vendredi 9 juin 2017

[...]




"La blanche écorce de bouleau fait penser au visage badigeonné de blanc des prostituées d'autrefois." (Yasujirô Ozu, 1961).

Sinon j'ai vu, outre les Fantômes d'Ismaël de Desplechin, le Rodin de Doillon, l'Amant d'un jour de Garrel, et l'autre amant, l'Amant double d'Ozon. Ça c'est pour Cannes et les films français...
Et alors? Disons que, question sculpture, le Garrel est largement au-dessus du Doillon, centré surtout sur la relation tumultueuse, chaotique, et très "sur les planches" (les scènes de sexe c'est tout un poème) entre Rodin et Camille Claudel, ce dont à vrai dire on se fiche royalement (on connaît), et ce d'autant plus que la fille Higelin (je sais pas comment écrire son prénom) n'est pas très bonne et que Lindon, forcément mieux, fait moins penser à Rodin (hormis l'aspect "auguste" du personnage, ha ha) qu'à Lindon lui-même, avec une grosse barbe (une belle grosse barbe de hipster, c'est le côté tendance du film), dans laquelle il peut grommeler (synonymes: grogner, grognonner, grognasser...) à foison, d'ailleurs j'ai vu le film en VOSTFR!, pour quelles raisons? peut-être pour mieux comprendre ce que marmonne (synonymes: maronne, marmotte, mâchonne...) par moments Lindon, sachant aussi que chez Doillon, adepte du son direct, on comprend pas toujours ce que disent les comédiens, ce qui ici n'aurait pas été gênant vu que les dialogues (qui mêlent passion et pédagogie) sont imbuvables. Il y a quand même deux trucs intéressants dans Rodin: le personnage hélas sacrifié de Rose (Séverine Caneele, la Domino de Dumont, improbable - on la croirait sortie d'un Mocky - et justement intéressante pour ça) et le "Balzac", hélas mal exploité car surtout réduit à sa dimension de scandale sans que jamais Doillon, qui visiblement ne comprend rien à la sculpture, trop attaché aux joutes verbales (cf. Lindon travaillant le profil de son Balzac, d'abord un côté, face à la lumière, puis l'autre, après avoir fait pivoter la tête et son modèle, sauf que du coup tout est à contre-jour, dans l'ombre... pff, qu'il est con ce Rodin, pas étonnant qu'il lui ait fallu sept ans pour venir à bout de son œuvre!), ne nous fasse vraiment sentir ce que cette œuvre a de génial, si ce n'est par les commentaires (toujours le blabla) d'artistes proches de Rodin... Le vivant de la sculpture, et plus précisément de la terre (dans la hiérarchie inversée de Rodin), elle n'apparaît jamais dans le film... alors que, et c'est là où je voulais en venir, chez Garrel on peut dire qu'il y a comme un travail de sculpture dans la manière dont est pétrie, concrètement, la lumière (c'est Renato Berta le directeur de la photo), avec tous ces blocs de noir et de blanc. Idem question fantômes... On croit davantage au personnage d'Ariane (Louise Chevillotte très convaincante) dans le film de Garrel, comme incarnation d'un fantasme masculin, on peut même dire de vieux mâle (quant au désir de la femme, plus encore, d'une très jeune femme), qu'à celui de Carlotta (Marion Cotillard) dans les Fantômes d'Ismaël, construction purement "autocinéphile" (je me comprends), avec ce que cela suppose d'embaumement mortifère, même si bien sûr chez Desplechin, les fantômes sont ailleurs, mais là aussi sans véritable pouvoir d'émotion, tant l'auteur se complaît dans le ressassement de ses propres démons. Ça vit plus que dans le Doillon, parce que c'est complètement égocentré, mais bon, ça gesticule aussi pas mal, et on ne peut pas dire que ça vibre beaucoup. Alors que chez Ozon finalement, ça vibre un peu, le fantasme s'incarne, on n'y croit pas vraiment mais tout de même... le problème c'est que dans l'Amant double (un double avec d'un côté du miroir, Polanski, et de l'autre, Cronenberg) on nage en plein GNQ (grand n'importe quoi). Ozon ose tout (oui je sais, c'est même à ça qu'on les reconnaît), même les plans de coupe les plus débiles, sinon dégueulasses (Buñuel mon œil, ou mon cul, chez Ozon c'est pareil, un œil qui pleure ou un sexe qui jouit, y'a pas de différence, vous voulez une preuve? apportez-moi un spéculum... ce n'est plus l'origine du monde mais l'érogène immonde), enfin bref, on enrage mais on se marre aussi (la psychanalyse à deux balles, si je puis dire, ça fait toujours rire, surtout quand c'est pris au sérieux).
Donc voilà, entre le Garrel et les trois autres, y'a pas photo, même si l'Amant d'un jour, dans la lignée des deux précédents films (la Jalousie, l'Ombre des femmes) avec lesquels il formerait une trilogie, mais aussi de la Frontière de l'aube, est un peu desservi, comme souvent chez Garrel, par une sorte de chape thématique, qui recouvre et tend à plomber la beauté, pourtant évidente, de tous ces plans-matières et de ces visages entre lesquels vient s'immiscer, comme dans le cinéma muet, les puissances de l'invisible.
Cela étant, le meilleur film français du moment, c'est Drôles d'oiseaux d'Elise Girard. Mais il n'était pas à Cannes... 

