samedi 22 avril 2017

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Les deux pires pour demain:

Le moindre: le choc des 20% (favorisé par l'incertitude totale qui demeure quant aux résultats du 1er tour): 20% pour Le Pen, 20% pour Fillon, 20% pour Macron, 20% pour Mélenchon, 20% pour Hamon et les autres... Et tant qu'à faire, 20% d'abstention.

Le pire: la barre à droite toute (favorisé par le discours sécuritaire qui, actualité aidant, refait surface la veille de l'élection): Le Pen et Fillon qualifiés pour le second tour. Et déjà, à l'instar des émissions de téléréalité auxquelles se sera trop souvent réduite la campagne présidentielle: "Pour François, tapez 1". Pour Marine, tapez 2".

Sinon "élections, piège à cons", ça reste toujours un peu vrai, hélas:

"En 1789 on établit le vote censitaire: c’était faire voter non les hommes mais les propriétés réelles et bourgeoises qui ne pouvaient donner leurs suffrages qu’à elles-mêmes. Ce système était profondément injuste puisqu’on excluait du corps électoral la majeure partie de la population française mais il n’était pas absurde. Certes les électeurs votaient isolément et en secret cela revenait à les séparer les uns des autres et à n’admettre entre leurs suffrages que des liens d’extériorité. Mais ces électeurs étaient tous des possédants, donc déjà isolés par leurs propriétés qui se refermaient sur eux et repoussaient les choses et les hommes de toute leur impénétrabilité matérielle. Les bulletins de vote, quantités discrètes, ne faisaient que traduire la séparation des votants et l’on espérait, en additionnant les suffrages, faire ressortir l’intérêt commun du plus grand nombre, c’est-à-dire leur intérêt de classe. Vers le même temps la Constituante adoptait la loi Le Chapelier dont le but avoué était de supprimer les corporations mais qui visait, en outre, à interdire toute association des travailleurs entre eux et contre leurs employeurs. Ainsi, les non-possédants, citoyens passifs qui n’avaient aucun accès à la démocratie indirecte, c’est-à- dire au vote dont usaient les riches pour élire leur gouvernement, se voyaient retirer, par-dessus le marché, toute licence de se grouper et d’exercer la démocratie populaire ou directe, la seule qui leur convint puisqu’ils n’étaient pas susceptibles d’être séparés par leurs biens. Lorsque, quatre ans plus tard, la Convention remplaça le suffrage censitaire par le suffrage universel, elle ne crut pas bon, pour autant, d’abroger la loi Le Chapelier, en sorte que les travailleurs, définitivement privés de la démocratie directe, durent voter en propriétaires bien qu’ils ne possédassent rien. Les regroupements populaires, interdits mais fréquents, devinrent illégaux en demeurant légitimes. Aux assemblées élues par le suffrage universel se sont donc opposés en 1794 puis lors de la Seconde République en 1848, enfin à l’orée de la Troisième, en 1870, des regroupements spontanés mais parfois fort étendus qu’on devait appeler justement les classes populaires ou le peuple. En 1848, en particulier, on crut voir s’opposer à une Chambre élue au suffrage universel reconquis, un pouvoir ouvrier qui s’était constitué dans la rue et dans les Ateliers nationaux. On sait le dénouement en mai-juin 1848, la légalité massacre la légitimité. En face de la légitime Commune de Paris, la très légale Assemblée de Bordeaux transférée à Versailles n’eut qu’à imiter cet exemple. A la fin du siècle dernier et au début de celui-ci les choses parurent changer: on reconnut aux ouvriers le droit de grève, les organisations syndicales furent tolérées. Mais les présidents du Conseil, chefs de la légalité, ne supportaient pas les poussées intermittentes du pouvoir populaire. Clemenceau, en particulier se signala comme briseur de grèves. Tous, obsédés par la crainte des deux pouvoirs, refusaient la coexistence du pouvoir légitime, né ici ou là de l’unité réelle des forces populaires et de celui faussement un qu’ils exerçaient et qui reposait, en définitive, sur l’infinie dispersion des votants. De fait ils fussent tombés dans une contradiction qui n’eût pu se résoudre que par la guerre civile puisque celui-ci avait pour fonction de désarmer celui-là. En votant demain, nous allons, une fois de plus, substituer le pouvoir légal au pouvoir légitime. Le premier, précis, d’une clarté en apparence parfaite, atomise les votants au nom du suffrage universel. L’autre est encore embryonnaire, diffus, obscur à lui-même: il ne fait qu’un, pour l’instant, avec le vaste mouvement antihiérarchique et libertaire qu’on rencontre partout mais qui n’est point encore organisé. Tous les électeurs font partie des groupements les plus divers. Mais ce n’est pas en tant que membre d’un groupe mais comme citoyens que l’urne les attend. L’isoloir, planté dans une salle d’école ou de mairie, est le symbole de toutes les trahisons que l’individu peut commettre envers les groupes dont il fait partie. Il dit à chacun: "Personne ne te voit, tu ne dépends que de toi-même; tu vas décider dans l’isolement et, par la suite, tu pourras cacher ta décision ou mentir." Il n’en faut pas plus pour transformer tous les électeurs qui entrent dans la salle en traîtres en puissance les uns pour les autres. La méfiance accroît la distance qui les sépare." (Jean-Paul Sartre, "Elections, piège à cons", Les temps modernes n°318, janvier 1973)

147 commentaires:

Anonyme a dit…

Le Pen et Fillon, il faudrait surtout leur taper dessus !

Et pour les deux autres, à qui va votre préférence ?

Buster a dit…

J'ai déjà répondu... je crois que Macron, qui ne se réduit pas à l'image caricaturale du candidat du CAC 40, sera plus ouvert comme président, plus à l'écoute de ceux dont l'avis diffère, et par là plus à même d'assouplir voire d'infléchir son programme (vers la gauche puisque le PS y aura disparu), que Mélenchon, qui ne se réduit pas à l'image caricaturale d'un Chavez français mais dont l'intransigeance, le côté arc-bouté sur son programme et ses grandes idées fait craindre le pire (genre clash dans la zone euro)...

Clémentine a dit…

Préférer Macron à Mélenchon, vous me décevez beaucoup Buster !

Buster a dit…

Désolé.

Clémentine a dit…

En plus, je suis sûre que vos amis votent Mélenchon.

Buster a dit…

Ha ha... beaucoup c'est vrai, mais pas tous, il y en a aussi qui votent Hamon :-)

Buster a dit…

Ce qui me fait penser à un truc, ceux qui vont voter Hamon ou Mélenchon le disent volontiers, jusqu'à le claironner en ce qui concerne Mélenchon, alors que ceux qui comptent voter Macron, du moins certains, ne l'avouent pas, comme s'ils avaient un peu honte de leur choix, se contentant de dire (doux euphémisme) qu'il ne veulent ni de Le Pen ni de Fillon...

Clémentine a dit…

Ceux qui votent Macron en cachette, ce sont les traîtres dont parlait Sartre !

Anonyme a dit…

Aucun parmi vos amis ne vote Fillon ? C'est bizarre

Buster a dit…

Si sûrement, mais ils ne s'en vantent pas, enfin devant moi, connaissant mon affection pour Figarillon :-)

Buster a dit…

Ça y est c'est fait... "a fauté"!

Anonyme a dit…

Pour qui ?

Buster a dit…

Mac-Mahon.

Clémentine a dit…

Alors Buster, vous êtes content ?

Buster a dit…

Bof... il n'y a pas eu de suspense

Sinon déçu par le discours très chiant de Macron et celui de Mélenchon, mauvais perdant, en mode gros boudeur (c'est pas beau)... les deux Calimero, Hamon, honnête mais terne, et Fillon, comme Sarkozy les soirs de défaite, ont été meilleurs.

(Le Pen, je sais pas, j'étais parti pisser)

Anonyme a dit…

J'ai l'impression d'avoir écrit le scénario... le moins pire du lot a été élu, c'est toujours ça de pris. (Scénario du 2nd tour: Macron: 60%, Le Pen: 40%)
Ludovic

Emmanuel Burdeau a dit…

Je n'irai pas voter au second tour. Je ne voterai pas pour Macron. Je n'irai pas.
J'essaie d'expliquer pourquoi.
(Le comment, c'est facile : je resterai à la maison).
Je ne suis d'accord avec rien du programme néo-libéral new look de Macron : vous conviendrez que c'est, dans l'absolu, une bonne raison de ne pas voter POUR lui.
Si Macron adapte son programme, s'il fait quelques pas vers ceux qui ont voté à gauche, on verra. Pour l'instant, zéro chance.
Mais alors, si ce n'est pas POUR, pourquoi ne pas le faire CONTRE la possible accession de MLP à l'Elysée ?
Plusieurs réponses :
• Je ne ne vote pas contre, je vote pour.
• Je refuse de donner crédit, si peu que pèse ma voix, à l'idée qui à la fois détermine et pourrit la vie politique en France depuis 30 ans, à savoir : c'est le FN qui définit les limites, c'est lui la référence.
(Je ne vois pas d'autre sens à cette affreuse expression : " faire le jeu du FN ". Toute la vie politique fait le jeu du FN depuis 30 ans, c'est-à-dire fait en sorte que le FN définisse les règles du jeu.).
J'insiste : ceux pour qui le " tout sauf le FN " est un énoncé politique, si minimal soit-il, ceux-là me dégoûtent. Politiquement et intellectuellement plus encore.
– Ok bonhomme, et si MLP est élue, ne te sentiras-tu pas un peu responsable ?
– C'est la question la plus délicate. Et en même temps la moins. Ce n'est pas moi qui depuis 30 ans parle du FN à la fois comme une menace et un fantôme, ce n'est pas moi qui, comme je l'ai entendu hier sur un plateau télé, dis que si le FN est élu les Français seront mécontents, autrement dit : ce n'est pas moi qui fais tout, à la fois pour que le FN soit le centre du jeu, et comme si le vote pour lui était plus une malédiction, un sortilège qu'une réalité, pas moi qui nie la vérité.
Alors non, je ne me sentirais pas responsable. Triste, sans doute, mais sûrement pas responsable.
J'adore le rire, mais il y a des mascarades auxquelles je refuse de prêter mon concours.

Buster a dit…

Salut Ludovic, pas très hitchcockien le scénario, ni même langien, pas assez ambigu :-)

Sinon les états d'âme de Burdeau, on s'en tape...

Anonyme a dit…

Pas idiot la position de Burdeau, elle est partagée par beaucoup d'insoumis, surtout que voter Macron c'est préparer la victoire de Le Pen en 2022

Cassini a dit…

Bah alors Buster, vous vous emmerdez dans le plus beau pays du monde ?

http://lelab.europe1.fr/video-le-message-totalement-lunaire-de-jean-lassalle-aux-electeurs-3294680

Le café des images a dit…

Pas moi.

Cassini a dit…

Complètement idiote la position de Burdeau, elle n'est d'ailleurs pas partagée par tous les insoumis, heureusement ! Car ne pas voter Macron, ce n'est pas empêcher la victoire de Le Pen en 2022 !

Buster a dit…

Oui, dire que voter Macron c’est préparer la victoire de Le Pen en 2022, alors qu’en s’abstenant on favorise la victoire de Le Pen en 2017 (et quand bien même il faudrait un taux record d’abstention pour que le FN l’emporte), c’est d’une connerie sans nom…
Pour mémoire réécouter ce qui disait Corbière il y a 1 mois:

Bon c’est pas Burdeau qui dit ça, mais ce qu’il dit n'est pas très malin, Burdeau est dans la posture, comme d’habitude… "Je n’irai pas voter au second tour" (on dirait le titre d’un bouquin de d’Ormesson)… bah très bien, va pas voter, comme tous ces insoumis de pacotille, je ne parle pas des vrais qui eux ont toutes les raisons d’être en colère et déçus du résultat et qui iront quand même voter Macron à contrecoeur, mais de ces intellos bouffis d’égo, à la suffisance crasse, qui jouent les maîtres (à penser?) sur leur page Facebook… c’est ce petit jeu centré sur soi qui est dégoûtant, cette idée, intellectuellement et politiquement pauvre, qu’en votant contre Le Pen on se plie à des règles définies par le FN, comme si l’insoumission se situait à ce niveau… Minable.

