vendredi 7 octobre 2016

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Clara et les pas chics types (attention spoilers!).

Vu Aquarius de Kleber Mendonça Filho. Mouais... Il y a de bonnes choses dans ce film mais aussi des choses moins bien. Et comme tout le monde a aimé - à deux ou trois exceptions -, je vais m'attarder sur les choses moins bien. D'abord je trouve que le film n'est pas exempt d'une certaine démagogie, le terme est peut-être un peu fort, d'autant qu'il ne touche pas qu'à son contenu politique, mais il est indéniable que Mendonça Filho a fait là un film qui caresse le spectateur (autant que le critique) dans le bon sens (le sens du poil, je dirais même du cheveu)... Une femme seule, un peu égoïste mais pas trop, un peu fantasque mais pas trop, contre de vilains promoteurs immobiliers, métaphore de la société brésilienne et de son délabrement, en même temps que symbole de résistance face à un capitalisme dérégulé (c'est celui des Illuminati), cynique et donc prêt à tout pour arriver à ses fins... Bon évidemment c'est plus subtil que dans un film de Ken Loach, il n'empêche, un peu plus d'ambiguïté dans les rapports entre l'héroïne et les Bonfim n'aurait pas fait de mal, empêchant le film de dérouler implacablement son discours, quand bien même on y adhère, forcément ajouterais-je, avec ses gros effets au niveau scénario: une orgie juste au-dessus de l'appartement, de la merde dans les escaliers et, pour finir, une termitière, rien que ça, toujours au-dessus... Parce que c'est pas joli-joli ce qu'on lui fait à l'héroïne, et ce d'autant plus que c'est pas n'importe qui, c'est Sonia Braga, star du cinéma brésilien des années 70-80 (Dona Flor, Gabriela, la femme araignée...) - à qui le film rend hommage en convoquant dans sa première partie la période en question, comme en attestent les références à Queen ("Another one bites the dust"...), Gilberto Gil ("Toda menina bahiana"...) ou encore Kubrick (Barry Lyndon) - Sonia Braga dans le rôle de Clara, devenue ici critique musicale - elle a écrit un bouquin sur Villa-Lobos -, femme de goût, qui a aussi du bagout, personnage auquel on est censé s'attacher, sauf qu'on ne s'y attache pas vraiment, peut-être parce que là encore, comme pour les méchants promoteurs, KMF appuie un peu trop le côté méritant du personnage, lui collant un passé de victime du cancer, et pas n'importe lequel, un cancer du sein, ayant nécessité l'amputation, et les conséquences que cela entraîne lors des relations sexuelles (en l'occurrence avec un veuf puis un gigolo, chacun réagissant différemment à la situation, le premier préférant abandonner, quand le second, lui, changera de côté). Tout ça tend à surcharger le film, de façon assez complaisante (du sexe et de l'étrangeté, voire de l'horreur, ça marche toujours) que n'effacent pas les moments (plus réussis) où le film navigue, au gré de la mémoire de Clara, entre passé et présent, sans recourir aux artifices. Car c'est bien là le problème: Aquarius est un film un peu trop lisible, à la mise en scène un peu trop voyante (ah le coup de la commode), ce qui serait acceptable s'il y avait comme par exemple chez Glauber Rocha un vrai souffle, qui libère le film de ses petits tours de passe-passe scénaristiques, le dégage de son aspect déceptif (cette histoire d'immeuble n'a finalement pas grand intérêt, KMF aurait gagné à faire de l'Aquarius, l'immeuble, un vrai personnage), alors que là, bah non...

PS. Il faudrait que je voie les Bruits de Recife.

