champ trois héros devenus pour la postérité des figurants. Eastwood fait certes de la propagande (n'importe quel Américain, même le plus falot, peut devenir un héros car le Bien coule dans ses veines) mais se fait déborder par l'étrangeté de ce qu'il filme.

Buster a dit…

Merci Griffe pour ces quelques mots (et bonne route)

Ludovic a dit…

Salut Buster,
De l'albuum de MGMT j'aime bien le premier titre, She Works Out Too Much. Votre prefere, Days That Got Away, avec Connan Mockasin a la composition, me fait penser a une nappe sonore venue d'un autre monde....sympa sans plus. Je n'ai jamais dit que c'etait de l'or cet album, juste que je lui trouve ddes choses....

Et l'EP de Tennis, We Can Die Happy, sorti l'an passe peu apres Yours Conditionally... vous l'avez ecoute? Tres bon dans l'ensemble, meme si ca sonne forcement le deja entendu. Ma preference va au dernier, cinquieme, morceau:

Building God, https://www.youtube.com/watch?v=DzMclj_IVPc&list=PLE_JL2082w3egC3hlBSRzpFa2Dkt-hmZJ&index=5

J'espere que vous donnerez une chance a Slow Sundown, l'album de Holy Motors: https://www.youtube.com/watch?v=CrkPAbVGY2g
https://wharfcatrecords.bandcamp.com/album/slow-sundown
Le titre annonce sans detour la couleur: grisaille et lente decomposition. C'est leur premier album et le premier morceau, c'est Honeymooning, mon favori jusqu'ici. Bon.


Sinon, quelques chansons qui pourraient vous plaire:

- Brigitte Fontaine -- Cher: ttps://www.youtube.com/watch?v=C_UJ6Qajg8E

- Mount Eerie -- Yawning Sky: https://www.youtube.com/watch?v=qcSbY-Yxl9s

- Cortex – Chanson d’un jour d’hiver: https://www.youtube.com/watch?v=ngcTfQBQjF8

- Bonnie “Prince” Billy – The Seedling: https://www.youtube.com/watch?v=B0ZdAE3sAsw

- Gyöngyhajú Lány – Omega: https://www.youtube.com/watch?v=CGt-rTDkMcM

- Hal Blain – Love-In: https://www.youtube.com/watch?v=qx6svh6JR9E

- The Deviants – Garbage: https://www.youtube.com/watch?v=oAb1-glPEpM

- Sven Libaek – Start Growing Up: https://www.youtube.com/watch?v=Sd1tQ7Qcgls
Wild Formations: https://www.youtube.com/watch?v=edXNVg0QHWE

- Francis Bebey – Il n’y a pas de crocodiles à Cocody: https://www.youtube.com/watch?v=10joPIz_fHc

- Don McLean – Vincent: https://www.youtube.com/watch?v=oxHnRfhDmrk

- Mumford and Sons -- Sigh no More: https://www.youtube.com/watch?v=oxHnRfhDmrk

- Handsome Furs - Legal Tender: https://www.youtube.com/watch?v=27-mYINNebE

- Fyfe Dangerfield -- When You Walk In The Room: https://www.youtube.com/watch?v=2VGToKur2_s&list=PLL1TvFfF8tVfYO2Iu3ZQo8hHKARQf5YJf

Ludovic

Buster a dit…

Salut Ludovic,

Je ne savais pas que Connan Mockasin avait composé Days that got away mais je comprends alors pourquoi le morceau me plaît bien, il y a ce côté "subaquatique" typique de Mockasin...

l'EP de Tennis, oui j'avais dû l'écouter, ça ne m'a pas laissé un souvenir impérissable... je vais le réécouter.

Holy Motors, pas encore écouté... En ce moment je n'écoute pas trop de nouveautés, j'ai quand même écouté le dernier Belle & Sebastian, How to solve our human problems, j'aime bien, surtout le premier EP...

Sinon, ça y est, j'ai vu le 15h17 pour Paris... et j'ai plutôt bien aimé, le côté expérimental du film, les acteurs du fait divers dans leur propre rôle, l'agencement du film: la légèreté de la partie touristique, volontairement insignifiante, versus la violence de l'attentat dont la reconstitution relève presque de la performance, pour les trois américains mais aussi le passager blessé, cette manière de faire surgir le Réel non pas dans la fiction mais dans la réalité, dans ce que celle-ci peut avoir de plus banale, est vraiment réussi, ça donne un aspect moderne au film sans qu'Eastwood cède (il en est incapable de toute façon) à la tentation moderniste et prétentieuse (à la Bonello)... Evidemment le blabla sur l'héroïsme est imbuvable, à l'image du finale "élyséen", et la partie enfance des héros sonne un peu faux, les réparties et les jeux de physionomie des enfants sont ceux d'adultes, mais bon, à part ça, le film arrive à être passionnant, ce qui était quand même un défi compte tenu du sujet.

Ludovic a dit…

Salut Buster,

Oui, alors le discours sur l'heroisme ordinaire, je n'irai pas jusqu'a dire qu'il est imbuvable, nais ca fait tellement repetitif... ca passait bien dans Sully grace a la legerete de l'ensemble. Dans Le 15h17 pour Paris, c'est superflu parce que la reaction des trois larrons a l'attaque est suffisante pour montrer leur courage. Et la partie enfance, mouais, c'est le maillon faible du film. Dans l'ensemble, je trouve que ca manque de relief. Peut mieux faire.

J'aime bien l'EP de Tennis, il est dans la lignee de leurs precedents opus, sans les egaler.

Ludovic

Le Roi Lion a dit…

Buster,

si vous aimez les animaux,

si vous en avez assez de regarder Ushuaia TV,

si vous voulez voir un des films les plus déments de l'histoire du cinéma,

courez voir la reprise de Roar en salles actuellement !

mircea a dit…

Et le PTA vous l'avez vu Buster ?
Bien aimé de mon côté (même si j'ai du mettre à peu près 1h30 pour trouver le film vraiment intéressant)

Anonyme a dit…

Wow! This could be one particular of the most useful blogs We have ever arrive across on this
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Buster a dit…

Pas encore vu le PTA... Ce que vous dites mircea, le temps nécessaire et long que semble prendre le film pour arriver à ses fins, me fait penser à la petite note, très belle, qu'a écrit Terry McKay (aka Sandrine Rinaldi) sur FB:

"J'aime qu'un film mette un soin infini et des facéties patientes à aller vers quelque chose de très simple. Un film qui advient. Ce sont ces films concertés qui ne conspirent qu'à cela : faire advenir un sentiment simple. En narrant combien cela prend de détours, est difficile.
Et qu'est-ce qui advient dans 'Phantom Thread' ? Qu'il finisse par la regarder. Par lever les yeux — dans ses yeux. Droit. Il l'avait vue, cet hypermétrope capricieux tout enflé de lui-même, ce qu'elle a voulu encore c'est qu'il la regarde. Elle l'obtient. Il se font face, à égalité de désir et de suffisance. Sentiment impérieux, lien exclusif. Eux deux. Le monde, dehors. Cela fait il peut laisser sa tête reposer sur elle et l'écouter raconter, au coin du feu, les yeux fermés."

mircea a dit…

Très joli texte

Buster a dit…

Vu Phantom thread, j'aime beaucoup, alors que je n'ai jamais été très fan de PTA... et Mektoub my love de Kéchiche qui se pointe à l'horizon et va peut-être lui aussi me réconcilier avec son auteur... 2018 année des grands revirements?

En attendant, ma petite note (humoristique) sur le PTA:

Phantom thread, c’est pas Falbalas (il y a plus de flafla chez PTA), c’est pas non plus Saint-Laurent (il y a plus d’humour et rien de vraiment “chic” chez PTA)… pas non plus le Couturier de ces dames (hé hé), même si hein, Woodcock, le nom de Day-Lewis dans le film, soit Bécasse en français, aurait pu être porté par Fernandel, lequel d’ailleurs chanta autrefois Bécasse et Loustallot… Sauf que Woodcock c’est aussi “bite en bois” (priapisme en langage médical), et c’est vrai qu’il a un côté très raide, DDL, dans Phantom thread, tout en longueur, haut sur pattes, ce qui en fait, physiquement, plus un héron (aux chausettes rouges) qu’une bécasse.
Mais trêve de plaisanterie… Phantom thread est un film magnifique, à vrai dire le premier de PTA que j’aime totalement, parce que sans réelle boursouflure (à la différence de ce que nous auraient donné sur le même sujet, on l'imagine sans mal, des cinéastes comme Aronofsky ou Winding Refn), l’ampleur de la mise en scène s’accordant avec le volume des robes et leur mouvement (seule réserve, la musique, trop présente, quand bien même certains passages, signés Jonny Greenwood, sont très beaux, comme Sandalwood et House of Woodcock), des robes pourtant pas très belles, elles, il faut bien l’avouer, car évidemment chargées sur le plan symbolique (certaines rappellent Blanche-Neige, autant l’héroïne de Disney que l’image de la marâtre), écho non pas au style de l’époque (la mode mon cul, dit en substance Woodcock) qu’au secret familial, le fameux “fil fantôme” (la figure de la mère disparue) qui vient ici nourrir les créations du grand couturier, en même temps que du petit garçon qu'il est resté (ce qui le rend doublement tyrannique), en quête d’une autre mère, qui ne soit plus sa soeur Cyril, la “old and so and so” (semblable à la Mrs Danvers de Rebecca - sous-texte queer?), mais bien la jeune et entêtée Alma, à la fois modèle et muse, pas très raffinée mais aux mensurations parfaites, en tous les cas décidée à s’occuper de lui, “carefully” (Alma comme la femme d’Hitchcock, ou encore le personnage de Bibi Anderson dans Persona), à rassasier le “hungry boy” (la scène de la rencontre, autour d'un petit-déjeuner copieux, est géniale) jusqu’à l’extrême, la passion “venimeuse”, quasi SM… à condition qu’il la regarde, qu’il arrive surtout à soutenir son regard, ce regard aimant et maternant, le lâcher-prise qui, au contraire de la sublimation, permet d'accéder au bonheur, à ce qui du moins en a l'apparence (le film a quelque chose de stendhalien), le bonheur de la “mère” retrouvée, et de son giron, dans lequel il peut enfin se lover…

mircea a dit…

Ce qui est beau c'est le chemin sinueux et tordu que prend cette relation. Cela nous éloigne des poncifs du genre tout en magnifiant les ''désquilibres'' des rapports de couple. J'y ai vu une ode à la complexité, une interrogation sur ce qui unit les êtres entre eux.