Hé Cassini, marrant la vidéo de Lassalle, mais j’ai plus drôle sur Cheminade (trois fois lanterne rouge des élections avec un score à chaque fois plus bas):

§ a dit…

Dans son petit message Burdeau ne parle que de lui, ne pense qu'à lui. Je lui répondrais qu'il est bon d'avoir des convictions mais que vient parfois un moment où le pragmatisme s'impose. Comme toujours, j'ai voté au premier tour par conviction et je voterai au second par pragmatisme. Je sais qu'avec Macron les choses en resteront au même point pendant cinq ans encore, mais je sais aussi qu'avec Le Pen certains vont violemment morfler à un point qu'il est difficile d'évaluer. Oh, ce ne sera ni Burdeau ni moi. Nous, nous aurons le choix d'entrer « en résistance », en « insoumission », ça nous redonnera même un peu de foi. Mais pour d'autres un cauchemar pourrait bien commencer, et c'est pour ceux-là que j'irai voter Macron en serrant les fesses (ce que je n'aurais sans doute pas fait pour Fillon, voter pas serrer les fesses, dont la différence avec MLP me parait bien plus mince) plutôt que de rester chez moi en attendant la catastrophe au nom de ma petite conscience.

Buster a dit…

Voilà. Maintenant on est peut-être un peu dur avec ceux qui ont décidé de s'abstenir. N'oublions pas que le second tour se déroule la veille d'un jour férié, autant dire lors d'un week-end prolongé. Sacrifier trois jours de congé, abandonner le projet d'une petite virée, pour simplement aller voter contre Le Pen, relève d'une attitude parfaitement dégoûtante.

Anonyme a dit…

:)

Anonyme a dit…

La position "intellectuellement et politiquement pauvre" de Burdeau c'est aussi celle de Rancière, lol

Jacques Rancière a dit…

Lol.

§ a dit…

Et alors, anonyme de 13:41, au nom de quelle idolâtrie la position de Rancière serait-elle un critère infaillible ? D’ailleurs, je connais plus d’un texte de lui sur le cinéma que l'on pourrait qualifier de "intellectuellement et politiquement pauvre".

Anonyme a dit…

c'est aussi la position de renzi

Buster a dit…

Renzi? Matteo?

Rancière, ce qu'il dit est loin d'être toujours convaincant... sur la question du vote, je connais son argument comme quoi c'est le système qui est responsable de la montée du FN (il n'est pas le seul à le dire et je suis plutôt d'accord), mais Rancière ne vote jamais il me semble, peut-être parce qu'il ne trouve pas de candidat pour qui voter et qu'il ne veut pas voter contre (selon le principe que voter X pour éviter Y c'est accepter X et Y... je n'ai plus l'article en tête mais il me semble qu'il prenait comme exemple Fillon et Le Pen, et que dans ce cas on ne peut pas choisir le voleur pour faire barrage à la facho, sous peine de se retrouver avec l'un et l'autre). Ok mais le raisonnement ne peut s'appliquer qu'à des candidats politiquement et/ou moralement comparables, il ne peut être généralisé à tous les candidats dont on ne veut pas, sinon ça conduit à des situations complètement absurdes, du style refuser, afin d'empêcher une crapule qui défend des thèses nauséeuses d'être élue, de voter pour un type simplement parce que sa tête vous plaît pas... En fait, personne est dupe, tout ça n'est que prétexte, le refus du "vote contre" est un faux alibi, puisqu'il s'agit bien de voter contre Macron en s'abstenant de voter contre son adversaire, fusse-t-il d'extrême-droite... et franchement, c'est pas joli-joli.

Griffe a dit…

Salut Buster,

C'est triste mais on est bien obligé de voir pas mal de rapports entre la position des communistes sous direction soviétique dans les années 30 et le discours actuel d'une certaine frange des Insoumis, sur la question de l'ennemi principal et de l'ennemi secondaire. En ne départageant pas Macron et Le Pen, les anticapitalistes d'extrême-gauche (pour les nommer vite) effacent la frontière avec l'anticapitalisme d'extrême-droite, sans voir qu'en faisant ça ils risquent d'offrir des électeurs à Le Pen, parmi tous ces gens qui détestent "les banques" et "les élites" des grandes villes et qui, sans être xénophobes, peuvent ne plus se rendre compte que Le Pen et ses partisans le sont bel et bien restés, eux. C'est tout le travail de "dédiabolisation" de Le Pen qui a des chances de marcher cette fois : par exemple faire croire que ce qui la pousse à réclamer l'interdiction du voile et de la kippa dans les rues c'est le principe de laïcité, et non la haine de ses militants vis-à-vis des étrangers, sommés de refouler tout signe de leur culture d'origine. À force d'ambigüité, ces Insoumis (certainement pas tous, mais une bonne part apparemment) vont finir par faire entendre aux gens que Le Pen est aussi, à sa manière, une anticapitaliste... "Dénonçant « l'ultra-libéralisme radical » du leader d'En Marche, MLP s'est posée en candidate de la « régulation », estimant que les producteurs avaient besoin de protections, notamment contre l'Union européenne." (Le Figaro, hier) Quel militant "insoumis" n'est pas content d'entendre un tel discours ? Combien d'électeurs de Mélenchon ne mesurent pas ce qu'il cache ?

Buster a dit…

Salut Griffe,

Oui vous avez raison, et je ne suis qu'à moitié surpris. FI c'est quand même l'auberge espagnole, entre les mélenchoniens de la première heure qui peuvent hésiter mais iront quand même voter Macron (une pince à linge sur le nez), les hamoniens, convertis au mélenchonisme (pour faire gagner la gauche) qui eux ne se posent pas de question (d'autant qu'elle ne se pose pas) et les plus enragés, venus de l'extrême-gauche, eux aussi pour faire gagner la gauche mais qui refusent de trancher entre Macron et Le Pen, ce qui signifie effectivement que pour eux le véritable ennemi c'est bien Macron, incarnation même du capitalisme, fléau finalement plus grave que le racisme et la xénophobie. Et qu'on ne me parle pas de colère et autre sentiment de déception au lendemain d'une défaite... Il y a de l'intolérance, du sectarisme, et même de la haine chez eux, assez proche dans son expression de celle de l'extrême droite, j'en veux pour preuve la façon dont ils injuriaient les électeurs de Hamon réticents à les rejoindre, quand ce n'était pas Hamon lui-même sommé de se désister... C'est dommage pour les coeurs purs de la France insoumise, qui y croyaient, qui rêvaient de la victoire, un peu trop même au point d'en être grisés (alors que FI ne faisait que pompait des voix au PS ce qui n'était pas suffisant pour gagner, Hamon n'allait pas tomber sous la barre des 5%) et se réveillent aujourd'hui avec la gueule de bois, à l'image de Mélenchon... c'est dommage pour eux donc, mais quand j'entends le discours inepte de cette frange des insoumis, je me dis que j'ai vraiment bien fait de ne pas voter Mélenchon.

La frange des Insoumis a dit…

On t'emmerde Buster

Buster a dit…

Bisous.

Emmanuel Burdeau a dit…

Je fais suite au statut d'hier, aux réactions qu'il a suscitées.
Dire que celles-ci ne me font pas douter serait mentir.
Comme ce serait mentir de ne pas avouer que j'ai eu tort d'écrire que certaines personnes me dégoûtent. Non qu'il ne me soit pas arrivé d'être dégoûté, mais ce n'est pas avec de tels mots qu'on appelle au débat. Faute de ma part.
Cela étant, ma position demeure. Et je voudrais l'expliquer mieux à ceux qui ne l'approuvent pas.
- On présente le cas présent comme une urgence. Je ne le conteste pas, mais dès qu'il y a une urgence on a tendance à oublier que celle-ci peut ne pas être inédite. Chacun le sait pourtant : ce n'est pas la 1ère fois que le FN est au 2nd tour ; en 2002, les appels au Front Républicain étaient aussi forts.
Ont-ils permis d'empêcher que Le Pen soit Président ? Oui.
Ont-ils servi de leçon et permis de freiner l'ascension du FN ? Oh que non ! Chacun en est conscient. Ne plongeons donc pas dans l'urgence au point d'occulter que 1, elle est le résultat d'un processus, que 2, elle n'est pas neuve !, que 3 nous y avons déjà répondu avec le Front Républicain, et cela n'a, globalement, servi à rien.
- On me reproche de tenir une position de privilégié, d'intellectuel. De privilégié, je ne sais pas (bien que j'en sois un). D'intellectuel, oui. C'est pourquoi j'ai introduit une nuance entre " politiquement " et " intellectuellement ". Or qu'arrive-t-il, intellectuellement ? Nous sommes tellement esclaves d'une urgence que nous sommes à 2 doigts de croire que le choix Macron / MLP est un vrai choix.

Emmanuel Burdeau a dit…

Il m'arrive d'avoir des absences, aussi détrompez-moi si nécessaire, mais ceux qui disent " nous voterons pour Macron sans états d'âme " ne devraient-ils pas dire l'inverse : " nous voterons Macron, avec états d'âme " ? Car quel est ce pays où il semble qu'on ne puisse dire qu'une seule chose à la fois ! que dès qu'on en dit deux, qu'on marque une nuance, on est suspect de complaisance, et, bientôt, de fascisme ? Ce pays, c'est celui où Libé, en 2002, titrait ' Non ' après le 1er tour et ' Ouf ", après le 2nd ! Aucune situation n'autorise le simplisme. Sauf à croire que ceux qui y ont recours ne l'utilisent pas pour raison de force majeure, mais parce que telle est leur façon de pensée !
- Une chose m'étonne. Des journaux qui se font une règle de neutralité ne la brisent que pour dire : pas le FN. Des journalistes qui n'affichent pas leurs opinions sortent de leurs réserves pour dire : pas le FN. Des gens que la politique indiffère échappent à leur indifférence pour dire : pas le FN. Des artistes, des ceci, des cela : pareil.
Et pourtant le FN progresse depuis 30 ans. Ne croyez-vous qu'il y a là – au minimum ; j'insiste : AU MINIMUM – l'indication que quelque chose cloche avec cette " exception faite au FN " ?
N'allez pas croire que je dis que le FN n'est pas exceptionnel. Je dis seulement ceci : cette rhétorique n'a eu que des effets désastreux ; il est donc grand temps d'en sortir pour se mettre au travail.
- J'ai encore un autre problème, qu'on pourra juger d'intellectuel. Entre le FN qui dit ' tout pour les Français et rien pour les étrangers ' et les démocrates qui disent ' tout sauf le FN ', je ne prétends PAS UNE SEULE SECONDE qu'il y a la moindre accointance politique. En revanche je constate que la logique est la même. C'est à dire : binaire, courte, bête. Pure réaction. Si on s'arrête là. Et trop souvent on s'arrête en effet là !
C'est pourquoi à chaque fois qu'on dit ' tout sauf le FN ' il faudrait dire autre chose : pour qui on est, par exemple.
(Incidemment, un tel discours ne peut que conforter les militants FN qui, selon toute apparence, se voient déjà comme des parias. Avec quelle erreur, oui ! Mais enfin nous faisons tout pour leur donner raison).
- On jugera que je suis loin des réalités. Mais quiconque croit que les raisons de la présence du FN ne sont pas aussi dans l'état des discours, dans leur structure, celui-là ou celle-là est infiniment plus éloigné du vrai que moi.

Anonyme a dit…

les consignes de vote on s'en fout, on fait ce qu'on veut

Buster a dit…

Bien sûr qu'on s'en fout, le "front républicain" c'est le bal des faux-culs, pas besoin d'y être invité, on sait ce qu'on a à faire...

Cassini a dit…

Burdeau : "il est donc grand temps d'en sortir pour se mettre au travail". Tu l'as dit, bouffi d'orgueil !

(Excellente, la sortie de Cheminade, merci !)

Buster a dit…

Sur la question de l’abstention, on ne va pas y passer 15 jours mais bon, quelques mots encore… Burdeau, et tous les autres qui refusent d’aller voter au second tour sous prétexte que blablabla… confondent deux temps, celui du geste et celui de l’action. Marquer son opposition à Le Pen en votant pour Macron relève du geste, on peut même parler de réflexe, c’est un temps court, pas besoin de se torturer l’esprit, alors qu’interroger les raisons pour lesquelles le FN progresse depuis 30 ans relève de l’action, c’est le temps de la réflexion, de la stratégie, un temps plus long, qui ne recouvre pas le premier, même s’ils sont liés.

Anonyme a dit…

Mélanchon en 2002 :
"Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l’essentiel parce que l’effort lui paraît indigne de soi ? Ne pas faire son devoir républicain en raison de la nausée que nous donne le moyen d’action, c’est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l’inconvénient individuel."