42 commentaires:

Griffe a dit…

Vous avez entièrement raison, Buster. Finalement, je préfère son premier film, où les flottements ("ces moments plus réussis" d'Aquarius) sont plus nombreux et plus tenaces, ne se laissent pas dévorer par le scénario manichéen. À propos de manichéisme, qu'avez-vous pensé de la scène où le jeune Bonfim qu'elle engueule dans la cour lui renvoie ironiquement à la figure qu'elle s'est certainement beaucoup battue pour s'en sortir ?

newstrum a dit…

Bonjour, reprocher au film un certain manichéisme, c'est un angle d'approche possible - et comme d'habitude, vous exprimez très bien les raisons de vos réticences. Mais il me semble que c'est d'abord le portrait d'une femme avant d'être le portrait d'un immeuble ou d'une situation donnée. Dans le film, l'Aquarius n'existe qu'en tant qu'il porte les souvenirs de Clara, de même que les objets (la commode) qu'il contient : chacun est un lieu de mémoire (j'en parle un peu chez moi), mais c'est d'abord la mémoire de Clara - même si le réalisateur a aussi en tête la mémoire du Brésil à l'arrière-plan. C'est donc un film-personnage, où tout est vu au travers de cette femme qui a sa vie derrière elle, mais qui défend bec et ongles le droit de s'en souvenir. D'où ce point de vue tranché et unilatéral, qui ne recherche pas le souffle ou la richesse d'un regard embrassant la situation avec une parfaite équité. D'où cette mise en scène si claire, d'où cette clarté qui vous gêne, d'où certes cette absence de flottements ou d'ambiguité. A cet égard, le film ne cherche pas à prendre à défaut le spectateur, ne cache pas ses intentions, n'essaie pas d'être autre chose que ce qu'il est. J'ai pour ma part apprécié cette clarté et la maitrise avec laquelle tout cela était exposé - sans compte la séduction que continue d'exercer Sonia Braga, formidable ici.
Strum

Brundlefly a dit…

"Les Bruits de Recife" était une plus belle réussite, mais convenons que le deuxième long métrage est toujours un cap difficile à passer, avec à la fois l'envie de reproduire ce qui était abouti dans le premier, tout le dépassant par une plus grande ambition, et ici en étant plus explicite sur le plan politique (du coup c'est un peu une certaine qualité d'opacité, d'incertitude, qui se perd, la part d'abstraction qui est moindre). Bizarrement quand on voit pour la première fois l'affiche de Barry Lyndon sur le mur de l'appartement, on pense à un autre film de Kubrick, 2001, à cause de l'ellipse de trente-cinq ans, très belle et émouvante, à la fin du prologue. Parce qu'au-delà de cette histoire de promoteurs immobiliers, de capitalisme et de corruption, au fond son sujet c'est le temps. Vous avez raison sur l'immeuble, quel dommage de lancer vaguement une piste au détour d'une réplique de la fille de Clara ("tu vis dans un immeuble fantôme"), et de n'en rien faire.

Buster a dit…

Salut à tous,

Griffe> sur l'instant, j'avais pris ça comme un mélange de cynisme et de condescendance, après on apprend avec l'héroïne qu'il existe un lien de parenté entre les deux personnages, peut-être que le jeune Bonfim connaissait le passé de Clara. Vous avez compris la scène différemment?

Newstrum et Brundlefly> c'est vrai qu'il y a quand même de belles choses dans le film, le prologue notamment, au point qu'on regrette que certains personnages disparaissent par la suite (je pense à la tante Lucia)... Il est seulement dommage que la part militante du film, schématique et sans nuance, empiète à ce point sur les autres motifs (le temps, la mémoire...) jusqu'à en négliger certains (le lieu), ce qui fait que Aquarius sans être un mauvais film, loin de là, n'est pas le chef-d'oeuvre annoncé un peu partout.

Une chic fille a dit…

Je suis d'accord, mais j'aime quand même beaucoup le film et son personnage principal, et je vous aime bien aussi Buster !

