samedi 12 mars 2016

Do ré mi do

Vu Deux Rémi, deux de Pierre Léon. Son film le plus coloré (à dominantes rouge orangée et bleue), chaleureux et mélancolique, le plus enjoué (enfin je pense, je ne les connais pas tous, une rétro est d'ailleurs à venir: "Pierre Léon, le mystère s'épaissit"...), c'est une comédie, et comme souvent dans les meilleures comédies, traversée d'inquiétude, que le cinéaste pointe par petites touches tout du long. Mais par où commencer? Les chats? Pourquoi pas, il y en a plein le générique. Et plein le film. Un qui ronronne, quand il est en bonne compagnie (Bernard Eisenschitz), un qui ronchonne, parce qu'il se fait du souci pour les autres (Jean-Christophe Bouvet), un qui "brahmsonne", au piano une pièce à quatre mains avec sa maman (Serge Bozon)... Il y a aussi une jeune et jolie féline (Luna Picoli-Truffaut) qui se déplace, silencieuse, sur la pointe des pieds (ce qui lui donne un côté "Panthère rose") quand elle espionne (à la manière de sa mère - ou de sa tante je ne sais plus - dans l'Amitié, le premier film de Bozon) le double, très sûr de lui, de son petit chat à elle, Rémi (Pascal Cervo), qu'elle aime d'amour tendre bien qu'il soit du genre renfrogné, autant dire peu sociable. "Il a pas l'esprit d'entreprise" dit le gros matou Bouvet à propos de celui qui refuse d'aller boire un verre avec ses collègues du "Chat va bien" - une boîte de counseling pour chats! -, préférant se promener dans la ville, anonyme (la nuit tous les chats sont gris), pour finalement, une fois rentré chez lui, se mettre à chanter du Bruant. Bref, un drôle de chat, pas drôle du tout mais très attachant, parce que plus vrai, plus sincère, alors que bien sûr, aux yeux de la société, celle d'aujourd'hui qui prône la performance, c'est l'autre Rémi, le double, visiblement plus efficace (son regard est plus malicieux), qui s'impose, occupant la place et, dès lors, reléguant encore plus l'original dans la marge.
Donc les chats. Avec ce que cela suppose de grâce et d'élégance, ce dont le film ne manque pas... on peut même dire qu'il en regorge. C'est la part musicale (ou mystérieuse, c'est pareil) du cinéma de Pierre Léon. D'aucuns parleront de sa part biettienne, qui ne se limiterait pas aux jeux de mots et autres plaisirs de la langue. Oui forcément. Quoique. Si l'on compare Deux Rémi, deux et par exemple Saltimbank, le dernier film de Biette, auquel on pense inévitablement, la musicalité n'est pas la même. Chez Léon, c'est plus souple, plus mélodieux, j'allais dire plus russe, de sorte que les pas de côté (je n'ai pas dit les entrechats) restent équilibrés, fragiles mais équilibrés, alors que chez Biette, c'est en même temps, et paradoxalement, plus relâché et plus nerveux, les pas de côté ont quelque chose de l'à-coup, ce qui rompt parfois l'équilibre. Ecrivant cela je pense à l'image du lapin dont recourt Léon (Bozon parlait lui d'écureuil) pour évoquer la façon chez Biette de conduire un récit, qui favorise les arrêts, aux aguets, et les fuites, par la tangente, qui fait qu'on ne repasse pas à l'endroit prévu. Chez Léon non plus - ça reste imprévisible - mais l'écart est moins grand et, quel que soit le saut, on retombe toujours sur ses pattes. Comme les chats.
Quant à la musique... Do ré mi do... à la fois une ouverture (une entrée de gamme), simple comme une comptine, et, déjà, contenue dans ces quelques notes, toute la portée du film (au sens musical), avec ses respirations, ses silences, ses "hauteurs", contraints bien sûr (du point de vue économique mais pas que, il y a un vrai choix esthétique), qui donne au film ce côté doux et apaisé, à l'image des petites boîtes à musique qu'on y entend ou du "combat" final entre les deux Rémi, mélange de judo et de tango. C'est ce qui rend le cinéma de Pierre Léon si rare et si mystérieusement évident, comme si le cinéaste, à l'instar de Bozon sur le miroir d'eau (ça se passe à Bordeaux), pénétrait dans son film, lui aussi, les pieds nus dans la brume, le regard rafraîchi, prêt à s'émerveiller, à la manière d'un enfant - c'est l'aspect Arrieta, un autre cinéaste-oreille, la différence étant que pour Léon il lui faut en plus abandonner ses bagages (sur le cinéma, la littérature, Dostoïevski et son Double...), les déposer au seuil du film, oublier toute cette culture qui, à l'heure de tourner, vous encombre plus qu'autre chose, pour n'en garder que des traces, des empreintes (de chat?), qui vont parcourir le film, en pointillé et sans véritable direction, au sens fléché du mot. C'est à ce prix qu'on fait les plus beaux films. Est-il besoin d'ajouter que Deux Rémi, deux est de ceux-là...