Buster a dit…

Bah oui, c'est quand il était au PS :-)

mircea a dit…

http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1908

Cassini a dit…

"La question est donc la suivante : comment faire pour que le vide intersidéral qui éclatera au lendemain des élections, quel que soit le vainqueur, ne soit pas le seul fait des « jeunes », immédiatement réduits par un déploiement policier démesuré ?" -> Démesuré ? Nos anars ne semblent pas bien mesurer ce que ce serait sous Le Pen...

valzeur a dit…

Hello Buster, Hello Griffe,

Cette dramatisation de l’abstentionnisme vécue par les macrovotants comme une vilenie, une complicité, etc. me semble du dernier grotesque. Jamais MLP ne sera élue, et quand on entend Hollande souhaiter à son poulain le score le plus haut possible, on se croirait presque dans une république bananière africaine dont on moque généralement les résultats électoraux avec des présidents élus à 90%. Jean-Claude Michéa a tellement bien résumé la chose que je ne saurais dire mieux (et n’essaierais même pas) : « Cette uniformité idéologique atteint son degré d’intensité maximal chaque fois que les institutions capitalistes sont confrontées à une menace réelle (par exemple lors des référendums sur le traité de Maastricht et sur le projet de Constitution européenne), ou même simplement fantasmée (par exemple, lors de l’élection présidentielle d’avril 2002). Le synchronisme absolu des commentaires politiques, l’ampleur des mensonges diffusés et l’inévitable mobilisation des artistes officiels peuvent alors être comparés, sans la moindre exagération, à la propagande normale des Etats totalitaires. » (La double pensée – Retour sur la question libérale)

Anonyme a dit…

Dernier sondage : Macron à 60, Le Pen à 40, et ça peut se resserrer. Ça promet pour les législatives. On n'est pas en 2002, Valzeur.

Buster a dit…

Salut valzeur,

C'est vrai que le cirque fait par les politiques et les médias à propos des consignes de vote confine au ridicule...
il n'empêche, l'argument "Le Pen ne sera jamais élue" me semble un peu léger, on n'est plus en 2002 en effet, si le plafond de verre existe toujours il a été considérablement rehaussé depuis... On pourra toujours accuser le libéralisme (de droite comme de gauche) d'en être la cause, le problème est que le FN est devenu aujourd'hui une force politique majeure et pour beaucoup un parti comme les autres. Le discours actuel de l'extrême-gauche, de l'ultragauche et de Michéa, qui fait du libéralisme une forme de totalitarisme, entretient l'idée (qui ainsi fait son chemin chez certains) que l'ennemi est autant (sinon plus) du côté de Macron que du côté de Le Pen... Et ça c'est terrifiant. Je ne suis pas fan de Macron, loin de là, qui d'ailleurs commence à perdre de sa superbe (ses discours sont de plus en plus calamiteux), mais là franchement, quand je vois les tombereaux de merde que la gauche de la gauche lui déverse sur la tronche depuis plusieurs jours, alors que Le Pen, bah on la laisse relativement tranquille, parce que le racisme, la haine de l'autre, etc, tout ça on connaît (ça fait presque ringard d'en parler)... je suis atterré. Je conçois parfaitement qu'on n'aille jamais voter (par philosophie), mais voter blanc ou s'abstenir dans un second tour entre Macron et Le Pen (entre l'instruit et la grosse truie), après avoir voté au 1er tour, sous prétexte qu'on ne veut ni de l'un ni de l'autre et que de toute façon l'autre ne sera pas élue, c'est pour moi le degré zéro de la conscience politique.

François Hollande a dit…

"entre l'instruit et la grosse truie"

merci Buster ça va me faire la journée

valzeur a dit…

Hello Buster,

Le degré zéro de la conscience politique pour moi, c’est dénoncer le fascisme teerrrrrrifiant qui nous menace tout en appliquant ses méthodes sans même s’en apercevoir. Où voyez-vous les armées de médias soutenant MLP ? Parce que vouloir voter blanc - et oser le dire - équivaudrait à l’inverse ? Sommes-nous dans une démocratie, oui ou non ? Ce triomphe de la pensée unique drapée dans son humanisme de pacotille nous place actuellement au niveau de la Turquie d’Erdogan, sans rire. C’est à gerber, et pour le coup atterrant. Le seul homme digne de cette quinzaine, c’est au fond Mélenchon, preuve en est que tous ces lamentables médias pourris jusqu’à l’os le descendent en flamme. Nous méritons bien ce second tour, et certains plus que d’autres.

Griffe a dit…

Salut valzeur,

Les médias n'empêchent personne de défendre publiquement son point de vue ou de voter Le Pen. Par ailleurs il n'existe pas en France la moindre menace d'être déchu de ses droits ou d'être emprisonné si on choisit de voter contre Macron. Parler comme le fait l'extrême-gauche de "dictature financière" (expression reprise telle quelle par Le Pen) ou faire comme si Macron c'était Erdogan en moins moustachu, elle est là l'hystérie, plus que dans l'inquiétude raisonnable de voir Le Pen au plus haut et ses troupes à l'Assemblée.

La gauche (la "vraie") a un train dialectique de retard : en 2002 elle se précipitait dans les rues pour contrer le "fascisme" et appelait massivement à voter Chirac, on a vu le résultat, et qu'on avait été sacrément naïfs de croire que le père Le Pen avait la moindre chance. Mais quinze ans plus tard, cette gauche se croit maligne à régler ses comptes avec sa propre naïveté d'alors en s'abstenant, alors même que la fille fait au moins le double de son père en pourcentage de voix. Lui faudra-t-il encore quinze années, à la gauche, pour mesurer sa connerie ?

Buster a dit…

Salut valzeur,

Bon Griffe a répondu et je suis d'accord avec lui...

Sinon vous avez raison sur l'humanisme de pacotille des politiques et la nullité des médias dans cette campagne, surtout au niveau de la télé dont les émissions ont été du niveau de celles d'un Ruquier... c'est pour ça que j'en ai rien à foutre de tous ces appels à faire barrage contre le Pen, je n'ai jamais suivi les mots d'ordre, ma réponse est personnelle... il se trouve que c'est une candidate de l'extrême-droite qui est présente au second tour et qu'à ce titre j'irai voter contre, même si ça me fait un peu chier du coup d'avoir le sentiment de suivre des consignes, mais pour moi il n'y a pas à tergiverser.
Parce que j'en ai un peu marre aussi des raccourcis et des amalgames, qui fait que tout ce qui se trouve à droite de la gauche antilibérale, anticapitaliste, serait nécessairement fasciste sans qu'on s'en rende compte... En tous les cas rien de fasciste dans le fait de s'indigner qu'on vote blanc ou qu'on s'abstienne de voter Macron, vous faites ce que vous voulez, et vous pouvez le crier sur tous les toits (la belle audace) vous n'irez pas en prison, comme dit Griffe... Bah non, nous ne sommes pas en Turquie, sans rire... au contraire c'est avec Le Pen qu'on pourrait parler de régime à la Erdogan.

Buster a dit…

PS. Juste pour enfoncer le clou, je trouve que dans la posture de l'intello qui pense être plus antifasciste en refusant de voter contre Le Pen qu'en l'acceptant, il y a quand même un côté rébellion de petit bourgeois... Si tout est à gerber il ne faut pas se prêter au jeu des élections, ne pas en accepter le principe, ne jamais voter (même pour des candidats qu'on pense dignes, au contraire les considérer tous comme des guignols) et prôner tant qu'on y est l'insurrection, là il y aurait un sens à rejeter à la fois Macron et Le Pen...

Anonyme a dit…

Yeap

valzeur a dit…

Hello Buster, Hello Griffe,

Considérez plutôt que je suis un murayien de gauche (si ça veut dire quelque chose). Je parle d'Erdogan, non pas pour qualifier Macron, mais pour qualifier ce moment d'hystérie où un seul avis est possible, acceptable, moral : le vote Macron. J'attends à ce titre les appels à voter en son nom de Mimie Mathy et de Francis Heaulmes qui ne sauraient tarder.
Désolé, Buster, mais la rébellion petite-bourgeoise, c'est celle qui se met à trembler et prépare son vote pour dire NON en disant OUI au Petit Prince, le parfait vote du mutin de Panurge. Et après quand MLP fera 44 ou 45 %, la même appellera à résister avec plus de culture, plus d'amour, etc.
Désolé, mais très peu pour moi. Ceci dit, rien ne vous empêche de voter EM et de "sauver la démocratie".

jlm a dit…

"Rébellion de petit bourgeois", c'est de moi que tu parles Buster?, de MOI ? DE MOI ??

Buster a dit…

Ah mais ce serait génial et très murayien si Heaulme appelait à voter contre Le Pen, ça soulignerait mieux que tout le côté grotesque de cette campagne quant à sa médiatisation, ce qui bien sûr ne m'empêchera pas de voter Macron car je le répète l'écoeurement que finit par procurer tous ces accès soudains et probablement sans lendemain d'humanisme est sans commune mesure avec ma haine du FN, de ses idées aussi rances que débiles.

Anonyme a dit…

http://www.huffingtonpost.fr/daniel-vigneron/je-vous-apporte-la-preuve-que-rien-nest-encore-joue-pour-emmanu_a_22059863/

Olivier Tonneau a dit…

Chers Insoumis,

J’ai été surpris par la vitesse à laquelle mon précédent billet a circulé sur les réseaux sociaux. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il soit compris comme une justification de l’abstention. Je l’ai écrit avec l’intention de lui donner une suite, dans quelques jours, mais devant ces réactions je le fais dès maintenant. Beaucoup m’ont remercié d’avoir mis des mots sur leur colère. J’en suis heureux : cette colère est réelle, légitime, il fallait qu’elle s’exprime. Mais après avoir dit leur fait aux arrogants vainqueurs du jour, c’est entre nous que nous devons parler.

Lors du Brexit, j’ai déjà vécu la frustration terrible que nous ressentons aujourd’hui. Jamais Jeremy Corbyn, dont les positions étaient proches de celles de Mélenchon, n’a pu se faire entendre et la campagne s’est réduite, dans les médias, à un face-à-face : il y avait d’un côté les libéraux pervers maniant savamment moralisme et cynisme, affirmant tantôt que « l’Europe c’est la paix », tantôt que les marchés sauraient punir les récalcitrants ; de l’autre, les racistes les plus vils. Cette représentation binaire excluait une très large part de l’électorat anglais : les partisans du « lexit », c’est-à-dire la « sortie de gauche ». Contrairement à ce qu’on croit, tous les Anglais qui ont voté pour sortir de l’Europe n’étaient pas d’extrême-droite : l’année précédente UKIP avait obtenu quatre millions de voix aux élections générales, mais treize millions de personnes ont voté pour quitter l’UE. L’occultation du « lexit » eut pour conséquence que le brexit fut vécu par les racistes comme un triomphe. Ils se sont cru la majorité ; grâce aux médias, ils étaient hégémoniques ; ils se sont sentis tout permis. La suite fut atroce.

Dans la ville de Peterborough, à quelques dizaines de kilomètres de Cambridge, des tracts où l’on lisait « go home, Polish vermin » furent glissés dans toutes les boites aux lettres. Des Indiens et des Pakistanais furent tabassés ; il y eut des morts. Encore aujourd’hui, et qui sait pour combien de temps, les racailles se pavanent et les minorités rasent les murs. Vous me comprenez. Je déteste les muscadins qui paradent avec leurs mines sucrées de premiers de la classe, mais ils ne me font pas peur. Par contre, les skinheads font très peur - non pas pour l’avenir mais pour demain. C’est-à-dire pour aujourd’hui. Si j’étais convaincu que Macron allait battre Le Pen, je n’irais pas voter. Je me contrefiche d’envoyer je ne sais quel message d’unité républicaine : un fort taux d’abstention reflèterait parfaitement ma position. Mais, je l’ai écrit ailleurs, je ne suis pas du tout certain que Macron l’emporte et je ne prendrai pas le risque, pour des enjeux symboliques, d’une victoire de Le Pen.

