mercredi 27 septembre 2017

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"Cold night" par Galaxie 500, on dirait "Le sud"... Nino Ferrer joué par Yo La Tengo. C'est beau.

+ une petite note - que vous n'allez pas aimer, je sais - sur le dernier film des frères Safdie:

Very bad trip.

Si vous avez pris du "bon temps" à regarder Good time, eh bien tant mieux pour vous, parce que moi, non, pas du tout... Pourtant j’y ai cru, le temps du pré-générique, pas au début: la scène d’ouverture avec le psy et Ben Safdie dans le rôle du grand neuneu, filmée en TGP, on se demande pourquoi si ce n’est pour faire genre, genre Cassavetes et ses épigones, en plus près encore (si la caméra pouvait entrer dans les trous de nez et les oreilles des personnages, elle le ferait...), mais après: la séquence du braquage, filmée elle aussi en TGP, ce qui passe mieux, le geste de la caméra épousant alors le moment de tension qui caractérise ce genre de scène, avec ce que cela suppose d’excitation voire de panique. Sauf que les Safdie vont y recourir tout au long du film, à tort et à travers, de la même manière qu’ils y colleront la musique d’Oneohtrix... Donc OK pour la séquence du braquage (qui fait que le film m’est apparu un peu moins mauvais que le précédent, Mad love in New York, que j’avais franchement détesté), et encore, moins par la façon dont elle est filmée, cette scène, que par ce qu’elle m’a rappelé, à cause des masques, la Bonne année, le film de Lelouch, un film que j’aime beaucoup (si si, grâce aux acteurs), en tous les cas que j’avais pris plaisir à voir quand j’étais petit, au point que la regardant, cette scène, je me disais "tiens, du Lelouch sous acide, ça peut être marrant"... Tu parles Charles, rien du tout, le film n’est qu’une succession boursouflée et informe de morceaux de bravoure, on imagine les Safdie jubilant en écrivant leur film, avec l’aide de Bronstein le mec qui a fait l’épouvantable Frownland, additionnant les scènes comme on enfile les perles, les surécrivant pour le seul plaisir d’en foutre plein la vue, péripéties en tout genre et de toutes les couleurs, tout ça la tête dans le guidon, sans se poser de questions, histoire de passer un bon moment, autant dire qu’une fois fini, tout est oublié... Bref un film à l’image des deux frères, ceux du film, l'un speedé l'autre débile, vu les yeux collés à la vitre. Et ça, apparemment, ça plaît.

Plus sérieusement: Expérience, trip, immersion... il est où le plaisir? On va me dire que c'est ça le cinéma aujourd'hui, et pas dans les "beaux plans" à la papa d'un Wes Anderson, d'un James Gray ou d'un Kaurismäki... qu'il faut savoir tourner la page, et même se mettre à la page... que le cinéma en 2017, ce qui fait sa modernité, c'est la caméra à l'épaule, collée aux personnages et à leurs mouvements, si près qu'on ne voit plus rien, la multiplicité des plans (si on peut encore parler de plans), les couleurs flashy, etc., de sorte que le spectateur se trouve, lui aussi, "embarqué" dans l'histoire, au cœur du film, condamné à suivre le circuit d'images et de sons qu'on lui a concocté, victime, consentante ou non mais victime quand même, puisque sans "droit de regard", se contentant d'entrevoir, tant bien que mal, ce qu'on lui force à regarder. On me dira, oui mais non, il y a aussi la ville, la nuit, la relation entre les deux frères, tous ces personnages déclassés... on n'a jamais filmé ça comme ça, dans cet état d'urgence, avec une telle énergie... Blablabla. A côté d'Aldrich et de Fuller, Good time c'est de la gnognotte... moi je n'y ai vu qu'un truc très roublard, tape-à-l'œil, une sorte de grand huit branchouille - ce qui fait que le passage à Adventureland relèverait de la mise en abyme -, de quoi vous donner non seulement le tournis, mais surtout l'envie furieuse de revoir tous ces "vieux" films qui, eux, savent jouer avec l'espace, avec le temps, avec le corps des acteurs, sans les fragmenter à tout bout de champ (l'underworld, monde psychotisé?) et détruire ce qui pour moi fait la beauté d'un film: la croyance. Parce que ce cinéma-là, dans le fond, si moderne et si génial, n'est que l'autre face d'une même médaille, d'un même cinéma, qui ne sait, lui, qu'assujettir son spectateur, et ça par exagération formaliste. Soit en lui assignant une place et une seule dont il ne saurait se départir: regard vertical, surplombant, de l'auteur. Soit en lui refusant toute position, donc tout point de vue, l'obligeant à suivre les déplacements d'une caméra intrusive et survoltée: regard horizontal et tous azimuts de l'auteur. Dans les deux cas, une manière assez fasciste (le mot est un peu fort, c'est mon côté Mélenchon) d'imposer au spectateur sa vision du monde.