Griffe a dit…

Pas d'accord avec vous, Buster. Pour moi, ce film ne regarde que lui et ne peut donc pas être intéressant ni sincère sur cette question du regard. Le manque de "lâcher-prise" (puisque vous en parlez) écrase chaque plan. Alma doit exister à nos propres yeux pour que son existence aux yeux de Woodcock ait le moindre intérêt. Est-ce le cas ? Pour moi non, elle est toute entière mécanique et empêchée dès le premier plan. Ses petites résistances seront, dans ce cadre étroit, si prévisibles qu'elles n'auront rien de surprises. Etc. Mais en fait je voulais surtout vous remercier de ne pas oublier que les lecteurs de votre blog ne sont pas tous inscrits sur FB, ce piège qui fait abandonner les déserteurs (dont PTA ne fait clairement pas partie).

Buster a dit…

Ah bon, vous trouvez que le personnage d’Alma n’a pas d’existence? Pour moi, au contraire, c’est un personnage extrêmement fort qui s’affirme à mesure que le film avance, gagnant une forme d’indépendance, ce que laisse présager cette insolence dont elle fait preuve à l’égard de Woodcock au début (le petit jeu sur le regard), alors que pour celui-ci, c’est l’inverse, le personnage révèle, derrière son image d’artiste au comportement tyrannique, sa fragilité de grand névrosé, marquée par la régression (oralité, dépendance), comme le petit enfant avec sa mère… ce bouleversement dans le rapport homme/femme, maître/serviteur, au niveau de l’intime, n’est pas sans ambivalence, obstacle, retournement… ce qui rend le chemin long, tortueux, complexe, comme dit mircea, on peut même parler de dialectique (Phantom thread est aussi un film politique).

Griffe a dit…

C'est l'incarnation de ce personnage qui me pose problème, dès le premier plan : cette confession en gros plan à je ne sais quel personnage resté off, plan fixe qui fixe Alma dans la complaisance vis-à-vis de ce piège relationnel (pourquoi ne voit-on pas à qui elle s'adresse ? Ça semble anecdotique mais c'est tout le problème.) L'actrice est obligée de tout prendre sur elle : c'est épuisant, je trouve, de la voir s'épuiser en mimiques millimétrées. Pour prendre un exemple contraire, Bright Star laissait ses personnages s'inventer sans rien perdre de la dialectique dont vous parlez, bien au contraire. Campion avait pour cela deux armes qui font entièrement défaut à PTA : la distance (dans Bright Star, cette distance était incarnée par les regards des personnages secondaires) et la tendresse (Phantom Thread a la dureté fière du narcissisme).

Buster a dit…

Je comprends mais ça ne m'a pas du tout gêné, au contraire même. Le personnage est troublant parce qu'il n'est pas facilement discernable, il est à la fois l'instance narrative (c'est Alma qui raconte l'histoire au médecin), le portrait (en pointillé comme les repères sur un patron de couture) d'une jeune femme qui cherche sa place dans la "maison": modèle, muse, amante, épouse..., et l'image peut-être pas réincarnée mais réactivée de la mère pour Woodcock (la mère adorée mais qui a aussi autorité sur vous, qui vous fait baisser les yeux), parce qu'au départ - c'est une hypothèse - les mensurations soi-disant parfaites d'Alma rappelleraient celles de la mère dont Woodcock a jadis confectionné la robe pour son second mariage)... PTA entremêle tout ça sans chercher à dénouer, comme si le "fil" devait rester à l'intérieur.

Anonyme a dit…

le film est chiantissime

Jennifer Lawrence a dit…

"Phantom Thread"... j'ai pas tenu plus de trois minutes !

Buster a dit…

Oui c'est ça...

Plus je repense à Phantom Thread, plus le film s’éclaire, notamment sur la question du regard… Me revient l’image de la mère dans sa robe de mariée et la profonde tristesse qui s’en dégage, elle a un air sévère et froid, alors qu’il s’agit de noces… c’est l’image de la dépression (deuil du premier mari?).
D’où l'hypothèse: Woodcock souffrirait depuis l’enfance du syndrome de la "mère morte" (mère présente mais morte affectivement), expliquant son incapacité à soutenir le regard d’Alma, non pas, comme je l'ai écrit plus haut, parce que la mère a aussi fonction d’autorité (si le père est absent) mais parce que pour l’enfant les yeux de la mère sont le premier miroir, dans lequel il perçoit son propre reflet… Devenus vides et ternes, les yeux de la mère ne sont plus que le reflet de sa dépression, altérant le développement narcissique de l’enfant, sa capacité à s’illusionner, d’où par la suite, quand il sera grand, une difficulté à aimer, ce qu’on retrouve souvent chez les sujets créatifs, les artistes, la créativité comme manière de s’affranchir de l’objet d’amour considéré alors comme incontrôlable, ce qui n’exclut pas la pente mélancolique, le sujet tendant parallèlement à s’identifier inconsciemment à la mère morte (incorporation de l’objet: une mèche de cheveu cousue dans la doublure de la veste, le rituel des petits déjeuners copieux).
La guérison (l’amour d’Alma) passera alors, symboliquement, par l’expulsion de l’objet mère morte, via la consommation puis l'élimination de tous ces champignons vénéneux amoureusement préparés par Alma, la future épouse que Woodcock peut enfin regarder droit dans les yeux.

Strum a dit…

Bonjour Buster. Drôle de "guérison" tout de même, cette consommation de champignons vénéneux. Il passe aussi sous la coupe d'Alma qui le modèle peu à peu à sa préférence, renversant le mythe de Pygmalion. Le fil fantôme c'est le "motif dans le tapis" d'Henry James (beaucoup cité par le film) mais aussi le fil fantôme des films d'Anderson qui racontent toujours une lutte pour la domination. J'ai admiré le film plutôt qu'aimer avec passion et j'ai eu du mal avec la scène de l'omelette.

Buster a dit…

Salut Strum,
c'est vrai que la scène de l'omelette est un peu dure à avaler... mais c'est justement ce côté dément du finale qui me plaît, justifiant après coup la lente progression du récit, comme une cuisson à l'étouffée... sinon, oui, le motif dans le tapis, on y pense, c'est pour cela que je disais que la pelote n'était pas démêlée, que le fil restait caché à l'intérieur, comme le mot "never cursed" cousu dans le vêtement, il y a un secret chez Woodcock/PTA qu'on cherche à découvrir, en vain puisqu'il est inaccessible...

Buster a dit…

Un mot rapide sur le film de Mandico, Les garçons sauvages, vu hier soir et que j'ai pas aimé (question de goût):

L'île au Trevor.

"A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger: sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords" (Francis Ponge, L'huître).

Tout ça pour dire que dans le genre queer, à prétention camp, le truc de Mandico c'est sûrement mieux que le machin de Gonzalez... il n'empêche, ce type de cinéma esthétisant, poético-érotique, très fantasmatique et hyper-référencé, cette histoire de métamorphoses sur fond d'île au trésor, de queues qui tombent et de seins qui poussent, et toute la symbolique qui va avec, l'imaginaire trans, volontairement barré, comme le ridicule de certaines répliques, c'est vraiment pas ma tasse de thé, c'est aussi passionnant que... bah justement... le comportement des huîtres à la saison des amours.

Pacôme a dit…

Vous déconnez j'espère

Buster a dit…

Moi? Jamais.

Griffe a dit…

Buster, vous qui aimez Greta Gerwig, ne ratez pas son Lady Bird qui est une vraie merveille (et tout le contraire de l’engluement à la Phantom Thread). Sinon, d’accord avec vous sur le Mandico, bien trop « volontairement barré » pour être autre chose qu’un morceau de bravoure sans âme.

Buster a dit…

Lady Bird, c'est noté, merci.

(au fait, valzeur ne devait-il pas nous parler du PTA, en bien?)

TG a dit…

Je suis complètement d'accord avec Griffe sur Phantom Thread (et accessoirement sur Lady Bird). Il y a dans la conclusion de Phantom Thread une espèce d'éloge paradoxal de la vie (comme lâcher prise) qui reste sans effet dans le film et qui m'a pour cela complètement laissé de marbre. Je ne trouve pas, comme dit plus haut, qu'il y ait une ouverture du regard ou, comme lu ici et là, que ce soit une grande histoire d'amour. Rien ne nous dit, rien ne nous montre, en quoi la maladie aide ici un personnage à se retrouver ou à aller à la rencontre d'une autre - au contraire tout est éthéré, réservé, corsetté rien n'est donné concrètement. Et honnêtement, "le secret qu'on recherche en vain parce qu'il est inaccessible", c'est la plus grande technique des poseurs pour dissimuler qu'il n'y a rien sous les belles étoffes !

Buster a dit…

Si j'ai parlé de guérison c'est évidemment à relativiser, la mélancolie qui caractérise le personnage de Woodcock ne saurait, elle, guérir, et ce n'est pas elle bien sûr qui l'aide à surmonter ses symptômes, au contraire, le mouvement viendra de l'autre. Mais le film n'est pas non plus une grande histoire d'amour, je ne l'ai pas perçu comme telle, du moins au sens classique du terme. L'amour d'Alma ne suffit pas, Woodcock ne le voit pas, enfermé qu'il est dans son monde. Seul le geste final, fou, initié par Alma pourra l'en sortir, ce qui donne au film une tournure complètement romanesque. Rien de concret, rien d'émouvant non plus, on n'est pas dans la passion amoureuse mais dans une sorte de folie à deux. D'ailleurs si Alma paraît si peu incarnée c'est que dans le fond elle a surtout fonction d'ange gardien, là pour faire relever les yeux à Woodcock, non seulement pour qu'il la voit elle mais aussi pour qu'il se dégage de ses créations, en même temps que de ses démons... ce qui n'est pas certain, le dernier plan nous montre le couple dans un parc avec un enfant dans sa poussette, signe d'un retour à la norme, mais la soeur est également présente, signe que Woodcock, loin d'être guéri, a toujours besoin de ses deux béquilles... Au total, beaucoup d'incertitudes, le film est troué d'ellipses, le secret ce n'est pas le sujet, l'amour non plus, le sujet c'est bien Woodcock, son histoire, et moi j'ai trouvé ça passionnant (sous les belles étoffes!)...

reality is only temporary a dit…

Entièrement d'accord sur le Mandico ! Un poil meilleur que du Gonzalez (c'est pas difficile en même temps). De belles images à la Guy Maddin mais quel ennui !!!

reality is only temporary a dit…

Le Mandico c'est du Pacôme Thiellement en film, juste fumeux et chichiteux.