Je disais dans mon billet d’hier soir que le Front National puise à deux sources : l’une, c’est la politique antisociale menée par Macron et ses avatars. Mais l’autre, c’est le racisme bien réel, qui n’est rien d’autre que la pulsion de haine qui existe en tout homme et donc en toute société, pulsion dont les effets doivent être inlassablement refoulés. J’irai voter contre Marine Le Pen comme j'en ai fait la promesse à une amie juive que la perspective de skinheads déboutonnés mettant les pieds sur la table terrifie. Cette amie, qui appartient à la classe moyenne et aurait payé plus d’impôts si nous avions gagné, a voté pour Jean-Luc Mélenchon. La campagne a été, pour elle comme pour moi, un moment merveilleux, un éveil collectif à la possibilité – je ne me lasserai jamais d’écrire ces mots – d’un avenir en commun. Rien ne doit mettre en péril cette complicité, cette intimité qui s’est nouée.

Olivier Tonneau a dit…

La campagne qui s’achève fut pour moi un moment d’une formidable intensité. Un moment d’espoir et de joie entre nous, d’exaspération envers les muscadins, mais aussi de haine franche et sans mélange envers les gardiens du temple. Quand Le Monde a publié, à quelques heures de la clôture de la campagne, la chronique infamante de Joann Sfar et m’a refusé un droit de réponse ; quand, après que Gérard Miller eût réfuté les accusation d’antisémitisme portées contre Mélenchon par le sinistre professeur Heilbronn, Laurent Joffrin a offert un droit de réponse à ce dernier, étalant ainsi dans son journal, à quelques heures du vote, un article diffamant Mélenchon de la plus basse des manières ; quand mon compte facebook a été bloqué parce que je postais ma réponse à Joann Sfar ; j’ai eu, pour reprendre une expression lumineuse de Todd, un flash totalitaire. C’est clair : entre ces salauds-là et nous, c’est la guerre.

Mais justement parce que c’est la guerre, nous devons rompre avec eux toute communication. Ce qu’ils disent ne nous concerne pas. Ce que nous faisons ne les regarde pas. J’irai voter Macron contre Le Pen et les éditorialistes écriront : « Nous les avons convaincus. Grâce au ciel, nous avons su leur faire entendre raison. » Grand bien leur fasse. Depuis dimanche soir, je n’ai écouté aucune radio, aucune télé, parcouru la Une d’aucun journal. Je ne les entends pas et ne leur réponds pas, sinon pour leur dire : nous nous retrouverons. Ceci posé, je reviens à nos affaires et je commence par faire ce que nous avons toujours fait : entre deux campagnes, on remet la maison en ordre en commençant par sortir les poubelles, c’est-à-dire virer les fachos. Parce que c’est dans nos rangs que sont ceux qui auront à souffrir de leur victoire ; parce que nous n’aimons pas que les nôtres se fassent tabasser au coin des rues ; parce que nous ne voulons voir fleurir les croix gammées ni sur les synagogues, ni sur les mosquées. Protégeons les nôtres ; nous aurons besoin d’eux. La lutte commence à peine et nous ne serons jamais trop nombreux.

Insoumis, cette lettre n’est adressée qu’à vous. Aux autres, je n’ai qu’une chose à dire : en aucun cas les Insoumis n’endosseront la culpabilité de l’arrivée des fascistes au pouvoir, et ce quoi qu’ils votent. Elle n’incombe qu’aux libéraux qui sèment le désespoir et bien sûr aux fascistes eux-mêmes. Que nous nous trouvions face à un choix très difficile ne change rien au fait que les seuls responsables sont ceux qui nous ont mis face à ce choix.

Dans Andromaque, Pyrrhus menace Andromaque de tuer son enfant si elle refuse de l’épouser. Celle-ci tient bon et Pyrrhus l’accuse : comment pouvez-vous condamner votre enfant à mort ? Andromaque décide d’épouser Pyrrhus pour sauver son enfant mais de se suicider aussitôt après. Fort heureusement, alors qu’ils marchent à l’autel, la foule se jette sur Pyrrhus, le massacre, et Andromaque est couronnée reine. Puisse la littérature éclairer le réel.

Buster a dit…

Sinon Le Pen-Dupont-Aignan, waoouh le ticket d'enfer... Et Macron? Cohn-Bendit?

Anonyme a dit…

Ils ont couché ensemble ?

Buster a dit…

Qui? Le Pen et Dupont-Aignan?

Buster a dit…

Au fait merci Tonneau, enfin un article nuancé, sans une once de mépris...

Donc Pyrrhus, ce salaud de libéral, menace Andromaque, la belle insoumise, de tuer son enfant (la gauche anticapitaliste, responsable d'une éventuelle victoire du FN) si elle refuse de l’épouser (de voter pour lui). Celle-ci tient bon et Pyrrhus l’accuse : comment pouvez-vous condamner votre enfant à mort ? Andromaque décide d’épouser Pyrrhus pour sauver son enfant mais de se suicider aussitôt après. Fort heureusement, alors qu’ils marchent à l’autel, la foule (des Insoumis) se jette sur Pyrrhus, le massacre, et Andromaque est couronnée reine. Puisse la littérature éclairer le réel.

Ben dis donc, c'est ça "l'avenir en commun"?, des sans-culottes qui massacrent un "muscadin"?, ça donne vraiment envie...

valzeur a dit…

Hello Buster,

Comme c'est beau, la gauche castor qui vote Macron au premier tour et qui tape bien fort de la queue et rallie les ragondins, lapins, ornithorynques et autres blaireaux pour faire barrage en tremblant de ses petits membres velus (honni soit, vous êtes peut-être imberbe...)

Pour combattre le Front National - autrement que par ce vote glorieux s'entend - vous devriez écrémer votre vocabulaire et bannir les mots suivants :
- fasciste
- abject
- rance
- haine
- stigmatiser
- amalgame
- heureslesplussombresdenotrehistoire (ouf, c'était long !) qui ont pour effet l'exact inverse de celui attendu.
De fait, cette posture de supériorité morale - indépendamment des tares du FN qui crèvent les yeux (je précise que je ne vais pas voter MLP, hein ? J'ai comme l'impression que la police de la pensée rôde chez vous, et j'ai encore envie de ne pas être stigmatisé) - cette posture de supériorité morale, donc, dispense trop souvent de toute réflexion en vouant aux gémonies les horribles porcs fascistes qui ont le front de ne pas voter pur et bobo jusqu'au coeur de votre ville. Relayée par les médias, elle devient une sorte d'antienne dégradante et stigmatisante pour le coup. Nous sommes dans une démocratie que je sache et tout vote se vaut. Si ça n'est pas le cas, et que le vote FN est une tâche impure sur quiconque en fait usage, c'est que nous ne sommes plus en démocratie.

Donc autant mettre de côté la moraline pleurarde, qui employée depuis 30 ans, a pour le moins montré sa totale incapacité à ne serait-ce qu'endiguer la progression du vote FN, avec ses rituels honteux d'expulsion du mal (telle grande conscience, nain de jardin ou un mélange des deux appelant à voter contre).

Je lisais récemment ceci, et franchement, ce type d'article factuel et sans mépris me semble la voie :
https://www.bastamag.net/Au-Parlement-europeen-les-votes-meprisants-du-FN-et-de-Marine-Le-Pen-a-l-egard

Il suffit juste de renoncer à l'emballement mimétique et à l'hystérie (féminine ou masculine, d'ailleurs).

Voilà, c'était ma minute "donneur de leçons stigmatisant", veuillez m'en excuser (je l'ai saupoudré de perfidie pour faire passer).

Anonyme a dit…

Absolument d'accord avec valzeur, et je trouve que c'est le comble qu'une personne votant pour Macron au premier tour pour cause de "vote utile" (si j'ai bien compris vos précédents messages, vu que vous évoquiez aussi Lassalle) insulte les mélenchonistes qui veulent s'abstenir au deuxième ("les plus enragés", "Il y a de l'intolérance, du sectarisme, et même de la haine chez eux" - on dirait que vous parlez des pro-Macron). Il paraît qu'il y a plus de votants de conviction pour Mélenchon que pour Macron, qui n'est pas fait pour le rassemblement malgré ce qu'il voulait faire croire et cela se confirme de jour en jour dans ses discours cocaïnés, où il insulte carrément tous ceux qui ne vont pas voter pour lui. Quand j'entends le discours inepte des macronistes, je me dis que j'ai vraiment bien fait de ne pas voter Macron.

Voilà, c'était juste pour renverser quelques-uns de vos arguments, et pour faire remarquer que les attaques incessantes et de toute part sur les abstentionnistes sont sans doute peu productives.

Et aussi pour partager ce lien :
https://www.youtube.com/watch?v=WmyrKFr7r14

valzeur a dit…

Merci Anonyme !

J'adore les concerts d'Emmanuel Macron, vous m'avez mis en joie pour le reste de la soirée.

Buster a dit…

Salut valzeur (et aussi l’abstentionniste de 21h15)

Je crains que vous vous mettiez le doigt dans l'oeil (en espérant que vous en avez un autre, d'oeil, qui vous permette le 7 mai de ne pas glisser par erreur le nom de Le Pen dans la petite enveloppe), si j’utilise certains mots galvaudés à propos du FN, ce n’est pas pour imposer je ne sais quelle supériorité morale et encore moins par paresse intellectuelle, mais parce qu'ils reflètent parfaitement ma pensée, jamais je ne parlerai autrement du FN, parti donc raciste, haineux, sectaire, fasciste, etc, etc… je renvoie aussi à ce que j’ai déjà dit, à savoir que le moment n’est pas à la réflexion sur le pourquoi du comment de la montée du FN (ça a démarré avant, ça continuera après), ni à vouloir marquer le coup, quant à l’absence de responsabilisation des politiques, en s’abstenant de voter, mais à la nécessité de s’opposer à Le Pen (et que cette nécessité, que d’autres prennent pour une injonction, s’inscrive dans le politiquement correct du "front républicain" me laisse indifférent).
Pour le reste, relisez-moi bien, je n'ai pas dit que les abstentionnistes sont tous des enragés, mais que dans les insoumis il y a des enragés, forcément abstentionnistes, dont la haine du libéralisme (quel qu’il soit) est telle que jamais ils ne voteront pour un candidat libéral, même si son adversaire est d'extrême droite, ces mêmes enragés, insoumis 2.0, qui ont perverti la campagne par un militantisme extrêmement virulent, notamment sur les réseaux sociaux, où l’invective n’était pas en reste, pas à mon égard, moi je m’en fous, mais à l’égard de ceux qui ont préféré voter Hamon et se sont donc "abstenus" de voter Mélenchon - à chacun ces abstentionnistes - jugés pour le coup responsables (les sales traîtres) de l’échec de la FI, sans s’interroger davantage sur les raisons qui ont fait que Mélenchon n’a pas réussi à dépasser les 19%, sans voir que sans cette agressivité, parfaitement contre-productive (contradictoire en tous les cas avec l’esprit tolérant de la plupart des mélenchonistes, du moins ceux que je côtoyais physiquement, des amis, même si on ne partage pas les mêmes idées), Mélenchon aurait peut-être obtenu 1 ou 2% de plus…, cette même agressivité qui aujourd’hui se tourne sur ceux qui les somment de voter (utilement) Macron alors qu'eux-mêmes sommaient les électeurs de Hamon de voter (utilement) Mélenchon… On ne va pas jouer à "qui a commencé le premier?" mais remarquons que, à travers la question de l’abstention, il y a peut-être du règlement de comptes entre d’un côté les déçus de FI, faisant porter leur colère sur les pro-Macron, un peu trop arrogants à leur goût, et de l’autre ces mêmes pro-Macron, trop contents de rabattre le caquet aux pro-Mélenchon… D’où la tension. Il n’en reste pas moins que l’enjeu de l’abstention c’est quand même Le Pen, et que "ça" c’est pas rien…

valzeur a dit…

Euh, j'ai exactement l'expérience inverse puisque ce sont les votants hamono-macroniens qui me chient une pendule passque je ne voterai pas Macron. Et j'avais bien enregistré que leur vote me semblait contreproductif sans sortir l'arsenal moral. Comme quoi...

Sur Le Pen, votre haine du FN vous fait peut-être du bien, mais elle ne sert strictement à rien, exprimée telle quelle. Même elle est paradoxale, puisque vous vous mettez au niveau de ceux que l'on qualifie "parti de la haine". Si vous haïssez les haïssants, vous vous hissez à leur hauteur. Le souhaitez-vous vraiment ? (C'était mon moment zen...)

