jeudi 23 juin 2016

1977




  Le Camion de Marguerite Duras (1977).

"Le Camion ou la Terre vue d'un vaisseau cosmique" (Jean-Paul Fargier). Un film de science-fiction, le meilleur de l'année 1977 (enterrant Star wars et autres Rencontres du troisième type), mieux, LE film de l'année. D'ailleurs 1977, c'est l'année Duras, avec le Camion, mais aussi Des journées entières dans les arbres et Baxter, Vera Baxter.

5 autres films: l'Ami américain de Wim Wenders, Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel, l'Homme qui aimait les femmes de François Truffaut, les Joueurs d'échecs de Satyajit Ray et Opening night de John Cassavetes.

Cette année-là, on lit Dialogues de Gilles Deleuze (avec Claire Parnet), une nouvelle aventure de Blake et Mortimer (déjà parue en feuilleton): Les trois formules du professeur Satō (le tome 1) de Edgar P. Jacobs, et Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes.

Côté musique, c'est l'année du punk (Sex Pistols, The Clash, Ramones...) et de la mort d'Elvis. On écoute Rumours de Fleetwood Mac et Marquee moon de Television. Mais l'album de l'année c'est Aja de Steely Dan (Aja comme naja, cf. la pochette).

Sinon, en 1977, le Royaume-Uni se posait déjà la question de son maintien dans l'Union européenne, 4 ans après son adhésion et 2 ans après un premier référendum confortant le "oui"... Aujourd'hui ça n'a pas beaucoup changé. Ce qui est amusant c'est que si la moitié des British (un peu plus, un peu moins, on verra) sont pour la sortie de l'UE ("Brexit or not Brexit?"), au foot ce n'est pas le cas. Toutes les équipes britanniques qui participent actuellement à l'Euro 2016 (Angleterre, Pays de Galles, Irlande du Nord, manque l'Ecosse, remplacée par... l'Eire qui elle, évidemment, est à fond pour l'UE) se sont qualifiées pour les 1/8e, bien décidées à rester dans l'Euro le plus longtemps possible...

11 commentaires:

David Beckham a dit…

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-direct-brexit-suivez-le-referendum-sur-la-sortie-du-royaume-uni-de-l-ue_1804700.html

Fleetwod MacEnroe a dit…

77 en films, c'est aussi Ascension / Kodiyettam (Adoor Gopalakrishnan), Le Diable probablement (Robert Bresson), Femmes à New York (Rainer W. Fassbinder), Hitler, un film d'Allemagne (Hans Jürgen Syberberg), Insiang (Lino Brocka), Providence (Alain Resnais), Sentiers / Veredas (João César Monteiro), Sorcerer (William Friedkin), Le Goût de la farine (Pierre Perrault), Citizens Band (Jonathan Demme), Golden Gaï (Chusei Sone) et Bande de flics (Robert Aldrich), notamment...

Et on écoute aussi Before and After Science (Brian Eno), Heroes et Low (Bowie), Pacific Ocean Blue (Dennis Wilson), Talking Heads 77 (Talking Heads), Heavy Weather (Weather Report) et on pouvait par ailleurs aller voir Nougaro à l'Olympia (son meilleur concert)...

Et en 1977 John McEnroe remporte Roland-Garros ! (mais juste le tournoi juniors)

Buster a dit…

Merci Mac... il y a plein de bonnes choses dans tout ça!

Anonyme a dit…

Duras : "Que le monde aille à sa perte, c'est la seule politique"
Les Punks : "No future"

1977, l'année du nihilisme (romantique) et du "gai désespoir". Pourquoi tant de hargne?... Le Diable, probablement.

Waldemar

Buster a dit…

Exactement.

En complément, un extrait du texte de Luc Chessel (dans Filmer dit-elle, le cinéma de Marguerite Duras):

Non ou le communisme punk
(...) Dans "Jaune le soleil", en Judée allemande, les juifs agents de l'étranger (qui est partout) portent des vestes en cuir, cette matière signifiante. Celle des gestapistes et des staliniens, celle aussi des résistants, celle des blousons des jeunes de 68, des motards et des rockers. Tous les cuirs ne seraient pas faits de la même peau? Le cuir, c'est l'aggravation, la réversibilité des vestes, l'odeur du bouc. C'est déjà le punk que Duras cinéaste, après peut-être Kenneth Anger, invente en alliant au blouson de cuir le slogan, dit dans "Jaune le soleil" par l'acteur Samy Frey: "Il n'y a rien à continuer;" Les mutants immémoriaux parlent depuis l'avenir pour dire: no future.