55 commentaires:

Griffe a dit…

valzeur définitif sur Garrel : "Il n’y a pas de souci de l’autre chez Garrel ; le narcissisme s’y entretient dans l’addiction et la passion amoureuse, qu’il confond en saupoudrant au besoin d’un peu de prétendue lutte politique. C’est très flagrant dans L’Amant d’un jour. La scène où Caravaca recueille sa fille éplorée n’a aucune vérité ; derrière le personnage, on devine le père bien ennuyé à l’idée de ne pouvoir rebaiser sa jeune conquête, alors qu’en guise de soutien moral à sa rejetonne, il ne peut que proférer des banalités (« bois ta tisane ! »). Si la fille Garrel enjoint Chevillotte de ne pas révéler sa tentative de suicide très complaisamment filmée, avec hurlements et morve kechichienne au nez, ça n’est pas pour protéger le personnage du père/Caravaca, mais pour protéger le metteur en scène qui pourrait à la limite écrire une confrontation père-fille avec ses trois co-scénaristes, mais qui serait totalement incapable de la filmer autrement que de la pure et simple science-fiction (et l’excuse qu’une telle scène serait psychologique, et donc fort éloignée du cinéma à haute tension esthétique garrelienne ne tient pas). Je vois d’ailleurs dans cette impossibilité à ressentir les sentiments communs qui fondent l’humanité l’explication du mieux-disant photographique des films de Garrel. Ce réel transfiguré va avec l’abandon de la décence commune, on est chez les Voyants/artistes. Rimbaud forever, fuck ta fille ! Evidemment, cette hauteur théorique - le monde désert sauf la Passion - et le remplacement définitif de l’Autre par le Même (les Amants, qu’ils soient réguliers, d’un jour, ou éternels - le titre probable d’un de ses futurs films) ne peut que séduire les critiques de cinéma, film après film, d’autant que la complaisance romantique envers la drogue a été prudemment retirée de son cinéma depuis une ou deux décennies."

Anonyme a dit…

"On devine le père bien ennuyé à l'idée de ne pouvoir rebaiser sa jeune conquête" : ce genre d'interprétation infondée et bêtement méchante ne révèle pas grand-chose si ce n'est la méchanceté ou la bêtise de la pensée qui l'énonce.

Buster a dit…

Ah valzeur, le Mélenchon de la critique :-)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Cela vaut mieux qu’être le Bayrou de la critique, non ? (Bon, c’est moins porteur aussi...)

Griffe a omis le fil de la discussion générale, je vous le renvoie : http://enculture.free.fr/viewtopic.php?t=1487&start=0
Vous y trouverez une anecdote de première main qu’une amie m’a raconté sur Garrel, c’est déchirant d’anticonformisme et ça éclaire toute son oeuvre.

Sur la méchanceté infondée de ma saillie, il faudrait quand même que l’anonyme regarde moins les puissances invisibles des films de Garrel et plus ce qu’on y voit. La première partie du film semble postuler la non-invention du téléphone. La petite Garrel débarque chez son père au débotté ; terrassée par la souffrance passionnelle, elle ne pense même pas l'avertir de sa venue avec cet outil étrange qu’on nomme le smartphone (mais peut-être est-on après tout en 1882). On en verra pourtant un plus tard dans sa main pour photographier la couverture du magazine de cul (quitte à rester hors d’âge, Garrel aurait pu choisir de l’appeler Union). Il est vrai que Garrel doit jouer sur le corps étranger de la fille surgissant en plein foyer recomposé ; après, la morale est sauve, le vrai corps étranger du film, pas du sérail, ni de la famille, Louise Chevillotte, sera éjectée du film.

Griffe a dit…

Plutôt que de faire son petit procès en « méchanceté », l’anonyme pourrait-il expliquer sur quoi se fonde son propos selon lequel celui de valzeur est « infondé » ? Qu’y a-t-il entre le père et la fille dans L’amant d’un jour ? Qu’exprime Caravaca en ouvrant la porte à sa fille ? Que lui offre-t-il en-dehors du gîte et d’une leçon express, un peu plus loin, sur « la fidélité » ? Quand Chevillotte raconte qu’elle a harcelé son père pendant des mois avant de l’obtenir, la réaction de la fille ? Un ricanement. Que signifie sa tentative de suicide, sinon qu’elle est dans l’insécurité affective totale ? Insécurité affective très généralement causée par l’absence d’amour du parent (j’espère ne rien apprendre à l’anonyme). Garrel le sait-il, en fait-il un sujet ? On n’en sait rien : il ne filme, entre la fille et le père, qu’un rapport obligé tissé d’indifférence. Tout ce que le père arrive à faire, au bout de tout le film, pour exprimer un peu d’affection, c’est de lui acheter des fringues…