Buster a dit…

L’injonction, la pensée unique, l’arsenal moral… vous me faites marrer (façon de parler), tout ça n’a aucun sens, sinon de participer, vous aussi, à cette espèce d’inertie qui fait que le FN est devenu si important aujourd’hui, de contribuer vous aussi, en refusant sous prétexte d’être en démocratie de suivre le troupeau de la bien-pensance, au lissage que le FN a lui-même entrepris de son image… Exprimer sa haine du FN ne sert peut-être à rien, en tous les cas ça ne soulage en rien, mais ça a au moins le mérite de se dégager de toute cette complaisance qui pointe actuellement à l’égard du FN, et à laquelle s’apparente, bah oui, la détermination chez certains à s’abstenir au second tour, pire à voter blanc, au motif que ça ne sert à rien, là non plus, et que la politique néolibérale de Macron ne fera de toute façon que favoriser la progression du FN. Oui peut-être, mais ça vous avez les législatives pour le faire savoir. Là il s’agit d’autre chose. Eviter que l’extrême-droite atteigne voire dépasse les 45%, comme si on était dans un vulgaire second tour entre la droite et la gauche, éviter que le FN se trouve pour ainsi dire légitimé comme étant le seul grand parti anti-système, du moins se revendiquant comme tel (auquel cas on se demande à quoi aura servi la campagne de Mélenchon). Parce que le symbolique ça compte aussi en politique… Bon j’arrête, tout ce que je dis, c’est peine perdue… j’irai voter Macron, vous n’irez pas voter Macron, vive la démocratie!

Anonyme a dit…

OK Buster

Est-ce que vous allez manifester contre le Front National ?

valzeur a dit…

Hello Buster,

Merci de me rappeler qu'on est en démocratie, j'avais tendance à l'oublier.

Je vous rassure toutefois ; je voterais Macron si d'ici une semaine le danger fasciste devient imminent :
- si les radios-télés-journaux appellent tous sans nuance à voter Marine Le Pen
- si la peste brune se répand sur les réseaux sociaux polluant mon mur et m'enjoignant de voter Bleu Marine, sous peine d'être un mauvais français
- si des milices à chemises noires se créent un peu partout, semant une atmosphère de terreur dans les rues
- si les ratonnades se multiplient au grand jour sans que les médias s'en émeuvent

En ce cas, Buster, vous me trouverez à vos côtés pour écraser l'infâme et penser printemps.

Vous voyez, vous m'avez (presque) convaincu ?

Buster a dit…

Vous êtes trop jésuite pour moi valzeur. Ce que vous décrivez n'arrivera évidemment pas puisque ça relève de l'ancien FN, celui de Jean-Marie Le Pen et de sa jouissance à nous chantonner Vichy et les guerres coloniales, risque pour le coup purement fantasmé tant le père Le Pen n'a jamais été dans la conquête du pouvoir. Ce qui n'est pas le cas avec Marine Le Pen, infiniment plus dangereuse car animée d'un vrai désir de pouvoir, via une image totalement renouvelée, un discours populiste bien ciblé et donc séducteur pour certains (malgré les relents). Car si la montée du FN est liée au système, au libéralisme, à la gauche plurielle de Jospin, etc, elle est aussi liée et pour beaucoup au passage de JMLP à MLP. En 2017, attendre que le danger fasciste, tel que vous le décrivez, devienne imminent pour s'y opposer, c'est comme attendre d'être dans la gueule du monstre pour simplement commencer à songer à s'enfuir. Je vous souhaite bon courage!

Anonyme de 11h03. La réponse est non. Les manif très peu pour moi. On va encore m'accuser de dandysme, mais défiler sous des banderoles en criant des slogans ou en jouant du sifflet, c'est pas mon truc.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je ne vous reconnais pas, ça me fait peine. Votre discours est parfaitement irrationnel. Rien de ce que vous craignez n'arrivera, bon sang !
On prend les paris que le Petit Prince passe finger in the nose dimanche prochain ?
Je vous préviens, si c'est le cas, vous aurez un gage !

Buster a dit…

Ce que je veux dire c’est que le fascisme de Marine Le Pen c’est pas ce que vous décrivez, et vous le savez très bien… On peut être xénophobe dans sa politique migratoire, raciste vis-à-vis des Arabes, sans que ça passe par des ratonnades à gogo et l’installation d’un climat de terreur, le repli nationaliste suffit à parler de fascisme, pas la peine de convoquer peste brune et autres chemises noires… la ficelle est un peu grosse valzeur, je vous ai connu plus finaud.

Sinon oui il est probable que Macron l'emporte, les doigts dans le nez, c'est moins sûr.

Anonyme a dit…

Salut Buster,

"relisez-moi bien, je n'ai pas dit que les abstentionnistes sont tous des enragés, mais que dans les insoumis il y a des enragés" : J'ai bien relu et c'était donc ambigu. Pour ma part je n'ai pas rencontré ces enragés mélenchoniens mais il en existe sans doute, comme dans tous les partis. Et je continue à penser que votre indignation pour les abstentionnistes n'est pas légitime, sinon contre-productive.

Je ne sais pas pourquoi un grand nombre d'ouvriers ont voté Le Pen plutôt que Mélenchon (même si on peut supposer que les médias font partie de la cause) mais je ne les insulte pas, ni ne les méprise (je ne dis pas que c'est votre cas). Il n'y a pas 20% de racistes en France, j'espère qu'on est au moins d'accord là-dessus. Votre militantisme haineux anti-FN me semble très bobo parisien, mais peut-être n'avez-vous rien à voir avec cette catégorie qui a voté Macron en masse. Aucun racisme anti-parisien là-dedans, c'est juste pour pointer le sectarisme d'un certain milieu, voir par exemple la chronique a priori censurée de Pierre-Emmanuel Barré (que je connais à peine) sur France Inter, l'ironie étant qu'elle dénonçait la chasse aux sorcières envers les abstentionnistes.

valzeur a dit…

Je forcais le trait, évidemment.

Mais ce fascisme insidieux n’est-il pas déjà parmi nous sous un autre nom, l’angélisme inquisiteur (ou exterminateur si vous préférez) ?
Parce que vous croyez qu’élue présidente (probabilité : 1%), MLP pourrait imposer une politique réellement discriminatoire et attentatoire aux libertés publiques sans avoir la majorité à l’Assemblée, ce qui n’arrivera jamais ? Si, par extraordinaire, elle devenait présidente de la République, elle se retrouverait dans la posture de Trump actuellement, empêtré dans ses désirs anti-constitutionnels et malmené par le personnel politique et la société civile.

Donc votre angoisse est sans objet.

A propos, j’ai trouvé mon gage pour vous ; il est vraiment très très vilain...

Muntari a dit…

"la chasse aux sorcières envers les abstentionnistes" ?!? Sérieusement les gars, sur quelle planète vivez-vous ? Vous allez bientôt nous parler de "fascisme antilepéniste" ?

Buster a dit…

Salut anonyme,

Je n’ai rien contre les insoumis en général, ni les abstentionnistes, l’ayant été moi-même bien souvent (abstentionniste, pas insoumis). Il s’agit du cas bien particulier où se trouve présent au second tour un candidat d’extrême droite… qu’il ait très peu de chances d’être élu ne change rien au fait qu’il est bien là, qualifié pour le second tour, même si finalement son score fut moins important que prévu… Ce qui m’indigne, mais le terme est peut-être trop fort, disons alors désole, c’est de voir à quel point le FN est devenu aujourd’hui, aux yeux de beaucoup, et pas seulement ceux qui votent Le Pen, un parti (presque) comme les autres, certes plus protestataire que réellement prêt à gouverner quoiqu’il dise (son programme notamment économique est-il applicable?), mais complètement banalisé, dont l’histoire ne commencerait qu’avec la fille Le Pen… si banalisé, et en même temps si peu menaçant vu les sondages, que la gauche la plus radicale peut se concentrer sur son véritable ennemi (le libéralisme) en s’abstenant de voter Macron… Moi ça me choque que cette acceptation d’un FN dédiabolisé s’accompagne à l’inverse d’une forme de diabolisation de ce que représente Macron dont le libéralisme n’a rien d’ultra (ce n’est pas parce que Madelin le soutient que Macron est ultralibéral). Certes Macron n’est pas l’incarnation de ce que je préfère dans la social-démocratie, mais bon quand même, ce dégoût qu’il inspire à bon nombre de mélenchoniens (pire encore que Fillon, pourtant plus libéral que lui, et qui d’ailleurs sans les affaires serait probablement à sa place et là je comprendrais mieux l’abstention, sans forcément m’y résoudre) a quelque chose de viscéral qui moi me dérange, surtout quand en face c’est Marine Le Pen.

valzeur > MLP est beaucoup plus maligne (elle n’est pas de mal me direz-vous) que Trump un vrai demeuré celui-là, elle ne chercherait pas à faire passer d’emblée ses lois les plus controversées, elle prendrait son temps pour se rallier un maximum de politicards (à l’instar de Ducon Gnangnan), ça ne manque pas, prêts à retourner leur veste pour accéder au pouvoir, et faire imposer ses idées, par étapes, par effet d’alignement, lentement mais sûrement, de la même manière qu’elle aura réussi à se faire élire.

Buster a dit…

Et ce serait quoi le gage?

valzeur a dit…

Une rétrospective de Bruno Dumont avec 4 films d’affilée avec JB Morain à votre gauche et S. Kaganski à votre droite....

Bandant, non ?

Buster a dit…

Fasciste!

Anonyme a dit…

On ne va pas jouer à "qui a commencé le premier?" mais remarquons que, à travers la question de l’abstention, il y a peut-être du règlement de comptes entre d’un côté les déçus de FI, faisant porter leur colère sur les pro-Macron, un peu trop arrogants à leur goût, et de l’autre ces mêmes pro-Macron, trop contents de rabattre le caquet aux pro-Mélenchon… D’où la tension.

D'accord Buster et c'est bien pour ça qu'il faut arrêter de stigmatiser les abstentionnistes et respecter leur (non) choix

Anonyme a dit…

Pauvre anonyme, si méchamment "stigmatisé"...

Buster a dit…

Juste une chose, j'aurais aimé que les futurs abstentionnistes (ou votants blanc) soient tous parfaitement clairs quant à la raison qui va dicter leur choix, ce qui vaut aussi pour les futurs votants Macron. Autrement dit qu'ils expriment (du moins ceux qui ont décidé de faire connaître leur choix) les vraies raisons pour lesquelles ils voteront ou ne voteront pas, sans se réfugier derrière des faux-semblants. Je m'explique. Il est évident que certains pro-Macron ont beau rôle de mettre en avant le facteur éthique (le fameux front républicain) pour justifier leur choix, alors que ce sont des macronistes convaincus qui de toute façon auraient voter Macron. En cela la présence de Le Pen leur facilite la tâche (je précise que ce n'est pas mon cas, je ne suis pas un macroniste convaincu). De même, il est évident que certains pro-Mélenchon se réfugient derrière les arguments de la démocratie, du libre-arbitre, du refus de voter contre, du refus aussi de ne pas être toujours obligé de se déterminer en fonction de Le Pen, etc.., autant de beaux et grands arguments qui servent à masquer le fait qu'ils ne voteront jamais Macron quel que soit son adversaire.

La position de Mélenchon est un peu différente mais s'en approche. Je traduis. Il ne faut pas voter Le Pen (OK, ça c'est pour les classes populaires, les plus fragilisés, qui pourraient manifester leur refus du système en passant de Mélenchon à Le Pen), ce serait courir le risque d'un embrasement général. Et en même temps (comme dirait Macron, lol) ne pas tomber dans le piège du "front républicain" qui consiste à "donner des brevets de pompier à des pyromanes". Mélenchon recourt à la même métaphore (le feu). Conclusion: dans les deux cas, voter Le Pen ou Macron c'est pareil, c'est un vote "incendiaire", socialement suicidaire... Mélenchon votera donc blanc (même s'il ne le dit pas). Mais vous pouvez ne pas voter. Sérieux s'abstenir, comme dirait l'autre (relol).

Bref le dilemme pour le pro-Mélenchon est le suivant: soit il fait fi (FI) de la question morale que représente Le Pen au second tour, il ne considère que la question socio-économique, et alors il s'abstient ou il vote blanc, comme Mélenchon; soit il tient compte de cette question morale et alors il vote Macron, en attendant les législatives.

Anonyme a dit…

Non non, dans sa dernière vidéo Mélenchon a lourdement sous-entendu qu'il voterait Macron.

Buster a dit…

Ah bon? Envoyez la vidéo... c'est un vrai feuilleton le vote de Mélenchon.

Sinon, à partir du moment où il ne dit pas explicitement ce qu'il va faire, et d'ailleurs rien ne l'oblige, ça ne change pas grand-chose à ce que j'ai écrit...

