jeudi 10 décembre 2015

[...]

Séparer/échanger.

Un mur. Entre l'Est et l'Ouest. Un pont. Entre l'Ouest et l'Est. Séparer, échanger. Bridge of spies, le dernier Spielberg, repose sur ce double mouvement, contradictoire. D'un côté: le secret (incarné par Mark Rylance dans le rôle de l'espion soviétique "Rudolf Abel"); de l'autre: l'art de la négociation (incarné par Tom Hanks dans le rôle de l'avocat américain James Donovan). Dépasser ce qui vous sépare (un pays, des convictions), se retrouver dans ce qui vous rapproche (la fidélité - à son pays, à ses convictions -, un certain héroïsme...) et ainsi échanger, faire du mur un pont... une définition possible de l'amitié, au niveau du lien, qui passe par le respect, de soi autant que de l'autre (la question ici est moins celle de la guerre froide que celle du civisme en pleine guerre froide, donc de la dignité), qui fait que sous ses allures fordiennes (Donovan) et hitchcockiennes (Abel), Bridge of spies est aussi un grand film borzagien (Donovan-Abel).

Manoel de Oliveira, un siècle (et quelques années) d'énergie: .

[ajout du 11-12-2015: Me rappelle le titre de Télérama à l'occasion de la mort d'Oliveira: "Il n'aura pas attendu 107 ans"]

Une femme dans la tourmente (Tourments) de Mikio Naruse, 1964. Le plus beau film de l'année.



Kate Beckinsale sur le tournage de Love & friendship, le nouveau film de Whit Stillman, où elle tient le rôle principal, celui de Lady Susan Vernon (le film est une adaptation de Lady Susan de Jane Austen), avec à ses côtés Chloë Sevigny, sa partenaire des Derniers jours du disco.

19 commentaires:

Buster a dit…

Je replace ici les commentaires (du précédent billet) sur le Spielberg:

Buster a dit…
Le Pont des espions, c’est très bien aussi, un film bleu-gris, bien froid, qui prolonge Lincoln (comme Mia madre prolonge Habemus papam), quant au génie de la tractation, commun à Lincoln et Donovan, avocats tous les deux. La relation entre Hanks et Rylance est magnifique et le double échange final remarquablement mis en scène. Dommage que ce ne soit pas la fin, Spielberg nous gratifiant d’un épilogue à la con comme il sait le faire. Quant aux Coen (c’est peut-être leur meilleur film, après A serious man), ils apportent visiblement quelque chose. Le coup du rhume, qui fait que Hanks passe toute la seconde partie du film la goutte au nez, je ne sais pas si ça vient d’eux mais ça donne une forme de légèreté qui parfois manque chez Spielberg.

valzeur a dit…
Re Buster,
Je sors du Spielberg qui est magnifique, du grand cinéma classique américain : 16/20 (et totalement d’accord avec vous là encore sur la fin superfétatoire et bof). La composition de Mark Rylance est extraordinaire et Hanks n’a jamais été aussi bon (sauf peut-être dans Seul au monde…)

valzeur a dit…
Je suis rarement laudateur envers un critique de cinéma, mais le papier de Murielle Joudet sur « Le Pont des Espions » est excellent : http://www.chronicart.com/cinema/le-pont-des-espions/

Buster a dit…
Oui très bon le papier de MJ, je viens de le lire.
(et Griffe, il en pense quoi du Spielberg? :-)