On pourrait pousser plus loin et on arriverait exactement au même point que valzeur : qu’est-ce qui intéresse ses personnages à part jouir ? Jouir d’être aimé, jouir d’aimer, jouir de baiser, jouir de rendre jaloux… Quand les filles parlent d’amour, de quoi parlent-elles sinon de l’idée qu’elles se font d’elles-mêmes (des créatures en proie à des sentiments plus forts que tout, que sur-souligne la voix off) ? Qu’est-ce qu’elles partagent à part le plan ? De vilains secrets (l’une joue dans des pornos, l’autre veut se tuer) qui ne peuvent servir qu’à du chantage réciproque. Elles sont armées l’une contre l’autre, et la seule chose qui les réunit est qu’elles sont désarmées devant les mecs puisque les deux dépendent de leur « amour ». Caravaca chasse Chevillotte et Garrel fait comme lui : elle disparaît du film. Machin revient avec la fille et Garrel la filme aux anges (dernier plan du film). Le féminisme de Garrel est une blague : chez lui les hommes, lointains et puissants, dominent de leur charisme spontané des filles dévorées par l’instabilité affective. Mais tous, hommes comme femmes, sont également narcissiques, préoccupés seulement d’eux-mêmes. La seule chose qui puisse rivaliser avec cette obsession de soi, c’est La Politique, mais elle aussi semble débarquée là pour se rassurer (on est « révolutionnaire » en paroles, vite fait, dans les cafés, entre deux coups d’œil complaisants au sexe opposé).

Buster a dit…

Salut valzeur et Griffe (les deux enculteurs de mouches),

Pourquoi Bayrou? Macron à la rigueur, mais Bayrou, non...

Sinon le coup du smartphone, permettez-moi de vous dire (là je m'adresse au cinéphile insoumis) qu'on s'en fout que la fille s'en serve ou pas, le souci de réalisme, bof... la vérité d'une telle scène ne repose pas sur ce genre de détails, et quand bien même, moi je trouve ça parfaitement crédible, compte tenu de la situation, de son caractère dramatique... je conçois très bien que la fille débarque en pleine nuit chez son papa, sans prévenir.
Quant à la relation père-fille, je ne suis pas non plus d'accord... mais bon, je n'ai pas le temps de développer... je répondrai à mon retour ce soir, en attendant je renvoie à la formule de Michel Delahaye: "le fond crée la forme qui, à son tour, l'informe"...

(pour les puissances de l'invisible, ok j'ai un peu forcé le trait, mais c'était pour faire réagir valzeur)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je peux effectivement me foutre des contingences scénaristiques (portable or not) si la scène en ressortant est belle. Or ça n’est pas du tout, du tout le cas, pour ce retour à l’envoyeur de la fille. Caractère dramatique, vous me faîtes rigoler, j’ai encore en tête le grincement des roues de la valise sur le pavé qui couvre les hoquets Actor’s Studio de la petite Garrel quand elle revient chez son papa ; comme je suis un monstre, j’y ai presque vu un commentaire ironique. Comment faites-vous pour être ému par ce film, Buster ? C’est du Narcisse apoplectique délocalisé pour étudiantes FEMIS jeune et jolie.

valzeur a dit…

Avant que j’oublie : Garrel ou le cinéma paritaire ! Se mettre à quatre, deux hommes, deux femmes (dont un couple) pour écrire ce scénaricule qui censément respecte les sexes par l’égalité des regards, c’est à hurler de rire. Le film est d’une misogynie de tous les instants - d’ailleurs amusante, d’une certaine façon, puisqu’elle ne dit pas son nom, cf la longue scène de marche dans la rue où Caravaca pérore avec Chevillotte qui ne cesse de le couver des yeux, un vrai exemple de la magie du cinéma puisqu’elle marche au moins 50 mètres sans regarder devant elle et ne tombe pas (on n’en dira pas autant du film...)
On se croirait chez Macron, avec un résultat équivalent d’ailleurs ; tout le monde s’extasie, mais ça n’est rien.

Anonyme a dit…

"Drôles d'oiseaux " meilleur film français du moment, c'est une blague ?

Anonyme a dit…

Ben alors, la relation père-fille dans le Garrel, on attend toujours

Buster a dit…

valzeur a rajouté deux couches… et je n’ai plus trop envie… ça me barbe comme dirait Lindon, tout ça est trop acrimonieux. Le film n'est pas féministe, on est d’accord (comme sur le narcissisme, et ce n’est pas nouveau chez Garrel), il n’épouse pas le point de vue de la femme, il ne va pas faire un petit tour du côté de la femme, c’est le regard d’un vieux mâle qui questionne le désir de la femme, sa jouissance, il observe mais n’y comprend rien, comme tous les hommes finalement, parce que sa masculinité brouille aussi le regard, et ça s’arrête là, il n'y a rien de misogyne là-dedans… pas la peine de surinterpréter les scènes et encore moins de prêter des intentions à Garrel à partir de scènes qu’il n’a pas tournées… on a ici l’homme, partagé entre sa fille et sa jeune maîtresse, qui ne sait parler ni à l’une ni à l’autre, personnage terne, c’est le gris du film, entre le noir incarné par la fille et le blanc incarné par l’amante… c’est triangulaire, ce qui pervertit les relations duelles (père-fille, père-maîtresse, jeunes femmes entre elles), quand deux personnages se rapprochent c’est au détriment du troisième… mais ce sont les filles qui bougent et font le mouvement du film, autour de l’homme, en position non pas centrale ni dominante mais neutre… et ça passe aussi par la composition des plans, l’éclairage des visages, etc, etc…

Drôles d'oiseaux, une blague? oui et non...
Non parce que j'aime beaucoup le film, oui parce que c'est aussi un clin d'oeil par rapport aux films dont je parlais, notamment le Garrel (ici aussi il est question d'amour entre un homme d'âge mûr, même très mûr, et une jeune femme, mais ça reste platonique) et le Doillon (ici aussi on ne comprend pas toujours ce que dit Sorel, mais pas besoin de sous-titres)...