Anonyme a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=HcMV4Fa51Cs (à partir de la 21ème minute). Je trouve ça clair (et même "grand clerc") mais pas explicite, effectivement.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Et c'est moi qui suis jésuite ? Vous me faîtes bien rire...

Je vais vous réconcilier avec l'abstention en 4 cases ; vous êtes prêt ? :
https://www.facebook.com/MuchPolitik/photos/a.1421454728090090.1073741829.1419453041623592/1920939878141570/?type=3&theater

Et voilà, c'est cool, l'abstention, finalement ?

valzeur a dit…

A propos, pour saisir le sens de la vidéo de Mélenchon, il faut la visionner à l'envers ; on entend très précisément sa consigne de vote (et on voit même apparaître un diable crochu en fond, c'est flippant !)

Buster a dit…

Ah Ok, c'est Twin Peaks...

Trêve de plaisanterie, Mélenchon dit clairement qu'il ira voter (d'autant que dans son programme le vote doit être obligatoire!), qu'il ne faut pas voter Le Pen, et puis c'est tout.

Sinon j'aime bien le passage "je ne suis pas un gourou, je ne suis pas un guide, je suis un responsable politique qui essaie d'éclairer le chemin et porter la parole des autres". Même si on le repasse à l'envers, ça dit la même chose: une belle dénégation. C'est ce côté "chaman" qui m'insupporte chez Mélenchon.

Buster a dit…

Ha ha.. Much Politik, c'est excellent...

(mais l'abstention en tant que telle ne me gêne pas, je l'ai pratiquée, en bon adepte, on peut même dire en véritable athlète)

Anonyme a dit…

Salut Buster,

Déjà pour être clair, mon dernier message date d'hier 19h13.

Mon dégoût pour Macron n'est pas viscéral mais raisonné, si ça peut vous rassurer. "soit il fait fi (FI) de la question morale que représente Le Pen au second tour" : ce qui est sûr c'est que je ne fais pas fi de la question morale que représente Macron au second tour. On aura au final le président qu'on mérite, et quel que soit le résultat il faudra l'accepter, et ne pas accuser de faux responsables, ce qui n'empêchera évidemment pas de militer pour qui on veut, ou pour les causes que l'on veut.

Muntari : c'est le chroniqueur qui parle d'une chasse aux sorcières, provenant de certaines personnes, sûrement du microcosme parisien dont je parlais (l'avez-vous au moins écouté ?). La censure de cette chronique, si elle est réelle, suffit à légitimer son point de vue. De toute façon, les nombreuses attaques sur les abstentionnistes existent bel et bien (sur quelle planète vivez-vous ?), et sont plus ou moins indignes et honteuses, pour reprendre leurs mots, selon leurs émetteurs. Et il est évident que les artistes rendant public leur vote FN (voire qui ne luttent pas assez contre lui) sont plus ou moins blacklistés. Enfin, ce ne sont pas ceux qui emploient le terme "fascisme" tous les quatre matins, alors qu'on n'est plus sous le joug nazi depuis bien longtemps (sur quelle planète vivez-vous ?), qui peuvent donner des leçons sur son utilisation.

L'anonyme

valzeur a dit…

Hello Buster,

Moi, je le trouve bien sympa cet anonyme de 19h13.

On va bientôt arriver à 100 commentaires, je relance : MACRON, C'EST DE LA MERDE !!! AU CUL SON BULLETIN !!!

Bon, ça devrait aller avec ça...

Muntari a dit…

"il est évident que les artistes rendant public leur vote FN (voire qui ne luttent pas assez contre lui) sont plus ou moins blacklistés"

Mais oui allez, plaignons-les sans regarder quel programme nous mijote le FN sur la culture (entre autres)...

"ce ne sont pas ceux qui emploient le terme "fascisme" tous les quatre matins..."

C'est vrai qu'il n'y a rien de pire, alors qu'un parti politique réunissant 7,5 millions de voix ne fait rien d'autre, finalement, que dire que tout est de la faute des étrangers...

Anonyme a dit…

Buster,

Je n'ai pas retrouvé le passage où vous écrivez que voter blanc est pire que de s'abstenir, mais vous l'avez écrit j'en suis sûr . J'aimerais bien savoir pourquoi, moi qui m'apprête justement à voter blanc. Pas comme Mélenchon qui lui votera Macron même s'il ne l'avoue pas,

Buster a dit…

Vous avez beau surjouer l'anti-Macron viscéral valzeur (avec vous j'ai l'habitude), ce que vous dites est raccord avec le niveau de cet entre-deux tours, vivement que tout ça se termine...

Le vote blanc pire que l'abstention, je ne sais pas non plus où j'ai écrit ça... mais c'est dans la cadre d'un second tour, avec seulement deux candidats. Comme dirait Barthes, à propos du ni-ni, c'est un truc petit-bourgeois qui consiste à se poser en juge-arbitre en mettant les deux parties dans la balance, pesant l'un et l'autre, avant de les renvoyer dos-à-dos. Mieux vaut s'abstenir qui est une façon de dire franchement non. D'autant que dans le cas présent, avec Le Pen sur un des plateaux de la balance, c'est moins pire de dire "je refuse de trancher" que de dire "je n'ai pas pu trancher". Voilà voilà...

Buster a dit…

Sinon oui, Mélenchon laisse sous-entendre qu'il votera Macron, mais je ne suis pas sûr qu'il se résoudra à le faire.

(après il peut aussi voter nul, en glissant une crotte dans l'enveloppe)

Anonyme a dit…

Salut Buster,

"vivement que tout ça se termine..." : Là on est d'accord ! Et l'avant premier tour aussi était déplorable (voire toute cette élection).

Muntari : "Mais oui allez, plaignons-les" : outre le fait que cet argument ironique ressemble pour le coup à du protofascisme, il faut comprendre que cette stigmatisation donne des voix au FN, tout comme la blague immonde de Guillon sur la mère de NDA. Mais si c'est ce que vous souhaitez...

L'anonyme

Griffe a dit…

@ L'anonyme
"il faut comprendre que cette stigmatisation..." répond à la stigmatisation par le FN des "collabos mondialistes", des "européistes", des "socialopes", des "journalopes", des "gauchiasses", des "sionistes", des "oligarques", des "merdias", des "droits-de-l'hommistes", des artistes (évidemment toujours "subventionnés"), des franc-maçons, des banquiers, des syndicalistes, des communistes, des musulmans, des Arabes, des Noirs, souvent aussi des Juifs (même si les antisémites ne la ramènent pas trop), etc. Le FN s'est donc fait toutes sortes d'ennemis mortels depuis 40 ans, comme vous voyez. Ne vous étonnez donc pas trop de sa "stigmatisation". Et puis des voix, constatez que le FN en a gagné "seulement" 1 million en 5 ans (contre 3 millions pour Mélenchon, à titre d'exemple) malgré tous ses efforts de propagande et malgré le terrorisme qui devait lui profiter à mort. Que certains grossiers bourgeois de gauche s'expriment contre le FN ne change pas grand-chose à l'état de la France profonde. Le FN monte parce que les politiques menées sont des échecs.

reality is only temporary a dit…

Ni Dumont ni Dolan !

Anonyme a dit…

"Ne vous étonnez donc pas trop de sa "stigmatisation"." : Je ne parle pas de la stigmatisation du FN (et je n'en suis pas du tout étonné, je comprends très bien d'où elle vient), mais de celle de ses partisans. J'ai toujours détesté les sectarismes, quels qu'il soient, et je ne vais pas changer aujourd'hui, contrairement à la girouette Macron qui commence à tenir un discours rassembleur, à l'opposé de la semaine dernière.

En extrapolant, si vous faites partie de ces gens qui prônent l'attaque physique sur les néo-nazis ou les racistes (mais qui les identifie et les marque ? - et dois-je rappeler que les racistes peuvent changer et s'améliorer ?), il est clair qu'on ne peut pas s'entendre.

"Le FN monte parce que les politiques menées sont des échecs." Je n'ai pas dit le contraire mais ce n'est évidemment pas la seule raison.

L'anonyme

Griffe a dit…

N'inversez pas les causes et les effets, L'anonyme. Tout ce que vous écrivez vaut d'abord pour le FN : du sectarisme aux attaques physiques. J'en ai été le témoin direct un certain nombre de fois. C'est l'unique raison pour laquelle le FN est si violemment rejeté.

Anonyme a dit…

Je vois en tout cas que vous aimez bien l'impératif, Griffe. Encore une fois, je ne parlais pas du FN mais de ses partisans. Vous confondez décidément le parti et ses soutiens. Je ne suis pas au courant des attaques physiques du FN, peut-être parce que je suis trop jeune ou que vous parlez seulement de certains partisans. Oui, les fascistes sont surtout présents au FN, c'est une évidence parfaitement logique (c'est le parti le plus proche de leur idéologie, du point de vue de l'immigration), mais comme vous le savez sans doute, il n'est pas bon de généraliser. Après une rapide recherche sur Google, je vois par contre des bus de partisans FN attaqués par des anti-FN cagoulés (je me suis arrêté à la page 3).

De toute façon, on ne se mettra apparemment pas d'accord et je ne suis pas l'avocat du FN, malgré ce que vous essayez peut-être de faire croire.

Vivement les législatives, et Mélenchon premier ministre.

L'anonyme

Griffe a dit…

Je n'essaie pas de faire croire quoi que ce soit, L'anonyme, je vous trouve simplement contradictoire et confus.

Il y a les élus et les candidats FN, il y a ses partisans et il y a ses électeurs. Vous confondez les électeurs (à propos desquels on ne peut effectivement pas faire de généralités) et les partisans, c'est-à-dire les militants ou sympathisants actifs, qui soutiennent l'idéologie du FN en toute connaissance de cause.

Cette idéologie "proche du fascisme" (pour reprendre vos propres mots, comme quoi parler de fascisme n'est finalement pas hors-sujet du tout) consiste depuis toujours à séparer les corps désignés comme "parasites" du corps sain de la Nation (la pratique de l'islam n'est pas compatible avec la République, les migrants sont là pour "profiter des aides", Bruxelles ne cherche qu'à détruire notre système social, les fonds de pension américains et les investisseurs qataris nous dépouillent, pour les plus furieux : les juifs seraient derrière tous les problèmes, etc.)

Cette idéologie implique donc, entre autres, la violence physique. Je me souviens d'un meeting de Le Pen à la fin des années 80 où on projetait des images d'étrangers (Arabes, Africains, Indiens, Asiatiques) à une foule qui hurlait de colère. J'ai vu et subi des attaques verbales qui auraient pu tourner à des violences physiques par des pro-FN écumant. J'ai des amis qui se sont fait taper dessus parce qu'ils étaient noirs ou d'origine maghrébine. Comme vous dites, c'est parfaitement logique, vu le discours explicite de ce parti. La nouveauté étant que Marine Le Pen veut le pouvoir et qu'elle fait tout, depuis quelques années, pour réduire et cacher cette violence. Mais les fondamentaux étant les mêmes, la violence est toujours là, elle patiente.

Il est évident qu'il y a en face une réaction de violence, celle des "antifas". Il n'y a pas grand-monde pour la cautionner. Mais la différence est que les antifas sont des groupuscules anarchisants, ils ne représentent pas un parti de masse susceptible de prendre le pouvoir dans les villes, les régions, etc.

Anonyme a dit…

"je vous trouve simplement contradictoire et confus" : Je vous retourne le compliment. A la base, je dénonçais juste la stigmatisation sans retenue des pro-FN non violents (électeurs ou militants, qu'importe) par un certain milieu (exemple : le lynchage et le blacklistage de Franck de Lapersonne, qui n'a pas l'air fasciste, juste ridicule, lynchage dénoncé seulement, à ma connaissance, par Guy Carlier), et me voilà face à un exposé sur la violence physique du FN.

"idéologie "proche du fascisme"" : Je parlais du point de vue de l'immigration, car le FN est le plus strict sur ce thème. Mais tous les candidats ont une politique d'immigration plus ou moins ouverte, même chez ceux de gauche.

"Cette idéologie implique donc, entre autres, la violence physique." Heureusement que non, sinon ce serait l'anarchie et peut-être la guerre civile si tous ceux qui prononcent les affirmations que vous évoquez en venaient aux mains.

Je suis désolé si vous et vos amis avez été agressés par des pro-FN, en espérant que cela ne vous arrive plus. Je ne connais pas le meeting dont vous parlez (je n'étais pas né) donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus.

