mercredi 7 décembre 2016

Le bon Sully

Vu Sully, ce bon Sully comme disait Henri IV... Et c'est vrai qu'il est bon le dernier Eastwood. Simple mais pas simpliste, une trame toute simple, tricotée simplement, avec ce maillage au niveau du temps qui est devenu la marque de fabrique d'Eastwood, permettant de maintenir, question récit, non pas une tension, nul suspense ici, mais une forme d'accrochage, autour d'un événement qui n'a pourtant duré que quelques minutes (on connaît l'histoire, je n'insiste pas, à lire sinon sur Wikipedia: vol 1549 US Airways). Un bon film donc, très bon même, serré dans sa mise en scène, généreux sur le fond, qui se révèle assez proche du dernier Spielberg (le Pont des espions, pas le Bon gros géant), lié en partie à la présence de ce brave Tom "Thanks" Hanks - THANKS/T.HANKS parce qu'on a toujours envie de lui dire merci - dans son rôle de good person, héros malgré lui, qui n'a fait que son job, fort de son expérience (et d'un sacré sang-froid)... De sorte que Sully apparaît comme l'envers d'American sniper, le versant positif de l'american hero, du côté des bons sentiments - une façon aussi d'exorciser la tragédie du 11-septembre auquel les cauchemars de Sully font inévitablement penser -, évoquant alors certains films de Capra (Eastwood en "bon docteur"?)...
Mais si la force du film (qui pour le coup me réconcilie avec son auteur) tient pour l'essentiel à sa part d'humanisme (que cet humanisme soit libertarien importe peu), à travers l'opposition que le film met en scène entre d'un côté l'humain, un pilote de ligne confronté au réel - l'arrêt en plein vol des deux moteurs de son avion après avoir percuté un groupe d'oies sauvages, événement inédit -, et de l'autre, l'expertise scientifique, faite de simulations, reproduisant l'accident sans tenir compte du facteur humain, pierre angulaire du film: les quelques secondes qui se sont nécessairement écoulées avant qu'une décision soit prise, quant à l'atterrissage en urgence sur une piste alentour ou l'amerrissage en catastrophe sur le fleuve Hudson... elle tient aussi à la manière dont Eastwood, à l'instar du capitaine Sully et de tous ceux qui ont œuvré au sauvetage des passagers, a construit son film, sans temps morts (évidemment), mais surtout avec un sens aigu du "timing", qu'il s'agisse des scènes de l'accident (revues plusieurs fois sans effet de redondance) ou de celles de l'audition (semblables aux grands films de prétoire), faisant de Sully un modèle d'efficacité, dans sa mécanique même, à la fois clair, net et précis, ce qui, en ces temps de boursouflure généralisée, qu'elle soit esthétique ou fictionnelle, est plus qu'appréciable, je dirais salutaire.

24 commentaires:

Anonyme a dit…

Ravi de voir que vous aimez le dernier Eastwood, vous aussi. Je l'ai vu dimanche soir en compagnie d'amis et j'ai déjà envie d'y retourner. Ce que j'aime le plus chez Eastwood, même dans American Sniper, que je revois avec plaisir, c'est qu'avec lui les héros (il faut bien employer ce mot) ne sont pas des montagnes de muscles, des surdoués ou des anormaux : ils sortent de la masse du peuple. Chez Eastwood, un ouvrier ou un paysan peut prétendre à un acte héroïque. Sans rien attendre en retour. Juste parce que c'était the right thing to do. Eastwood reste fidèle à son peuple, auquel il trouve toujours du génie, du talent ou un don spécifique. Toujours sous-estimé, toujours utile en fin de compte.
Dans Sully, Eastwood expérimente une caméra numérique, et cela se voit trop. J'ai été un peu gêné pendant la projection par la faible profondeur de champ de beaucoup de scènes. L'écran hors d'âge n'a pas aidé. Mais c'est le lo
t de ceux qui fréquentent les petites salles, les seules à projeter le film en VOSTFR. J'aime bien le jeu de Tom Hanks, l'un des plus grands acteurs US, et depuis un bail, tout en retenue. Par contre, Aaron Eckhart, en co-pilote mais pas co-star, est peut-être trop en retrait, j'ai un peu de mal avec lui...
Et puis la famille de Sully, qui n'existe pas beaucoup. Normal, me direz-vous, elle n'est pas le sujet, juste un de ses attributs, et puis Eastwood doit organiser la quasi solitude de son american hero, sinon ce ne serait plus tout à fait un héros. Là où, dans la bonne vieille Europe on aurait collectivisé l'évènement, Eastwood sait que l'héroïsme peut être individuel, à cent pour cent ou presque.
Au final, oui, un bon film (seulement? écriront les folliculaires), comme d'habitude. L'homme contre la machine, contre le système, contre ses doutes.
Numéro 1 ou 2 du top annuel chez moi...
Ludovic