Buster a dit…

J’ai vraiment beaucoup de mal avec ce genre de film… Je ne doute pas de la sincérité de Mandico, mais moi ça me passe au-dessus de la tête, je comprends pas l’engouement quasi général pour le film, sous prétexte d’originalité, parce que ça trancherait avec le train-train du cinéma français actuel, sans compter l’aspect socio-contemporain, bien dans l’air du temps, du récit… Et puis le noir et blanc, le côté "surréaliste", l’érotisme qui va avec, cet anti-naturalisme à tout crin… je trouve ça très daté, esthétiquement on se croirait revenu aux années 60 et le nouveau cinéma...

Anonyme a dit…

Vous êtes fou Buster, le Mandico est infiniment plus vénéneux que le PTA

Buster a dit…

Ça reste à prouver... (et quand bien même, "vénéneux" c'est pas un argument critique)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Bon, je sors de la Caméra de Claire, et vous savez quoi ? : le film m'intéresse un peu... Ou plutôt, j'adore un détail bien précis dans la dernière scène du film, que je trouve merveilleux de classe et qui résume peut-être le cinéma de HSS. Ceci dit, je ne peux pas dire non plus que sa ternitude à demi-cocasse me convienne tout à fait. Mais il y a un mieux...

D'accord avec vous sur le Mandico ; ça va 5 minutes (ou mettons une demi-heure), mais cette sur-outrance baroque qui s'admire dans le miroir ne mène absolument à rien (Vimala Pons est quand même formidable, en plus d'être sexy en garçon, et bon(ne) acteur/rice, etc.)

Hong a dit…

Alleluia ! Dans mes bras, Valzeur !

Et on va peut-être enfin arrêter de reposter partout cette affreuse vidéo qui colle à mon oeuvre comme un chewing-gum à une tong : https://www.youtube.com/watch?v=k5VirlMMOgE

Buster a dit…

Hello

Eh oui, valzeur qui aime la moitié d'un Bozon et la dernière scène d'un Hong Sang-soo, qui l'aurait cru il y a seulement six mois...

Sinon c'est vrai, Vimala est excellente en garçon sauvage... d'ailleurs l'idée de faire jouer les garçons par des actrices donne au film un certain charme, c'est son seul intérêt.

Buster a dit…

En attendant Lady bird... quelques mots sur Call me by your name... dans le genre daté, il est pas mal non plus celui-là... ça se passe en ltalie, dans la province de Crémone, en 1983 (Buñuel vient de mourir, Words de F.R. David passe à la radio), il y a le soleil, c’est l’été (dont on attend qu’il se termine) et c’est filmé en contre-plongée... bah oui, la montée du désir, ça se regarde d'en bas, comme les statues d’Apollon et autres dieux de l'Antiquité... la civilisation gréco-romaine y est donc à l’honneur, la bisexualité masculine, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil (à commencer par les parents du garçon, la tolérance même, notamment le papa - il est professeur d'archéologie - qui, lors d’un finale affreusement mielleux, nous fait comprendre qu’il aurait aimé vivre la même expérience - pure, unique, extraordinaire - que son fils avec l'étudiant américain)... A part ça on y célèbre quelques fruits bien juteux, moins l’abricot (fausse piste, forcément) sur lequel on s’excite au début mais juste intellectuellement (l’étymologie du mot), que la pêche dont la forme n’est pas sans rappeler une paire de fesses, autant dire que... hein bon, j’insiste pas... Bref c'est beau, à l’image de la musique, signée Sufjan Stevens, à l’image de l'Américain, au corps d’athlète, le mec est immense, il doit faire au moins deux mètres, quand il est assis dans la voiture du professeur, à l’arrière, on a l’impression qu’il est devant, et inversement, une fois passé à l’avant, on a l’impression qu’il est derrière, un détail me direz-vous, sauf que le film, co-écrit par James lvory (Maurice et compagnie...), c'est exactement ça, un film à la joliesse si débordante (la joliesse douce et vide de la Lombardie, dirait Elie Faure) qu’elle finit par tout noyer, rendant le film aussi lisse et terne qu’un vieux téléfilm (érotique) de M6.

§ a dit…

"sans réelle boursouflure", le PTA ??!??!!????
Mais il n'y a pratiquement que ça : chaque plan comme un morceau de bravoure. Il filme le moindre déplacement de voiture comme Nolan filme un combat aérien. Tout est au carré, comme toujours chez PTA : le raffinement doit être du sur-raffinement (sauf qu'il a un tel mauvais goût que le film est laid comme une pub), l'Angleterre est plus Anglaise que nature, l'artiste névrosé forcément hanté par sa mère...
Ce qui relève de ce que vous appelez "le bouleversement dans le rapport homme/femme, maître/serviteur, au niveau de l’intime", me semble psychologiquement très crétin. Un pur fantasme de scénariste.
Et cette histoire de regard qui vous touche tant, n'est-elle pas sur-surlignée ? N'est-ce pas suffisamment l'affaire de tous les mélodrames que nous aimons pour ne pas faire tout un plat de cette meringue ?

Buster a dit…

Ah la boursouflure… comment dire, j’ai tendance à réserver le terme quand le style est vraiment disproportionné par rapport au sujet traité, ici je trouve au contraire que l’outrance s’accorde bien avec le personnage de Woodcock, quoique je verrais chez lui plutôt de la vanité et de la pose, c’est pour ça que je parle de flafla, et chez PTA un style ostentatoire, excessif, plus que boursouflé… mais qui pour moi, je le répète, passe très bien, parce que c'est aussi le style haute couture (ce qui est surligné c'est du surpiqué). Quant au "fantasme de scénariste" c'est justement ça qui me plaît, que la forme XXL de PTA (c'est pas Ophuls on est d'accord) contraste "outrageusement" au début avec l'aspect "filiforme" du récit pour finalement s'inverser: c'est le récit dont Alma est la dépositaire qui atteint à la démesure (la fin n'est pas cousue de fil blanc) alors que la forme, elle, s'assagit, devient plus mesurée, à l'image de son héros.

§ a dit…

"Ce qui est surligné c'est du surpiqué" : c'est joli mais c'est de la pure rhétorique pour défendre une forme où rien n'est montré sans un roulement de tambour ou de piano ("des ourlets", me direz-vous). Ce qui est surligné, voulais-je dire, c'est le sens, qui n'a vraiment rien de secret. D'ailleurs c'est ce qui semble vous avoir plu puisque vous offrez du film une analyse essentiellement psychanalytique. L'histoire de la mère est tellement insistante que c'est gênant dès la première évocation ("Je sens que maman est là et me regarde" !) qui précède la rencontre avec Alma après un tour de bagnole lelouchien. Ensuite le lien Alma-mère pourra être épuisé jusqu'à la corde... Et, mon Dieu, ces lourdes références aux contes, qui relèvent d'une vision totalement standardisée et scolaire des rapports humains (psychologique, amoureux, sociaux), n'est-ce pas incroyablement indigeste ? Aronofskyen, même ?

Buster a dit…

L’aspect psychanalytique c’est pas ça qui m’a le plus passionné… si je cède souvent à ce type d’interprétation (on me l’a reproché), et là j’avoue un certain délire interprétatif, c’est pour prolonger le film, voire se le réapproprier, rien d’autre, je ne prétends à aucune vérité… Non, ce qui m’a plu, c’est l’aspect monstrueux du film, qui mêle grotesque et sublime, laideur et beauté, dépense et épuisement… l’opposition bancale entre Woodcock (l’artiste surreprésenté) et Alma (figure de l'empêchement qui tarde à s'émanciper), ce n’est pas sans ratés, je comprends les réticences (tant qu’on n’accuse pas le film de sexisme), mais moi qui ai toujours été très réservé vis-à-vis de PTA, là j’ai complètement marché…

Anonyme a dit…

Phantom Thread est un film sexiste

Buster a dit…

Pitié... pas ça... j'en peux plus avec le sexisme au cinéma!

Buster a dit…

D'ailleurs PTA en anglais ça se prononce... Pi-Ti-È :-)

Anonyme a dit…

complètement d'accord avec §

Anonyme a dit…

"j'en peux plus avec le sexisme au cinéma!" Vous trouvez qu'il y a trop de sexisme au cinéma ?

Buster a dit…

Nan... de par son mode de production le cinéma a toujours été sexiste, c'est pas ça que je veux dire, je parle de la question du sexisme dans les films, qui commence à m'emmerder royalement...

Anonyme a dit…

Bonjour,
et que pensse Valzeur de GHOSTLAND? je me souviens qu'il avait mis THE TALL MAn en tête (ou presque) de ses films préférés de 2012. On l'entend peu s'exprimer sur ce genre de cinéma.
Mylène

valzeur a dit…

Hello Guys,

Mylène, quelle mémoire !!!!
Je ne devrais pas le dire mais j'aime beaucoup tes premiers albums (comme Buster, j'en suis sûr, que j'imagine très bien fredonner "Libertine" en récurant le robinet de sa baignoire).
Mais foin d'érotisme mylénien ! Si tout se passe bien, je vois Ghostland ce soir (et oui, j'aime bien le cinéma de Pascal Laugier qui, c'est bien simple, fait toujours le même film : deux femmes/jeunes filles confrontées à un danger innommable, l'une devant se sacrifier pour l'autre.)

Je ne vous ai pas répondu, Buster, sur Phantom Thread, c'est mal... Je suis plutôt de votre avis, mais je comprends aussi les arguments du camp opposé : Griffe ou § (c'est mon côté macronien, voyez-vous !).
Pour moi, le dernier PTA est une étude de cas fassbinderienne à la Martha sublimée (?) par l'amidon du grand style qui se donne l'air de rien. C'est beau, impressionnant par endroits, mais au final plus facile à admirer qu'aimer (ceci dit, c'est mon film préféré de PTA, je crois...).

Une sorte de choc tout à l'heure ; avec Griffe, nous avons vu Mektoub my love : Canto uno, le nouveau Kechiche qui sort dans 10 jours, et c'est un beau film (avec les réserves habituelles), bien meilleur que ses deux derniers qui tendaient vers l'horrible. La réception critique va, je le prédis, s'apparenter à un atterrissage en catastrophe ; toutes les cases vont être cochées : domination masculine, liberté d'importuner, objectivation de la femme ; ça va être grandiose ! Mais il ne faudra pas oublier que Kechiche filme dans MML sa plus indiscutable révélation, Ophélie Bau, qu'il serait malvenu de réduire à ses fesses et ses seins (et on ne voit pratiquement qu'eux...)

