samedi 1 juillet 2017

Après

Après... après quoi? Après une nouvelle rencontre, on peut même dire la rencontre, rencontre amoureuse, il va sans dire. Il y avait eu "le jour d'avant", Right now, wrong then, arrivé trop tôt, mais qui lui avait néanmoins permis de la rencontrer, elle, pour la première fois, ce jour-là, un jour raconté deux fois, de son point de vue à lui, rencontre isolée, sans lendemain, motivée par le seul plaisir d'occuper sa journée, puis de son point de vue à elle, rencontre plus sensible, plus ouverte, car promesse d'avenir. Après... après "le jour d'avant", et avant "le jour d'après", il y a eu les jours durant, Yourself and yours, les jours pendant lesquels l'amour s'est forgé, entre elle et lui, à grands coups de "première fois", d'alcool et de faux-semblants. Et là, maintenant, c'est "le jour d'après", un nouveau présent, le présent de l'amour, raconté une seule fois mais par deux voix, sa voix à lui, toujours incertaine, sa voix à elle, de plus en plus assurée. Lui, c'est Hong Sang-soo. Elle, c'est Kim Min-hee.
Après, donc. Après la première fois. Ou plutôt, après le premier temps de la première fois. Un second temps qui serait plus consistant, moins volatile, non seulement parce qu'il faut rendre des comptes, mais surtout parce que c'est le temps des questions: c'est quoi l'amour? combien de temps ça dure? c'est comment après?... autant de questions, conjuguées à tous les temps - présent, passé, futur -, auxquelles le Jour d'après ne répond pas évidemment - il n'y a pas de réponses -, mais que Hong sang-soo décline, dans son style habituel, faussement désinvolte, avec même une plus grande rigueur que d'ordinaire, une plus grande fougue aussi, quelque chose à la fois de rude, dans sa scénographie (toujours très frontale), sa photographie (un noir et blanc hivernal), ses dialogues (sans concession du côté des femmes - épouse, maîtresse et fausse amante -, pas loin du vaudeville guitryien), et de soyeux, à travers le personnage, davantage rohmérien, que joue l'aimée, Kim Min-hee. Et pour marier tout ça, la rigueur et l'amour, rien de mieux que la figure de Bach, le maître du contrepoint, surveillant les démêlés, comme s'il veillait à ce que la complexité apparente du dispositif n'emprisonne le film, que son propos soit, au contraire, suffisamment clair pour que le film reste ouvert, libre dans ses interprétations, à l'image de l'amour, une fois installé, et des choix, assumés ou non, qu'il faut faire.    

11 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est pas bien Buster, vous allez encore faire disjoncter Valzeur !

Buster a dit…

J'm'en fous...

Anonyme a dit…

Dans le second paragraphe, vous parlez de "fougue". Je dirais plutôt fugue, au sens sentimental et musical du terme.

Ludovic

Buster a dit…

Hé hé... l'art de la fougue.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je m'en fous aussi, vu que je le verrais le jour d'après ! :)

Buster a dit…

Salut valzeur,

Ok, on bataillera le surlendemain... attention quand même, d'ici que vous le voyiez le jour d'après, le nouveau HSS sera peut-être sorti, celui qui a été tourné avant.

Anonyme a dit…

beau texte, et après ?

Buster a dit…

Après?... rien (ou si peu).

Manu a dit…

Avez-vous lu le texte de Malausa dans les Cahiers ?

Buster a dit…

Non, pourquoi? Il est bien?

Manu a dit…

Pas mal.