dimanche 15 janvier 2017

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The other side of hope d'Aki Kaurismäki.

Extrait d'une conversation (à trois):

- Alors comme ça tu n'as pas aimé Neruda?
- Non, trop de bluff, trop de flafla...
- Avec Jackie tu vas être servi.
- Tu l'as vu?
- Pas encore, mais j'imagine que c'est pareil.
- Sauf que là il y a Natalie Portman.
- Ho, tu es fan de Natalie Portman?
- Pas spécialement, mais Jackie c'est un film d'actrice.
- Tu aimes les films d'actrices, toi?
- Pas spécialement non plus, mais dans le cinéma actuel, surtout américain, l'actrice c'est souvent ce qui sauve un film.
- Ah oui?
- Oui... Pour moi aujourd'hui, dans le cinéma d'Auteur, avec un grand A, celui qui est prisé par la critique, cinéma boursouflé et tape-à-l'œil, le seul truc qui permet d'avaler la pilule, c'est l'actrice, quand elle est là bien sûr...
- A la place de l'auteur? 
- Pas à la place, mais en face, le forçant du coup, par sa présence et son jeu, à la regarder, la regarder elle, et non plus se regarder lui, en train de filmer, avec tous les effets de manche que ça entraîne...
- Les grands auteurs ne sont pas tous narcissiques...
- Un peu quand même... Sinon on a affaire à de grands enfants. L'actrice est là alors pour leur faire oublier leurs jouets. 
- Ha ha ha...
- Et ça marche aussi avec les acteurs?
- Peut-être, mais c'est plus compliqué.

A venir: Cathy Lucas et Vanishing Twin, à propos de l'album Choose your own adventure, le dernier en date à tourner en boucle sur ma platine.

31 commentaires:

Anonyme a dit…

marrant, on dirait que ce sont les trois personnages du film de Kaurismaki qui discutent

Buster a dit…

Bah oui, c'était un peu l'effet voulu ;-)

Louis Skorecki a dit…

Crétins de cinéphiles..

D&D a dit…

Bonjour Buster,
Je n'aurai sans doute pas pris cet échange au degré qui convient, mais,
il se trouve que j'ai vu récemment "Premier contact" et que ce qui tient
le film pour moi c'est surtout Amy Adams. C'est elle qui fait que ça vaut un peu
le coup, elle qui fait que son réal est aussi "obligé" de ne pas faire
(que) n'importe quoi. Et pas au sens des caprices des stars d'antan. Mais
parce qu'elle est bien du côté de la présence, de la croyance, de quelque
chose d'irréductible... Enfin, ce n'est pas très important...
Bonne année à vous Buster !

Buster a dit…

Bonsoir D&D,
C'est le degré qui convient, il y en a qu'un... Et je suis d'accord, le film c'est Amy Adams, c'est elle qui fait que cette histoire de "premiers contacts" (ET/nouveau-né) n'est pas trop gnangnan...
Bonne année à vous.

mike a dit…

Manque d'exemples.

Buster a dit…

Des exemples?

Refn: d’abord que des films à biceps, sans intérêt, puis Drive où Carey Mulligan apporte une touche d’émotion, alors que dans The neon demon, film pourtant sur la Femme (!), c’est complètement creux, et Dakota Fanning, la pauvre, n'apporte rien du tout
Aronofsky: du cinéma boursouflé puissance 4 (pas vu Noé, oublié The Fountain), dans Requiem for a dream, je me souviens surtout d’Ellen Burstyn, et puis bien sûr Natalie Portman dans Black swan
PT Anderson: Je passe sur Boogie nights, il y a Julianne Moore mais j’ai oublié le film, Magnolia, There will be blood, The master, Inherent vice, ce sont des films mastocs d’acteurs, pas vraiment d'actrices (si, Amy Adams dans The master mais personnage sacrifié)
McQueen: lui c'est la grosse frime, Hunger, Shame, 12 years a slave, des films d’acteurs là aussi et même d’un seul acteur (Fassbender), seule véritable émotion, Carey Mulligan (à nouveau) dans Shame
Malick: ses derniers films The tree of life, A la merveille, Knight of cups… là c’est la pompe totale, actrices et acteurs n’existent plus.