Buster a dit…

Griffe a dit…
Salut à vous deux. J’ai trouvé le Spielberg très mauvais, plus mauvais même que le Moretti, qui en tient pourtant une sacrée couche (je n’en retiens rien à part la cruauté parfaitement gratuite de Moretti vis-à-vis du personnage principal).
Il ne suffit pas d’imiter Ford pour ne pas tomber dans tous les pièges de l’hagiographie. D’autant qu’on a passé l’âge – nous et le cinéma – de croire à la pureté des héros. Et donc, tout ce qu’a trouvé Spielberg pour nous accrocher à son Grand Récit Édifiant, c’est de filmer le front contracté et le regard fixe de Tom Hanks, catapulté avocat intransigeant sans avoir rien d’autre à faire qu’occuper l’image et y débiter nonchalamment son texte sur-écrit. A ses côtés, l’espion russe ne lâche pas une phrase qui ne soit prophétique et lourde de sens. Il faut bâiller sans s’en rendre compte pour gober ce déluge de hautes réflexions soulignées par des silences qui pèsent des tonnes.
La femme ? Comme toujours chez Spielberg, c’est une castratrice qui veut retenir l’homme au foyer et l’empêcher de triompher. Mary Donovan est crispante de reproches rentrés et de sourires vaguement désolés, et Spielberg ne se fatigue pas une minute à la faire exister davantage. Tout ce qu’il lui octroie, c’est un regard d’admiration, sur la fin, vers l’homme qui a bien travaillé et dort enfin du sommeil du juste. Et au cas où on n’avait pas compris, leur petite, qui elle étonnamment comprend tout, nous explique – attention : leçon à la mère qui doit désormais la boucler, bien qu’elle n’ait rien dit – qu’il n’était pas parti à la pêche au saumon, voyons : il a sauvé le monde !
Quoi d’autre ? Le bloc soviétique comme on ne l’avait jamais vu : sa grisaille, ses files d’attente, sa bêtise bureaucratique et sa violence omniprésente… Tandis qu’en Amérique, au moins, on reconnaît ses erreurs ! À quand le grand film de Spielberg sur l’administration Bush ? Mais n’attendons pas de point de vue politique : tout chez Spielberg finit dans le ricanement niais ou le lyrisme de pacotille.
On est à l’exact opposé du cinéma de Ford. Young Mr Lincoln raconte comment un malin, montré comme tel, fait ses premiers pas, très lents, dans l’Histoire. Or, chaque étape de ce chemin « vers sa destinée » est une lutte, contre le monde et contre soi-même. Ce qui est gagné sur l’adversaire révèle de nouvelles faiblesses, et ainsi on reste à hauteur d’homme, malgré tout. En quoi Lincoln reste notre frère humain. Chez Spielberg, au contraire, tout est joué d’avance, personne n’a à lutter, les mauvais comme les bons sont reconnaissables au premier coup d’œil, le risque n’existe pas, il reste théorique, nébuleux. Vous l’avez sentie, vous, la menace qui pèse sur Donovan pendant le procès ? Vous y avez cru aux regards méchants des gens dans le métro ? Scène qui a tout de la pub dont on attend la conclusion rassurante qui d’ailleurs arrivera, évidemment, dans une scène de conclusion d’une bassesse totale (sauvée in extremis par le seul plan ambigu du film : le sourire qui disparaît du visage de Hanks quand il voit des gamins sauter par-dessus des grilles).
Le classicisme dont parle valzeur, c’est bien plutôt de l’académisme, et même de l’infantilisme. Le verrait-on mieux si l’Amérique n’était pas pour nous une terre encore exotique, ou si le film était signé d’un grand nom bien de chez nous ? Verrait-on par exemple que le découpage final, dans la scène sur le pont, est désastreux, qu’on passe d’un point de vue à un autre sans efficacité ni logique, sans accompagner le sentiment d’aucun personnage, sans rien dérouler que le scénario du succès annoncé ? « Would it help ? » répète le Russe. Oui, ça aiderait d’avoir autre chose sous la dent qu’une rhétorique poussiéreuse en guise de « mise en scène ».

Buster a dit…

valzeur a dit…
Hello Buster,
J’aime bien quand Griffe sort les siennes. Il m’a quasiment retourné sur le Pont des Espions (révérence parler), et tout en reconnaissant que ses arguments sont justes, j’ai quand même une tendresse pour le film un peu comme une vieille maladie honteuse à laquelle on s’est habituée (aucune expérience personnelle, mais vous vous reconnaîtrez peut-être dans votre rapport à Moretti).
Ceci dit, essayons de sauver ce qui est sauvable, et une infime part d’ambiguïté, on ne saura jamais si le pilote a finalement trahi (vraisemblablement), ni le russe (peu probable). Le nationalisme éhonté de Spielberg - enveloppé dans une part de critique (les vilains américains qui méprisent Hanks ou l’agressent) - est une telle antienne que la scène de fin semble là pour entériner cette idée : joie de la vie américaine opposé à toutes ces horreurs soviétiques.
Spielberg est peut-être le meilleur réalisateur de films pour enfants destinés aux adultes (le fameux mot de Pauline Kael sur la Couleur Pourpre : « le premier film de Walt Disney sur l’inceste). Pour ma part, j’ai eu une éclipse du sens critique devant le Pont des Espions (j’ai avoué à Griffe ma passion platonique pour Mark Rylance qui joue dans l’un de mes films préférés, L’Institut Benjamenta des frères Quay).
Je vous laisse ferrailler, Buster, vous qui aviez défendu on ne sait comment Lincoln…