Buster a dit…

Lol

Anonyme a dit…

On voudrait que KMF soit Jacques Tourneur ou David Lynch mais son modèle pour Aquarius était le Jackie Brown de Tarantino... (interview dans les Cahiers du cinéma)

Buster a dit…

Ah ouais? Faut le savoir, ça saute pas aux yeux, et du coup se référer à Tarantino dont le cinéma est déjà hyper-référencé c’est un peu décevant… cela dit j’adore Jackie Brown, et je préfère de loin les Crusaders et autres Delfonics à Queen :-)

Anonyme a dit…

y en a encore qui lisent les cahiers?

Michael Concrete a dit…

Oui.

Buster a dit…

Hé hé

mircea a dit…

Complétement d'accord avec vous Buster. Le film m'a beaucoup déçu... J'attendais beaucoup de KMF après Les bruits de Recife.. Pour moi il a raté le passage au 2éme film ..
Comme vous le disiez, le film raconte une histoire simple mais il est chargé de tout un tas de registres et de références qui l'alourdissent plus qu'ils ne le subliment (Je pense à la façon dont Ozu aurait pu raconter cette histoire, je pense aussi à la sobriété du récent Brookyn Village). Je me pose entre autres la question de la nécessité de la première partie du film qui, absente, n'aurait pas forcément donné un film très différent... Toutefois, la forme un peu foutraque du film (à mon sens) permet de sortir de la salle avec l'envie de parler de ce qu'est le cinéma...

Buster a dit…

La première partie est très belle mais l'Aquarius n'y est pas suffisamment présent qui justifierait l'importance qu'il est censé prendre par la suite avec l'histoire immobilière. Pour le coup c'est vrai que ce prologue apparaît comme un film en soi, à part, ce qui n'aurait pas été le cas si KMF s'en était tenu dans le reste du film à la veine mélancolique et aux réminiscences... Et je n'ai toujours pas vu les Bruits de Recife.

Anonyme a dit…

Bonjour Buster,

Avez-vous vu Stranger Things, le Netflix-show ? Franchement pas mal. De la SF horrifique ultra-référentielle, d'accord, et ses créateurs ne s'en cachent pas, mais avec une vraie ambiance, due pour pas mal à la bande-son synthpop 80s très bonne si on aime ce genre (Echo & The Bunnymen, Joy Division, etc.).
https://en.wikipedia.org/wiki/Stranger_Things_%28TV_series%29#Soundtrack

Côté ciné, je ne regrette pas le Dolan (comme d'hab', 0 gestion de la durée, 0 découpage intelligent, 0 intelligence tout court, tourne pour ses fanboys), et Aquarius me tente... Mais bon, j'attends toujours le chef-d'oeuvre de l'année... si tant est qu'il y en aura un !

Côté son :
La B.O. de Stranger Things : https://www.youtube.com/watch?v=oeQW2xCRCmQ

My Woman, 2nd album de Angel Olsen, avec "Shut up and kiss me", "Sisters" ou "Hi5", https://www.youtube.com/watch?v=nleRCBhLr3k

Elements, 2nd album de Mohini Geisweiller, https://www.youtube.com/watch?v=9IM8vMoy7zQ

"Adieu l'enfance", de La Féline, https://www.youtube.com/watch?v=-oZL_1ly7dA

"L'escalier" et "Je nous vois" de The Pirouettes, https://www.youtube.com
/watch?v=fc_UryVAfeA

"I can never be myself when you are around" de Chromatics, https://www.youtube.com/watch?v=Yf4nwzROXAI

"Never ever", de Royksopp, https://www.youtube.com/watch?v=JDBzeM6KLlQ

"The Magician", de Andy Shauf, https://www.youtube.com/watch?v=PN0RPWII7gY

"Stars of NY", de Look Park, https://www.youtube.com/watch?v=z3mHUpgh0TQ

"Way we won't", le retour de Grandaddy,https://www.youtube.com/watch?v=v50LoackQM0

"Thin Air", de Teenage Fanclub, https://www.youtube.com/watch?v=wjAl8jqdMjg

Bon voilà, c'est quelques petites choses repérées ces derniers temps, enjoy !
Ludovic