Buster a dit…

Et puis aussi:

Quelques latino-américains très doués dans le genre: Inarritu lui c'est le champion (des films bien bouffis, surtout d'acteurs, hormis Naomi Watts dans 21 grammes), Cuaron (Le Fils de l’homme, trop compliqué, je me souviens plus de Julianne Moore, décidément elle a pas de chance, Gravity, là évidemment je me souviens de Sandra Bullock, magnifique) et donc Larrain…
On pourrait ajouter Rooney Mara dans Millenium de Fincher, et bien d’autres encore…

Brundlefly a dit…

Pas vu "American Pastoral" mais toutes les critiques que j'ai parcourues s'accordaient sur deux points : 1) le film est mauvais ; 2) Jennifer Connelly est remarquable.

Buster a dit…

Ah Jennifer Connelly! (pas vu le film non plus)

Anonyme a dit…

ça marche avec Kubrick?

Buster a dit…

Faut essayer...

(Nicole Kidman dans Eyes wide shut, Douglas Rain/HAL dans 2001)

§ a dit…

Je ne suis pas convaincu par votre théorie. Elle ne pourrait, à la rigueur, s'appliquer qu'aux mauvais cinéastes. Et puis, par exemple, en quoi les présences d'Ellen Burstyn et de Natalie Portman empêchent Requiem for a Dream et Black Swan d'être des daubes ? S'il y a un film d'Aronofsky sauvable, c'est The Westler (et peut-être Pi), et grâce à un acteur (Mickey Rourke). Et croyez-vous vraiment que PT Anderson deviendrait un meilleur cinéaste s'il s'intéressait soudain aux actrices ? Je déteste Magnolia de toute mon âme, mais j'en retiens quand même... Tom Cruise.

Buster a dit…

On s’est mal compris §, d’abord ce n’est pas une théorie, ensuite je ne dis pas que l’actrice empêche le film d’être mauvais, je dis simplement que parfois l’actrice, mais pas n’importe laquelle, par sa présence, son aura, forçant le cinéaste à être plus humble (il ne devient pas meilleur, il n’est là que pour enregistrer le temps de la scène, ce qu’il voit devant lui, caquet rabattu), fait oublier la prétention de l’ensemble.

§ a dit…

D'accord, mais ça marche rarement comme ça. Black Swan, par exemple, est sans doute le film le plus prétentieux et pompeux d'Aronofsky. Et Nathalie Portman y est tout sauf regardée. C'est même l'une des choses que je trouve très déplaisantes dans ce film : son plaisir à soumettre son actrice. Il rabat beaucoup plus son caquet avec Mickey Rourke, parce que Rourke est devenu un monstre, un vrai.

Buster a dit…

Oui bien sûr, c’est ce qui rend The Wrestler globalement supportable, la monstruosité de Rourke, par son physique et sa démesure, qui écrase tout sur son passage, renvoyant Aronovsky dans les cordes, c’est de l’ordre de la fascination… En fait, ce que j’essaie de signifier c’est mon rapport aux actrices dont je ressens souvent la fragilité, la vulnérabilité, plus exposées que les acteurs, face à des cinéastes pleins d’arrogance, et qu’à certains moments, au détour d’une scène, qui apparaît alors comme une stase, presque hors du film, quelque chose se met à craquer, le cinéaste baudruche se dégonfle, une émotion surgit, qui ne doit rien au cinéaste, mais tout à l’actrice, c’est très particulier, ça ne sauve pas le film évidemment, qui reste très mauvais par ailleurs… Black swan n’est pas le meilleur exemple, Aronofsky filme Natalie Portman comme un pied, mais je l’ai ressenti quand même par instants…

Anonyme a dit…

Mais ce que vous dites, ça fonctionne avec tous les films, bons ou mauvais

Buster a dit…

Le sujet c’est pas ça, c’est le pouvoir qu’ont certaines actrices de suspendre, ponctuellement hélas, l’aspect frimeur et pompeux qui caractérise les films de certains cinéastes adulés par la critique… je ne dis rien d’autre

Marguerite a dit…

Oui mais une actrice capable de tels moments dans un mauvais film le sera aussi dans un meilleur film, non ?