Buster a dit…

Salut valzeur,

D’où elle sort Mylène? jamais entendu parler, je m’en souviendrai si elle était déjà passée ici, d'autant qu’il n’y a plus de filles sur le blog (c’est vrai aussi qu’on est très sexiste) depuis que Lucie m’a lâchement abandonné.

A part ça, pour en finir avec Phantom thread, je comprends moi aussi les réserves vu que ce sont celles-là même que j’avançais jusqu’à présent à propos de PTA. Et à vrai dire j’étais prêt à y souscrire de nouveau lors des premières minutes du film… et puis, miracle, il y a cette scène merveilleuse de la rencontre entre Woodcock et Alma dans l’auberge où celle-ci est serveuse, scène digne des plus grands classiques hollywoodiens. Lui sûr de son emprise, elle, mutine, qui répond à son petit jeu tout en rougissant… aussi savoureux qu’un Lubitsch. A partir de là, le film bascule, je ne peux plus le voir avec les mêmes yeux, quelque chose s’est passé qui modifie complètement mon rapport au film… les excès, les fautes de goût de PTA, sont toujours là, je les vois, mais ils ne m’agressent plus, je passe de l’autre côté, du côté du film et de ses personnages, je reste avec eux, ils m’intriguent, me fascinent, quand bien même l’état de grâce que représentait leur première rencontre ne se reproduira plus…

Sinon vu Lady bird de Greta Gerwig, le film a un côté bordélique, à l’image de son héroïne, que j’aime beaucoup… et Claire's camera de HSS, mal traduit en français, à moins qu’il faille y voir un clin d’oeil à Barthes et sa chambre (camera) claire, même si c’est plutôt à Sontag que l’on pense, en tous les cas une sorte de palimpseste génial (c’est écrit par dessus Un jour avec un jour sans et recouvert par le Jour d’après), un film faussement allègre, il y a une mélancolie sous-jacente, qui émerge lors de la très belle scène où Huppert fait répéter au réalisateur (l’acteur ressemble à Hong Sang-soo), quelques mots d’un livre de Duras (C’est tout), prolongeant Seule sur la plage la nuit et anticipant, peut-être/sûrement, le suivant.

Melaine Meunier a dit…

Salut,

Tout à fait d'accord avec § à propos de Phantom Thread...

Sinon, j'ai découvert cet après-midi le cinéma de Sophie Fillières avec La Belle et la belle, film charmant et fantaisiste, qui passe son temps à nous entraîner sur des chemins sinueux mais sans jamais nous perdre (il y a un grand respect de l'intelligence du spectateur). Chose étonnante et désormais très rare au cinéma -dans un bon film, du moins- (je ne vois bien qu'Emmanuel Mouret pour jouer ce jeu-là, quoi que chez lui c'est toujours redoublé par un plaisir de la mise-en-scène) : le plaisir de l'écriture scénaristique est le moteur du film, pour ne pas dire son cœur. Reste à la mise-en-scène de suivre la cadence le plus fidèlement possible, et il y a chez Fillières et ses actrices une rigueur et une intelligence admirables qui permettent de faire de l'écran un miroir dans lequel il nous est possible de voir le texte.

Quant à La Caméra de Claire, je l'ai vu en novembre dernier, et il m'était apparu comme peut-être le meilleur Hong Sang-Soo avec Matins calmes à Séoul (HSS n'étant pas un cinéaste que j'aime plus que ça, par ailleurs). J'avais écrit quelques mots à son propos, je vous partage ça ici : "C'est un film sur le mouvement perpétuel, qui prend acte du fait que tout change en permanence -y compris notre propre identité-, en fonction du décors, des gens avec qui on est, de la façon dont est habillés, etc... Et au sein même du décors, ou d'un même plan, le mouvement ne s'arrête jamais. Mais tout ça c'est assez effrayant, et dans ce monde d'images dans lequel on vit on est sans cesse en recherche d'une forme d’apaisement, et on croit qu'on va le trouver via la fixité, en figeant les choses, en créant des images, pour cadrer, pour se rassurer. Mais ça ne marche pas, ça n'arrête pas le changement (au contraire même, "après une photo on n'est plus la même personne" dit Huppert lors de la scène matricielle du film), et en fait la seule chose qui compte c'est d'être honnête avec cet état de fait et avec soit-même (la question de l’honnêteté revient souvent), et de prendre du recul pour voir vraiment qui l'on est, à la fois ce qui change en nous et ce qui reste (les expressions, les gestes, l'"étrange" d'Huppert), car c'est ça qui constitue notre véritable identité."

Buster a dit…

La Belle et la belle c'est prévu, j'aime bien le cinéma de Sophie Fillières...

Sinon le PTA c'est marrant j'ai l'impression que tous ceux qui n'aiment pas le film se sont donnés rendez-vous sur mon blog. Mais bon tout ça c'est aussi une affaire de goût, c'est comme pour le rock prog... Yes, Genesis, King Crimson ou Pink Floyd... si on est allergique il y a rien à espérer, mais si on est simplement pas fan on peut aimer ponctuellement certaines oeuvres.

Serge Bozon a dit…

J'ai détesté le PTA. Allez voir mon film plutôt.

Melaine Meunier a dit…

J'y vais demain !

Hong Sang-soo a dit…

J'ai détesté le PTA et le Bozon.

Buster a dit…

Moi j'ai vu la Belle et la belle... j'ai beaucoup aimé et j'ai beaucoup aimé.

Buster a dit…

HSS ou l'art de la congruence.

A quoi tient le plaisir que procurent les films de Hong Sang-soo? Peut-être à ceci: l’adéquation qui existe entre l'oeuvre, très bazino-rohmérienne (réalisme, économie), délestée de toute fioriture esthétique, de tout gras narratif (à ce niveau Claire’s camera atteint, via les photos polaroïd, une sorte de point limite), et ce que visent les personnages eux-mêmes: que leurs émotions, ce qu'ils ressentent, soient en concordance avec leurs idées, les décisions qu'ils ont à prendre, et la façon de les exprimer - sans recourir à l'alcool -, expliquant non seulement le jeu de reprises et de variations qui structure chaque film de Hong (à la manière d'Ozu), ainsi que l'impression de mélancolie, surtout féminine, quasi durassienne, qui dorénavant s'en dégage, mais aussi le fait que c'est bien dans les interstices du récit que les changements opèrent, non tangibles et pourtant suffisamment sensibles pour que le spectateur les saisisse, qu'il éprouve le "devenir" ainsi à l'oeuvre dans les films de Hong Sang-soo - dans Claire’s camera "la seule façon de changer les choses c'est de les regarder à nouveau, très lentement" - et s'en délecte.

La Belle et la belle.

Elle et elle… beau film miroir en rouge et bleu, qui sait jouer, malicieusement, avec les mots, comme le Ruzzle du début, qui sait jouer, tout aussi malicieusement, avec le temps (20 ans d’écart qui se télescopent), le présent qui sous les traits de la Belle rousse en bleu réactive le passé de la Belle blonde en rouge - sera-t-il modifié? - en même temps qu’il réinvente l’avenir, celui rouge-bleu des deux Belle avec lui. Elle(s) et lui, qui n’aura pas tout compris.

Anonyme a dit…

C'est un film féministe La Belle et la Belle ?

Buster a dit…

Ha ha ha

valzeur a dit…

Hello Buster,

Mon Dieu, quelle erreur, j'ai vu La Belle et la belle, film dont j'ai regretté tout du long de la projection (moins 20 minutes de somme défensif pour résister à tant d'insignifiance) qu'il n'ait été confié à Blake Edwards sur la foi de l'argument (bon, OK, Edwards est mort). Le film ressemble à un deuxième jet de scénario filmé tel quel, tout est bancal, mal amené, et véritablement sans intérêt aucun - à part, Melvil Poupaud qui vieillit bien, mais dont le rôle est bien neutre. Comme il n'y a rien à voir - et certainement pas de mise en scène - j'ai pu admirer le langage des couleurs (contamination des deux Margaux par leur couleur primaire de prédilection : rouge/bleu), c'était passionnant. Le cinéma de Sophie Fillières m'a toujours touché l'une sans faire vibrer l'autre, mais pour ce coup-ci il ne parvient même pas à me frôler l'une ou l'autre. Une pure et simple perte de temps qui ferait presque regretter tout HSS !

Buster a dit…

Hello, bah ouais sauf que pour l'instant c'est mon film préféré de l'année avec Phantom thread, comme quoi on peut aimer à la fois l'emphase et le délié, la haute couture et la fripe, quand la grâce est au rendez-vous.

Anonyme a dit…

Et Mektoub my love ?

Buster a dit…

vitalité, sensualité, lumière, désir, beauté des corps... et le popotin des filles (la critique est unanime, c'est le genre de film dont il n'y a finalement pas grand chose à dire sinon de dire la même chose que tout le monde)

PS: lu dans les Inrocks: "Male gaze?... ça sonne un peu comme merguez..." (Abdellatik Kechiche) :-D

(à part ça j'ai pas encore vu le film)

valzeur a dit…

Hello Buster,

C'est vraiment n'importe quoi : sous ses allures de film de vacances, MML est approximativement l'inverse, le personnage principal y est présenté comme un voyeur compulsif qui s'exclut volontairement du jeu de la séduction pour cause de grand amour secret ; y voir l'inverse à partir des personnages secondaires - qui sont pour la majorité d'entre eux stupides et/ou insupportables - est à vous dégoûter de la critique de cinéma (en tout cas de sa lecture). Le papier des Inrocks est complètement à côté de la plaque (la séquence d'accouchement des brebis, avec Mozart en fond, est la seule absolument ratée de tout le film).

Buster a dit…

Je verrai ça... en fait j'ai surtout lu l'itw de Kechiche dans les Inrocks... et pour ce qui est des critiques, les "chapô" où l'on retrouverait à chaque fois quasiment les mêmes termes (bêêê...)

Buster a dit…

A passage, quelques mots sur le dernier Kurosawa (Kiyoshi) que j'ai pas trouvé terrible:

The booby snatchers.