Anonyme a dit…

D'accord

valzeur a dit…

Hello Buster,

Vous devriez me connaître après ce temps, la médiocrité me rend acrimonieux, alors qu’elle vous rend fade et factuel, rien moins que convainquant. Peu me chaut des peines de coeurs d’une chatte universitaire telles que traitées/ressassées par Garrel. Son cinéma pue tellement la bourgeoisie qu’il donnerait presque envie d’un Nicole Garcia à sa suite, pour y aller franchement.

Buster a dit…

Je comprends qu'on méprise Garrel quand on aime Haneke et Lanthimos et leurs pavés antibourgeois alors qu'il n'y a pas plus bourgeois comme cinéma.

(à part ça, je sors du dernier HSS, c'est moins bien que Yourself and yours mais beau quand même... surtout n'allez pas le voir valzeur, en tous les cas ne nous en parlez pas, on connaît d'avance la chanson...)

valzeur a dit…

Je n’aime pas Haneke, mais ses films me marquent. Je peux citer trois plans de Garrel sur les 20 dernières années, contre une dizaine de séquences du vilain autrichien (et aucun photogramme des films de HSS que je confonds tous comme des soupes instantanées : goût asperge ?, poireau-pomme de terre ?, minestrone ?, tous différents sur la boîte mais tellement pareils, tellement de l’eau !).

La bourgeoise du cinéma de Haneke est clairement assumée, là où Garrel ne se rend même pas compte que ses préoccupations sont celles d’un bourgeois miteux. Au moins, Haneke ne se prend pas pour un Trotsky tristouille sur le retour.

Quant à Lanthimos, son humour sado-potache me semble à rebours de toute bourgeoisie, même si ces productions deviennent confortables . Et puis, c’est le plus drôle des trois et le plus fou. ll rate toujours des morceaux de film, mais c’est le seul qui peut progresser. Haneke ne tournera certainement plus, et la muse de Garrel, petits seins tombants, a désormais pour nom Sénilité (l’anonyme va pleurer en lisant ça, qu’il clique vite sur ceci : http://aubrylia.a.u.pic.centerblog.net/chat-yeux-ronds2.png en prononçant comme un mantra « safespace-safespace-safespace-safespace... »)

Poulet a dit…

Bonjour !

Que de bile déversée ici ! C'est dommage de voir le film avec un regard aussi jauni. Cependant j'aime bien l'expression "bourgeois miteux", mais il me semble que le fait que le personnage masculin de L'amant d'un jour en soit un est clairement énoncé dans le film (je pense à la scène où il se prend l'eau de ses voisins qui arrosent leurs plantes).

Je suis sensible à l'ironie subtile mais bien présente du Garrel, où le romantisme des personnages est toujours tempéré par un certain ridicule. L'humour discret de La jalousie (un repas orange en noir et blanc), de L'ombre des femmes (une bonne nouvelle à Bonne Nouvelle) et du dernier (une couverture de Science & Vie qui répond à celle d'un magazine porno) me ravit.

En ce qui concerne HSS, voici :
https://www.facebook.com/notes/poulet-pou/le-jour-dapr%C3%A8s-hong-sang-soo-2017/1412131872200773/

Buster a dit…

valzeur, je ne suis pas très sensible à ce qu’on appelle l’impact d’un film, aux scènes qui marquent ou qui dérangent, je m’en méfie même, ce qui me touche c’est davantage les petits détails qui parsèment un film ici et là, et lui confèrent un charme que je suis souvent hélas le seul à percevoir… Chez Garrel, c’est parfois agaçant, mais il y a toujours des instants de pur ravissement (désolé pour l’expression, j’ai pas trouvé mieux), qui libèrent le film (momentanément ou durablement) de ce qui peut par ailleurs l’ankyloser (le côté artiste plus que l’autoportrait, tous ces partis pris esthétiques qui définissent l’image garrellienne…), ce que je n’ai jamais éprouvé devant un film d’Haneke, hormis quelques plans très rares. Quant à Lanthimos, non merci, son bunuélisme mal digéré et pour le coup indigeste me laisse totalement indifférent. Avec son dernier film, Lanthimos semble avoir en effet progressé dans ce domaine, ça promet…

Poulet, que le film soit bourgeois à l’image de son personnage masculin, moi non plus ça ne me gêne pas … d'ailleurs bourgeois, narcissique, vieux, etc, ce ne sont pas des critères suffisants pour condamner un film, dès l'instant où l'auteur sait aussi en jouer, ce qui est le cas ici, je suis d'accord sur l'ironie...

bouffi a dit…

les films de vieux, bourgeois et narcissiques, c'est toujours mieux que les films de jeunes, bohèmes et engagés

Buster a dit…

Tu l'as dit...

Anonyme a dit…

Les bons films misogynes, ça existe aussi.

Strum a dit…

J'ai trouvé pour ma part le film de Garrel trop anecdotique pour être marquant, et trop appliqué formellement (au sens péjoratif du terme) pour pouvoir revendiquer l'étiquette du classicisme. Une exception : la jolie scène de danse. En relation avec la discussion du dessus : je ne crois pas que le caractère "bourgeois" ou "anti-bourgeois", ou "bourgeois assumé" ou "bourgeois honteux", etc., d'un film soit le critère le plus pertinent pour juger de sa qualité. Il dit plus sur le critique que sur le film.