Buster a dit…
Salut,
Bon évidemment je ne suis pas d'accord avec ce que dit Griffe. Qu'il y ait une part enfantine chez Spielberg, dans le regard qu'il pose sur le monde, bien sûr et à la limite tant mieux, mais ce n'est pas de l'infantilisme... Je vais écrire une petite note sur le Pont des espions, parce que Nanni ne va pas aimer qu'on ne parle pas de son film dans un billet qui lui est consacré ;-)
En tous les cas, je note que valzeur a été retourné comme une crêpe... L'aurait pas fait un bon espion!

valzeur a dit…
Hello Buster,
En fait, je suis agent double. Je vois tous les défauts que Griffe pointe avec raison, mais j’aime bien quand même.

Buster a dit…
Ouais c'est ça…

Buster a dit…

Vincent / inisfree.hautetfort.com a dit…
Pauline Kael, comme tout le monde, a dit beaucoup d'âneries. Sa formule sent trop le bon mot de critique d'autant que "The color purple" a autant à voir avec l'inceste que "Stagecoach" avec la réinsertion des petits délinquants.
J'ai beaucoup aimé le film, d'autant que sa sortie m'a prise par surprise. j'ai toujours ce sentiment que Spielberg est toujours aussi mal lu, ou plutôt continue d'être lu selon une grille posée dès le début des années 80 et qui perdure (en gros, Disney se rêvant Ford). Sûr qu'il mourra avec, mais c'est dommage parce qu'il n'est pas Ford (il est lui-même) mais son cinéma est bien le seul aujourd'hui à prolonger celui de Ford, artistiquement, économiquement et intellectuellement. Nous avons eu l'occasion d'échanger dessus avec Griffe, "Lincoln" prenant le personnage à la fin de sa vie, il me semble logique que "tout soit joué". De même "Young Mister Lincoln" est le moment où tout est possible. Et les deux films correspondent à l'époque où ils ont été tournés, à "L'état de la nation" de 1939 et de 2012. Du coup "Lincoln" est le film de l'administration Obama et celui de l'administration Bush a été fait, c'est "Minority report".
Du coup, je suis d'accord avec Buster, "Le pont..." prolonge "Lincoln" et aussi "Munich" sur la raison d'état et ses mécanismes. Je ne comprends pas comment on peut taxer Spielberg de nationalisme, au sens péjoratif du terme, lui qui a toujours été très critique envers les institutions de l’état qui dans presque tous ses films trahissent ou tentent de contourner les valeurs fondamentales et les libertés individuelles. Comme Hitchcock, il a toujours su faire ressentir la paranoïa des services secrets, de l’armée et de la police (depuis les hélicoptères de "Close encounters..."). Par ailleurs, son attachement aux valeurs, son humanisme, ne me semblent pas différentes de ceux de Ford et d'un tas de cinéastes que nous admirons.
Je vais essayer de développer ça sur Inisfree. Juste, sur la forme, " Vous l’avez sentie, vous, la menace qui pèse sur Donovan pendant le procès ?" bien sûr que non. Ce n'est pas l'enjeu du film.Il s'agit bien dans toute cette partie de montrer, de démonter les mécanismes qui font que tout est joué et que le pouvoir joue une comédie. La comédie de l'état d’urgence ou de l'état de guerre, ce qui pourrait donner à ce Pont une résonance française très intéressante.