Avant que nous disparaissions... bah c’est très long, trop, ça n’en finit pas de ne pas finir, Kiyoshi Kurosawa multipliant les fausses fins, pas pressé, lui, que son film disparaisse... impression d’autant plus désagréable que les "concepts" (famille, propriété, moi, travail, liberté, etc.), volés par les aliens, s'accumulent comme des mots-clés, permettant d'identifier un discours, de plus en plus explicite, à mesure que le film avance, à son rythme - très mollasson, malgré quelques éclats -, pour finir (bah oui, quand même) dans le BGC (le bon gros concept), celui de l’amour, l’amour en général, j’allais dire évangélique, seul moyen d’interrompre l’invasion (et le film avec), genre "aimez-vous les uns les autres et tout finira par s'arranger", finale pour le moins gnangnan... Parce que dans le fond, l’amour au cinéma, c’est bien quand ça reste à deux (ou trois, à la rigueur), c’est pour cela que Creepy, qui traitait à la base du même sujet (un couple en crise), était finalement plus réussi. Là, si ça peut paraître ingénieux, c'est surtout laborieux, le message du film, délivré à grands coups de concepts, conférant à l'ensemble un côté poussif, à la limite du pensum. La sci-fi lo-fi c'est pas de la philosophie.

valzeur a dit…

Parfaitement d'accord avec vous sur Avant que nous disparaissions, Buster.

Le couple est en train de devenir le grand sujet de cinéma de KK à l'exclusion de pratiquement tout le reste, et pas franchement pour le meilleur, Creepy excepté...

Anonyme a dit…

Toujours pas d'avis de Valzeur sur le Laugier qui préfère s'énerver sur le Fillières ou sur les critiques qui n'aiment pas comme il faut le Kechiche. GHOSTLAND serait-il si bien que ça ????
Mylène

Anonyme a dit…

"La sci-fi lo-fi c'est pas de la philosophie"

Ahahah, merci buster, je vais la ressortir

Buster a dit…

Cela dit valzeur, quand on voit la BA de Mektoub my love, avec You make me feel de Sylvester, la plage, la danse, les filles, le coucher de soleil... on pense aux vieilles pubs pour Gini ou Hollywood chewing gum, c'est l'aspect hédoniste du film qui est mis en avant, et c'est ce que vont retenir la plupart des spectateurs, critiques compris...

valzeur a dit…

Hello Mylène,

J'aime plutôt Ghostland, mais je préfère Martyrs et The Secret : tu sais tout (c'est bien parce que tu étais ma chanteuse française préférée quand j'avais 15 ans). Le film est un bon film d'horreur avec une ou deux séquences remarquables (dont le premier twist particulièrement marquant, qui parvient à retourner comme un gant les défauts de la première partie).

Sur le Kechiche, Buster et Mylène, l'inspiration des critiques me semble surtout le dossier de presse qui doit appuyer sur les touches SEA, SEX, SUN (je ne l'ai évidemment pas lu, ni eu).

En tout cas, Mektoub my love a rappelé à mon bon souvenir les qualités de Supertramp, groupe sous-estimé auteur de deux ou trois disques remarquables : https://www.youtube.com/watch?v=_rZ6SexrGZc.

Buster a dit…

Supertramp, ah bon? ça me serait jamais venu à l'idée... vous m'intriguez valzeur. Ce qui m'intrigue aussi c'est le titre, pourquoi ce mélange de trois langues: arabe, anglais, italien? mais ne me dites rien, il faut d'abord que je voie le film...

valzeur a dit…

Pas sûr que vous aimiez, Buster, c'est maximaliste... La structure est très belle, tout est contenu dans la première séquence, mais le spectateur ne comprendra que petit à petit les implications de celle-ci, si bien qu'on reviendra toujours mentalement à cette première séquence, horrifique si l'on adopte le point de vue du personnage principal.

Buster a dit…

Hé hé, ça donne envie, vous auriez fait un super bonimenteur valzeur... J'essaie de voir le film ce week-end.

loukoum a dit…

critique pas si unanime que ça .aux cahiers, ils n'ont pas trop aimé mektoub

Buster a dit…

Je sais pas...

Sinon, tiens, un petite note sur Lady bird dont j’ai peu parlé alors que, comme Griffe, j’ai beaucoup aimé:

Ah Lady bird, la dame oiseau, la damoiselle, demoiselle non pas en détresse (comme chez Stillman) mais dans l’impatience de l’envol, qui fait du premier film de Greta Gerwig un film empressé (on pense à Miss America de Baumbach), aux scènes précipitées, se succédant sans temps mort (pas le temps d’attendre), et pourtant d’une application absolue, vis-à-vis de ses personnages, même les plus secondaires (on pense à Boyhood de Linklater). De sorte que tout sonne juste dans cette chronique douce-amère de l’adolescence - la dernière année de lycée et les premiers amours - sur fond de déprime généralisée (ça se passe après le 11 septembre), le rapport mère-fille, forcément conflictuel, que Greta Gerwig magnifie sans tomber dans la dramatisation excessive (au contraire, ici, un modèle de sensibilité et d’intelligence). D’où la structure si particulière du film, associant attachement et heurt, angoisse de la perte et envie d’ailleurs (qui ne soit pas que le "bon côté de la voie ferrée"), à l'image des premières oeuvres quand elles cherchent, inquiètes, à s’émanciper, à se libérer de leurs influences sans nécessairement les renier. Lady bird est de celles-là et c’est très beau.

Ludovic a dit…

Salut Buster,

OK: Lady Bird, Phantom Thread, Pentagon Papers,
MOYEN:Avant que nous disparaissions, la camera de Claire, La belle et la belle, le 15h17 pour Paris,
BOF: Wonder Wheel, Mektoub my love,
PAS VUS: Les belles manieres, Ghostland, Madame Hyde,

Vous ajouteriez un fil de discussion pour qu'on puisse causer musique, svp? Ou on en cause ici, au risque de melanger plein de choses heteroclites?

Ludovic

Griffe a dit…

Ah oui Buster, comme Lady Bird est beau ! Et ce que vous en dites aussi. C'est en effet un film déchiré, entre le règlement de comptes et le sens de la justice (autrement dit : "attachement et heurt"), entre l'empressement adolescent et le long travail du deuil de l'enfance (autrement dit : "angoisse de la perte et envie d’ailleurs"), mais aussi entre l'intelligence poseuse de Christine et son ignorance touchante (son air de perdre pied totalement quand sa mère lui apprend que son père est dépressif), etc. Et si le film court si vite, c'est pour se dépêcher d'accorder tous ses fils afin de donner à la jeune femme suffisamment d’appui pour s'envoler, mais le plus émouvant – et ce qui prouve que le film n'a rien d'insignifiant ou d'anecdotique – est encore que Gerwig sait qu'il ne doit pas y arriver complètement, pour être bien certaine de laisser l’avenir ouvert comme une plaie : Christine et sa mère se ratent à la fin, chacune son tour. Les deux fois que j'ai vu ces dernières séquences, impossible de retenir les larmes.

Buster a dit…

C'est vrai, la fin est très émouvante, tant on comprend, sans que Greta Gerwig ait besoin d'appuyer les choses, non seulement ce qu'il y a de nécessaire et de douloureux dans cet envol, mais surtout que dans la relation entre la mère et la fille, et le fait qu'elles se manquent, chacune est l'objet manquant de l'autre, celle qui toujours manquera à l'autre...

Ok Ludo, je vais créer un fil (qui ne sera pas "fantôme") dédié à la musique.

Buster a dit…

Vu Mektoub my love (attention je spoile)... mouais bof, il faut avoir le soleil dans les yeux pour s'enflammer, à l’image de la plupart des critiques, pour ce qui leur apparaît comme un pur chef-d’oeuvre, film gorgé de lumière, brûlant de désirs, qui respire la sensualité, d’autant que délesté de toute lourdeur sociologique, à la différence des précédents Kechiche, s’offrant au spectateur comme un hymne à la vie, à la jeunesse, à la beauté des corps, filmé sans retenue, avec gourmandise, même si c’est souvent à hauteur de cul, le cul des filles (ah celui d’Ophélie, tout un poème), parce que là, non, c’est différent, le male gaze, ou plus simplement le fantasme de l’homme pour le fessier féminin, fantasme pas spécialement maghrébin, ce que Fellini appelait la cullité fondamentale (en même temps ça se passe à Sète, le pays de Brassens, ça se passe aussi pendant l’été 1994, ce qui m’a rappelé la série télé Tous les garçons et les filles de leur âge, mais l’analogie s’arrête là)... le male gaze donc, qui ici serait modifié, désexualisé, par la distance qu’instaure Kechiche via le personnage d’Amin, faux alter ego, dont le voyeurisme n’a rien de machiste et encore moins de pervers puisque c’est un artiste en herbe (la preuve, il veut faire des photos de nus avec Ophélie, depuis qu'il l'a surprise en pleine baise avec Tony, le cousin d'Amin, c'est la scène originaire du film), qui fait que c’est le regard du jeune homme, fasciné, à la fois troublé et intimidé, et non celui de Kechiche, direct, frontal (comme dans Vénus noire, film rétrospectivement plus passionnant, peut-être le meilleur Kechiche finalement), qu’il faut prendre en compte...
Distance mon cul, si je puis dire. Amin n’existe pas, peut-être existera-t-il dans le canto secondo, je ne sais pas, on verra, mais ici le personnage est trop inconsistant en termes de fiction, il est beau, craquant, mais terriblement lisse, c’est le chéri à sa maman, doux comme un agneau (hé hé). Certes il est censé incarner la part documentaire du film dont il serait la caméra enregistreuse, qui se veut le plus neutre (?) possible, pour saisir le réel, y traquer la vérité derrière les images, à l’instar non pas de Dovjenko, à travers l’extrait d’Arsenal que visionne Amin (s’agit-il d’opposer les rires insouciants de cette jeunesse désoeuvrée le temps des vacances et les effets effrayants du gaz hilarant chez un soldat russe de la première guerre mondiale, ou plus vraisemblablement de nous rappeler la puissance visionnaire d’un certain cinéma, en l’occurrence soviétique, qui privilégiait le montage à la narration) mais plutôt des scènes qui se passent dans la bergerie, lieu où se transformerait le regard d’Amin, loin de la plage et de la boîte de nuit, partage un peu bébête, renforcé par les correspondances entre les brebis, et leurs grosses mamelles, et Ophélie (qui "fait le lait", dixit Tony), les rondeurs de son corps, jusqu’au grand moment d’épiphanie que va constituer la naissance des deux agneaux, la "vie sur le vif", franchement pénible par son vérisme appuyé, et qu’à partir de là (sans qu’on comprenne trop pourquoi ni comment), c’est un autre regard qui adviendrait - artiste? -, trouvant la bonne distance par rapport aux corps, enfin prêt pour photographier Ophélie, comme autrefois, mais nue cette fois (c’était l’enjeu), en passant (peut-être) par Charlotte, sa rivale un rien naïve (elle a cru au baratin de Tony, un vrai kéké celui-là), retrouvée par hasard sur la plage (finale rohmérien).

