samedi 28 novembre 2015

Post 13-11




Voilà, ça fait deux semaines... Après la stupeur, après l'émotion, chercher à comprendre... Mais comprendre quoi? La radicalisation n'explique pas tout. La désocialisation n'explique pas tout. Que voulez-vous comprendre à ce qui relève de la haine la plus aveugle (croire que c'est la jeunesse et son mode de vie qui étaient spécialement visés est aussi naïf - il s'agissait d'abord de faire le plus de victimes possible, soit des lieux fréquentés par la jeunesse - que croire qu'en décimant Charlie Hebdo les frères Kouachi s'attaquaient délibérément à la liberté d'expression et à ses abus) et de la jouissance extrême, jouissance à tuer mais aussi à se tuer (et non plus se faire tuer). Que voulez-vous comprendre, et donc opposer, à de telles pulsions destructrices (le captagon n'est qu'un stimulant qui supprime la fatigue, réduit la douleur et augmente l'agressivité) chez des individus totalement déréglés au niveau identitaire, qu'il m'est difficile de qualifier de "nihilistes" (terme pour moi trop connoté intellectuellement, philosophiquement, avec sa dimension à la fois doctrinaire et révolutionnaire)... Alors oui, faire la "guerre", peu importe le nom qu'on lui donne, en réponse à la terreur que Daech sème un peu partout, parce qu'il ne peut en être autrement. Mais pour le reste? Je ne sais pas. Simplement espérer. Non pas en la dé-radicalisation et/ou la re-socialisation, puisque ça ne concerne qu'une petite minorité et ne changera pas grand-chose (même si, bien sûr, c'est nécessaire), mais dans la démythification de Daech, la perte de cette image idéalisante, revalorisante, sinon glorifiante, qu'il revêt pour certains, les conduisant au pire... Le problème est que ce n'est pas l'Occident qui pourra changer une telle image. Seul il ne fera que l'entretenir. La fin de Daech ne peut venir que de l'intérieur, peut-être du monde musulman si celui-ci se décide (enfin) à ouvrir l'islam au progrès, comme l'y invite Abdennour Bidar, mais plus certainement de Daech lui-même, qui n'est autre qu'un super Al-Qaïda (même idéologie millénariste, même dérive mortifère) qu'il tend à supplanter, parce que plus prospère (à qui la faute?), plus monstrueux (en termes de puissance), ce qui le prémunit en quelque sorte contre l'émergence d'un monstre plus gros encore, un super Daech, et en même temps le condamne, d'abord parce que la surenchère dans l'horreur ne peut, à la longue, que se retourner contre soi (il n'y a pas de contre-exemple dans l'Histoire), ensuite parce que cette prospérité, jointe à la rivalité avec Al-Qaïda, ne peut que favoriser les dissensions, les trahisons, les exactions, au sein même de l'organisation et finir par "ternir" son pouvoir de fascination. Seulement au bout de combien de temps, et de morts innocents?    

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Espérer, oui

André a dit…

Pour quelqu'un qui disait ne pas avoir de réponses, vous vous posez là

DSK a dit…

Des réponses gentiment sociales-démocrates qui me plaisent bcp.

Buster a dit…

Ce ne sont pas des réponses, juste mon sentiment, les réponses je laisse ça aux autres, les va-t-en-guerre ou ceux qui se complaisent dans le mea-culpa généralisé.