Griffe a dit…

Simple hypothèse, Strum, mais : et si ce que chacun considère comme "pertinent pour juger de la qualité d'un film" n'en disait pas toujours plus sur lui que sur le film ?

valzeur a dit…

Salut les Bourgeois (pas toi, Griffe),

La « jolie scène de danse » est une resucée flemmarde exclusivement en gros plans de la scène autrement plus réussie des Amants Réguliers (c’ était d’ailleurs la seule à l’être, réussie, du coup on la remarquait).

Mon qualificatif de bourgeois qui offusque les garreliens me rappelle une passionnante discussion avec Griffe où nous cherchions désespérément dans le cinéma français contemporain un cinéaste qui ne soit pas « bourgeois », ou plutôt - aidons les malcomprenants,, qui ne soit pas contaminé par la bourgeoisie en termes de production, de sujet, de regard et/ou de réception. Nous n’avions pu trouver que Guiraudie avec quelques réserves (évidemment, Garrel n’avait pas été envisagé une seule seconde par Griffe ou moi). Auriez-vous des avis, Buster, et les autres ?

Sinon, surprise, vu un bon film très perturbant quoique truffé de scories : Creepy de Kiyoshi Kurosawa, son meilleur depuis très très très longtemps...

Buster a dit…

Sans trop réfléchir je dirais Mocky, Moullet, Arrieta, Léon, Skorecki, Fitoussi (Jean-Charles), Morder, Rozier…

Et puis aussi Brisseau, Faucon, Guédiguian...

newstrum a dit…

A Griffe : Oui et non. Oui, parce qu'il s'agit d'un parti pris ou d'un postulat et chacun partira de postulats différents, d'attentes différentes, pour parler d'un film. Non, parce qu'il y a quand même des critères de jugement plus pertinents que d'autres qui permettront d'analyser le film avec plus ou moins de précision. Dire : "c'est bourgeois donc nul" ne permet aucune analyse, n'éclaire en rien le film par des arguments, c'est un simple jugement de valeur péremptoire, une affirmation non discutable. Ce n'est donc ni fiable, ni intéressant, comme tout jugement mettant confortablement (pour l'auteur) quelqu'un dans une boite fermée. A contrario, certains critères demandent pour être appliqués une analyse, ou une argumentation (ex: quand on dit "c'est bien filmé"; il faut le justifier), laquelle peut par essence être discutée, remise en cause par des arguments opposés. C'est alors beaucoup plus intéressant et enrichissant pour tout le monde et cela peut jeter des lumières sur le film.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je ne suis d'accord avec vous que sur Mocky, Moullet et Rozier (je n'ai vu aucun film de Morder et un seul de Skorecki). Je recale tous les autres, la bourgeoisie a mille visages et je vous rappelle que j'ai également parlé de réception (petite hésitation sur Faucon quand même).

Strum me comprend mal ; il peut y avoir de beaux films bourgeois (certains Sautet), des films ayant l'apparence de la bourgeoisie sans en ressortir (Chabrol) et des films anti-bourgeois (ou a-bourgeois plutôt) qui le sont totalement (Garrel depuis 15 ans, voire plus).

Griffe a dit…

Strum, dire d'un film qu'il est "bourgeois" peut et doit aussi se justifier. Encore faut-il vouloir évoquer les dimensions sociale et politique des oeuvres – et pourquoi les négligerait-on ? Est-ce que les balayer d'un revers de main n'est pas justement choisir le confort ? Car croyez-vous que le cinéma échappe par miracle aux divisions sociales ? Si non, alors il faut bien pouvoir prendre en compte ces divisions et ce qu'elles impliquent autant idéologiquement qu'esthétiquement (tout cela étant insécable) dans les films qu'on voit... Vous savez comme moi ce que le terme recouvre : un film "bourgeois" est un film sans risque, qui s'en tient à flatter un ordre des choses, un goût dominant et des sujets posés comme essentiels. Mais qui flatte cet ordre, qui en profite, quel goût domine, quels sujets sont essentiels et pour qui ? Poser ces questions, c'est poser celle du caractère bourgeois d'une bonne partie du cinéma, ce n'est pas encore répondre : "Au feu les bourgeois !" Mais toute question vaut la peine d'être posée, et celle-ci me paraît particulièrement bonne pour comprendre les impasses du cinéma de Garrel, entre autres. Quant à la "petite boîte fermée", valzeur et moi disons justement que Garrel s'y est mis de lui-même, tout seul, comme un grand.

Strum a dit…

Je suis plus intéressé par l'humain au cinéma que par les divisions sociales. Mais je comprends mieux ce qu'a voulu dire valzeur après son dernier post - et je prends acte du fait qu'il y aurait de "beaux films bourgeois"...