Johnny Rotten a dit…

Brexit = 51,9% --> No future

Jacques Nikonoff a dit…

Les Britanniques ont raison de vouloir sortir de l'Union européenne

Le 14 janvier 1963, lors d’une conférence de presse, le président de la République française, Charles de Gaulle, annonçait qu’il était opposé à l’entrée de la Grande-Bretagne dans ce qui s’appelait alors la Communauté économique européenne (CEE). Pour de Gaulle, «la nature, la structure, la conjoncture, qui sont propres à l'Angleterre diffèrent de celles des États continentaux». Ses arguments étaient frappés au coin du bon sens. Il y avait, affirmait-il, incompatibilité entre les intérêts économiques continentaux et insulaires. Il exigeait que la Grande-Bretagne accepte toutes les conditions mises par les Six (la CEE comptait alors 6 pays) et qu’elle abandonne sa participation à la zone de libre-échange dont elle faisait partie. Le Royaume-Uni, en effet, avait pris l’initiative, par la Convention de Stockholm du 4 janvier 1960, de créer l’European Free Trade Association (EFTA), soit l’Association européenne de libre-échange (AELE). Composée initialement du Royaume-Uni, de l’Autriche, du Danemark, de la Norvège, du Portugal, de la Suède et de la Suisse, trois autres pays la rejoignaient ensuite : Islande (1970), Finlande (1986), Liechtenstein (1991). Le but était de rassembler les pays non-membres de la CEE pour lui faire concurrence. Cependant, au fur et à mesure de l’approfondissement libre-échangiste de la CEE puis de l’Union européenne (UE), les pays membres de l’AELE ont rejoint l’UE. Il ne reste plus aujourd’hui que quatre pays dans l’AELE : Irlande, Liechtenstein, Norvège, Suisse.

Le 27 novembre 1967, le général de Gaulle s’opposait une deuxième fois à l’entrée du Royaume-Uni à la CEE. Lors d’une conférence de presse il insistait sur le fait que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des Américains au sein de la CEE. Il réaffirmait l'autonomie de la défense nucléaire française face aux États-Unis, alors qu’Harold Wilson, le Premier ministre britannique (travailliste), préconisait l’engagement des États-Unis dans la défense de l’Europe. Sur le plan économique, de Gaulle craignait que la CEE ne devienne qu’une simple zone de libre-échange et que la Politique agricole commune (PAC) soit remise en cause. L’adhésion de la Grande-Bretagne était bloquée.

Après le référendum organisé en France le 23 avril 1972, la Grande-Bretagne entrait dans la CEE. La question posée aux Français était «Approuvez-vous, dans les perspectives nouvelles qui s’ouvrent à l’Europe, le projet de loi soumis au peuple français par le président de la République, et autorisant la ratification du traité relatif à l’adhésion de la Grande-Bretagne, du Danemark, de l’Irlande et de la Norvège [par référendum les Norvégiens diront NON] aux Communautés européennes ?» Le président de la République française, Georges Pompidou, trahissant de Gaulle, avait appelé à voter OUI. Les socialistes appelaient au «refus de vote», les communistes étaient pour le NON. Le OUI gagnait avec 68%, il y avait 40% d’abstention.

Nikonoff (2) a dit…

Où en sommes-nous cinquante ans plus tard ?

Seule la droite française post-gaulliste reste favorable à l’Union européenne, rejointe par les socialistes et les communistes qui ne veulent plus en sortir aujourd’hui. Les Britanniques, quant à eux, veulent maintenant en sortir. C’est ce qu’on appelle le Brixit ou le Brexit, contraction de «British exit». Tout a commencé en 2004 aux élections européennes où le United Kingdom Independence Party (UKIP), qui milite pour la sortie de son pays de l’Union européenne, et à connotation fortement xénophobe, réalisait 16,6%. En mai 2013, il réalisait un résultat historique en obtenant 23% aux élections locales partielles, juste derrière le parti conservateur (25 %) et le parti travailliste (29 %). Il fallait que les conservateurs réagissent face à la progression électorale du UKIP. Pendant la campagne électorale, le Premier ministre David Cameron (conservateur), annonçait qu’il organiserait un référendum sur la sortie de l’UE s’il était élu. Un sondage de janvier 2013 donnait 40% pour la sortie, 37% pour rester et 23% d’indécis.

