samedi 31 octobre 2015

Beach House (2)




Best of Beach House: (par ordre alphabétique)

- 10 mile stereoTeen dream
- Astronaut, Devotion
- Bluebird, Depression cherry
- Childhood, Beach house
- Common girl, Thank your lucky stars
- D.A.R.L.I.N.G., Devotion
- Elegy to the void, Thank your lucky stars
- Gila, Devotion
- IreneBloom
- Myth, Bloom
- New year, Bloom
- Norway, Teen dream
- On the sea, Bloom
- PPP, Depression cherry
- Real love, Teen dream
- Saltwater, Beach house
- She’s so lovely, Thank your lucky stars
- Somewhere tonight, Thank your lucky stars
- Space song, Depression cherry
- Take care, Teen dream
- The traveller, Thank your lucky stars
- Troublemaker, Bloom
- Used to be, single
- Walk in the park, Teen dream
- Wedding bell, Devotion
- White moon, iTunes session
- Wild, Bloom
- Wishes, Bloom

Bonus: les concerts de Beach House sur Arte (Soirée de poche) et avec Pitchfork (Special presentation: , ,  et  + Forever still).

dimanche 25 octobre 2015

Twilight zone

Vu The visit de M. Night Shyamalan. Pas mal du tout, très bien même, une fois accepté le principe (propre au petit film d'horreur) du found footage, pas ma tasse de thé, surtout quand il s'agit d'un film faussement amateur, la maîtrise déployée pour faire amateur accentuant paradoxalement les défauts inhérents à ce genre de procédé, ce que n'arrange pas non plus le jeu très pro des deux jeunes comédiens... Mais bon, ça passe, très bien même (je me répète), le mérite à Shyamalan, qu'on nous disait perdu depuis The village, alors que Lady in the water, The happening (peut-être son meilleur film) et After earth, loin de traduire une réelle perte de vitesse chez lui - je n'ai pas vu sa série (qui n'est pas la sienne) "Wayward Pines" -, témoignaient surtout de sa volonté, plus ou moins entravée, de renouvellement, ce qui bien sûr expose à quelques errements (The last airbender, que je ne déteste pas pour autant)... Si The visit emprunte à la série B, mais là encore une fausse série B du fait de sa dimension parodique, il lorgne aussi du côté expérimental, qui n'est pas sans rappeler le meilleur von Trier, celui non seulement de Riget (le sépia en moins), pour son mélange, caméra à l'épaule, de "surnaturel" et d'humour, mais aussi, forcément, des Idiots (d'une démence à l'autre...), faisant du film une sorte d'épisode TV, genre "The twilight zone", tourné dans l'esprit du Dogme 95. Sauf que Shyamalan n'est pas von Trier. Aussi retors, capable des mêmes excès (il y a toujours du "cru" chez lui, ici la scatologie), il s'en différencie par son art consommé du récit qui lui permet, le plus souvent, de nous faire avaler, moins son goût pour les twists (ici très pauvre et c'est tant mieux) que sa part de férocité, parfois très acerbe, surtout quand ça touche à son thème de prédilection, la famille, dans son décor de prédilection, la Pennsylvanie... Et dans The visit, on peut dire qu'on est servi: un père absent, une mère défaillante, deux enfants névrosés (l'une, apprentie cinéaste, qui ne peut se regarder dans un miroir; l'autre, rappeur en herbe, qui a la phobie des microbes) et des grands-parents qui, sous leurs allures au départ rassurantes, bien que déjà marquées de l'unheimliche (mamie ressemble à Lilian Gish dans la Nuit du chasseur, soit la grand-mère idéale; papy fait penser à Jack Klugman, l'acteur-type des séries américaines des années 70, "Quincy" par exemple, soit un personnage familier) cachent la plus commune - et en même temps la pire - des terreurs, celle liée à la sénilité, qu'elle soit mentale ou physique (du syndrome crépusculaire, qui vous pousse à gratter les murs la nuit, à poil, à l'incontinence fécale, qui vous fait entasser des couches souillées dans la remise... Shyamalan n'y va pas de main morte, il se lâche, si je puis dire)... et ce d'autant plus que cette décrépitude est vue à travers le regard (intrusif) d'adolescents et qu'elle se confond avec la folie meurtrière qui sied au film d'épouvante. Cela dit, réduire le film à sa dimension scato-horrifique n'est pas lui rendre justice, c'est même prêter le flanc aux sempiternelles attaques des anti-MNS... Si The visit est une réussite, c'est que Shyamalan arrive à dépasser les limites du genre, quitte à les bousculer sans ménagement, pour gagner une sorte de plus-value narrative, à travers le cheminement des deux ados. A un moment du film, qui marque aussi un tournant, les enfants font une partie de Yams (jeu familial par excellence) avec les grands-parents. Papy prend le jeu très au sérieux (il est dans la stratégie), alors que mamie s'en fout (et pour cause), mais c'est elle qui réalise le "Yatsé". Les enfants sont hors-jeu, d'abord parce qu'ils ont découvert, horrifiés, le vrai visage de la vieillesse, ensuite parce qu'ils ont compris, terrifiés, le danger qu'ils courent à rester auprès d'elle. Leur salut passe par l'évitement (non pas de la peur mais de ce qui la nourrit), comme celui du fils Smith passait par l'effacement dans After earth. Il y a, là aussi, quelque chose de l'initiation. Et dans le cas de Shyamalan, de la ré-initiation, tant The visit respire la croyance en un cinéma différent, mineur, loin d'Hollywood, la grosse industrie (la chose blanche aux yeux jaunes?), devenue aujourd'hui aussi maboule et effrayante qu'un vieillard sénile.