Anonyme a dit…

Le facteur humain, c'est le titre de la critqiue des Cahiers et de celle dePositif

Buster a dit…

Ha ha... j'ai bien fait de changer, c'était aussi le titre de mon billet.

Ludovic, Sully sera dans mon Top également, peut-être pas 1 ou 2, les places sont déjà prises, mais dans les 10 assurément.
Sinon concernant l'Imax, c'est ça aussi qui fait la réussite du film, l'aspect clair net et précis de la mise en scène arrive à faire oublier l'aspect clair net et précis de l'image.

Ravaillac a dit…

Sully, c'est pas si bon que ça

Donald Trump a dit…

L'aspect clair net et précis, mise en scène versus Imax, j'ai pas compris

Buster a dit…

T’as raison Donald, mon commentaire lui n’était pas clair net et précis… la faute à mon mobile, pas foutu d’aligner deux phrases correctes, j’ai été au plus vite.

Ce que je voulais dire, c’est que l’Imax chez Eastwood ce n’est pas de la gonflette esthétique (Sully ce n’est pas the Revenant), c’est surtout pratique, l’aspect clair net et précis du film (au passage le héros est d’origine suisse :-) vient non pas de l’image, assez quelconque dans son traitement par rapport à ce que l’Imax peut offrir en termes de clarté et de précision, mais de la mise en scène…

Anonyme a dit…

Les places 1 et 2 pour Love & Friendship et Julieta, respectivement, n'est-ce pas ?
Ludovic

Buster a dit…

Oui... sauf que l'ordre n'est pas fixé (c'est comme pour Absolute truth et Fell).

valzeur a dit…

Hello Buster,

Vous êtes bon et généreux, je l'avais presque oublié.
Je sors de Sully, c'est d'un inintérêt profond, le matériau de départ est celui d'un docudrama, et bingo !, Sully n'est rien d'autre qu'un docudrama médiocre et patapouf complètement inhabité malgré tous les efforts d'Eastwood (j'ai beaucoup aimé la tirade finale sur le facteur humain qui m'a semblé particulièrement appropriée dans un film où à peu près tous les personnages sont en carton-pâte).

Buster a dit…

Salut valzeur,

N’importe quoi, c’est pas patapouf du tout, c’est dégraissé jusqu’à l’os...

Anonyme a dit…

C'était pas déjà valzeur qui n'en pouvait plus de ne plus en pouvoir au sujet d'American Sniper ?
Quant à l'inintérêt, je me permets de vous rappeler qu'il fonctionne dans les deux sens : absence d'intérêt offert par quelque chose ; absence d'intérêt porté par quelqu'un à quelque chose. Je devine sa position.
Quitte à être anti-Eastwood, autant l'assumer en attaquant directement ce dernier...
Ludovic

Buster a dit…

De toute façon valzeur n'aime pas grand-chose, à part le cinéma autrichien... d'où son nom.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Pas le temps de développer comme je le voudrais sur ce chef-d’oeuvre du 7ème art, ce sera pour ce week-end.