Strum a dit…

La première partie est indispensable car c'est elle qui fait de l'Aquarius un lieu de mémoire (via la fête qui s'y déroule, qui représente un souvenir beaucoup plus fort et vivant que ne l'aurait fait une multiplication de plans de l'immeuble), et c'est ce souvenir de sa vie passée que Clara refuse d'effacer. Par ailleurs, dans cette première partie, les objets (commode, vynils, voiture, etc.) sont également investis de souvenirs par le réalisateur et deviennent donc eux aussi des lieux de mémoire, portent la mémoire affective de Clara : ils seront traités comme tels dans la suite du film. C'est un film sur Clara et sur les objets qui portent son passé (plus que sur l'immeuble en tant que tel qui n'a de valeur qu'au travers des souvenirs qu'il porte ou représente), et c'est pour cela qu'on voit autant Clara, qu'on la suit tout du long de cette histoire - à cet égard, le titre est assez trompeur. Or, si l'Aquarius et ses objets portent la mémoire de Clara, détruire l'Aquarius, c'est détruire une partie de Clara, amputer cette amazone de ce qui lui reste. Bref, sans première partie, le film ne fonctionnerait pas.
Strum

Buster a dit…

Ludovic > Rien vu ni rien écouté de tout ça... Merci pour les liens, je vais essayer de rattraper (une partie de) mon retard. Pas facile... Sinon j'attends beaucoup du Ken Loach... (nan je rigole)

Strum > Je me suis un peu emmêlé les pinceaux dans mes explications... Bien sûr que la première partie est utile à partir du moment où on s'intéresse à Clara et son passé. Ce que je voulais dire c'est que par rapport à l'histoire avec les Bonfim, qui n'est peut-être pas le vrai sujet du film mais qui gâche pas mal le plaisir qu'on peut prendre par ailleurs, le prologue n'est pas si indispensable. L'Aquarius se résume surtout à la commode et les allers-retours de la caméra pour nous signifier son importance, mais le lieu en tant que tel n'y est pas tellement investi. Ce que l'on retient surtout de cette première partie ce sont tous ces personnages qui gravitaient autour de Clara... Donc ce n'est pas le prologue, que j'aime beaucoup, qui n'est pas utile mais bien l'histoire avec les promoteurs qui va suivre (il y a un côté Francesco Rosi dans cette histoire) et pourrir ma réception du film. Bon là je me répète... :-)

Strum a dit…

Si j'ai bien compris, vous auriez préféré finalement un film qui aurait exploré les années 1980 pendant lesquelles Clara a vécu dans l'immeuble, en rejetant de la narration les mésaventures de Clara avec les Bonfim dont le schématisme vous a déplu. C'est vrai que l'on a un pincement au coeur pendant le film quand on quitte, après cette très belle introduction, les années 1980 pour se retrouver en 2016 avec une Clara seule et âgée devant faire face à un choix binaire (vendre ou non). Mais sans cette histoire d'un promoteur immobilier voulant détruire l'immeuble (qui inscrit le film dans le présent du Brésil d'aujourd'hui), on aurait perdu ce thème du risque de la perte ou de l'effacement du passé (et donc de nos mémoires - un thème qui m'intéresse tout particulièrement), thème cher à Mendonca Filho qui regrette à juste titre la modernisation urbaine accélérée, sans regard pour son patrimoine architectural (et donc pour la mémoire de son passé), de Recife et d'autres villes brésilienne. Bref, on aurait eu un tout autre film. En l'état, le film perd en fluidité et en beauté, ce qu'il gagne en clarté et en "conscience du présent" (faute d'un autre mot). Voyez, je me répète moi aussi. :)

Buster a dit…

Oui, encore que ce n’est pas au niveau des intentions que je juge le film (la question de l’urbanisme, pourquoi pas) mais du résultat, pas à la hauteur, trop grossier, facile, qui détonne par rapport au thème du temps et de la mémoire, traité plus finement (sans crier au génie non plus). D’où le malaise. J’entends beaucoup parler de l’aspect hanté du film, franchement je n’ai rien ressenti de tel, à cause justement du portrait à charges trop chargé du milieu de l’immobilier, de certaines scènes gratuites et du manque de mystère de cet immeuble (les objets c’est une chose, mais ce qui importe c’est ce qui circule autour, invisible, magie de la mise en scène, là on devine un peu trop le procédé: un disque, une commode, un disque c'est commode…).