44 commentaires:

valzeur a dit…

Re Buster,

Hélas, 2R2 (ne pas confondre avec R2D2) va entamer notre concorde retrouvée, énième accroc dans cette lune de miel critique qui nous habite (cherchez la contrepèterie, je crois qu’elle n’y est pas).
Bon, je vais me protéger derrière Clark avec qui j’ai vu le Pierre Léon - il me déteste encore un peu pour ça - et qui résuma notre sentiment commun en sortant du film : « L’antinaturalisme ne peut pas être le seul programme d’un film ».
2R2, qui a de réelles qualités - un très bon début, notamment - achoppe sur le versant fantaisie complètement inopérant de mon point de vue. Les dialogues sont le plus souvent fastidieux de légèreté - avec plein de jeux de mots bé-Biette et un usage discutable de l’argot comme condiment à une fadeur généralisée (Bouvet hurlant « La lourde ! » aux deux hipster-bears).
Le thème du double me semble invoqué pour pas grand chose - et c’est vraiment dommage pour Pascal Cervo qui est magnifique (je ne l’ai jamais vu meilleur).
Tout ça est un peu trop tongue-in-chic (ce mot-valise l’est d’ailleurs aussi), à l’image de Bozon lisant dans son lit à voix haute le monologue final d’Oncle Vania en anglais (et pourquoi pas en danois ? en italien ? en peul ?).
Restent Bordeaux remarquablement filmée et quelques plans cueillis de ci, de là (les flots de la Garonne, une ruelle nocturne éclairée de couleurs primaires..)

Le fan-club des films fauchés a dit…

On veut l'avis de Pierre Léon sur le film ! Et tant qu'à faire, çui de Valzeur aussi !

Buster a dit…

Re valzeur,

Le film n’est pas naturaliste c’est le moins qu’on puisse dire, mais il n’est pas antinaturaliste au sens où il n’est pas dirigé contre le naturalisme, il n’a rien de programmatique. On ne sent pas de volonté chez Pierre Léon de faire un film contre... il fait un film comme il les aime et comme il sait les faire, tout en y intégrant des choses nouvelles auxquelles il ne s’était jusque-là jamais confronté, qui lui étaient même peut-être inconnues au départ, dans le cadre de la comédie… ce côté aventureux, commun à Biette évidemment mais pas qu’à Biette... Bon tout ça est général, si on s’attache au film plus particulièrement on trouvera forcément des choses moins bien réussies que d’autres (là le jeu d’un acteur, là une réplique…), mais peu importe vu que c’est largement compensé par ce qui est réussi par ailleurs, le jeu subtil de Pascal Cervo, la plupart des scènes avec son patron, la femme de celui-ci, l’homme à la montre… le burlesque des scènes au bureau, la séquence avec Bozon et Jackie Raynal au piano, la confrontation finale entre les deux Rémi, et je ne parle pas du jeu sur les lumières… Ce qui est beau c’est qu’on y devine un vrai regard, celui de Léon, pour que tous les éléments qui composent l’histoire qu’il nous raconte (en gros, comment récupérer sa place, qu’un autre, en l’occurrence un double, essaie de vous prendre) s’agrègent harmonieusement (ce qui ne veut pas dire de façon uniforme) en toute simplicité (ce qui est loin d’être simple, d’où les inévitables scories), de sorte qu’il se dégage pour le spectateur que je suis quelque chose non pas de fantastique, on est du côté du réel (mais comme disait Man Ray, il n'y a pas plus fantastique que le réel, ou un truc de ce genre), bref qu'il se dégage quelque chose de réellement troublant, qui en tous les cas moi me touche profondément.