Bien sûr que Sully est patapouf, il parvient même curieusement à être à la fois LOURD et CREUX :
a) LOURD :
- l’argument : Sully est-il un héros ou un imposteur ? (formulé tel que dans le rêve avec la journaliste télévisuelle). Passionnant, vraiment, là où le film n’entretient jamais aucun trouble majeur, Sully « did his job », etc.
- le parallèle avec le 11 septembre : dès l’amorce, on y a droit et Eastwood nous ressert à la louche plusieurs fois, Sully est un revenge-porn cataclysmique de ce point de vue-là...
- la caractérisation des personnages secondaires (auxquels le spectateur lambda s’identifiera) :
---) les passagers du vol : femme en fauteuil roulant, bébé, grosse dame, et l’inénarrable trio de golfeurs, de gros nazes animés de motivations que tout un chacun comprendra/partagera (leur « urgence de golf » à l’hôtesse de l’enregistrement)
---) les sauveteurs new-yorkais : Eastwood accorde aux plongeurs une ou deux répliques hors intervention pour semble-t-il les faire « exister » ; évidemment, ces braves hommes dévoués à la nation et au bien d’autrui discutent des mérites comparés de sportifs, comme n’importe qui, entre deux sauvetages ; remarquons que chez Eastwood, le brave homme discute forcément de sport, pas le tueur en série pédophile, d’au hasard, L’Echange, qui lui ne discute de rien (tiens, c’est un tueur en série pédophile !)
---) les fans enamourés ; tous collants/collantes, l’admiration goloïde aux lèvres (les soûlots du bar quand même si sympathiquement américains), les femmes toutes promptes à tailler une pipe à Sully, ce que seule les empêche la présence d’une distribution masculine à côté de Tom Hanks (« You’re so gréâât, your’re a hero ; what i can do for you ? ; say ANYTHING). Les femmes sont évidemment des éponges de phéromones à côté des mâles dominants… Subtilement primitif, comme dirait Pauline Kaël.

b) CREUX :
- le sous-investissement narratif : Sully est une histoire qui finit bien dès le départ, sans conflit apparent (le cas de conscience est minimal, voire inexistant, et les infâmes personnages mettant en cause le héros même pas si infâmes et tout à fait prêts à succomber à un argument bien assené - le facteur humain - ils s’en excuseraient presque)
- le personnage principal ; je lis partout que Sully est un personnage complexe et sombre, angoissé comme tout bon héros eastwoodien (pardon ????) ; le pauvre Tom Hanks n’a pratiquement rien à jouer, tel que développé le scénario son personnage est une surface sans pratiquement d’affect (un pilote qui ne pense qu’à ça, piloter, une;pure FONCTION)
- la morale : fais que tu dois, sois toi-même, au fond de ton coeur, tu sais que tu as bien agi, et le monde le saura bientôt, héros ! Ouah ! Sully est un film pour grands adolescents, pour américains quoi… Monde adulte, reste LOIN de Clint Eastwood même vieillard, même aux portes de la Mort...

Quizz maintenant : Sully me parait, dans ce qu’il a de plus intéressant (et c’est malheureusement mort-né à l’écran) le remake souterrain et assez évident d’un grand film. Lequel ? Gagnez mon respect, Buster, si vous trouvez. a priori, aucun des nullards qui s’est esbaubi sur ça n’a trouvé dans la presse… Buster, je compte sur vous ! Le titre du film est quasiment cité dans le dialogue… Cela me permettra de développer sur ce qu’est le sujet caché de Sully à mon sens (eh oui, il y a un sous-texte : LOL, si je puis me permettre)

La seule critique valable est celle d’Ostria, une micro-notule : « un pensum bien-pensant riche aux figures lisses et inconsistantes ».