Voilà, c'est dit, maintenant vous pouvez me lyncher!

30 commentaires:

Griffe a dit…

Complètement d'accord avec vous, Buster. D'ailleurs j'ai tenu seulement une demi-heure devant ce truc.

valzeur a dit…

Hello Buster,

D'accord avec vous à 99 % (j'aime bien Frownland, c'est mon côté misanthrope).
Les frères Safdie sont en train de devenir les jeunes cinéastes les plus surestimés du moment...

valzeur a dit…

Au fait, Galaxie 500, c'est vraiment merveilleux, surtout l'album On Fire (l'un de mes albums préférés), Cold night figurant sur un EP de cette période (et de la mort) avec deux reprises définitives de New Order (Ceremony) et de Red Krayola (Victory Garden).

Quel bon goût, Buster !

Buster a dit…

Salut valzeur,

Galaxie 500 je crois qu'on en a déjà parlé sur le blog, à l'époque je les avais un peu oubliés, mais je m'y suis remis dernièrement, j'adore aussi.

(pour info, le type à droite sur la photo c'est pas Sarkozy, c'est Dean Wareham)

Anonyme a dit…

"manière un peu fasciste", vous n'y allez pas de main morte

mike a dit…

C'est quand même grave de lire, même avec les précautions d'usage, qu'il s'agit d'un "film fasciste". Les mots ont une valeur que diable, et certains plus que d'autres.
"on imagine les Safdie jubilant en écrivant leur film, avec l’aide de Bronstein le mec qui a fait l’épouvantable Frownland, additionnant les scènes comme on enfile les perles, les surécrivant pour le seul plaisir d’en foutre plein la vue, péripéties en tout genre et de toutes les couleurs, tout ça la tête dans le guidon, sans se poser de questions, histoire de passer un bon moment, autant dire qu’une fois fini, tout est oublié... Bref un film à l’image des deux frères, ceux du film, l'un speedé l'autre débile, vu les yeux collés à la vitre."
C'est nul de lire des choses pareilles. On pourrait dire que le film a été écrit avec componction, cela ne changerait rien ! On est dans le jugement d'intentions invérifiables (même si on peut dire que cette jubilation cinéphilique se ressent chez Tarantino, mais ça se voit sur l'écran, là non).
Les références convoquées ne sont pas les bonnes de toute façon, à part Cassavettes. Le film a plus à voir avec le polar dépourvu d'effets des années 70, style The Friends of Eddie Coyle, Straight Time d'Ulu Grosbard, Charley Varrick de Don Siegel.
La musique est certes envahissante, mais si votre capacité réflexive est mise à mal par un film pareil, vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-même et à votre manque de culture en la matière.
Vous évoquez quelques uns des éléments intéressants du film, mais en les balayant d'un revers de mot "La ville, la nuit, la relation entre les deux frères". Ce n'est pas du tout sérieux.
Pour revenir sur l'avis de Baldanders, qui critique la prestation de Pattinson, il suffit de comparer ses rôles dans des films ô combien lisses comme The Rover ou le dernier James Gray pour mesurer le bond en avant qu'elle représente et la façon dont les frères Safdie ont réussi à incarner le personnage.

mike a dit…

On notera pour l'ironie de la chose que Fuller se faisait traiter de cinéaste fasciste à l'époque.

Buster a dit…

Relisez-moi, je n’ai jamais dit que le film était fasciste, et encore moins traité les frères Safdie de fascistes… je parle ironiquement de "manière un peu fasciste", au sens de tyrannique, d’autoritaire, etc, à propos de ce type de cinéma, pas uniquement celui des Safdie, mais plus généralement celui qui force le regard du spectateur, ne lui laisse aucune liberté (comme par exemple celle d’aller découvrir à l’intérieur d’un plan ce que d’autres ne verront pas), là on est tous logés à la même enseigne, assujettis à l’auteur… sinon vous parlez de polars dépourvus d'effets, c'est justement le problème, le film des Safdie lui est bourré d'effets, c'est ça le sujet de ma note, et rien d'autre.

Baldanders?

Anonyme a dit…

"Voilà, c'est dit, maintenant vous pouvez me lyncher! "

chiche ?

mike a dit…

On dirait qu'on parle de Cours, Lola, Cours, de Nicholas Winding Refn ou de Wong Kar Wai, cinéastes à effets, eux.
J'ai trouvé le film des Safdie assez pauvre et moins clinquant que ce à quoi je m'attendais.
Alors qu'est-ce qui est façade ? Les effets ou le naturalisme à gros grains ?
Vos arguments sont trop abstraits : en quoi on nous impose plus que dans n'importe quel autre film, ces TGP initiaux dont vous dénonciez la vacuité, je trouve au contraire qu'ils laissent l'esprit du spectateur libre de divaguer à loisir.
Baldanders, pseudo de Griffe sur un certain forum.

Buster a dit…

Disons que c’est cette nouvelle façon de filmer qui m’horripile, un vrai paradigme, tout cinéaste qui se veut moderne y recourt… pourquoi pas pour certaines scènes comme ici, celle du braquage, et plus généralement les scènes d’action, mais son usage de façon systématique enlève toute cohérence au procédé, l’esprit du spectateur n’y est pas du tout libéré, on est au contraire contraint de suivre la caméra dans tous ses mouvements et ce qu’elle nous montre, esprit d’autant moins libéré que les "plans" s'enchaînent à toute vitesse, empêchant au récit de prendre corps et aux personnages de réellement exister, ça reste des "figures" plus ou moins attachantes mais sans plus, c’est ça qui est abstrait (plus que mes arguments), ce cinéma TGP, TGV et ses monochromes...

Anonyme a dit…

vous êtes trop réac Buster ou alors c'est votre antimélenchonnisme qui vous aveugle !

Anonyme a dit…

Citez donc des exemples de ce nouveau style afin qu'on puisse sortir du flou artistique sans non plus l'opposer à Fuller ou je ne sais quel réalisateur canonisé.

Buster a dit…

Antimélenchonnisme bof, à vrai dire je m’en fous de Mélenchon, c’était pour rire... sinon réac, oui peut-être, pour ce qui est de l’esthétique, mais j’assume.

Des exemples? bah tous les films tournés caméra à l’épaule, des Dardenne à Inarritu, en passant par les "run and gun" et autres films "immersifs" (Cloverfield, Redacted, Pusher, le Fils de Saul…), ce qui pour moi relève le plus souvent soit du surlignage quand l’action est déjà censée être trépidante, soit de la pose quand rien ne le justifie pleinement.
Reste la question du rythme et de la fluidité, mais là encore user systématiquement de la caméra portée, en suivant frénétiquement un personnage, c’est quelque part une façon de se soustraire aux questions de mise en scène, on produit du flux, du sensoriel, je ne sais quoi encore, très bien, c’est parfois impressionnant, je ne nie pas l’impact visuel du film des Safdie, mais ça s’arrête là, ça ne laisse pas de trace si ce n’est le souvenir d’une expérience, alors que c’est ce qui se passe après qui est aussi intéressant, ce que le film continue de produire en vous, bien après sa vision, des détails, des expressions, des regards, qui ressurgissent et font que le film "vit" toujours dans votre mémoire, jusqu’à modifier parfois l’idée que vous vous en faites… mais là, à part quelques images, le masque des braqueurs, l'encre rouge qui leur gicle dessus, le visage de la jeune black (personnage sacrifié, plus intéressant que celui de Jason Leigh), rien qui prolonge véritablement le film.

Anonyme a dit…

Bonjour Buster,

Je comprends votre exaspération si le procédé est utilisé gratuitement, mais dans Good Time ce n'est pas le cas, le film décrit un enchaînement d'obstacles imprévus, le style surexcité du film correspond parfaitement à l'état d'esprit du héros. Et contrairement à vous beaucoup d'images fortes persistent après le film.