Au final, à chacun ses combats. Bon courage à vous !

L'anonyme

Anonyme a dit…

La montée du FN expliquée par Michel Onfray : « Le belliciste BHL a donc gagné, et avec lui Pierre Bergé, locataire d’utérus d’autrui, Jacques Attali, plagiaire notoire et condamné comme tel par la justice, Alain Minc, plagiaire du précédent, Manuel Valls, traître en chef, Kouchner, sac de riz chez les médecins et médecin chez les sacs de riz, Cohn-Bendit, pédophile au siècle dernier, autrement dit tous les promoteurs forcenés d’une politique libérale qui a permis à Marine Le Pen de faire son plus gros score et d’être présente au second tour de cette élection qui n’en aura qu’un et à la famille Le Pen de passer de moins de 1 % en 1981 à près de 22 % en 2017, cherchez l’erreur ! »

Ils sont pas beaux nos intellectuels murrayiens ?

Griffe a dit…

Apparemment vous ne connaissez pas bien l'histoire de ce parti, L'anonyme. Je vous conseille de vous renseigner.

Anonyme a dit…

Au donneur de leçons : Je sais en tout cas qu'on n'est pas responsable des actes et des paroles de ses parents. Il n'y aurait donc plus de problèmes (ou en tout cas moins) si les idées du FN venaient d'un autre parti ?

Si vous êtes à court d'arguments, je le répète : bonne soirée et bon courage à vous !

L'anonyme

TSM a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
valzeur a dit…

Hello Buster,

Je m’y perds entre tous ses anonymes, mais quelque chose me dit qu’on est parti pour 200 commentaires ! Point positif : il y a au moins trois mélenchoniens sur ce fil, et j’espère qu’ils contrecarreront Emmanuons Maquerelle (cet excellent anagramme vient d’un ancien ennemi de Griffe, qui d’ailleurs, quasi-scoop, a, je crois bien voté Mélenchon au premier tour). Bon, hormis ce message personnel, je vous raconte ma vie d’abstentionniste convoité. Une amie proche m’a aujourd’hui relayé le message de son voisin appelant les indécis à voter EM, un gage de moralité puisqu’il s’agit d’un organisateur de partouzes homos quasiment officielles. On a relayé sur mon mur des désolants dessins de Plantu, le témoignage bouleversant (mais surtout obscène) du frère d’un des tueurs de Brahim Bouarram, et diverses tribunes d’inconnus dont je ne veux rien savoir (biographe de chanteuses françaises fanées, beau-frère d’une collègue également copain d’un journaliste culturel M.O.R à un journal économique). J’en ai, pour le dire franchement, ras la ch***e !

Buster a dit…

Salut valzeur,

Bon je vois que chez vous c'est l'abstention dans la joie. Comme Emmanuel Todd qui aujourd'hui, le pauvre, pédale dans la choucroute. A votre place je ferais attention, l'abstention ça crame les neurones...

Cassini a dit…

Ne ratez pas le tout dernier sondage, tout frais tout rose :

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10154752147380756&set=a.428811125755.221681.549975755&type=3

Jtejure a dit…

Macron peut remercier Merdine pour le débat d'hier soir : elle a réussi l'exploit de faire passer le banquier pour sympa et compétent.

Buster a dit…

Elle pensait n'en faire qu'une bouchée et c'est l'inverse qui s'est produit... bébé requin l'a bouffée tout cru la poissonnière.

Clémentine a dit…

Quelle horreur ce débat ! Avec Mélenchon cela aurait été d'un autre niveau.

Anonyme a dit…

Salut valzeur et Buster,

Valzeur : Je n'étais pas sûr que vous aviez voté Mélenchon, apparemment c'est le cas donc on a décidément le même avis sur ces élections. Par ailleurs, très drôle votre chronique d'abstentionniste ;) Soutien à vous !

Buster : Je préfère votre humour au ton hautain de certains (Todd est plutôt très bon, au passage). Peut-on savoir quelle était la teneur du message supprimé (mais peut-être suis-je trop curieux) ?

Merci Cassini pour ce dessin rassembleur, utile dans le climat actuel. Je partage à mon tour cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=8rxy0fPvmxQ, peut-être pas la meilleure de son auteur mais toujours plusieurs crans au-dessus de la quasi-totalité des youtubeurs connus.

A part ça, j'ai rêvé que deux ados attardés se chamaillaient devant des millions de personnes pour savoir qui dirigerait la France. Heureusement que ce n'était qu'un cauchemar...

L'anonyme

Buster a dit…

Le message c'était un truc pro-Le Pen bien gras... sûrement une blague, mais pas drôle, donc j'ai supprimé.

Cassini a dit…

Pas drôle donc supprimé ? C'est exactement comme ça qu'on fait monter le FN ! Buster, je ne vous félicite pas !

Buster a dit…

Oui mais non, là c'était ouvertement raciste... humour à la Dieudonné, faut pas non plus déconner! (tiens j'ai fait un hémistiche)

Cassini a dit…

Votre militantisme haineux antiraciste me semble très bobo parisien !

Buster a dit…

Oui je sais... la mode est à rigoler de tout, ne pas s'opposer au FN, etc... le seul militantisme (haineux) qui compte c'est contre Macron... ok, mais sans moi.

Anonyme a dit…

Salut Buster,

On n'a manifestement pas la même définition de la mode, mais il est vrai que celle-ci change selon les milieux. Sur ce thread, il n'y a par exemple aucun pro-FN et aucune interdiction de (ou même aucune incitation à ne pas) militer contre le FN, malgré ce que Cassini a apparemment compris en se foutant de ma gueule. Je n'ai pas vu non plus de militantisme haineux anti-Macron sur ce blog, désolé...

L'anonyme

§ a dit…

C'est vrai ça, Buster, pas de pro-FN ni de militantisme haineux : ce rejet de la bêtise et de la haine est vraiment anti-démocratique ! Pire : vous êtes un bobo parisien ! Nananère !

Plus sérieusement :
Ce qui ne vont pas voter Macron parce qu'ils sont certains qu'il gagnera sont des lâches : contents que d'autres aillent se salir les mains à leur place.
Ce qui n'y vont pas parce qu'ils pensent que c'est la peste contre le choléra sont des militants inconséquents, incapable d'une chose essentielle : savoir juger ses adversaires, ne pas tous les confondre dans un même schématisme.

Cassini a dit…

Si le "militantisme haineux anti-FN" n'existe pas, il faudra l'inventer : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/05/des-cadres-du-fn-diffusent-de-faux-sms-pour-accuser-des-militants-d-en-marche_5123266_4355770.html

Anonyme a dit…

La mode est plutôt aux insultes, manifestement. Et toujours de la part des mêmes, curieusement. Deux jours avant le second tour, on déchaîne les bêtes.

Moi je n'ai insulté personne (il faut savoir lire), je suis même allé moins loin que valzeur, entre autres. En tout cas, ces messages des non-comprenants confirment bien ce que je disais.

L'anonyme

Buster a dit…

On est d'accord §, les arguments avancés ici pour justifier l'abstention ont tous un caractère spécieux dès qu'on y réfléchit un peu, ça ne tient pas debout très longtemps... les atermoiements de Mélenchon, qui avaient pour visée de cautionner indirectement le non-vote Macron, resteront comme un des pires moments de cette campagne (avec l'affaire Fillon et le débat de l'entre-deux-tours). Un fort taux d'abstention (on devrait être autour des 25%, soit le plus important depuis les 30% de 1969) fera que Macron, l'affreux libéral, ne sera élu qu'avec 45% de voix (tous suffrages confondus), au grand plaisir des abstentionnistes, pauvre calcul comparé à l'autre chiffre qui lui laisse rêveur: 55% des électeurs auront choisi soit de voter pour Le Pen (30%) soit de ne pas voter contre elle (25%)... c'est la seule chose à retenir, le reste c'est du pipeau

Sinon, l'anonyme, oui bien sûr, pas de militantisme haineux sur ce blog, j'y veille... même chez valzeur, plus provocateur que procureur...

Tiens puisqu'on parle de valzeur et que Cavalier, si je me souviens bien, est un de ses cinéastes préférés: L'insoumis

Enfin je rappelle que la campagne prend fin ce soir à minuit, après on entre dans la période de réserve jusqu'à dimanche 20h, tout commentaire à caractère de propagande est interdit... Sinon ça peut me coûter 3750 euros (ha ha)

Buster a dit…

Ah, et puis ça aussi (pour Cassini), une maxime de feu ma grand-mère: "mieux vaut être un bobo parisien qu'un coco pharisien".

Anonyme a dit…

ce que vous ne voulez pas comprendre buster c'est que les gens en ont marre, ils n'en peuvent plus de ce système que macron incarne de façon presque caricaturale -autant, moins ou plus que le pen on s'en fout, l'essentiel c'est de dire NON !

Buster a dit…

Pitié... arrêtez avec ce discours complètement plaqué, tellement plaqué qu'on le croirait sorti d'un programme d'endoctrinement (le peuple, la colère, Macron, le système...) Et puis hein, encore une fois, rejeter à la fois Macron et Le Pen (la politique libérale et l'idéologie vichyssoise) en usant d'arguments fallacieux, pseudo-philosophiques et/ou purement contestataires, au nom du droit à dire NON, ce n'est pas faire preuve d'une grande clairvoyance politique, c'est le moins qu'on puisse dire...

Anonyme a dit…

Ile st malin Buster, il balance une dernière pique juste avant minuit, comme ça on peut pas lui répondre :)

Buster a dit…

Ha ha... pas fait exprès (ou alors inconsciemment).

valzeur a dit…

Hello Buster,

Gagné, j’aime beaucoup Cavalier, mais pas trop l’Insoumis.

Dîtes-moi, Buster, le discours de l'Anonyme est complètement plaqué, mais le vôtre et celui de §, qu’on lit partout, qu’on subit à longueur de journée, d’amis, d’ennemis, d’inconnus, de nullités se découvrant consciences politiques, il est quoi exactement alors ?
On dirait le slogan Pathé-Marconi : la voix de son Maître, ou ce qui s’appelle parler d’une seule voix.

Une fois n’est pas coutume, je vais être presque vulgaire : et si vos sermons allaient faire connaissance de plus près avec votre fondement ?
Le Pen s’est débandée au débat, elle a quasi 30 points de retard sur EM et il faudrait jouer encore l’union sacrée !
Des lepéno-votants de ma connaissance l’ont trouvée si désolante qu’ils ne voteront même pas ; peut-être que leur camp odieux et fasciste leur grille les orteils pour qu’ils accordent leur voix à la Gorgone, et dans ces cas là, vous avez un point commun avec ces gens que d’ailleurs on entend nulle part. Le prosélytisme FN m’a semblé complètement négligé par la presse ; c’aurait pourtant été motivant, peut-être ? Non, en fait... Il est temps de nous lâcher la grappe, voulez-vous ?
Ceci dit autrement, plus bisounours : https://www.tuxboard.com/que-faire-de-votre-opinion/votre-opinion-cul/

Votre gage se rapproche, et si MLP fait moins de 40%, la nudité sera de mise entre SK et JBM. Beware !

Une fois a dit…

http://www.lesoir.be/1497250/article/actualite/france/2017-05-05/wikileaks-publie-des-milliers-documents-sur-emmanuel-macron

Buster a dit…

Hahaha les Macronleaks... encore un coup de valzeur!

Buster a dit…

Sinon valzeur, arrêtez de nous la jouer "grand opprimé", pauvre victime d'un discours certes moralisateur, trop sûrement (et le grand-messe "républicain" n'est pas là pour arranger les choses, je suis parfaitement conscient du caractère contreproductif de tous ces appels à faire barrage au FN, véritables "pousse-à-l'abstention" par le matraquage ainsi produit), mais qui n'a rien de fasciste non plus, faut pas exagérer, parce que si c'était ça le fascisme, je comprendrais très bien qu'on ne se sente pas obligé de voter contre Le Pen.
Moi mon souci ce n'est pas de faire la morale, ce sont les arguments opposés pour justifier l'abstention, arguments que je trouve franchement faiblards compte tenu de la situation... Tout ca relève d'un anticonformisme de bon aloi combiné à un antimacronisme limite primaire, position des plus confortable puisque que vous étiez prêt à l'abandonner s'il y avait eu un vrai risque (pour vous) que Le Pen soit élue... soit la définition même d'une posture. Voilà c'est tout, adopter une posture quand on a l'extrême-droite au second tour d'une présidentielle, et quand bien même les risques que celle-ci l'emporte seraient quasi nuls, moi ça me dépasse (et plutôt que de dire que c'est mal, en pointant du doigt les abstentionnistes, je dirais, d'un air désabusé, que c'est pas très malin). FIN (à Honolulu, il est minuit passé)

valzeur a dit…

Hello Buster,

C’est vous qui radotez, pas moi.
(D’un autre côté, c’est votre blog et votre fil.)