Je n'ai pas aimé (ou j'ai trouvé très anecdotique) le film de Garrel, donc je ne vais pas le défendre. Et il est vrai que toute question vaut la peine d'être posée (même s'il y en a de moins intéressantes que d'autres), mais si l'on commence à voire un film d'un mauvais oeil parce qu'il est "bourgeois" (et à vrai dire, je ne sais pas aussi bien que vous Griffe, ce que le terme recouvre - il y a quelque chose d'à la fois vague et dogmatique dedans, de fourre-tout un peu condescendant), on pourrait se retrouver si l'on abuse du terme à porter un regard peu amène et biaisé sur une bonne partie des chefs-d'oeuvre du cinéma mondial, ce qui serait dommage. Est-ce que Douglas Sirk faisait du cinéma "bourgeois" pour prendre un exemple ? Quid du classicisme hollywoodien de manière générale, n'y trouve-t-on pas un "ordre des choses" que vous pourriez qualifier de bourgeois avec votre définition ? Non, vraiment, on ne s'en sort pas avec ce qualificatif subjectif et dogmatique, et ce ne peut être (pour moi s'entend), un critère fiable du jugement critique. C'est trop court ou pas assez.

Strum a dit…

Pour compléter mon post : je ne voulais pas dire qu'il faut négliger systématiquement les dimensions sociales et politiques des oeuvres. Mais si on doit les aborder, c'est de manière très prudente (pour éviter autant que possible les jugements de valeur) et de manière plus précise et approfondie qu'en utilisant le mot "bourgeois".

Jacques Brêle a dit…

Les films bourgeois c'est comme les films cochons, plus ça devient vieux plus ça devient con.

Griffe a dit…

Strum, le bourgeois se définit entre autres par ses tentatives pour refouler (à ses propres yeux et aussi, parce qu’il est le principal producteur de discours et d’images, à ceux des autres) les conflits de classes et le déterminisme social en insistant continuellement sur une prétendue "nature humaine" intemporelle et la pseudo-existence du "Mal". (Il est assez drôle d'ailleurs de voir des intellectuels athées reprendre comme de vieux curés ou imams gâteux cette antienne du Mal pour nous parler des derniers Schroeder ou Kurosawa...)
Or, toute folie et toute violence s'explique, et les causes sociales, si elles ne sont pas les seules, sont évidemment déterminantes. C'est pourquoi Chabrol, qui lorsque il filmait des criminels n'oubliait ni les raisons sociales (donc politiques) ni les autres, n'a jamais fait de cinéma bourgeois. Contrairement à un Dumont par exemple qui brode du vent métaphysique autour des gros titres des journaux (Un Crime, Un Viol, Une Fugue, Un Suicide, etc.), refusant de raconter quoique ce soit pour faire directement passer ses protagonistes de l'Enfer à la Salvation (ou vice-versa). Dans Hadewijch, ça donne une jeune fille sauvée in extremis des charmes perfides de l’islam terroriste par un paysan bien d'chez nous... Voilà dans quelle bassesse on tombe quand on ne cherche pas à comprendre d’où viennent les événements.
Bresson est un plus grand artiste que Dumont quand il réalise L'Argent, qui raconte comment un jeune ouvrier en arrive à commettre des crimes furieux. Son histoire commence par un échange de billets de banque. On ne peut pas mieux expliciter où mènent "les eaux glacées du calcul égoïste", définition marxienne de la société bourgeoise.
Le narcissisme de Garrel est un égoïsme, et son égoïsme est bourgeois. Il y a une bourgeoisie sincère et féconde (valzeur cite Sautet, moi je dirais Guédiguian) : celle de Garrel est honteuse et prétentieuse, justifiant par l’Art et la Révolution son immaturité affective et son absence totale d’intérêt pour qui ne végète pas dans son monde clos.
Et sinon, puisque vous parlez de Sirk, je connais peu de films plus anti-bourgeois que Tout ce que le ciel permet ou Mirage de la vie…

valzeur a dit…

Hello Buster,

C’est dingue comme Griffe élève le niveau ! Tu dois plus écrire sur le cinéma que tous les nazes qu’on lit partout, Griffe (je ne vous compte pas dans le lot, Buster, j’espère que vous appréciez !)

Strum a dit…

Griffe, vous élargissez le débat, qui était au départ purement sémantique. Parler d'un "film bourgeois" ou d'un "cinéma bourgeois" n'a pour moi aucun sens, parce que chacun lui donnera un sens différent et en fera un usage qui risque d'être utilitariste. On n'explique pas le cinéma avec Marx. En revanche, évidemment, on peut noter que certains cinéastes évoquent davantage que d'autres les déterminismes sociaux, mais il faut surtout noter que les plus grands cinéastes sont ceux qui parlent à la fois de la nature humaine (car elle existe) et des déterminismes sociaux. On ne peut ni exclure la première, ni exclure les deuxièmes. Sirk opposait l'absolu de l'amour, et du romantisme, à l'ordonnancement figé de la société (de manière générale, cela ne concernait pas seulement la société bourgeoise - les petitesses et les préjugés se retrouvent dans toutes les classes sociales). Chabrol ne manquait certes jamais de décrire les métiers de ses personnages, mais il avait aussi un côté langien avec son questionnement de la culpabilité et de l'histoire réelle derrière l'histoire racontée, qui allait bien au-delà du mécanisme des déterminismes sociaux.