Anonyme a dit…

Non non non et non !

Buster a dit…

Bah si.

Anonyme a dit…

Bah non.

Dilma Rousseff a dit…

C'est marrant, mais on pourrait parfaitement retourner vos arguments et dire que si le film est beau c'est parce que les objets ne sont pas que des objets, que quelque chose de mystérieux circule dans l'appartement de Clara. Si vous aimiez davantage le film vous diriez le contraire de ce que vous dites pour justifier vos réserves.

Buster a dit…

Si vous le dites...

Buster a dit…

Oui mais l'Aquarius c'est le Verseau... Verseau versatile.

Bruno Lapaire a dit…

Ce soir : le film de l'année ! Une tragi-comédie burlesque sur fond d'apocalypse ! Et c'est sur TF1 !

Anonyme a dit…

Et puis quand on sort un poisson de son aquariu(s)m ça sautille, ça frétille, ça se retourne. Trop facile.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Aquarius n'est ni suffisamment bon, ni suffisamment mauvais pour être passionnant.
Par contre, je vous recommande instamment le dernier Dardenne qui est une nullité globale, complètement insauvable et fascinant à ce titre. Il y a une scène intéressante - pour une notation assez belle - sur 1h46 de film. Le reste s'avère consternant quasiment dès l'entame. J'espère que vous aimez les médecins des pauvres, ces prêtres laïcs modernes, et les cas de conscience grossiers, Buster ; si oui, ça va être votre fête !

Yoyo le clown a dit…

Zut, j'ai raté ça !

Buster a dit…

Salut valzeur,

La Fille inconnue, je ne sais pas, j'ai tellement de films à rattraper... en plus depuis le Fils je vois un Dardenne sur deux, et comme je m'étais farci le très mauvais Deux jours une nuit, en principe je dois faire l'impasse sur celui-ci (je tiens à ma santé). D'un autre côté l'aspect faussement simenonien de l'histoire, du Simenon à gros sabots si j'ai bien compris, associé à l'air éternellement buté d'Haenel, ça vaut peut-être le déplacement...

Albert Serra a dit…

La mort de Bhumibol on s'en fout, c'est La Mort de Louis XIV qui compte. Mon film sort le 2 novembre.

Buster a dit…

Ha ha... en plus le jour des morts! T'es un peu fêlé Albert, c'est pour ça que j'irai voir ton film...

FG a dit…

Politiquement consensuel et rassurant, principes formels très visible, métaphores claires. Bref, c'est le retour de Carlos Saura ce film.

Buster a dit…

Voilà. Una obra muy Clara... :-)

Pierre Léon a dit…

Les bruits de Récife c'est pareil que John From.

Buster a dit…

Pas vu John From, c'est bien? c'est pareil que quoi?

Son avocat a dit…

Pierre Léon n'a rien à ajouter.

Buster a dit…

Ok

Pierre Léon a dit…

Pareil que les bruits du bidon.
Ça n'a aucun intérêt ce que je dis.
C'est plaisant.

Pierre Léon a dit…

A propos d'avocat, j'ai un guacamole à faire.
Vous aimez le guacamole, Buster, ou vous trouvez ça trop années 80 ?

Buster a dit…

Si, j'aime bien... avec des chips de banane.

requiem a dit…

michel delahaye ?

Buster a dit…

Un beau portrait publié par Jacques Morice il y a deux ans: