Il y a quelque chose de monstrueux dans le personnage hybride, barbalibaresque, presque callassien, créé par Amalric, ce qui rend son film (portrait éclaté, kaléidoscopique, de la dame en noir) assez fascinant à défaut d’être toujours captivant - à trop vouloir rompre avec la linéarité habituelle, romanesque, du biopic, Amalric, petit garçon béat d’admiration (il s’appelle Zand, le nom de sa maman, comme dans Tournée), non seulement court le risque de la non-lisibilité mais surtout offre une image un peu trop cérébrale de Barbara. C’est l’aspect Desplechin du film.
Il y a quelque chose de sinistre dans la figure simpliste, mi-dadais mi-connard, du Godard période Mao, joué par Garrel, ce qui rend la pochade d’Hazanavicius, déjà pas très drôle (hormis deux ou trois gags téléphonés, comme celui des lunettes, et autant de jeux de mots), totalement insignifiante – à trop appuyer le côté "tête à claques" du "plus con des Suisses pro-chinois", au détriment du reste (ses contradictions et ses doutes), Hazanavicius, maître pasticheur, non seulement court le risque de la facilité mais surtout offre une vision gentiment beauf de l'époque. C’est l’aspect déplaisant du film.
Bonus: Barbara en 1968 chantant Du bout des lèvres. Et puis ça aussi: le Groupe Dziga Vertov, avec Godard et Gorin, lors d'une interview accordée à la télévision allemande, en échange d'un chèque... (ha ha, sacré Godard)
Et puis ça encore (aucun rapport): Into the night, un épisode de la série General electric theater réalisé par Jacques Tourneur. C'est en V.O., la vidéo est de mauvaise qualité, mais bon, c'est un Tourneur (comme on dirait c'est un Turner)...


8 commentaires:
Vous êtes russe, Buster ?
Non pourquoi?
Non, il est bien rosse, je trouve avec Barbara, le film.
Ha ha... en fait j'aime bien le film, surtout comparé à l'autre, je le trouve seulement un peu trop intello dans son écriture, ce qui nuit à l'émotion, hormis quelques scènes, comme celle, magnifique, où en pleine nuit Barbara doit subitement prendre les commandes du camion parce que son amant s'est endormi au volant...
Vu Le Redoutable. Effectivement, cela ne fonctionne pas très bien. Le mimétisme stylistique fait moins sens que dans les OSS 117 et le film hésite entre plusieurs registres (parodie, relation d'un désamour, chronique historique). Cette hésitation lui est fatale et le portrait unilatéral de Godard ne permet pas d'en faire un personnage de cinéma auquel on peut s'attacher.
C'est ça, et l'aspect parodique dénature complètement la partie intimiste (j'avais bien aimé le roman de Wiazemsky).
Ah oui... la scène dans le camion, quand il s'endort... c'est un de mes rares très heureux moments de spectateur cette année.
Bonne semaine Buster (je découvre seulement maintenant que vous voulez arrêter d'écrire ici pour les 10 ans... j'en suis bien triste...)
Il faut savoir s'arrêter...
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