Le projet a pris une nouvelle dimension à l’occasion du discours de la reine, Elizabeth II, devant le parlement de Westminster, le 27 mai 2015. Elle a annoncé un projet de loi pour fin 2017 confirmant l’organisation d’un référendum sur le maintien ou pas du Royaume-Uni dans l’UE. Pour justifier la sortie, David Cameron évoque «5 principes pour l’Union européenne». Ils ne présentent aucune originalité et ne sont qu’une accentuation caricaturale des politiques néolibérales déjà menées par l’UE (sauf le 3e point) : «compétitivité, flexibilité, retour de compétences aux États-membres, contrôle démocratique, équité».

S’il fallait se convaincre que la sortie du Royaume-Uni de l’UE est une bonne chose, mais pour des raisons différentes que celles avancées par David Cameron, l’appel téléphonique de Barack Obama à David Cameron pour l’inviter à ne pas sortir de l’UE devrait suffire. Car les États-Unis, dans cette affaire, suivent une ligne constante. Ils ont besoin d’une Europe unie qu’ils contrôlent. L’agent de ce contrôle est la Grande-Bretagne. La voir sortir de l’UE, c’est affaiblir la pression atlantiste, même si le traité de Lisbonne, par l’obligation qu’il fait à l’UE d’être membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), arrime l’UE aux États-Unis. C’est la même préoccupation qui a conduit le président américain à téléphoner à Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, pour lui demander de rester dans l’euro. Les États-Unis ont en effet besoin de l’euro car cette monnaie joue le rôle de variable d’ajustement monétaire afin de protéger le dollar. Cela signifie que les gérants de fonds, quand ils doivent réajuster leurs portefeuilles, se délestent systématiquement de l’euro et gardent le dollar. Résultat : l’euro est très volatile, perturbant la stabilité monétaire, financière et les opérations commerciales internationales.

La Grande-Bretagne hors de l’UE diminuera également la pression néolibérale sur l’UE car elle a toujours été plus libérale que la moyenne des pays membres. Mais ce ne sera que symbolique, car le traité de Lisbonne, là encore, a tout prévu, il a verrouillé le système pour que seules des politiques néolibérales soient possibles.

Au total, c’est l’image, la crédibilité et l’avenir de l’UE qui seront atteints si le Royaume-Uni s’en va. Il faut en passer par là pour mettre un terme à l’Union européenne, gigantesque système d’aliénation des peuples, coupable de détruire la prospérité du continent. Le départ du Royaume-Uni, couplé à la crise grecque, restera peut-être dans l’histoire comme le début du processus de démantèlement de l’Union européenne. Et celui du retour des peuples.

Buster a dit…

Ah bon, les Britanniques faisaient partie de l’Union européenne? comme dirait ma concierge, d’origine portugaise, mais qui n’a jamais rien compris (comme moi d’ailleurs) au Traité de Lisbonne (véritable usine à gaz, à l’image de l’UE). En fait, je ne sais pas… je ne suis pas convaincu que ce soit si bien que ça de sortir de l’UE, je suis toujours un peu méfiant quand il est question de retour en arrière, et je ne crierai pas comme certains, devant la victoire du Brexit, "Ukip kip kip hourra"… Cela dit, le référendum, c’est la partie émergée de l’iceberg, il faut voir après ce qui va se trafiquer en secret entre l’UE, le Royaume-Uni et les USA pour ne pas déséquilibrer le système… C’est peut-être ça le vrai problème, que le RU devienne "indépendant" vis-à-vis de l’Europe tout en conservant un certain nombre d’avantages de type "européens", ce qui ferait des autres pays de l’UE les dindons de la farce…

Nico Lamb a dit…

" Il (de Gaulle) réaffirmait l'autonomie de la défense nucléaire française face aux États-Unis..." -> Ah, le mythe de l'indépendance nucléaire de la France ! Vite, pour le briser : http://www.lechappee.org/avenir-radieux

Thoma Vuille a dit…

Om me dit que Chat qui rit a marqué un but ?