Buster a dit…

On nous parlera de Pialat pour le forçage du regard, de Renoir, Auguste, pour les filles aux courbes rebondies, Jean pour le théâtre de la vie, les deux pour l’impressionnisme, et de Rohmer, donc, pour le discours amoureux (même si c’est confondre le blabla du beau parleur avec la dialectique du bien-dire)… Sauf que le cinéma c’est aussi une affaire de style. Et le style de Kechiche, mon Dieu, quelle épreuve!... Et là, rien à voir avec Pialat, Renoir ou Rohmer, c’est du pur Kechiche, cette façon horripilante de filmer, la caméra collée aux basques des personnages, à leurs faits et gestes, l’obscénité que représente la vision d’un visage filmé en gros plan. Apparemment les gens aiment ça ou s’y sont habitués... seulement quand c’est associé, en plus, à de la parlotte, la parole de tous les jours, entrecoupée de rires, de gorgeons et de clins d’œil, le tout répété ad libitum, ça finit par devenir soûlant. Et c’est bien ce qu’est finalement Mektoub my love: un film soûlant, dans tous les sens du terme. De sorte que je n’ai ressenti aucun plaisir, juste apprécié l’interprétation des filles, impressionnantes de naturel (force est de reconnaître chez Kechiche, à l’instar de Dumont, un réel talent pour diriger ses acteurs, le plus souvent inconnus), peut-être même trop, laissant à penser qu’avec ce film, et ses allures de manifeste hédoniste, son personnage principal, réduit au rôle passif de témoin, juste là pour donner le change, Kechiche, plutôt que de célébrer l’abandon, le temps d’un été, au plaisir collectif (et donc forcément sexuel) du vivre ensemble, s’est surtout fait plaisir, à lui d’abord. D’où mon relatif désintérêt. Voilà, c'est dit.

P/Z a dit…

A ce film placé sous le signe de la lumière, celle qui révèle les formes, la beauté, les blessures, le désir, les images, la vie, il convient d'accoler un nom : générosité.
Une splendeur.
P.S. La scène de repas sur la plage est l'une des plus belles scènes de repas de l'histoire du cinéma.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Quoi, Vénus Noire, le meilleur Kechiche ??? Vous voulez notre mort à tous ??? A part Caroline de Haas et Rokhaya Diallo, je ne vois pas qui sera d'accord avec vous...

Je comprends vos réticences, mais j'ai l'impression que vous manquez le personnage d'Amin qui se meurt d'amour pour Ophélie. Confident éternel, jeune homme parfait, il est condamné à n'être qu'un regard et à s'extraire du jeu de la séduction pour cette raison (la soirée où il séduit presque une beauté russe est mangée par une ellipse). La longuissime scène de boîte à la fin vaut principalement pur la violence avec laquelle Ophélie quitte son image mariale (la photo avec les chevreaux où elle porte un voile bleu) pour devenir une sorte de putain chaudasse qui affole hommes et filles avec son popotin gigotant un pré-twerk (Kechiche enregistre pour dernier plan de la séquence un regard dévasté d'Amin qui est proprement terrible). Indépendamment du style (les deux films n'ont évidemment rien à voir), MML m'a un peu fait penser à Deep End, que j'adore, pour la cruauté d'un amour impossible. Tout ce qui est soleil/chaleur/vie renoirienne et autres conneries me semble un emballage destiné aux critiques. Le film est quand même à la fois épuisant, douloureux et fascinant (notamment par sa captation du vide presque absolu de pas mal de personnages...)

Buster a dit…

P/Z, je peux comprendre l’engouement pour ce film, un peu comme je peux comprendre les réticences pour Phantom thread, deux films qui n’ont rien en commun, simplement pour dire que c’est vraiment une question de sensibilité. Et dans le cas de Mektoub, rien ne m’accroche (hormis, je l’ai dit, les jeunes actrices que Kechiche sait mettre en valeur... mais à quel prix? on peut se poser la question). D’abord parce que j’ai une aversion totale pour la caméra portée, qui n’apporte rien au niveau du rythme (j’ai abandonné depuis longtemps l’idée naturaliste du surplus de vérité) et que je trouve souvent redondante sur le plan dramatique (cf. par exemple au début, après la scène de sexe, quand Ophélie mange des fraises, la caméra qui la suit dans tous ses gestes, jusqu’à suivre le mouvement de la main dans la barquette, pour souligner sa gêne face à Amin qui a compris sa relation avec Tony, quel intérêt de le souligner puisque le jeu des acteurs le traduit déjà), ensuite parce que la "générosité" de Kechiche, régulièrement avancée, ne m’a jamais parue évidente (on est loin de Renoir), au contraire pour moi son cinéma procède davantage de la traque, Kechiche donne moins qu’il ne prend aux acteurs, ce qui n’est pas sans une certaine cruauté... il ne suffit pas de faire durer les scènes pour apparaître généreux, mais peut-être n’entendiez-vous pas "généreux" dans ce sens.

valzeur, vous avez raison, c’est ça l’important, c’est ça qui aurait dû m’intéresser, en fait c’est ce qui dominait le roman de Bégaudeau, la Blessure la vraie, mais Kechiche a tellement mis en avant la dimension "solaire" de son film, le jeu de la drague, etc., filmée complaisamment, que cette part secrète du film se trouve trop refoulée, je suis passé à côté. Peut-être prendra-t-elle toute sa force dans le chant II, mais alors ça pose problème d’avoir coupé le film en deux.

Larissa a dit…

Bonjour Buster,

J'aime beaucoup le film, je comprends ce que vous n'aimez pas chez Kechiche mais dans Mektoub My love on oublie ces défauts, kechiche les surpasse et je ne suis pas sûre que dans la seconde partie ce sera différent, il s'est complètement réapproprié le roman de Bégaudeau, comme avec la bd La Vie d'Adele.

Buster a dit…

Possible, on verra... De toute façon, il me faudra toujours un gros effort d'abstraction pour aimer un film de Kechiche, c'est pourquoi Vénus noire, que j'avais pourtant détesté la première fois que je l'ai vu, trouve aujourd'hui, bizarrement, grâce à mes yeux, enfin un petit peu, faut pas non plus exagérer.

Anonyme a dit…

Bonjour

C'est drôle vous n'aimez pas le film mais vous en parlez très bien. Ce que vous dites sur Amin, un personnage neutre comme la caméra qui enregistre, c'est très juste je ne l'ai pas lu ailleurs. Vous même, est ce que vous avez lu d'autres critiques intéressantes sur le film ?

Habib

Strum a dit…

Hello Buster. Vu La Belle et la belle pour ma part : l'idée de départ est intéressante (elle a déjà été traitée ailleurs bien sûr, notamment par Borges dans L'Autre) mais que c'est pauvre à mon goût en idées de mise en scène et en vertiges. Je me suis plus d'une fois ennuyé et la fin est ratée, la réalisatrice préférant escamoter le sujet plutôt que de le traiter. Seuls surnagent Kimberlain et Poupaud - mais Bonitzer est bien mauvaise. J'en dirai quelques mots. Je vais essayer de me forcer à voir le Kechiche vu sa réception critique mais j'ai des doutes...

Melaine Meunier a dit…

@Habib : je n'ai pas trop aimé Mektoub (un peu pour les mêmes raisons que Buster, je crois : cette frontalité un peu malsaine -voire carrément obscène par moment- avec laquelle Kechiche filme les visages et les corps me dérange beaucoup), mais j'ai trouvé plutôt intéressante la critique de Josué Morel pour Critikat ( https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/mektoub-my-love-canto-uno/ ), dont l'émission d'Outsiders fournit un bon complément : http://www.outsidersrevue.fr/mars-2018/

Sinon, ce texte-là est tout à fait correct (comme quoi il arrive de lire de jolies choses sur senscritique) : https://www.senscritique.com/film/Mektoub_My_Love_Canto_uno/critique/142495748

José Moruel a dit…

Vous n'avez pas plus court, Melaine ? Valzeur, lui, sait dire l'essentiel en trois phrases. Que tous ces mulets de critiques en prennent de la graine !

Anonyme a dit…

"De la mystique de la création au twerk sur une piste de danse se joue en effet la même dialectique entre l’événement et le regard de celui qui en est le témoin..." Rien compris !

Buster a dit…

Larissa, Habib... haha... je viens de comprendre les pseudos :-)

Sinon, non, rien lu sur le film de Kechiche, je vais lire le texte que Melaine a mis en lien

Strum > Sophie Fillières est une cinéaste du récit que j'adore... l'inventivité est dans les dialogues, c'est là que se jouent les effets de miroir, d'écho et de symétrie, créant un climat étrange, fantasque, absurde, comme "à côté" de la réalité, mais pas si loin non plus, et puis c'est très drôle (le gag de la boîte de petits pois surgelés que S. Kiberlain essaie d'enfoncer à coups de marteau dans un congélo rempli de glace est digne des meilleures screwball comedies)...

Strum a dit…

Le gag de la boite de petits pois digne des meilleures screwball comedies ? Non mais franchement Buster. :) Je n'ai pas perçu le climat 'à côté' de la réalité dont vous parlez, je n'ai vu qu'une réalisatrice qui hésite entre plusieurs pistes (marivaudage, fantastique, peur de connaitre le futur, ressassement autour d'un avortement) sans choisir. Je vais relire L'Autre de Borges pour définitivement oublier ce film.

Buster a dit…

Dommage. (elle n'hésite pas, elle les mêle sciemment)

Arnaud D. a dit…

Comment ne pas faire l'éloge du talent de Kechiche à pondre un casting à ce point parfait, à diriger ses comédiens de manière tellement prodigieuse, à les filmer avec tant de grâce? C'est sublime. C'est un peu un melting pot de son cinéma: on y retrouve le désir amoureux d'Adèle, les spaghettis, la danse et de La Graine, le timide amoureux de l'Esquive, la vénus callipyge de Vénus Noire, etc etc etc.

Strum a dit…

Certes, elle les mêle, mais à chaque fois en s'arrêtant à l'orée de la piste, sans rien creuser, chaque piste évoquée neutralisant donc la précédente, privant son film de substance et provoquant mon ennui.

La Bête a dit…

Strum a deux fois raison hélas, le film en route se fait… la belle.

Buster a dit…

Oui c'est ça Arnaud... et bon appétit!

Sur la Belle et la belle,

il y a une idée/ligne centrale que SF suit et exploite en ouvrant d'autres pistes, secondaires (mais ce n'est pas non plus du hors-piste :-),qu'elle entrecroise sans nécessairement les approfondir, parce que ce n'est pas le but... on n'est pas chez Ruiz. C'est toujours le même problème, reprocher à un cinéaste de ne pas avoir fait le film qu'on aurait voulu voir.