Buster a dit…

Salut valzeur, Griffe et Strum,

Oui je lis, c'est intéressant... en même temps, je ne sais pas s'il faut limiter la question du cinéma bourgeois à ce que "raconte" un film, à l'histoire, aux situations, à ce que disent les personnages. Quand j'évoque la formule de Michel Delahaye: "le fond crée la forme qui, à son tour, l'informe", c'est pas pour rire, c'est parce que je le pense moi aussi sérieusement... et que parfois, la forme peut même contredire le fond... autrement dit que la même histoire, avec les mêmes situations, les mêmes dialogues, "dira" autre chose suivant la manière dont c'est filmé. Ce qui fait la force de l'Argent de Bresson c'est que justement les questions sociales, donc politiques (comme dit Griffe) qui sont celles que soulève la nouvelle de Tolstoi dont le film s'inspire, se trouve élevées par la mise en scène à un niveau d'abstraction tel qu'on n'a plus à se poser la question de savoir si c'est bourgeois ou non, il y a là comme un dépassement et ça passe par la forme, ce qu'on retrouve d'ailleurs dans les derniers Chabrol.
Chez Garrel, bien sûr que son narcissisme, son égoïsme est bourgeois... ce qu'il raconte, ce que son film énonce, est bourgeois, et en même temps, si on le déconstruit un peu, qu'on ne reste pas sur l'impression générale, on se rend compte que c'est plus complexe que ça, que le narcissisme y est assumé ce qui le rend déjà moins honteux, et aussi critiqué par la mise en scène, la façon dont justement Garrel filme avec une certaine distance Caravaca, en position centrale (entre les deux filles) mais jamais dominante, parce que confiné à sa petite zone de confort... donc bourgeois, oui, si on s'en tient à la définition qu'en donne Griffe (le refoulé, etc) mais qui en aucun cas ne pue la bourgeoisie (sauf si on a quelque problème d'odorat comme le sieur valzeur), parce que Garrel ne s'enorgueillit pas de son narcissisme (là ça serait plutôt petit-bourgeois) et qu'il ne s'y vautre pas non plus (on n'est pas chez Dolan).

Anonyme a dit…

Deux fois "en même temps" dans le même commentaire, Buster plus macronien que jamais ;)

Buster a dit…

Je n'ai pas attendu Macron pour utiliser cette expression... en même temps, je ne l'utilise pas si souvent :-D

valzeur a dit…

Hello Buster,

Alors, je vois qu’on vient à l’hypothèse bourgeoise pour le cinéma de Garrel, c’est bien (ça a quand même mis du temps...)
Je vous rejoins tous sur l’ironie garrelienne (je citais moi-même le roulement de la valise mixée très en avant dans l’arrivée chez le père), seulement cette ironie n’est pas drôle, et n’aboutit à rien. Elle agit comme une grincement de porte qui serait là pour détourner l’attention du lait qui bout. Seulement voilà, le lait continue de bouillir ; je ne vais pas reciter les lignes redoutables de Griffe sur l’intrication entre bourgeoisie, narcissisme, immaturité chez Garrel, elle sont parfaites. Un jugement de valeur vaut mille fois mieux que de la poudre aux yeux théorique quand il est argumenté...
Et il faudra quand même qu’on se penche sur la nullité du cinéma français actuel qui est censé nous intéresser, l’Art et essai, voire le mainstream haut-de-gamme - avec de très rares exceptions que je peine même à retrouver... Celle-ci, la nullité, n’aurait-elle pas à voir avec cette bourgeoise protéiforme que Griffe a commencé à définir ? (à suivre, comme dirait je ne sais plus qui...)

Buster a dit…

Je n'ai jamais nié ce côté bourgeois du cinéma de Garrel, seulement n'y voir que ça, qui plus est sous son aspect le plus négatif, me semble très réducteur. Mais bon, à chacun sa grille de lecture...

Strum a dit…

Tout à fait d'accord, Buster, avec votre intervention sur le fond. Au cinéma, la forme, la mise en scène compte davantage que l'histoire et c'est elle qui doit d'abord être analysée, pas les petits cailloux marxistes ou non du récit (je parlais plus haut de "l'ordre des choses" pour désigner la rigueur des lignes de la mise en scène de Sirk qui crée son monde particulier). C'est pourquoi cette expression de "cinéma bourgeois", prise telle quelle sans le développement plus haut de Griffe, ne fonctionne pas ou crée de la confusion et des catégorisations excessives.
PS: J'aime beaucoup l'expression en même temps (dont Macron n'a pas le monopole comme dirait l'autre), même si à titre personnel j'utilise "à la fois" et justement "même si". Mais c'est la même idée.

valzeur a dit…

Hé Buster ! (aparté)

Vous devez être content puisque, grâce à vous, viennent d’être élues :

- ceci : https://www.youtube.com/watch?v=tYuloLLJBek
- cela : https://www.youtube.com/watch?v=Vqmk37eSe14
- et encore cela : https://www.youtube.com/watch?v=aO0RiXqocpo

LREM serait-elle déjà LREMC (La République en état de mort cérébrale) ?

Buster a dit…

Ha ha... c'est pas gentil de se moquer (elles sont paralysées par le trac, les pauvres), en plus c'est sexiste, même si oui, bon d'accord, trouver des candidats de la société civile et respecter la parité, ça n'a pas été de la tarte...

(heureusement ma petite chouchoute Typhanie Degois a aussi été élue, grâce aux voix des... chats d'Aix les Bains, c'est elle-même qui me l'a dit)

Typhanie a dit…

Je n'ai jamais dit ça !

Buster a dit…

Si, tu l'as dit... mais c'est pas grave, c'est mignon.