Le fan-club des films fauchés a dit…

Merci les gars. Ne manque plus que l'avis de Pierre Léon : alors, ce film, il est antinaturaliste ou il n'est pas antinaturaliste ?

valzeur a dit…

Le trouble dont vous parlez me semble assez superficiel. Et Pascal Cervo se débat seul avec une angoisse à peine suggérée et que le film évacue au profit d’une fantaisie pointilliste sans grand intérêt. Comme si Pierre Léon refusait de prendre à bras le corps son sujet (le double dostoïesvkien) pour jouer avec de petits fétiches cinéphiles - une fille de… (d’ailleurs pas mal), le bien mince duel Zenda de la fin… Dès que le film pourrait prendre de l’épaisseur, PL botte en touche. Tout ça n’est pas honteux mais absolument pas exaltant non plus.

Buster a dit…

Heureusement que l'angoisse ou plus simplement l'inquiétude n'est qu'à peine suggérée et non soulignée à gros traits... mais elle est bien là, perceptible à travers un regard, une lumière, un plan qui dure un peu plus que prévu, on doit la ressentir davantage lorsqu'on voit le film une seconde fois... Le double dostoïevskien n'intéresse pas plus que ça Pierre Léon, surtout en tant que sujet, d'ailleurs il ne reste pas grand-chose du roman, je le vois plutôt comme motif esthétique, le film est fait de petits dédoublements (échos, reflets...), mais là aussi sans que ce soit appuyé... Quant aux petits fétiches cinéphiles, je crois que Léon a dépassé ça depuis longtemps.

le fan-club des blockbusters bien bourrins a dit…

"à peine", "un peu", "pas grand-chose", petits", "petits"... Quel entrain, Buster !

Buster a dit…

D'où il sort ce fan-club? De Positif?

valzeur a dit…

Le problème est qu’après une semaine, j’avais complètement oublié avoir vu Deux Rémi, Deux (c’est votre note qui m’y a fait repenser) - alors que Ce Sentiment de l’Eté, vu il y a un mois, me trotte encore dans la tête.
Et dans le genre film de niche indépendant d’auteur français, j’ai sur les conseils de Griffe testé « Les Filles au Moyen-âge » qui m’a presque ravi, une réussite. Bon, je n’en dis pas plus, mais ces enfonçons rejouant le Moyen-âge avec la voix-off de Michael Lonsdale comme guide est délicieux, vivifiant ; voilà un ton singulier et qui échappe aux poses. Je vous le recommande.

Le fan-club de Michael Cement a dit…

Damn ! Démasqués !

Buster a dit…

Je crains que le processus soit inverse en ce qui me concerne. Le Hers s'efface lentement mais sûrement, malgré la photo.
Les Filles au moyen-âge, pas encore vu, mais j'avais bien aimé Artémis, coeur d'artichaut.

valzeur a dit…

Celui-ci, je l’avais raté.

C’était mon premier Hers et mon premier Léon (aussi) ; je dois être plus sentimental que vous, ou vous un monstre froid, j’hésite à dire…

Tiens, un morceau magnifique qui m’obsède en ce moment (en version édit), plus Hers que Léon : https://www.youtube.com/watch?v=LcO4FmGZIO0

Buster a dit…

Plus Hers que Léon, c'est sûr, et pourtant elle est russe...