Mais bon, si vous n'aimez pas le film de fifilles, c'est pas grave...

Anonyme a dit…

Vous n'aimez pas le film de Kechiche mais le film de Bozon est génial, c'est ça ?

Buster a dit…

Pas encore vu le Bozon, mauvaise langue!

Une fois vu, ainsi que le nouveau Spielberg, je ferai peut-être un petit top des 3 premiers mois de l'année (mon top hiver)

Loulou a dit…

100% d'accord avec vous Buster, moi aussi j'ai détesté le film de Kechiche, c'est trop complaisant, je ne comprends pas l'enthousiasme général de la critique, j'ai lu des avis de spectateurs beaucoup plus pertinents

Buster a dit…

Euh... je ne déteste pas le film (à la différence de la Vie d'Adèle) mais je ne l'aime pas non plus... non seulement à cause de la façon dont c'est filmé (le style Kechiche, pas le male gaze dont à vrai dire je me fiche), mais surtout parce que le personnage d'Amin, le seul qui devrait me toucher, ne provoque en moi aucune émotion ou très peu... je pense que c'est un problème de construction, pas sur la question du regard, mais au niveau même du personnage, et cela vient peut-être du fait qu'ici on n'a affaire qu'à la première moitié du film... ça reste inachevé, ce que n'arrange pas l'aspect hédoniste et solaire du film, pour le coup trop surexposé... En fait Mektoub, tel qu'il est construit, aurait dû être une minisérie de 3 ou 4 épisodes...

Buster a dit…

Loulou c'est Louise?

Loulou a dit…

Oui, c'est moi

Buster a dit…

Alors salut Louise :-)

Sinon, ça y est, j'ai vu le film de Bozon, j'ai pas du tout aimé... nan je rigole, j'ai beaucoup aimé:

Transmission, partage, interaction... point, ligne, surface... Madame Hyde est un film étonnant, à tout point de vue, qui va à l’essentiel, sur l’école, le savoir, apprendre à réfléchir, non sans détours, trouées et autres ruptures, comme si le film, pour aller directement de son point de départ (Madame Géquil, professeur de physique, effacée, dépassée, piètre pédagogue) à son point d’arrivée (la nouvelle madame Géquil, plus performante mais dont l’énergie s’épuise), en passant par la ligne Malik (l’élève handicapé), devait viser la part réfléchie, secrète, de Madame Géquil, en l’occurrence Madame Hyde, son "négatif" luminescent... et inversement: du Malik mauvais élève au Malik bon élève, en passant par la ligne Géquil/Hyde... Ça se passe en banlieue (les jeunes de la cité, le rap), dans un décor "mondrianesque" (le lycée), géométrie et abstraction, pour parler de choses concrètes (sociales, politiques)... c’est le "challenge/pari" du film, comme faire du TPE en classe de technologie, le tout traversé d’une douce inquiétude, comme dans tous les films de Serge Bozon (même Tip top et son versant nocturne), la violence, réelle, de la cité se négativant, elle aussi, à travers le beau personnage de M. Géquil, celui qui "pianote".

De bruit et de fureur, le film de Brisseau, on y pense, mais moins pour l’image de la banlieue (ici c’est plus tourneurien que faulknérien), hormis l’embrasement final, réduit à une vignette, que pour la dimension fantastique, forcément plus développée (Huppert transformée en "dame-lumière", trucage judicieux mais pas très heureux dans son résultat, qui rappelle les apparitions de la femme-ange dans le Brisseau), ainsi que le rapport Géquil/Malik du début (comparable à celui entre Fabienne Babe et Frédéric Négret, lequel d’ailleurs fait aussi une "apparition" dans le Bozon, confortant le lien entre les deux films - la transmission est également au niveau cinéphile). Bref, un film non pas foudroyant, au sens de brutal ou d’explosif, mais plutôt terrassant, dont les personnages, transfigurés (comme les clichés sur la banlieue), ne peuvent sortir indemnes, l’effet se prolongeant, telle une consumation à petit feu... le prix à payer pour passer le flambeau. Ce qui rime avec beau.

Anonyme a dit…

Le Bozon, pas mal mais pas electrisant. Mektoub my love, ça rayonne plus

Buster a dit…

Ha ha... n'importe quoi

Buster a dit…

Sur ce, je vais chercher l'easter egg :-)

FB a dit…

Buster, c’est de vous le tag « MAKE LOVE MY TEUB » sur l’affiche de MEKTOUB MY LOVE ?

Buster a dit…

Oui j'ai honte

Buster a dit…

Ouh la vache... je viens de voir Le truc de l’eau, avec PJ Harvey en femme de ménage... pardon, agent d’entretien... muette mais pas sourde, une sorte de Bernardo au féminin qui va jouer les Zorro pour sauver un monstre amphibien - style l’Etrange créature du lac noir ou Abe Sapien (du comics Hellboy, déjà porté à l’écran par del Toro) - retenu en captivité dans un laboratoire secret du gouvernement américain (ça se passe en pleine guerre froide au début des années 60), le sauver de la vivisection, parce qu’elle en est tombée amoureuse, avec qui d’ailleurs elle va découvrir l’amour, dans la salle de bain (après l'avoir séduit avec des oeufs durs!). Ça aurait pu être un beau nanar... même pas... tout ici fait toc... toc et prétentieux, la forme (on dirait du Jeunet) comme le fond (on dirait du Jeunet, bis), daube ultra bien-pensante, dégoulinant de bons sentiments (vilains mâles blancs: hétéro gradés qui jouent de la matraque électrique et pissent les mains sur les hanches vs. bah tout le reste: femmes, latino, black, homo... et le freak, bien sûr). Se dire que ce machin a été plébiscité par une bonne partie de la critique (lire les papiers qui lui ont été consacrés vaut son pesant de rigolade, c’est déjà ça), qu’il a aussi raflé les prix les plus importants... me laisse sans voix, moi aussi.

Buster a dit…

Et pour finir... Ready player one:

Si vous aimez les films mainstream de Spielberg et l’univers du jeu vidéo, si vous aimez la pop culture et les années 80, si vous en avez surtout la nostalgie, alors Ready player one est fait pour vous. Sinon, il faudra vous blinder pour endurer cette chasse à l’œuf dans l’OASIS, monde virtuel dans lequel s’est réfugiée une grande partie de la population (le film est une fable rétro-futuriste qui se passe en 2045), véritable débauche d’effets spéciaux, le mouvement allant crescendo à mesure que les clefs de l’énigme sont trouvées (Ready player one c’est aussi Fort-Boyard en mode cyberpunk)... Alors oui, on peut s’amuser à repérer les références, le film en est bourré, ça déborde même de partout, les geeks s’en donnent à cœur joie (j’en connais qui ont déjà vu le film trois fois)... mais bon, c’est aussi très futile, la faute non seulement à ce trop-plein référentiel, mais aussi à la trop grande importance accordée par Spielberg à la partie "virtuelle" du film, au détriment de la partie "réelle". Le début est pourtant prometteur, tant que n’a pas été franchie la première étape, avec cette ouverture sur les mobil-homes empilés, rappelant Fenêtre sur cour d’Hitchcock... on espère une dystopie, dans le genre de A.I. ou Minority report, voire un récit post-apocalyptique comme la Guerre des mondes... las, si la course de voitures est plaisante, peut-être parce que pas directement liée au jeu vidéo, le cinéma s’en est largement nourrie, le reste n’est que pur ludisme, qui ne peut être jouissif que pour les aficionados... Rien de désagréable, ni d’ennuyeux, mais un sentiment de saturation qui vous gagne de plus en plus, l'impression que cette histoire de dépit amoureux (à l'origine de tout), au lieu d'alimenter le récit, n'a servi que de prétexte, se désagrégeant dans l'orgie numérique et les clins d'œil eighties, de sorte que ne reste plus à la fin, moins l'amour de l'entertainment, dont on ne discutera pas la sincérité chez Spielberg, qu'une forme d'idolâtrie, concernant toute cette culture, si démesurée que le film n'est plus que ça: une grosse machine à recycler des images.

Anonyme a dit…

Pour The Shape, je comprends votre reference a Jeunet. Belle bande-son d'Alexandre Desplat.
Le Spielby est pas mal du tout, c'est de l'entertainment plus que correct, mais pas super non plus. Faut aimer les grand-huit qui durent 2 plombes. On ne peut pas demander a un realisateur de faire le film qu'on aurait aime le voir faire. Spielby passe du journalisme (Pentagon Papers) a la course-poursuite virtuelle avec une vraie aisance, tout de meme. Non pas parce qu'il serait un genie, ou meme un aspirant-genie, mais parce qu'il ne s'impregne pas (hypothese personnelle), ou peu, de ses thematiques. Et quand un film est coherent et efficace, ce qui n'est deja pas si mal de nos jours, on peut decider de s'en contenter le temps d'une seance.

Anonyme a dit…

RPO selon Charlie :

https://pbs.twimg.com/media/DZ3IsZCXkAASRCU.jpg

Buster a dit…

Oui oui, il y a un plaisir évident et c'est ce à quoi je m'attendais, mais avec quand même plus de moments hors de l'OASIS, de retour dans le monde réel, la dernière partie pour accéder au troisième portail est vraiment bourrative, on n'y comprend d'ailleurs plus grand chose...

Stéphane Delorme a dit…

Dîtes Buster, un job aux Cahiers ça vous botte ?

Anonyme a dit…

Buster, je viens de regarder The Passenger/The Commuter, de Jaume Collet-Serra. C'est un thriller serre, mouvemente et plutot surprenant. Pas mal du tout, assez bien pense et riche en rebondissements. Le seul truc qui m;agace, cest que JCS filme ses acteurs vraiment de tres pres parfois. Pa rcontre, il sait orchestrer les revirements, diriger ses acteurs, nous faire trembler pour eux, et il coupe souvent la ou il faut, conscient des potentialites de ses scenarios. Enfin, voila, une petite recommendation.
Ludovic

Buster a dit…

OK... pour ma part je viens de voir le biopic de Van Sant, globalement décevant... film édifiant et emmiellé...

Mieux vaut regarder Quads! la série animée de John Callahan: par exemple.