Griffe a dit…
Curieux de lire votre note, Buster, et surtout que vous vous expliquiez sur cette étrange sentence : "Qu'il y ait une part enfantine chez Spielberg, dans le regard qu'il pose sur le monde, bien sûr et à la limite tant mieux". Pourquoi tant mieux ? Qu'est-ce qu'un pseudo-regard d'enfant (j'écris "pseudo" car les films de S.S. sont à l'évidence le produit de savants calculs on ne peut plus "adultes") peut apporter aujourd'hui à un film "historique" sur l'Amérique en guerre, et à ce sujet-ci en particulier ?

Buster a dit…
Hâte de lire votre note Vincent. Pour ma part, je vais tâcher de trouver un autre angle pour parler du film car je crains qu'avec les détracteurs de Spielberg dont font partie Griffe et valzeur (quand on le remet à l'endroit) on en soit à rabâcher toujours les mêmes arguments et contre-arguments.
Griffe, ma sentence n'avait rien de sentencieux, le "tant mieux" signifie que j'aime cette part enfantine qui touche à une forme d'émerveillement chez Spielberg, encore présente aujourd'hui, qui fait qu'à sa vision du monde s'associe son propre regard de spectateur, spectateur non seulement de son film (ce côté réflexif tel qu'il apparaît dans Tintin) mais du monde en général, comme si le monde était un écran géant. Bon, tout ça a déjà était dit…

Anonyme a dit…

http://diacritik.com/2015/12/01/le-pont-des-espions-de-steven-spielberg-le-pont-davignon-du-cinema/

Buster a dit…

OK je vais lire ça...

Vincent / inisfree.hautetfort.com a dit…

Premier paragraphe : "...qu’une telle formule du cinéma fondée sur l’expression absolue d’un sentiment du présent n’emporte aucune image, ne traverse aucun plan, n’habite aucune scène..." Curieux comme j'ai ressenti exactement le contraire. Je lirais la suite plus tard quand j'aurais terminé de travailler.
Par contre je partage tout à fait ce que vous avez écrit, Buster.

Buster a dit…

On reproche à Spielberg de ne pas dresser de "pont" entre le passé (la guerre froide, les années 1957-1961) et le présent. Son film ne serait pas "actuel", seulement tourné vers le passé. Bah non, les questions qu’il soulève (comment traiter l’ennemi, le cynisme des pouvoirs, qu’ils soient politiques, judiciaires, militaires, la grande mascarade de certains accords...) sont plus que jamais d’actualité, seulement elles ne sont pas spécifiques à telle ou telle période de l’Histoire. Chez Spielberg c’est davantage transhistorique, ça touche à des questions disons plus universelles, d’où le côté édifiant parfois, mais ça ne congédie pas le présent. Comme souvent on condamne un film sous prétexte qu’il n’est pas ce qu’on aurait voulu qu’il soit… pire, on le condamne pour ce qu’il n’est pas.

John M. Feeney a dit…

"On le condamne pour ce qu’il n’est pas", peut-être, mais d'abord : qu'est-ce qu'il "est" ?

A serious man a dit…

Je ne sais pas si les Coen apportent tant que ça au film de Spielberg, j'ai un doute.

Buster a dit…

Pas sûr en effet, contrairement à ma première impression... En fait c’est moins la dimension paranoïaque, propice à la période où se déroule le film, que l’humour très cartoonesque des Coen (chez Spielberg ça relève plutôt de la BD) qui me semblait apporter un plus, à travers quelques trouvailles, par exemple le coup du rhume, qui pousse Donovan à vouloir rentrer au plus vite à la maison, mais aussi dans le personnage d’Abel, impassible et dont la réplique "ça aiderait?", répétée comme un running gag, lui confère un côté Droopy… mais après coup, je ne suis pas certain que ça bonifie tant que ça le film… de même la fin qui m’avait horripilé sur le moment, eh bien, finalement, m’apparaît logique, décevante mais logique, elle s’inscrit dans ce que Ruiz appelait "la théorie du conflit central", propre au récit hollywoodien, qui veut qu’il n’y ait qu’un seul conflit, majeur (ici l’échange Abel-Powers-Pryor) sous lequel se rangent tous les autres conflits (l’image de Donovan vis-à-vis de l’Amérique et de sa famille), de sorte que tout soit résolu (bouclé) à la fin, grands et petits conflits, ce qui serait la marque d’un "bon" scénario… tout ça n’est pas très moderne évidemment, quoique l’opposition classique/moderne, tarte à la crème de la critique française, m’a jamais semblé très opérante…

Geeke a dit…

Pas mal, ça :
http://www.debordements.fr/spip.php?article441

Buster a dit…

OK, je vais lire aussi.

