samedi 22 avril 2017

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Après le Z, quelle lettre.

Après le Z, quelle lettre (1) Ça turbule; et ça (se) croise. Mais en quoi. Se sentir nu de langue. Être comme ce dont parle Gérard Grisey dans son œuvre musicale: "le noir de l’étoile". Des mots non à lire, mais à atteindre dans le refoulé de la substance. De toutes façons à s’y inventer en lecture de ce qui échappe d’où s’opère l’inconnu. C’est de ces blancs de marche que le noir se détache.

Après le Z, quelle lettre (2) Ça vertige; et ça se glyphe dans les interdits d’un Œdipe de paroles. Peut-être faut-il relire Bataille. Être là - le "là" du diapason de l’être - où ne s’efface ni ne s’altère les points et les déliés, dans l’empan du vide et de l’énigme. Cette remise en question sans minorité pour la vivre. Est-ce manière de s’y offenser que de faire appel à la blafarde des centrales nucléaires. Qu’y aurait-il eu qu’il n’y a.

Après le Z, quelle lettre (3) Ça zeste; et ça se shmatte. En quelle impossible. Se poser à la ligne d’écriture, dans l’être à soi-même la bande de Moebius. En incognito d’un tout autre ordre que celui de la technique, s’inscrire dans l’histoire d’un pulsar d’origine. La volte langue danse en mémoire les refoulés gravides. A regarder les torsions de l’acrobate, on ne cesse d’aviser les mutations possibles. Qu’est-ce que l’être dit civilisé.

Après le Z, quelle lettre (4) Ça salpêtre; et ça s’iroshime. De quels lieux. De reposer question, n’est-ce pas là toucher au sacrifice. N’être affligé ni de doute ni de raison. L’écriture bleue de langue irait-elle à traverser le cyclone sans en perdre la mémoire. Que cachent les machines de ce qu’elles nous trompent et nous hypnotisent. Tuerie à distance d’une guerre nucléaire virale impitoyable, incontrôlable.

Après le Z, quelle lettre (5) Ça charrie; et ça s’essaime. Les bubons crèvent la peau de la planète. N’y aurait-il plus de "déjà". Temporalité d’un ailleurs temps; mais lequel.

Le hors-là d’ici qui n’est pas l’après-coup. Est-ce ce que Romain Rolland appelait "le soleil blanc de la substance et les mots de feu de Spinoza". Ecrire les deux mots derniers de la traversée en lettres de Do évidées et fluantes. Mais cette énergie de pulsar, que cyclone-t-elle. Cyclone: le cyclone des clonés sans paroles (6).

Après le Z, quelle lettre  (7) Ça se prologue; et ça s’hyper-vitesse. Dans quelle dimension. L’espace de lieu/temps se déformerait-il que le changement à vue déformerait même le chaos. Que le réel soit juge et parti n’imprime en rien le virtuel réservoir sans fond de tous les possibles. Nouvelles dimensions; nouveaux espaces-temps; déformation. L’ouverture est si considérable qu’à la tempérer nul ne le peut. Dans cette excessivité incontrôlable ne suiciderait-elle pas la pensée.

Après le Z, quelle lettre  (8) Ça ne bégaie; ni ne s’affecte. D’un hors-tremblé, le spectre. L’animalité de langue n’a plus cours, comme si la lettre se dégorgeait de tout le littoral. Le couple infernal 0/1 s’engouffre dans la gueule des murènes de la technologie. La terre méprisée se retire, pour quel musée de cire resterait-elle. Qu’entendre là d’où plus personne ne parle, et où seules les grenouilles en spatiales nuclées éjaculent de l’humain. L’inachevé transhume. Vers quelle planète et pour quel siècle. Voyeurs de lois et d’amendements qui nous infâment et que, de façon troublante, nous encourons le risque de pouvoir cautionner, restons vigilants à demeurer insoumis et vifs insurgés.

Claude Maillard, "Après le Z, quelle lettre",
Che vuoi? n°34: La métaphore, 2/2010

(1) Qu’est-ce que ça écrit aujourd’hui? Dans et sous la parole, mais de quelles paroles. Le "d’où ça écrit" écrit comment. Et précisément d’où.
(2) Dans l’a posteriori d’une société qui va, en pure inconnaissance voire innocence, à sa perte (?). Mais quel a posteriori en petit a? De quel objet et de quelle chute? Qu’y aurait-il dans un écrire/ ne pas écrire, ne plus écrire?
(3) La Méga-machine se montre monstrueusement "internet" et les machines machinantes s’excrémentent dans le fleuve d’Hiroshima Nagasaki. La planète terre vit sa disparessence.
(4) Quel au-jour-dit? S’agit-il d’écrire là une entreprise qui n’a jamais encore eu lieu? Est-ce y être là où on n’est plus? Internet, figure monolithique, plus interrogeante que le parallélépipède autour duquel tournaient les primates dans le film de Kubrick, est le symbole d’aujourd’hui, la Méga machine. Avec elle, quelle odyssée, de quel espace et pour quelle mort.
(5) A en écrire. Mais qu’écrire quand les paroles se manquent, quand le souffle se tait. Pourtant s’y inviter dans le retournement, sans mots dire, qui rejoint l’a vocale faisant deuil de toutes lois.
(6) Oui, quel aujourd’hui. Là, où juste avant, il y eut un silence de grande humilité, un chuchotement d’épreuve, d’où ça allait pouvoir en dire d’Hiroshima l’amour dans le tournant du corps au décompté du ciel et de la terre.
(7) Au jour dit, n’y aurait-il plus que cette mise à jour d’un dit non inscrit qui se jouerait d’un petit "e" de mail en mail. Petit "e" d’une électronie de rupture.
(8) Sans l’écriture d’histoire, celle qui touche au sacré, l’homme se constituerait-il en tant que parlêtre. Ne serait-il pas seulement ce passager virtuel ou ce robot rebut de la machine?

2 commentaires:

Fieldgar a dit…

zzzzzzz

Buster a dit…

Hé hé...

Je reconnais qu'il faut aimer à la fois Lacan et la poésie pour apprécier l'écriture de Claude Maillard (une merveilleuse vieille dame de 90 ans).