Buster a dit…

Des images fortes oui, moi je parlais au contraire de détails, de choses passées presque inaperçues et qui après coup prendraient de l’importance, ce qui suppose que de tels détails soient bien présents et que la mémoire ait eu le temps de les enregistrer...
Sinon le style accordé à l’état d’esprit du héros, oui bien sûr, j’avais compris l’intention, il n’empêche que je ne supporte pas le procédé quand il est utilisé de façon intensive, même si c’est justifié, d'ailleurs moins pour traduire un état d’esprit ou des situations d’urgence (il y a mille autres manières de le faire) que parce que ça correspond au regard d’un personnage (comme dans Redacted par exemple)… Donc la forme pour justifier le fond (j’écarte le cas inverse, le fond pour justifier la forme, quoique des fois on peut se poser la question), ce qui me fait penser à la formule de Delahaye: “le fond crée la forme qui à son tour l’informe”, sauf qu'ici je n’ai pas l’impression qu'il y ait ce double mouvement, cette dialectique du fond et de la forme, ce serait plutôt “décathlonien”: à fond la forme! :-)
Et pas la peine de me parler d’un “plus-de-vérité” avec les TGP et autre caméra portée, je n’y ai jamais cru.

Euclide a dit…

CQFD

valzeur a dit…

Hello Buster,

Ne perdez pas trop de temps avec ces pauvres petites choses qui pleurent devant votre appréciation de Good Time. Les Frères Safdie, ça n'est rien que du cinéma lipgloss, ça brille et ça rend les lèvres jolies un temps (à la longue, c'est l'allergie). Le film ne raconte au fond rien que le désir de foncer et d'être bête. C'est parfait pour les jeunes d'aujourd'hui. J'ai encore en mémoire la présentation du film par un certain Théo R. qui parlait de révélation, du film de l'année, un torrent d'émotions, un shoot de réel blablabla.. A la sortie, j'avais l'impression d'avoir trop de neurones pour que ce film me parle. C'est vraiment du cinéma de et pour neuneus.

§ a dit…

Je ne crie pas au génie mais c'est pas si mal le Safdie. Je ne vois pas leur utilisation des TGP comme un effet vériste mais comme une volonté d'abstraction. En plus c'est souvent drôle.
Dans le genre surestimé, la connerie de Denis-Angot me parait bien pire. A part la toute fin avec Depardieu, et quelques minutes sauvées par la présence de Katherine et Paul Blain, c'est à peu près nul. Là, il y a de quoi se mettre en colère, tonnerre de Brest !

Buster a dit…

Lol... je n'ai pas esquissé le début du soupçon d'un demi-sourire en regardant Good time.

Et quitte à me fâcher cette fois avec tout le monde j'ai plutôt bien aimé le film de Claire Denis. Bon évidemment, les dialogues par moments sont pas piqués des hannetons, c'est du Angot pur jus, les mecs sont pas tristes non plus, entre le banquier en mode gros connard (Beauvois), le comédien torturé (Duvauchelle) et le rsaiste fragile (Blain), bonjour les clichés, mais, comme je le disais ailleurs, Binoche qui d'ordinaire m'agace au plus haut point, là je l'ai trouvée convaincante, de même j'ai apprécié le côté Akerman du film, quand le récit se relâche et que ressort davantage la mise en scène de Denis, le travail sur la lumière, etc, ça m'a rappelé Vendredi soir...

Buster a dit…

Et pour ce qui est de l'abstraction, je préfère Playtime à Good time!

Ce sera le mot de la fin.

§ a dit…

J'ai moi aussi pensé à Vendredi soir, mais c'est un film que je n'aime pas du tout. Et c'est drôle, parce que l'une des choses que je ne supporte pas dans ce film c'est justement l'usage abusif que Claire Denis fait des très gros plans ! Ce côté "regardez comme je rentre dans la chair de mes acteurs" qui m'a souvent agacé chez elle. Certes, le dernier est un peu plus distant (quoique les nombreux gros plans sont aussi très serrés - on voit bien la dentition des acteurs) mais du coup ça devient presque aussi plombé et laid que du Haneke.