Would it help ? a dit…

Assignés à résidence, perquisitionnés, menottés, enfermés, stigmatisés, si vous vous inquiétez de votre sort ou du regard des autres, souvenez-vous que vous ronger les sangs ne vous aidera pas, soyez fatalistes !

http://delinquance.blog.lemonde.fr/

Christophe a dit…

Merci Griffe.
Vous vous trompez sur le Lincoln de Ford (qui est plus gauche que malin) mais vous exprimez très bien les limites de "Bridge of spies".
Je l'ai plus aimé que vous (ça reste nettement moins con et moins chiant que Cheval de guerre) mais vous lire change des niaises pâmoisons de la critique française.

Personne, pas même les laudateurs du film, n'a relevé la nullité de la musique de Thomas Newman sinon.

Griffe a dit…

Merci Christophe. On pourrait dire du jeune Lincoln qu'il est aussi gauche que malin, non ?

Christophe a dit…

c'est vrai qu'il y a la scène du tirage de corde...mais ça reste un avocat inexpérimenté

Strum a dit…

Bonjour,

Nouveau bloggeur, je me permets d'intervenir. Oui, la musique de Newman est mauvaise (d'ailleurs, le début sans musique est très bon), mais sous le récit édifiant de surface, Le Pont des Espions cache des interrogations et des concordances secrêtes qui font la beauté du film (j'ai tâché de mettre cela en lumière dans ma critique sur mon blog). Il ne faut pas regarder le visage de Hanks dans ce film, mais ceux perdus et lunaires des hommes-espions vers lequel vont l'admiration et l'humanisme de Spielberg. La lumière et la mise en scène du film rendent manifeste le fait que Spielberg préfère l'espion russe au juge américain, un renversement de perspective qui met immédiatement à mal l'argument du récit édifiant, argument qui ne s'attache qu'à la surface patinée du film sans regarder à l'intérieur. Dire qu'il n'y a pas de point de vue politique alors que l'écho avec les privations de liberté commises à Guantanamo est évident et voulu(Spielberg le dit d'ailleurs en interview) est un peu hâtif. Enfin, évidemment, Spielberg n'est pas Ford (mais qui l'est ?). Personne ne lui demande d'être Ford et Le Pont des Espions ne se veut pas un film fordien. Il n'est que Spielberg, et c'est déjà bien.

PS : bonjour Christophe, je pense que le Lincoln de Ford est très malin. Gauche certes, mais très malin aussi.

Strum a dit…

Je retente ma chance, un précédent commentaire n'étant pas passé :

Bonjour,
Nouveau bloggeur, je me permets d'intervenir dans la conversation. Le Pont des Espions n'est un film édifiant qu'en surface. Sous celle-ci courent plusieurs interrogations et concordances qui renversent la perspective habituelle (ainsi, l'espion soviétique est plus sympathique que le juge américain). Plutôt que de se focaliser sur Donovan, il faut regarder la manière dont Spielberg filme le visage de ses espions. Il les films comme des hommes, voire des pierrots lunaires, et non comme des espions. Voir la critique que je donne du film sur mon blog (newstrum.wordpress.com). Spielberg n'est certes pas Ford (qui l'est ?) et Le Pont des Espions ne se veut pas un film fordien. Il n'est que Spielberg et c'est déjà bien assez.

PS : Bonjour Christophe. :) Oui, la musique de Newman est mauvaise (d'ailleurs, toute la première partie du film sans musique est excellente). Mais en revanche, le jeune Lincoln de Ford est un avocat très malin, qui joue facilement avec les mots et les faits et pas seulement quand il aide le baton à tomber du bon côté devant la tombe d'Ann Rutledge.