jeudi 22 octobre 2015

Beach House


Victoria Legrand et Alex Scally





POP EYE # 04

Depression cherry et Thank your lucky stars, Beach House.

Bah voilà. Beach House nous avait habitué à un album tous les deux ans, et là, paf, il nous en sort deux d'un coup, la même année, à deux mois d'intervalle (passant ainsi du bisannuel au biannuel, ha ha). Cela dit, on peut aussi estimer que Depression cherry aurait dû sortir en 2014 et Thank your lucky stars en 2016, ce qui aurait maintenu le rythme... mais que le timing a dû être modifié, sortie retardée pour le premier, du fait de son caractère plus somnolent que d'habitude (un besoin "dépressif" de prolonger les rêves?), avancée pour le second (empressé qu'on serait de "remercier sa bonne étoile"?), de sorte que les deux albums semblent se répondre, formant une sorte de diptyque, de même tonalité, celle qu'on connaît depuis toujours chez Beach House, mais aux couleurs différentes, blanche en ce qui concerne Depression cherry, le rouge cerise relevant de l'antiphrase, plus rose en ce qui concerne Thank your lucky stars, avec des pointes de bleu ici et là. Ecoutant le premier, sans connaître le second, je me demandais à quel moment l'album, planant dans les hautes sphères ("Space song", "PPP", "Bluebird"), allait atterrir, ce qu'il ne faisait pas vraiment - en dépit de quelques "étincelles" pour le moins incongrues -, restant même accroché très haut sur la fin, d'où le côté éthéré, pas désagréable, loin de là, mais un peu frustrant... Sauf qu'il y avait ce second album, resté caché, dont l'écoute aujourd'hui vient redistribuer les cartes. Non seulement par sa richesse ("She's so lovely", "Common girl", "The traveller", "Elegy to the void"...), rappelant le meilleur de Beach House, mais aussi parce qu'il permet de réécouter autrement le précédent, celui-ci se révélant finalement comme un long (et beau) préambule, très aérien, et en même temps parfaitement autonome, avant la descente sur terre, tout en douceur, que représenterait le suivant, descente d'autant plus douce que c'est sur la pointe des pieds que se fait l'atterrissage, à l'instant du slow final ("Somewhere tonight"). Magique.

Depression cherry: Levitation - Sparks - Space song - Beyond love - 10:37 - PPP - Wildflower - Bluebird - Days of candy.

Thank your lucky stars: Majorette - She's so lovely - All your yeahs - One thing - Common girl - The traveller - Elegy to the void - Rough song - Somewhere tonight.

samedi 17 octobre 2015

[...]




La séquence du mois: le 2e essai de Bernard Foley, l'ouvreur australien, contre l'Angleterre. Un régal! Je ne sais pas si ce type de combinaison, rappelant le rugby champagne d'autrefois, est monnaie courante dans les matchs du Four Nations et du Super 15, mais chez nous, c'est-à-dire dans l'hémisphère Nord, je n'en avais plus vu depuis des lustres. Rien que pour ça, l'Australie mériterait de gagner la Coupe du Monde...