Parce que votre vote n’est pas une posture ? Ce anti-lepnéisme viscéral qui vous aurait donc fait voter Mélenchon sans vous poser la question s’il s’était retrouvé face à Le Pen ? Que c’est beau et noble, et comme je suis vil à côté. Chaque époque a décidément les héros qu’elle peut...

Ecoutez, je ne voterai pas Macron, c’est mon côté dandy anti-conformiste, Bozon du vote, si vous préférez. Et vous voterez Macron, c’est votre côté Lost City of Z, cette purge bien-pensante et niaise. Il faut de tout pour faire un monde.
Je ne retrouve pas hélas un super article de Causeur qui crucifiait l’appel au vote utile, les premières lignes vous auraient fait pleurer, c’est peut-être mieux ainsi.

Aussi, je me rabats sur ceci : https://accattone.net/2017/05/01/a-propos-du-fascisme-antifasciste/
Et cela : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10211917715311159&set=a.10208265066037210.1073741829.1019969894&type=3&theater

Si, avec ça, vous continuez à pourfendre l’abstention, c’est que vous êtes Jean-Mchel Ribes, et désormais je ne vous appellerais plus que Jean-Michel. Enfin vous pouvez, hein, Jean-Mimi ?

valzeur a dit…

Oui, j’ai retrouvé l’article de Causeur ! : http://www.causeur.fr/stephane-guillon-nicolas-dupont-aignan-44119.html

L’entame fait quasiment jouir :

"On vit dans un étrange pays. Un pays où les résistants parlent très fort en public, et où les collabos n’osent l’ouvrir. On n’y voit que le maquis. Il est tellement vaste qu’il y faut fréquemment rappeler qui sont les vrais salauds à abattre. Pas les djihadistes, auxquels nos artistocrates rétorquent « vous n’aurez pas notre haine », mais tous ceux qui franchissent le Rubicon de l’extrême dextre et qui ont le courage… pardon… l’ignominie de l’assumer publiquement

Anonyme a dit…

Salut Buster,

L'assertion comme quoi la gauche ne peut pas s'empêcher de s’entre-déchirer semble vraie.

"Sinon, l'anonyme, oui bien sûr, pas de militantisme haineux sur ce blog, j'y veille..." : Vous avez raison, cette page est d'ailleurs un modèle de tolérance et de paix.

"même chez valzeur, plus provocateur que procureur..." : oui, et si les anti-abstention ou pro-Macron pouvaient être dans le même cas...

"mieux vaut être un bobo parisien qu'un coco pharisien" : J'espère qu'il n'y a pas de sous-entendu dans cette phrase, mais je précise que je n'ai rien contre les bobos parisiens (et je me fous complètement que vous le soyez ou non), du moment qu'ils ne font pas chier les autres en leur imposant leurs avis ou leur vote.

L'anonyme

Buster a dit…

Salut l'anonyme,

"cette page est d'ailleurs un modèle de tolérance et de paix", euh... c'est ironique?

Bon, faut que je réponde à ce salopard de valzeur qui m'a traité de "Jean-Michel Ribes", la pire des insultes.

Buster a dit…

Oui valzeur c'est ça... fascisme, antifascisme, fascisme antifasciste, fascisme anti-fascisme antifasciste... on n'en sort pas, toujours cette opposition binaire qui extrémise tout, franchement ça commence à me gaver... Jouer ici l'anticonformisme contre la bien-pensance, c'est quand même très petit bras, ça manque de grandeur, c'est se donner à bon compte le rôle du rebelle... où sont les risques à part celui de se faire stigmatiser pour après, oh joie, se présenter en martyr... je le répète une dernière fois (ouf, il ne reste plus que 24h), je suis foncièrement anti-FN, parce que l'idéologie d'extrême-droite me débecte, donc je vote contre, point barre, de la même manière que vous, vous ne voterez jamais Macron parce qu'il vous dégoûte, tout ça est sur le mode réactif, à la différence près que le vote anti-Le Pen ne devrait pas avoir besoin d'explication, on sait très bien pourquoi on s'oppose au FN (que ce choix purement personnel soit aussi celui de tout un mouvement bien-pensant ne me réjouit pas spécialement, mais c'est pas pour cela, au nom de je ne sais quel goût pour l'anticonformisme, que je vais changer d'idée), alors que la non-vote anti-Le Pen, bah désolé mais c'est pas toujours très clair, les motivations ne semblent pas les mêmes pour tout le monde, et pour certains (minoritaires) on est même à se demander s'il n'y a pas là une sorte de lepénisme non-assumé. Donc voilà, ça interroge, ça inquiète, ça désole, ça indigne... en tout cas, ça ne laisse pas indifférent, on ne parle que de vous, en mal d'accord, mais bon vous êtes au centre de toutes les conversations (Mélenchon a bien préparé le terrain), et même si ça ne dure que 15 jours, cette petite gloire éphémère ne restera pas sans suite, j'imagine très bien le prochain docu de Ruffin ("Merci Macron!")... Vous devriez être contents, mais non, il faudrait en plus qu'on vous crie notre amour. Z'êtes pas un peu exigeants les abstentionnistes?

A part ça, me sortir Guéguen, lepéniste assumé lui (mais qui préférait le FN pré-Marine), comme argument ultime, merci du cadeau, son texte c'est du Delerm (pour le name-dropping) passé au presse-purée de la rhétorique facho... à chier.

Vous avez raison l'anonyme, ce fil n'est qu'amour et tolérance.

Buster a dit…

Merde, j'ai perdu ma carte d'électeur, je vais être obligé de m'abstenir...

valzeur a dit…

Hello Buster,

Vous voyez, je ne suis pas sectaire pour un mélenchonniste ! Contrairement à qui, hum ???

Cette quinzaine aura permis à tous les non-macrolepénsites de découvrir la stigmatisation selon le vote qu’opère l’Empire du Bien (dont vous êtes un zélé représentant, Buster, en vous en rendant compte, j’espère). Ce qu’un abstentionniste a vécu de culpabilisation plus ou moins légère par des gens corrects (mettons vous) ou de gros cons (les autres), les électeurs du FN le vivent depuis des années et à des doses infiniment plus fortes, sans que ces injections médiatiques de moraline ne changent en rien leur comportement électoral. L’efficacité de ces comportements-anti-FN est tout simplement NULLE. Pourquoi continuer ? Et surtout pourquoi élargir la mise au ban aux abstentionnistes ? Ne faut-il pas plutôt changer son état d’esprit, Buster ?

Laissez-moi vous raconter quelque chose de personnel (un peu, pas trop). Des années durant, des gens extrêmement proches de mon entourage ont voté FN ; plus jeune, j’ai été aussi c*n que vous - si vous permettez - me lançant dans des discussions sans fin et insupportables pour eux comme pour moi afin de les convaincre que c’était mal, qu’ils étaient racistes, peut-être même fascistes, qu’ils devaient mieux voter, etc. J’avais, comme vous l’impression de combattre le FN ; peut-être même pensé-je que la tâche morale que je voyais alors en leur vote rejaillissait sur moi, si de gauche, si pur. J’ai manifesté comme un gros con après le 21 avril 2001, et fait toute la quinzaine de haine anti-Le Pen. Puis, j’ai changé, et un jour, j’ai arrêté de les faire chier, d’autant que ça ne servait à rien. Déjà nos rapports sont devenus plus faciles, et nous n’en parlions même plus jusqu’au débat Macron-Le Pen. Après celui-ci, je n’ai fait aucune réflexion sur la performance de leur championne ; mais tout naturellement ils m’ont confié, l’air gêné, qu’elle avait été nulle, désolante, lamentable. Et l’impossible s’est produit ; ils ne voteront pas pour elle au second tour (ni pour Macron, remarquez), et autant aux législatives. Je l’ai joué finaud et je ne les ai pas braqués en plastronnant : je vous l’avais bien dit. Espérons que ça dure... Il y a une grande part de provocation dans le vote FN et en faire une infamie n’aide pas à le désactiver, c’est plutôt l’inverse. Il suffit juste de l’accepter comme tout ce qui existe, et comme tout ce qui existe il disparaîtra...

J’espère que vous aimez cette belle histoire dont je ne tire aucune fierté (c’est en ouvrant ma gueule que les maintenais dans leur vote...).

Par ailleurs, conclusion horrifique : je voterai pour vous, j’ai hélas une procuration pour Macron, aaaaaaarrrrrghhhh !!!!!!

Buster a dit…

Salut valzeur,

Merci pour le témoignage. Pour ma part je n'ai pas d'expérience particulière avec ceux qui votent FN. Aucun dans mon entourage proche. Il m'arrive d'en rencontrer mais je ne les connais pas assez pour chercher à les raisonner quand le sujet est abordé, d'autant que si je déteste l'extrême-droite (pour l'idéologie qu'elle véhicule bien sûr mais aussi pour des raisons personnelles, qui ne sont pas religieuses, que je ne développerai pas), j'essaie de ne pas confondre (c'est pas toujours facile, je le reconnais, on a vite tendance à tout mettre dans le même sac) ses représentants politiques, les intellectuels et autres penseurs qui s'en réclament et l'électeur FN de base. Je ne suis militant d'aucune cause, trop peur de la récupération et jamais sûr que ce que je défends individuellement corresponde à ce qui est défendu au niveau collectif. Politiquement parlant, je suis d'un individualisme forcené. Je sais que l'antifascisme institutionnel c'est bidon, que pour beaucoup c'est une manière de redorer son blason, d'homme de gauche ou simplement de grand démocrate, que cet appel à faire barrage au FN, d'élus drapés dans les oripeaux (tricolores) de la vertu et de la dignité, d'une certaine intelligentsia et plus généralement de toutes ces célébrités à la noix, n'est que mascarade... je ne suis pas dupe (c'est pourquoi aussi je peux être perdu à certains moments dans mes décisions), non non je ne suis pas un zélé représentant de l'Empire du Bien (moi aussi j'ai lu Muray - je n'aime pas tout ce qu'il a écrit mais je reconnais son immense talent d'écrivain)... je suis en dehors de ça, si je vote Macron, je l'ai déjà dit, c'est non seulement parce que je suis contre le FN mais aussi parce que quelque chose, difficile à analyser, me séduit chez Macron... On parle souvent de la pulsion de mort à l'oeuvre dans le discours FN, eh bien chez Macron, à travers non pas son programme, mais cette envie qu'il manifeste, ce qui le meut finalement, il y a une vraie pulsion de vie, ce que bizarrement je ne retrouvais pas chez Mélenchon, mais c'est un autre débat...

Bon là je suis bon pour l'amende (non respect de la période de réserve :-)

Anonyme a dit…

Salut Buster,

""cette page est d'ailleurs un modèle de tolérance et de paix", euh... c'est ironique?" : C'était aussi ma réaction quand vous affirmiez qu'il n'y avait pas de militantisme haineux sur ce fil. Pour moi, quand on dit quasi mot pour mot "votez Macron, bande de cons", ça y ressemble beaucoup (je ne parle pas de vous).

"c'est pas toujours très clair, les motivations ne semblent pas les mêmes pour tout le monde, et pour certains (minoritaires) on est même à se demander s'il n'y a pas là une sorte de lepénisme non-assumé. Donc voilà, ça interroge, ça inquiète, ça désole, ça indigne" : OK là effectivement ça relève plus de l'inquisition que du fascisme.

"Z'êtes pas un peu exigeants les abstentionnistes?" : Moi toujours ! On peut même dire que c'est le point commun de la plupart des abstentionnistes.

"quelque chose, difficile à analyser, me séduit chez Macron" : Donc finalement vous êtes d'accord avec Emmanuel Todd ? ^^

L'anonyme

valzeur a dit…

Hello Buster,

Au vu du résultat, le gage évolue.
Morain et Kaganski seront gavés de MDMA, le public de la rétrospective Dumont sera constitué de légionnaires de retour de mission et le premier film projeté sera 29 Palms.

Buster a dit…

Rien du tout, je refuse... (il dégage le gage)

Et pour fêter l'avènement de frère Emmanuel: Tourne le macaron