vendredi 10 février 2017

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Adieu... oui je sais, c'est pas la première fois, mais là, ça va être le feu, je me suis préparé un Dragon Ball Z GT: 3 cl d'absinthe + 3 cl de schnapps à la cannelle (genre Gold Strike ou Goldschläger) + 1 cl de vodka... on se fait un bain de bouche de 15 secondes avec la moitié du shoot, puis on l'avale, ainsi que le reste du verre, cul sec... le shoot avalé, on recouvre tout de suite le verre avec la paume de la main, pour empêcher les vapeurs d'alcool de s'échapper, on attend quelques secondes puis on retire la main et alors, ça y est, c'est parti, on commence à aspirer les vapeurs, lentement, profondément, définitivement...

Sinon j'ai vu Certain women de Kelly Reichardt et Split de M. Night Shyamalan... c'est bon, avec Yourself and yours de Hong Sang-soo, j'ai mon Top 3 pour 2017, je peux partir en paix. Adieu donc.

jeudi 9 février 2017

Yourself and yours




"Ah bon?", "Vraiment?", "Vous croyez?"... c'est ce que n'arrêtent pas de dire les deux hommes que rencontre Minjung dans Yourself and yours, le dernier film de Hong Sangsoo. C'est ce qu'ils disent à la jeune femme en réponse à ce qu'elle leur raconte, sur son identité notamment, exprimant leur doute, à l'instar du spectateur devant le film... Sauf que lui a vite compris qu'il n'y a qu'une Minjung. Pas de double, pas de dédoublement, la jeune femme est simplement duelle. Elle est à la fois elle et autre, autre que ce que les hommes, qu'ils soient "pathétiques" ou enfants (y compris son boyfriend, un peintre avec des béquilles, autant dire des œillères), pensent d'elle, par exemple qu'elle boit et qu'elle drague dans les bars, peut-être même autre que ce que elle, Minjung, pense d'elle-même, qu'elle ne boit pas (ou beaucoup moins) et ne drague pas, quand bien même elle fréquente, seule, les bars. Parce que le doute ici est kafkaïen. La preuve? On voit plusieurs fois Minjung avec un livre de (ou sur) Kafka. Elle ne peut avouer (connaître déjà ces hommes à qui elle se confie, l'alcool aidant) que par le mensonge (vous faites erreur, on ne se connaît pas), c’est le paradoxe de la dualité, cher à Kafka, à travers la sempiternelle question de l'amour, de ce qu'il en est de la rencontre amoureuse, plus précisément de la première rencontre, dont la vérité est impossible à dire sinon par le mensonge. Etant entendu que les deux hommes (qui, eux, découvrent qu'ils se connaissent) ne sont que des moteurs fictionnels (les doubles de HSS), rejouant avec Minjung la première rencontre et rien d'autre (ils sont trop vieux) pour lui permettre, à elle et son amoureux, de repartir de zéro, de revivre la première fois (en mieux), à la condition toutefois que celui-ci accepte Minjung telle qu'elle est, c'est-à-dire telle qu'elle dit être (son mensonge), et non telle qu'il se l'imaginait, ce qu'il prenait pour la vérité. Et il n'y a que Hong Sangsoo pour nous embarquer dans de telles volutes dialectiques, avec sa légèreté coutumière, aussi rafraîchissante qu'une tranche de pastèque...

lundi 6 février 2017

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Un peu de politique-fiction. Nous sommes en mars 2017.

Les affaires se multipliant pour Fillon (dernière en date, son labrador Spinee qui, à en croire Rachida... euh pardon, Le Canard enchaîné, aurait été grassement rémunéré par la société Argos, une société spécialisée dans l’accompagnement des personnes malvoyantes, sauf que celles-ci affirment ne l’avoir jamais vu!), il décide, la mort dans l’âme, sous le regard peiné de Penelope, sa femme, qui faisait tapisserie dans les couloirs de l'Assemblée pendant que lui y travaillait, de renoncer à la présidentielle, entraînant à droite la mise en place d’un plan B, B non pas comme Baroin (n’importe quoi) et encore moins Barkozy (pourquoi pas Balkany pendant qu’on y est), ni même Bayrou mais celui que ce dernier soutient, le BGG, le "bon gars girondin", Juppé pour ne pas le nommer, cet ancien mangeur de cerises en hiver (métaphore rappelant que les emplois fictifs il connaît) dont on pourra dire, si d'aventure il était remis en selle, qu’il l’a vraiment bordelais de nouilles.
Hollande, quant à lui, crie au plagiat ("le renoncement c’est moi") et se dit que, puisque c’est comme ça, oui peut-être, c’est pas impossible, mais bon, faut voir, il pourrait finalement se représenter, d’autant que Hamon est empêtré lui aussi dans une affaire, révélée par Le Figaro: le vol d’une orange sur un étal de Dakar quand il avait douze ans, de même que Valls, convaincu selon Marianne d’avoir plusieurs fois pris l’avion au frais du contribuable pour aller boire un verre avec Penélope... Cruz, alors que Macron est soupçonné de favoritisme, suite à la découverte par Mediapart d'un vieux devoir de français visiblement surnoté (22/20) par sa professeure de l’époque, une certaine Brigitte T., et que, concernant Mélenchon - disparu des radars, je le rappelle, depuis que, trop gonflé de lui-même, il a explosé en plein vol lors d’un meeting à Mainfonds -, on ne sait toujours pas si son hologramme pourra se présenter à sa place.

A part ça j'ai vu Jackie de Pablo Larraín, un film "vertigineux", je suis d'accord avec les Kayé... nan je plaisante, c’est du remplissage du début à la fin, avec là encore, comme dans Neruda, des kilomètres de musique, recouvrant quasiment tous les plans - une horreur -, et Natalie Portman, sur qui je fondais beaucoup d’espoir, bah non hélas, elle n’apporte rien - trop frêle pour le rôle finalement -, noyée qu’elle est sous ce fatras d’images filmées en dépit du "bon sens", aussi prétentieux que ridicule, littéralement un enterrement de première classe.


Heureusement j'ai vu aussi Yourself and yours, le dernier Hong Sang-soo (en fait, l'avant-dernier), un film réellement vertigineux, lui, sur lequel je reviendrai bien sûr...


Et puis des Barnet, plein de Barnet, déjà connus pour la plupart, tous magnifiques: la Jeune fille au carton à chapeau, la Maison de la rue Troubnaïa, Okraïna, Au bord de la mer bleue, Un brave garçon, l'Exploit d'un éclaireurUn été généreux...





Okraïna de Boris Barnet (1933).