Anonyme a dit…

Putain, la nullité de ces filles d'En marche qui entrent à l'Assemblée, c'est hallucinant

Buster a dit…

En même temps, euh pardon... cela dit, soyons charitable, c’est un peu facile de les descendre au seul vu de leurs prestations, catastrophiques, sur des plateaux télé (en plus dans des vidéos qui ont été remontées pour accentuer l’effet de ridicule), sachant que ces filles sans la moindre expérience se trouvent jetées du jour au lendemain dans l’arène médiatique face des adversaires bien rompus, eux, à ce genre d’exercice.
Reste que, au-delà des bafouillages, des pataquès et autres âneries proférées, dus au trac, à l'intimidation et/ou l'incompétence, ça dit aussi quelque chose du langage du politique… Que si on retire la langue de bois, la langue de vipère et le blabla technico-ronflant de l'expert, bref tout ce que ces filles ne possèdent pas, eh bien, il reste pas grand-chose, la parole devient vide.

anissa khedher a dit…

mersi busteur, s'est trés genti de votre parre

Buster a dit…

Lol

mais bon, ça suffit...

(et le premier qui dit "reviens Marion" je lui colle une droite)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je vous aime bien, mais vous racontez vraiment n’importe quoi ! Personne n’a forcé ces filles à devenir députées : elles sont juste en dessous de tout, télé ou pas télé, Macron ou pas Macron. Si elles étaient mélenchoniennes, je dirais exactement la même chose. J’aurais même certainement du mal à voter pour elles - et si jamais dans un moment de mauvaise/bonne conscience, je le faisais, je n’en serais pas fier, et face à quelqu’un les dénigrant, je me ferais tout petit. Leur parole n’est pas vide, c’est elles qui le sont, en plus qu’impréparées, en plus que syntaxiquement déficientes, en plus que tout ce que vous voulez (moches, connes, etc.).
« Oublie tes démonstrations.
Je n’écoute pas ton prêche, mais ta voix » (Nicolas Gomez Davila)
Là, c’est bien simple, il n’y a, ni l’un, ni l’autre, ni rien d’autre que la honte d’être spectateur d’une vanité mal placée (moi, future députée) mais exaucée quand même grâce à la nullité consentante des électeurs (je fais mon Guaino qui est loin d’avoir tort).

Sinon, revenons à votre défense/illustration du primat de la mise en scène avec une jolie phrase paradoxale-écran de fumée.
Oui, bien sûr, la mise en scène... Si ça n’est que dans le dernier Garrel, à part deux plans (que j’ai cités sur enculture) et son réel talent pour provincifier Paris (c’est tourné métro Pré-Saint-Gervais, mais ce pourrait être Aurillac, aussi bien), je n'y trouve rien de marquant, et si j’ai bien compris, vous deux non plus. Alors, OK, si la politique des auteurs permet comme par magie d’instaurer la mise en scène même utilitaire/automatique - comme ici - en valeur absolue d’un cinéma par ailleurs inepte et désossé, ce sera sans moi...

valzeur a dit…

Toutes ces députées macroniennes autour de vous, Buster ! Des jeunes, des presque alphabétisées, des vieilles MODEM aussi ? Allez, faîtes-nous rêver !

(Votre fausse Anissa m’a fait éclater de rire. Dites-lui de revenir souvent, je suis sûr qu’elle a un avis sur le Garrel, et je veux le connaître !)

Emilie Guérel a dit…

Et moi alors ?

https://www.youtube.com/watch?v=jgmMhsuaVWo

Buster a dit…

Salut valzeur… c’est vous qui me faites rire à tout prendre au premier degré… bien sûr qu’elles n’ont pas le niveau ces filles (bienvenue Emilie), si je les défends (mollement) c’est parce que tout le monde leur tombe dessus via les réseaux sociaux où ce qu’on lit est souvent à vomir, pour parler comme Guaino, votre nouveau maître (remarquez Guaino-Mélenchon, j’avais jamais fait le rapprochement, mais dans l’invective ils sont pas mal tous les deux)… sinon, je m’en fous complètement (d’ailleurs j’ai pas voté), elles font le buzz à leurs dépens, mais on les oubliera vite comme la grande majorité des députés… la seule chose que je voulais dire c’est que quand on écoute certains "pro" de la politique, on a souvent un discours saturé, une rhétorique bien huilée pour enfumer l’auditoire, une parole pleine pour le coup, mais qui à l’arrivée ne dit pas forcément beaucoup plus que les "euh..." des filles d’En marche (qui au passage devraient plutôt dire "hue") … La différence c’est que vous, ça vous fait monter sur vos grands chevaux, alors que moi, voir des vieux politicards se faire plumer par des nénettes politiquement neuneus, me met en joie, vous n'imaginez pas, j’en redemande même…

Sur Garrel, comme vous faites les questions et les réponses, je vous laisse à vous-même.

Jean-Marie a dit…

Marion, reviens !

Jean-Luc a dit…

Marine, dégage !

valzeur a dit…

Hello Buster,

Dîtes-moi, vous ne seriez pas un bon gros socio-démocrate en fait ? (Gros est optionnel.) A part, l'épouvantail Marine, rien ne vous fait bondir, c'est quasi-pavlovien.

Le Garrel s'épuise de lui-même ; sous l'admiration apparente qu'on peut lui porter (pas Griffe, ni moi), ne se cache qu'une vague fidélité à un vieux costume élimé qui sent le placard (perso, c'est poubelle...).

Buster a dit…

Salut valzeur,

Le BGSD... hum... bon et gros, non... socio-démocrate, oui un peu quand même, à petites doses...