Pierre Léon a dit…

C'est une de mes anciennes élèves à l'école de Moscou))

Buster a dit…

Ah oui, maintenant que vous le dites, on sent l'influence :-)

valzeur a dit…

Bon, allez, histoire de finir sur une note hollandesque - vous savez, le pro de la synthèse - j'ai quand même préféré Deux Rémi, deux à The Assassin (ça nous fait un point commun, Buster..)

Buster a dit…

Voilà.

Pierre Léon a dit…

Oui, c'est mon influence programmatique antinaturaliste, je la sens aussi, à donf', dis-je en claquant la tepor et en scandant un rap tchouvache. Il faut que Bozon apprenne le tchouvache. Merci pour l'idée, cher Valzeur.

Alain Juppé a dit…

Hé Valzeur, on t'a connu plus sagace, c'est Pierre Léon qui le dit !

FG a dit…

Melange de judo, tango et zelda, c'est pas mal ça !

valzeur a dit…

La porte suffira, Pierre (je suis un garçon conformiste, en fait).

Pierre Léon a dit…

Prendre la porte ? Laissez-moi encore une chance, cher Valzeur.

Anonyme a dit…

La lourde !

valzeur a dit…

Hello Buster - je me remets à peine de l'escroquerie The Assassin et voici que le monde entier (enfin presque) s'extasie devant Midnight Special de votre chouchou, Jeff Nichols, son pire film (et il ne part pas de haut). Hâte de vous lire à ce sujet...

Buster a dit…

Cher valzeur, comme dirait Pierre Léon, vous me confondez avec un autre (mon double?), Jeff Nichols est loin d'être mon chouchou… J'avais bien aimé Take shelter, malgré quelques réserves, et Shotgun stories, son premier film, découvert après, mais très déçu par Mud et celui-là je n'ai pas du tout aimé: du recyclage spielbergo-carpentero-shyamalanien pétaradant et rien de plus (finale "abyssal" absolument hideux)… Kirsten Dunst est bien mais sacrifiée.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Ouf, vous me rassurez ! Ce truc est presque le fond du fond du début d'année.

Philippe Pardon a dit…

ça veut dire quoi "brahmsonne" ?

Buster a dit…

Brahmsonne du verbe brahmsonner: faire sonner comme du Brahms :-)

Jeanne Balibar a dit…

Sur Serge Bozon et John Milton... tralala!
Avant de rejouer un tour de 7 familles, NB: attention catégorie ""petits" films "fragiles"" (cf télérama, libé, facebook et tout le bazar), donc dépéchez-vous! (aujourd'hui Paris: Reflet Médicis 13:00 22:00, Archipel-Paris Ciné 16:30)
Alors...
Dans la Famille "Deux Rémi, Deux, de Pierre Léon", après l'acteur principal et le directeur de la photographie, je pourrais continuer ce matin avec le cas Bozon...:
Serge Bozon sera, mais pas avant quelques années, un très très bon cinéaste. Mais ça n'est pas encore le cas, car il est trop boutonné aux deux extrémités du buste: sphincters (muscles principaux du corps de l'artiste, et ne vous méprenez pas, éminemment noble, c'est Artaud qui en parle le mieux) et larynx-pharynx... Du coup les flux sont entravés dans leurs circulations de la tête jusqu'aux pieds, et il n'est pas encore en mesure de filmer avec les pieds (mais en très bonne voie, ça prendra le temps que ça prendra...)
En revanche quand il fait l'acteur, comme il s'en fout, il desserre. Serge Bozon est depuis toujours un très très bon acteur.
C'est pourquoi il faut voir la scène de Deux Rémi, Deux où Jackie Raynal, le tue, lui vole la vedette, l'explose, prend appuie sur lui à sa gauche et s'envole, invente la comédie, invente le cinéma!
Oui le battle est une des grandes formes de l'art du spectacle!
Sur Lady Raynal, je dis rien de plus, il faut le voir pour le croire.
Sur le cas Bozon, un mot encore: Serge emmène la scène au bout, il sent ce qu'elle est en train de faire -l'inimaginable, il garde la concentration, il assure avec maestria le contrepoint, il ne se laisse pas contaminer, il protège la scène et il protège la prise, il lui permet d'exister.
Serge Bozon quand il fait l'acteur desserre mais jamais ne dessert, au contraire. They also serve, those who stand and wait! (Milton, On his Blindness, et la cécité ne vient pas ici par hasard!) Toute une esthétique, toute une philosophie morale, que certains prétendus "grands acteurs" ne comprendront jamais. Serge Bozon oui. Ce pourquoi Serge Bozon est un très très très grand acteur, et peut tout espérer comme cinéaste.