Anonyme a dit…

John Callahan's "I Think I Was An Alcoholic" :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=249&v=mSCMwOiczCs

Anonyme a dit…

Le GVS, oui, j'ai vu l'affiche, mais il ne m'a pas trop donne envie... peut-etre en deuxieme semaine. Et puis John Callahan, bof bof bof, macabre+handicapes (merci pour le lien) ce n'est pas une ma tasse de the.
Ludovic

Strum a dit…

Bonsoir Buster, et bien pour ma part, j'ai davantage aimé le Kechiche que ce à quoi je m'attendais. Il y a toujours ce style un peu étouffant, cette vision unilatérale du monde, et puis c'est trop long (la scène de mise à bas de la chèvre est interminable), mais j'ai trouvé intéressant le personnage d'Amin, un personnage d'artiste, d'observateur du monde, et il y a cette fois un contrechamp, fut-il limité, avec le personnage de Charlotte (la niçoise trompée par le cousin), sorte de personnage de Rohmer perdu dans l'univers de Kechiche. Le sujet du film, outre l'éducation artistique (réussie) et sentimentale (ratée ou avortée) d'Amin, c'est la contradiction (un peu manichéenne) entre une aspiration à la pureté (la lumière) et un regard attiré par le fessier opulent d'Ophélie. Bref, c'est mieux que la Vie d'Adèle.

Buster a dit…

Hé hé... salut Strum... on ne sent pas non plus chez vous un grand enthousiasme... mais oui c'est mieux que la Vie d'Adèle.

Anonyme a dit…

Où est passé votre texte sur le Gus van Sant ?

Strum a dit…

Enthousiasmé, non, c'est un film où le regard porté sur les personnages principaux est trop exclusif pour que je le sois. :) Mais je m'attendais à avoir beaucoup plus de réserves et j'ai aimé certaines choses (je développe chez moi).

Loryniel a dit…

Bonjour Buster,
ça fait quelques années que je lis votre blog - que j'aime beaucoup... - sans jamais oser intervenir dans les commentaires. Epoque donc révolue.

A propos du Bozon, n'avez-vous jamais eu l'impression que le film ne savait plus trop quoi faire avec ses personnages, passée disons sa (très intrigante) grosse première moitié ? L'exemple le plus criant, c'est le personnage du mari, atypique et "à contre-pied" dans un premier temps, et puis passif et inexplicablement résigné. La latence et l'imprévisibilité ont toujours occupé une grande part dans sa mise en scène, certes... mais j'ai toujours été frustré de les voir tourner à vide après la séance d'échauffements.

Griffe a dit…

Merci Loryniel, c'est exactement notre sentiment, à moi et valzeur que je cite : "Avec Griffe, nous nous interrogions sur la vraie réussite des 45 minutes et sur le lent vau-l'eau des 45 suivantes. Notre hypothèse est que la bizarrerie cultivée par Bozon est au fond exogène, et qu'elle ne nourrit pas en profondeur ses films, aboutissant à la longue à un catalogue de plan bizarres/décalés aux raccords abrupts et/ou cra-cra. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un sens extrêmement juste des lieux et de la direction d'acteurs. Sur le fond, il est dommage qu'après une exposition remarquable, Bozon ne parvienne pas à déployer son histoire (c'est particulièrement visible avec le personnage de Huppert - pourtant géniale - qui semble dans un entre-deux permanent dans la seconde moitié du film)."

Buster a dit…

Bonjour Loryniel et Griffe, j'ai écrit sur le cinéma de Bozon (avant Tip top), évoquant le cas de ses personnages (les étudiants de Mods, les soldats de la France... et donc ici le couple formé par Huppert et Garcia)qui apparaissent inadaptés au monde (Bozon utilise souvent le terme "démunis")... j'y reviendrai, comme sur cette impression d'entre-deux, mais là j'ai pas le temps.

Anonyme, le texte sur le Van Sant, je l'ai retiré car je compte ouvrir une nouvelle session de commentaires pour les films sortis à partir d'avril (printemps 2018)... en attendant on peut le lire sur ma page Facebook (momentanément, avant que je le rapatrie sur le blog)

Anonyme a dit…

Où sur Facebook le texte sur le Van Sant ?

Buster a dit…

Laissez tomber, je vais le retirer aussi de FB

Buster a dit…

Donc Bozon... dans mon texte je développais l'idée que dans ses films, les personnages semblent se mouvoir dans des espaces intermédiaires, qui leur permettent d'être en prise avec le monde sans s'y frotter directement, une sorte de petite communauté, homogène et soudée, du carré de mods au groupe de soldats qui peut tenir tout entier dans un arbre... espace que Bozon rendait tangible lors des pauses musicales, où se dégageait plus fortement la ligne mélancolique qui parcourt ses films et qu'il avait un peu enfoui dans Tip top mais qui restait présente malgré tout (c'était plus net à la seconde vision)... Dans Madame Hyde, le couple Géquil en est le prolongement, avec cette différence que l'entre-deux du personnage d'Huppert tient pour moi au fait qu'il n'y a pas chez elle de transformation radicale, c'est une sorte de Janus, en elle coexistent les deux faces du personnage, elle ne devient pas un super-professeur, Mme Hyde n'est que le négatif (luminescent) de Mme Géquil... l'énergie qu'elle y acquiert en tant que Mme Hyde n'est pas contrôlée, ce qui affaiblit de plus en plus violemment Mme Géquil... il y a interaction entre les deux, d'où cette impression de flottement...Quant à M. Géquil, c'est moins évident... le personnage est évanescent, mais de façon quasi littérale, il s'évanouit quand sa femme devient lumière... comme si là aussi il y avait interaction, ce que l'une acquiert l'autre le perd... mais il y a peut-être autre chose qui renvoie à l'image de la cage de Faraday... cf. le dernier plan qui le voit accroché à la grille du lycée et comme endormi/mort ("déchargé"? ) quand la caméra remonte lentement sur lui... soit la douce mélancolie des hommes, toujours présente chez Bozon... et pour paraphraser le titre du film de Civeyrac (le Doux amour des hommes), dans lequel d'ailleurs jouait Bozon...

Buster a dit…

Sinon j'ai fini par voir les Bonnes manières... Comment on dit "bof" en portugais?

Loryniel a dit…

Merci pour votre développement.
Je maintiens quand même que cet "espace intermédiaire", charmant au début (vraiment intriguant, ça n'est pas rien du tout, j'insiste : ces lumières pré-nocturnes dans la villa, je n'ai jamais vu ça récemment dans le cinéma récent ; idem avec ces rappeurs déscolarisés improbables qui ressemblent plus à des jeunes américains que ceux qu'on trouve actuellement dans nos films d'ici), ressemble à une bulle autiste dont le caractère infécond apparaît au fur et à mesure que le récit avance. Il avance d'ailleurs de façon plus artificielle [attention, ce qui suit DIVULGÂCHE à fond les ballons] avec le personnage de Malik, dont la punition finale me paraît aussi incompréhensible que la passivité de M. Géquil. Il est évident que ce double mouvement de caméra qui descend et remonte sur le corps de Garcia collé à la grille du lycée renvoie à la cage de Faraday, ou plutôt son inverse (le corps parcouru d'électron est totalement crispé)... mais... mais pourquoi ? :) La fin très pessimiste, et le générique final nihiliste, paraissent arriver in extremis comme un raccord avec De Bruit et de fureur... pas convaincu. [FIN DU DIVULGÂCHAGE]

Je suis d'autant plus sévère avec Bozon que je suis ravi de me trouver dans la salle pour voir ses films (j'ai déjà envie de voir le prochain (!?)), de le voir préparer ses cours théoriques, mais à mi-parcours, je me demande ce que je fiche à l'intérieur de cette étrangeté.

Loryniel

Anonyme a dit…

"le doux amour des hommes" : titre que Rivette trouvait nul (cf. dialogue avec Bonnaud dans les bonus du coffret "Rivette - 6 films", Arte Éditions)

Buster a dit…

Loryniel, seul Bozon pourrait répondre à vos questions... ce que je peux dire c'est que ses films n'ayant rien de formaté, leur structure apparaît assez lâche, où tout ne converge pas vers une sorte de résolution finale, un peu comme chez Biette, il y a des discordances, des ruptures, des échappements. Ici on ne peut pas dire que la seconde moitié tourne à vide... c'est le régime du film qui a changé... dans la première partie, il n'y a que Mme Géquil, soutenue par son mari et confrontée à Malik, le dispositif est bien défini, dans la seconde ou la troisième si on considère le découpage du film (I. Mme Géquil, II. Malik, III. Mme Hyde), tout devient plus incertain, Mme Géquil n'est plus confrontée à Malik mais à son négatif, Mme Hyde, qui comme dans le roman de Stevenson prend de plus en plus le dessus, ce qui redistribue aussi les places de Malik et du mari, le premier, via le savoir, se rapprochant de Mme Géquil, au risque de subir les méfaits de Mme Hyde, le second s'en éloignant, malgré l'amour... disons que c'est plutôt celle-ci devenue Hyde qui lui échappe progressivement, jusqu'à disparaître.

mircea a dit…

Je trouve Madame Hyde tout aussi confus que Tip top. J'ai le sentiment que Bozon veut trop en mettre dans ses films (dans les deux derniers en tout cas), et tout cela me semble comme embourbé dans un marasme/ panthéon cinéphilique. Il m'est très difficile de parler de ce film et je ne crois pas être le seul (Buster, votre commentaire du 10 avril me semble un peu laborieux..) et c'est à mon sens le signe d'un égarement plutôt que d'un génie. Parfois je me demande si Bozon ne s'évertue pas avant tout à désorienter le critique.. à oter le verbe.
Je suis tout à fait d'accord avec Loryniel lorsqu'il dit qu'il ne sait pas quoi faire avec ses personnages. Mais sait-il ce qu'il veut faire avec son film ? Je pense que SB y gagnerait à élaguer ses intentions, ses idées, quitte à radicaliser son cinéma ou au contraire à le rendre préhensible...

Buster a dit…

Je ne trouve pas le film confus au sens où vous l'entendez, qu'il y ait une part d'indécision chez Bozon, peut-être, mais elle est volontaire, elle ne traduit pas un égarement du cinéaste quant à ses personnages, plutôt sa volonté de ne pas les enfermer dans une grille de lecture attendue... Bozon ne sort pas de la FEMIS avec ce que cela suppose de savoir-faire, prêt à l'emploi... Il y a une part d'autodidactisme chez lui, son oeuvre se construit film après film, guidée par la seule passion du cinéma, ses goûts, ses idées, ses contradictions aussi, c'est normal, c'est ça qui fait la singularité d'une oeuvre, loin des productions standards, et la rend si touchante...

mircea a dit…

J'aime sa liberté mais je ne la trouve pas spécialement touchante. Importante, stimulante, oui!