Revoyez Vendredi soir, vous verrez que finalement ça ressemble un peu à du Safdie (TGP, effets lumineux multicolores, immersion dans les embouteillages et les lits...). D'ailleurs le safdie vient juste après le vendrefdie.

Buster a dit…

Hé hé... Bon il faudrait que je revois Vendredi soir (un autre jour de la semaine), je l'avais bien aimé à l'époque, peut-être à cause de Valérie Lemercier... là c'est vrai que dans Un beau soleil intérieur c'est filmé d'un peu trop près, mais c'est juste du gros plan (elle est du pays nantais, Claire Denis?), enfin bref, je ne crie pas non plus au génie, je suis loin d'être fan de la mère Denis et de sa façon de filmer les "Vedettes" - j'aime bien aussi J'ai pas sommeil -, mais bon, le grotesque, l'angotesque, de certaines scènes, les apparitions de Katherine devant la poissonnerie, le finale avec Depardieu, Binoche en boniche de l'amour, la nuit éclairée par Godard (Agnès)... tout ça fait qu'à l'arrivée j'aime bien le film.

§ a dit…

Je garde aussi un bon souvenir de J'ai pas sommeil, ainsi que de S'en fout la mort. Mais je ne les ai pas revus depuis au moins 20 ans.

valzeur a dit…

Hé hé, Buster, la dernière scène du Denis est tournée dans ma cour (ou plutôt dans la maison qui se trouve dans ma cour), ce qui ne m'empêche pas de trouver le film épouvantable (je lui préfère même, comme §, Good time). § a raison sur les gros plans, c'est insupportable et ça n'aide pas au montage. Effectivement, on pense à Vendredi Soir qui était déjà gratiné ; Claire Denis aime un peu trop les écritures hystéro-défaites (Bernheim, ça n'était pas grand chose, Angot, c'est encore moins). Probablement qu'elle y trouve l'équivalent de son cinéma...

Buster a dit…

Vous avez probablement raison tous les deux, d’autant que moi non plus, hormis deux ou trois films, je n’aime pas le cinéma de Denis, mais là j’y peux rien, c’est plus fort que moi, je suis plus touché par son dernier film que par le Safdie, je préfère encore la bêtise à la frime, peut-être parce que la rencontre entre d’un côté Denis-Angot et de l’autre Binoche, "open" à la grosse machine hystérique que représente le tandem, ça finit par produire quelque chose d’émouvant.

BAD (Binoche-Angot-Denis) > Badass (le Safdie)

Anonyme a dit…

Préférer le Denis au Safdie, vous devez être bien malade Buster, ça me fait de la peine

Buster a dit…

Pourtant je me soigne...

Melaine a dit…

Plutôt d'accord avec toi à propos de Good Time, même si je serais un poil moins sévère. Plutôt d'accord aussi à propos d'Un beau soleil intérieur, même si je serais un poil plus sévère.

Un peu moins d'accord en revanche lorsque tu places Cloverfield dans le même panier que Good Time, Pusher ou Le Fils de Saül, puisqu'à mon avis le film de Matt Reeves questionne justement cette obsession de tout voir, tout montrer, de toujours être "au plus proche de l'action". Il ne joue jamais le jeu de l'immersion (ou alors avec roublardise, à travers le regard du personnage principal) et ses scènes les plus belles sont justement les plus pudiques (celle de la bouche de métro notamment). As-tu vu War of the Planet of The Apes, d'ailleurs ? C'est pour moi l'un des plus beaux films de l'année (allez, osons-le : le plus beau).

Buster a dit…

Oui bien sûr, j'ai mis ces films ensemble sans distinction, pour le Reeves c'est différent, d'ailleurs j'aime plutôt bien le film... je parlais en fait du principe même de la caméra à l'épaule que je ne supporte pas... surtout quand c'est dans un souci naturaliste de "vérité" comme chez Dardenne et compagnie, ou d'une plus grande identification du spectateur, comme tous ces films purement "immersifs", un peu moins peut-être dans certains cas de caméra subjective comme Redacted ou Cloverfield quand il y a en effet une réflexion derrière, mais bon c'est quand même pas ma tasse de thé... Sinon pas encore vu le dernier Planète des singes.