le chat a dit…

Mouais...

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je sais que comme moi vous aviez plutôt apprécié Eden.

Disons le tout net, MHL retrouve le niveau de médiocrité auquel elle nous avait habitué jusque là avec son dernier film, particulièrement indigent, L’Avenir. Avant projection, la réalisatrice, bien mignonne par ailleurs, s’est fendu d’un petit discours touchant relayée par Huppert toujours hupertissime et qui l’a adoubée en quelques mots : ce serait une metteur en scène, une vraie (d’ailleurs, elle a eu l’Ours d’Argent, ce qui au vu du film est hallucinant). Quand on mesure que 80% du film, c’est Huppert et rien d’autre, on comprend ceci (les compliments) et cela (le financement d’un scénario inepte et d’une méchanceté plus qu’affleurante envers ce personnage de prof de philo en pleine crise, inspirée par la propre mère de MHL d’après ce que nous avons compris avec Griffe). Bon, MHL voulait filmer la « pensée en action » (sic ou quasi) et ne parvient qu’à un récit plan-plan où Huppert va de déconvenue en déconvenue alors que s’accentue la pente comique de son personnage. Epouvantablement écrit et dialogué, le film est empli de fétiches culturels qu’il invoque sans résultat (les livres que lisent Huppert & cie et dont les couvertures sont longuement cadrées pour signifier « attention, pensée ! »). Le vrai sujet de l’Avenir qui devient de plus en plus aveuglant est la vieille chatte d’Isabelle Huppert dont personne ne veut (en fait, c’est la chatte de sa mère, Edith Scob). Vous saisirez de vous-même la pluralité des sens à l’oeuvre ici - et en plus, la chatte s’appelle Pandora (bon, si ç’avait été un chat, il s’appellerait Cronos). Partie la fleur au fusil (la philo..blablabla…l’engagement…) MHL finit en déculottade sur un éloge popote du foyer familial déserté et sur le bonheur d’être grand-mère. En résumé, du sous-sous Assayas pour professionnel de la culture andro-ménopausé.
J’espère que vous ne marcherez pas à ça (cela m’ennuierait si vous correspondiez à la cible, je vous imagine cordonnier ou imprimeur à Provins)

Buster a dit…

Salut valzeur,
Disons que Eden n'était pas sans un certain (et très léger) charme... le seul que j'ai pu trouvé jusqu'à présent dans le cinéma de MHL. Ce que vous dites du dernier film n'est pas très engageant, mais je ne suis pas étonné...
Toutes ces déconvenues à répétition (HSS, Nichols, MHL) devraient vous faire apprécier davantage le film de Pierre Léon ;-)

valzeur a dit…

Je préfère effectivement le chat joueur de Pierre Léon à la chatte noire et obèse d’Isabelle Huppert (honni soit - dans les films tout ça)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Fascinant ! J’ai raté Pierre Léon à un vernissage où se trouvait Griffe (je ne pouvais pas arriver tôt et plus du tout finalement). Le monde est petit. Il faudra qu’on se fasse un bridge ou un restaurant chinois un de ces 4 (vous pouvez ne pas faire le mort).

Buster a dit…

Salut valzeur,
Hé hé… pourquoi pas, mais vous m’intriguez, vous faites aussi les vernissages, en plus des avant-premières?

valzeur a dit…

Non, pas du tout, mais cela concernait Griffe au premier chef (je reste mystérieux volontairement, et s’il était un plasticien décadent qui travaille avec ses matières organiques ?).

