jeudi 19 janvier 2017

Vanishing Twin


Cathy Lucas



POP EYE  # 12

Choose your own adventure, Vanishing Twin.

Cathy Lucas, c'est d'abord Fanfarlo, groupe dont je ne connais que le premier album Reservoir, une petite merveille, connu également pour le clip qui accompagne l'une des chansons, "The walls are coming down", dans lequel un prestidigitateur refait le célèbre numéro de Houdini, s'extrayant d'une camisole de force suspendu à un filin (on se croirait dans le Prestige de Christopher Nolan), album marqué par le goût de l'ornementation et des arabesques, qui mêlent cuivres, violons, guitares et autres mandolines, rappelant des groupes comme Beirut, Arcade Fire ou encore Broken Social Scene... Cathy Lucas, c'est aussi My Sad Captains, avec lequel elle collabora au début, puis Orlando, projet plus personnel, toujours en cours, avec Tom Furse (The Horrors) pour Earth moon earth and other round trips et Tomaga (Valentina Magaletti et Tom Relleen) pour Playtime. Music for video games (cf. Theme for a telepathic amphibian)... Enfin, last but not least, Cathy Lucas, jeune femme décidément très occupée, c'est deux supergroupes: Innerspace Orchestra, avec Tom Furse et la chanteuse Rose Elinor Dougall (The Pipettes, Mark Ronson & The Business), et donc Vanishing Twin, avec Valentina Magaletti, Elliott Arndt, le génial Phil M.F.U. (Man From Uranus), une sorte de professeur Nimbus de l'électro-rock, et Susumu Mukai (alias Zongamin). 
Vanishing Twin. Un nom lugubre (hommage à la "jumelle" manquante de Cathy Lucas, foetus résorbé pendant la grossesse - là on se croirait dans un film de Cronenberg) pour une musique qui n'a rien de lugubre, que les esprits chagrins, ceux qui pleurent toujours Trish Keenan, qualifieront de "sous-Broadcast", alors qu'elle s'en démarque par son côté plus surréaliste, presque vanvlietien, qu'elle doit en grande partie aux bidouillages sonores de Man From Uranus et sa "psychédélie moogstatique" (cf. entre autres "Vanishing twin syndrome" et "Truth is boring"), et quand bien même Broadcast ne serait jamais très loin, comme sur "Eggs", "The conservation of energy" ou "Choose your own adventure", de la même façon qu'on pense à Beach House à l'écoute de "Telescope" tant la voix de Cathy Lucas rappelle ici celle de Victoria Legrand... Mais c'est surtout au début des morceaux, car par la suite, et c'est ce qui fait l'originalité de Vanishing Twin, viennent se greffer, parfois dans une folle sarabande, non seulement les bruits hétéroclites de M.F.U., mais aussi toute une variété de styles: jazzy, ambient, krautrock et même classique ("Eggs" a des accents ravéliens), joués par une multitude d'instruments, allant jusqu'à incorporer un peu de musique africaine (peut-être parce que le label c'est Soundway records) avec le morceau-bonus, "It sends my heart into a spin"..., autant d'étrangetés qui font de cette aventure, suggérée par le titre de l'album, une expérience à la fois secrète et lumineuse... bref, magique.

2 commentaires:

Anonyme mou a dit…

Quel étourdi faites-vous Buster, vous avez oublié cette vidéo : Choose You Own Adventure !
C'est vrai que ce morceau est très (trop peut-être?) Broadcastien...

Buster a dit…

Oui oui, le lien avait sauté dans ma playlist 2016, du coup j'ai oublié de le rajouter, c'est chose faite, merci.