J'aime beaucoup Depression cherry, le dernier album de Beach House, mais peut-être pas autant que les précédents, Teen dream et Bloom... Quoique.

[ajout du 19-10-15: On ne me dit rien à moi, je viens seulement d'apprendre - merci valzeur - la sortie il y a trois jours, en loucedé, d'un nouvel album de Beach House, Thank your lucky stars, enregistré en même temps que Depression cherry... et plus beau encore!]

Une de mes chansons préférées du moment: "Be small" sur l'album éponyme de Here We Go Magic. Très steelydanien.

Belle & Sebastian: Perfect couples (extended version), une vidéo d'Oscar Sansom, parodiant le célèbre Tango de Zbigniew Rybczynski.

Sinon, quelques mots sur les Mille et une nuits de Miguel Gomes. Préféré, et de loin, à Tabou (trop chichiteux). Le volume 1 est long à démarrer, j'étais inquiet (haha), mais l'attente est récompensée: avec l'histoire du coq et du feu, Gomes retrouve le charme de Ce cher mois d'août et les "Magnifiques" sont vraiment... magnifiques. Le volume 2 prolonge dans un premier temps l'émotion ressentie à la fin du volume 1, à travers la fugue de Simão "Sans Tripes", avant de s'égarer quelque peu, lors d'un passage nettement moins inspiré, j'étais désolé (haha), puis de retrouver sa veine, miraculeusement, grâce à Dixie et ses maîtres, dans une tour de banlieue (qui n'a rien d'un donjon). Quant au volume 3, si le début - marseillais - marque le pas, la suite est un ravissement (c'est le plus beau du film): quarante minutes merveilleuses sur le chant enivrant des pinsons... à côté de l'aéroport de Lisbonne et sa piste d'atterrissage!, j'étais enchanté (haha). Bref un film hybride, sinusoïde, pasolinoïde, à l'imaginaire foisonnant, "poélitique" comme disait je ne sais plus qui, sur... sur quoi au fait? un pays en crise, oui bien sûr, des hommes et des femmes affligés, oui bien sûr... mais encore, la question du récit, en crise lui aussi, qui voit son auteur, faussement démissionnaire, chercher (et le plus souvent trouver), en toute liberté, quelques parades nouvelles à son propre cinéma, à mille (et une) lieues des formats d'aujourd'hui... Et ce par l'entremise, outre Schéhérazade et les gens de peu, d'un coq, d'un chien, de pinsons... d'une baleine également. Prodigieux bestiaire.    

vendredi 9 octobre 2015

Destroyer


Dan Bejar





POP EYE # 03

Poison season, Destroyer.

Assurément un des plus beaux albums de l'année. Et comme No song, no spell, no madrigal de The Apartments, totalement à contre-courant. Ici à travers une orchestration d'un autre âge (ah le saxo de Joseph Shabason!), conférant à l'ensemble un côté music-hall, mieux: cabaret, digne du meilleur glam, celui des années 70 (Bowie, Roxy Music, Reed), que Bejar combine à d'autres genres musicaux: pop, soul, jazz, funk... pour nous offrir un album d'une richesse sans pareille: "Dream lover", "Forces from above", The river", "Archer on the beach", "Solace's bride"..., à l'image aussi de ces trois versions du même morceau ("Times Square"), signe que l'art béjarien est d'abord un art de la variation, et des plus subtils. De Bowie (période "plastic soul") à Springsteen (époque E-Street Band), de Paddy McAloon (Prefab Sprout) à Neil Hannon (The Divine Comedy), en passant par Mick Head (The Pale Fountains) et Roddy Frame (Aztec Camera), c'est tout un passé qui ressurgit à l'écoute de Poison season. La mélancolie pointe, douce et souveraine. Et c'est magnifique. 

Times Square, Poison season I - Dream lover - Forces from above - Hell - The river - Girl in a sling (vidéo: David Galloway) - Times Square (vidéo: Shayne Ehman) - Archer on the beach - Midnight meet the rain - Solace's bride - Bangkok - Sun in the sky - Times Square, Poison season II.

Bonus: de Vancouver à Toronto: Do we all feel it, Laser (Lisa Lobsinger), 2015.

jeudi 8 octobre 2015

[...]




Toute une nuit (la fin) de Chantal Akerman (1982). [via arcilsota's channel]