Buster a dit…

Je comprends rien… Griffe c'est Wim Delvoye?

Pierre Léon a dit…

Je suis prévu dans la bridge team, moi aussi ? Ce serait embêtant, vous ne pourriez plus dire du mal de moi, Valzeur, et nous deviendrions aussitôt des fétiches cinéphiles, ce qui serait pour moi une nouveauté.
Cela dit je ne sais pas jouer au bridge. Je serai donc le cadavre dans le placard.

Buster a dit…

Au fait, c'était quel vernissage? Léon Chestov?

valzeur a dit…

Hum, dîtes-moi, Pierre, si j'avais utilisé les formules "éblouissant de beauté", "Chantilly de fantaisie" ou "noirceur automnale" pour qualifier Deux Rémi, Deux, apparaîtraient-elles l'air de rien dans vos réponses ? Oui, hein ?

Pierre Léon a dit…

Non, Valzeur, parce que vous ne direz jamais ça. Je n'arriverais pas à faire une vanne. Parce que si on ne peut plus rigoler. Alors que là, je peux au moins vous dire gentiment que vous vous plantez en me prêtant des intentions sans intérêt.

valzeur a dit…

Vous avez raison, je vous fais peut-être un mauvais procès (et puis jamais, je n'utiliserai le terme "noirceur automnale" que je laisse à JBM, SK et consorts...). Ceci dit, la sensibilité biettienne de 2R2 ("sensibiettilité" ?) est très éloignée de moi ; je n'ai aucun goût pour ses films - à l'exception de "3 ponts sur une rivière" et peut-être du "Complexe de Toulon"(le souvenir que j'en ai est très vague). Le reste me tombe des yeux ("Saltimbank" m'avait vraiment fait beaucoup de mal). Dans un moment de folie consensuelle, j'ai accepté lundi d'accompagner Clark, un ami très vecchialien, voir son dernier film, alors que je le suis très très peu et qu'en plus Griffe m'en a dit très très grand mal (ou du moins une formule lapidaire qui ne souffre pas de discussion). Vous conviendrez que je suis de bonne composition (bon, je serai peut-être conquis, mais j'ai des doutes).

Pierre Léon a dit…

Valzeur, je vous remercie pour cette promesse solennelle de ne jamais utiliser la noirceur automnale.
Pour le reste (Biette), vous avez sans doute raison, mais là je suis vraiment trop mal placé. Ce qui est marrant, c'est que votre préféré, ou plutôt le moins non-aimé, soit "Trois ponts" (trois). Je le trouve très contraint, ce qu'il était en partie - Biette voulait aussi montrer à Branco et aux autres qu'il savait obéir et faire "comme il faut" - et je sens tout le temps cette recherche à la fois ironique et mélancolique. En écrivant ça je me dis qu'alors le film n'est pas si mal, rien que pour cette raison. Sinon, j'ai toujours pensé, peut-être à tort, que le cinéma de Biette n'avait rien à voir avec celui de Vecchiali. Même si ce dernier a eu une grande influence sur le premier. Avec 2R2, je croyais que j'allais justement sortir enfin de cette maison, même si j'y suis resté longtemps, comme les jeunes chômeurs aujourd'hui habitent chez leurs parents. Je ne dis pas rompre, au contraire, faire la bonne place à cette mémoire-là. Comme je suis très lent, il faut que j'essaye encore.

valzeur a dit…

Mais, c’est bien d’avoir une maison, Pierre, quitte à s’en éloigner parfois.
Je ne suis vraiment pas spécialiste de Paul Vecchiali mais deux films gravitant dans sa galaxie me semblent admirables et majeurs dans le cinéma français de ses vingt dernières années : Avant que j’oublie de Jacques Nolot, et Un petit cas de conscience de Marie-Claude Treilhou (l’un de mes films préférés).
Pour Biette et Vecchiali, je pense que vous avez raison, le second est beaucoup plus sentimental.