Buster a dit…

OK valzeur... Bon il y a des choses justes dans ce que vous dites concernant notamment les personnages secondaires, sauf que c'est justement secondaire, Eastwood va à l'essentiel, ce n'est pas un film lourd et creux, mais SIMPLE et RAPIDE, en un sens on peut considérer Sully comme un film "mineur" dans la filmo d'Eastwood, mais c'est là où pour moi il est le meilleur... Les passagers, les sauveteurs, l'épouse, on s'en fout, le seul intérêt du film c'est Sully, personnage qui n'a rien de complexe, ni d'ambigu, on est d'accord, mais c'est la réalité du personnage, c'est un héros à la Capra, donc sympathique, qui vit mal sa soudaine notoriété... la complicité qui existe avec son copilote est très belle et l'opposition (que Eastwood semble avoir exagéré à des fins dramatiques) avec les gens du NTSB participe là encore de la veine caprienne du film... Sa réussite c'est justement d'avoir rendu attrayante une histoire à la base sans grand intérêt.

Quant au quizz, j'espère que vous ne pensez pas à Flight de Zemeckis, tout le monde en a parlé aux USA.
Dans la volonté de Sully de ne pas être considéré comme un héros, on pense aussi au film de Frears, Héros malgré lui, c'est pour ça d'ailleurs que j'utilise l'expression dans mon texte, mais bon, vous allez sûrement me parler d'un autre film...

Maître Capello a dit…

Simple ou inconsistant? Rapide ou lisse? That is the question.

Anonyme a dit…

La référence appuyée au 11 Septembre, c'est pas super léger en effet

Buster a dit…

Pourquoi appuyée? La référence est répétée d’abord parce que c’est une image-trauma, ensuite et surtout parce qu’elle remplit une fonction bien précise dans le récit et la fameuse question du facteur humain. On peut en effet imaginer que c’est l'image d’un avion percutant un gratte-ciel, rappel du 11 septembre, qui, entre autres et de façon plus ou moins consciente, a joué dans la décision rapide de Sully de ne pas chercher à regagner un aéroport pour atterrir. Ce n'est pas dit explicitement (sinon c'est ça qui aurait été lourd) mais l'idée fait son chemin à mesure que le film avance et que l'image se répète jusqu'aux derniers tests de simulation, ceux qui prennent en compte le "facteur humain" (le temps de réaction et de décision) et se terminent alors par un crash.

Harry Callahan a dit…

CQFD

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je vous rejoins sur un point : Sully est bien un film simple. Pour la rapidité, c’est oublier la structure en circonvolutions qui découpe le crash en trois parties (dont l’interminable et peu captivant sauvetage). Ajoutons à cela les deux simulations finales qui allongent d’autant la sauce (une aurait amplement suffi).

J’aime assez malgré tout - sauvons ce qui peut l‘être - les scènes entre les enquêteurs et Sully doublé de son co-pilote (l’excellent Aaron Eckart), voire (un peu) le procès - dont, vous avez raison, les enjeux sont forcés (la phrase au téléphone avec sa femme où l’on apprend que Sully peut tout perdre : la maison, la résidence secondaire, le chien et évidemment l’honneur…).