Buster a dit…

Bah oui et alors? Si c’est un super film, ça va participer à la réussite du film au même titre que plein d’autres choses, ça n’a pas grand intérêt, alors que si le film est mauvais, ces moments-là prennent davantage de relief, au point parfois d’être encore plus touchants.
Enfin bon, je vois que j’ai dû mal à me faire comprendre, mais c’est pas grave, cette question m’est juste venue à propos de Jackie: est-ce que la présence de Natalie Portman allait apporter un supplément d’âme au cinéma de Larrain? Réponse dans une semaine, on peut changer de sujet.

Marguerite a dit…

Ah zut, j'ai fâché Buster.

Stella a dit…

Emma Stone dans La La Land peut-être ?

Buster a dit…

Peut-être... pas encore vu le film, et pas vraiment pressé de le voir, j'avais déjà zappé le précédent, Whiplash, qu'on disait très rentre-dedans.

Pierre Léon a dit…

Tralala Land, c'est une plaisanterie. Peut-être même le début d'un sous-genre : le film-souvenir. Comme une Tour Eiffel achetée sous la Tour Eiffel. Ou les boules de verre, avec le Sacré-Cœur tourbillonné de neige, vous voyez. Musique débile, non-danse absolue, acteurs mono (bi, au maximum), expressifs. En fait, c'est le cinéma filmé filmé. "Whiplash", qui était déjà un remake (secret, probablement involontaire) de "Prova d'orchestra" de Fellini (pas vraiment un compliment), faisait plouf dans la mare des souvenirs. C'est plus malin que du Dolan (mais moins touchant de naïveté et de fausse audace), il y a assez d'argent pour faire croire que tout est merveilleux dans le monde. Mais voyons, avec une musique pareille, ce monde est un cauchemar. (A moins que ce ne soit le but de ce film, auquel cas laissons-lui son nom de chédeuvre dans Vierzon désert)

Buster a dit…

Ouh là, du "cinéma filmé" filmé, c'est pire que je ne le pensais... Et les gros yeux d'Emma, c'est pas de l'émerveillement alors?

Pierre Léon a dit…

Impossible de répondre. Ce qu'elle a à faire est tellement inepte que je n'ai vu que ça, ses gros yeux, et les mêmes mimiques mines de petite fille de toutes les jeunes actrices hollywoodiennes. Mais j'avais surtout peur à chaque moment qu'on me tape sur l'épaule, pour me fourguer un plan du film en souvenir : "Prenez celui-ci, tout le monde en est satisfait."
Flashmob filmé, si vous préférez.

Buster a dit…

Ça m'a l'air d'être le gros problème de Chazelle: enquiller les scènes comme on refourgue de la camelote, ça donne pas envie.

(je préfère la lalangue, c'est plus marrant, plus mystérieux, plus poétique...)

Anonyme a dit…

de toute façon si le film est encensé par les critiques, Buster n'en veut pas

et puis parler des films sans les avoir vus, c'est limite malhonnête, même pour quelques remarques de fond

Buster a dit…

Je m'en fous des critiques, je ne fais que répondre à Pierre Léon à propos d'un cinéaste dont les films ne m'attirent pas (histoire aussi de placer un vilain jeu de mots, mon péché mignon).

Pierre Léon a dit…

Je cherchais comment appeler la sensation de gêne face à ces toupies de l'histoire du cinéma : un sentiment de déjà-revu.

Buster a dit…

Ah oui, bien vu... du coup je vais aller voir le film pour voir si je ne l'avais pas déjà revu.