Le film dont je parlais - vous me décevez, Buster, tsss tsss - est Une question de vie ou de mort de Michel Powell et Emeric Pressubrger (Eckart au jury : « It’s life and death »). Dans le film du génial Powell, un aviateur après un crash raté erre sur terre entre les morts et les vivants avant que son sort ne soit fixé à l’issue d’un procès un poil appuyé (ce qui n’est, loin s’en faut, pas le meilleur du film). Le personnage d’opératrice radio avec qui il noue un lien très fort est scindé chez Eastwood entre: l’aiguilleur du ciel très émotif (crypto-gay, quoi) et Laura Linney, la femme de Sully avec qui il ne converse que par téléphone. C’est que Tom Hanks est jeté dans les limbes médiatiques et judiciaires, si bien que ce qui lui est proche (sa famille, son travail) devient lointain. Il est condamné à l’errance - ce jogging interminable où Eckart, son copilote aux allures de psychopompe (la moustache qu’on croirait postiche de l’acteur). D’où également les curieuses touches « oniriques » - bien peu convaincantes car noyées dans la soupe - l’éclairage maniériste des yeux de Hanks après le premier cauchemar (infra-gothique, du sous- Bava….) et l’ombre/halo enfumé(e) qui semble poursuivre Hanks dans son jogging au passage d’un pont.
Un plan assez beau - celui de l’avion vu du ciel amerrissant - pourrait évoquer un équivalent lointain dans UQDVODM : le tribunal vu de très haut devenant une galaxie.

Le thème sous-jacent complètement évité par le film est celui de la Mort, que l’on ne nomme même pas ou du bout des lèvres. A Hanks, Linney en larmes avoue qu’elle vient seulement de réaliser qu’il « aurait pu être l’un des 155 » ((sous-entendu : « morts »). Cette dimension « métaphysique » (ce qu’est être un corps vivant puis mort) figure à l’état de traces, comme les sulfates dans le vin, mais Eastwood, un brave gars aussi profond qu’une flaque, ne peut rien en faire puisqu’il vise le film boyscout sur la fabrique d’un héros sans tâche.


Buster a dit…

Pas mal la comparaison avec le film de Powell, mais à trop vouloir faire le rapprochement vous faussez votre regard sur le film d'Eastwood qui n'est pas exactement le remake même souterrain du Powell. Et quand bien même il le serait il s'inscrit dans un contexte complètement différent (Seconde guerre mondiale vs Post-11 septembre), de sorte que les thèmes ne sauraient être traités de la même manière. Pour autant la comparaison est intéressante, notamment sur la question de la mort et de sa représentation, moins pour les ressemblances que pour ce qui au contraire différencie les deux films. Dans mon souvenir, le film de Powell (et Pressburger), très allégorique, sinon kitsch par moments, avait quelque chose de biblique... Dans Sully, c'est moins la question de la mort dans sa dimension métaphysique que celle du réel: la mort était là mais on est vivant (chez Powell c'est différent, c'est par erreur que le pilote reste "vivant" alors qu'il est censé être mort)...

A suivre, il est tard, je vais me coucher.

Anonyme a dit…

Chacun ses goûts, comme dirait l'autre. Par contre, OK avec Buster sur la simplicité, un peu sinueuse quand même. Je ferais bien la comparaison, très générale, avec Allan Dwan, chez qui, très souvent, les histoires simples sont moins simples qu'il n'y paraît.
Ludovic

Buster a dit…

Ah oui Dwan, il y a de ça... du coup l’inspecteur Harry est devenu inspecteur des Dwan (humour biettien).

Sinon valzeur, OK pour le "héros sans tâche", c’est le sujet du film, ce qui n’enlève rien à sa qualité, et à ce titre c’est bien l’anti-sniper. Après pour le côté boyscout, pourquoi pas, au sens idéaliste du mot, moi ça ne me gêne pas. Si je reconnais quelques baisses de ton, ici et là, et c’est vrai en y repensant qu’Eastwood aurait pu supprimer quelques tests de simulation, le film est dans son ensemble, au niveau de sa construction, de son tempo, des principaux personnages (Sully, le copilote et les enquêteurs du NTSB), une vraie réussite qui nous change du pudding habituel, celui qu’on se farcit à longueur d’année (dernier en date: le Jacquot, aussi hanté qu’un frigo en mode supercongélation).

Anonyme a dit…

"un film simple... sans sophistication... mais juste, percutant, plein d'acuité, et fort." Sully ? Non, À jamais de Jacquot par l'inénarrable Morain :)

Buster a dit…

Morain? Connais pas.