vendredi 9 octobre 2015

Destroyer


Dan Bejar





POP EYE # 03

Poison season, Destroyer.

Assurément un des plus beaux albums de l'année. Et comme No song, no spell, no madrigal de The Apartments, totalement à contre-courant. Ici à travers une orchestration d'un autre âge (ah le saxo de Joseph Shabason!), conférant à l'ensemble un côté music-hall, mieux: cabaret, digne du meilleur glam, celui des années 70 (Bowie, Roxy Music, Reed), que Bejar combine à d'autres genres musicaux: pop, soul, jazz, funk... pour nous offrir un album d'une richesse sans pareille: "Dream lover", "Forces from above", The river", "Archer on the beach", "Solace's bride"..., à l'image aussi de ces trois versions du même morceau ("Times Square"), signe que l'art béjarien est d'abord un art de la variation, et des plus subtils. De Bowie (période "plastic soul") à Springsteen (époque E-Street Band), de Paddy McAloon (Prefab Sprout) à Neil Hannon (The Divine Comedy), en passant par Mick Head (The Pale Fountains) et Roddy Frame (Aztec Camera), c'est tout un passé qui ressurgit à l'écoute de Poison season. La mélancolie pointe, douce et souveraine. Et c'est magnifique. 

Times Square, Poison season I - Dream lover - Forces from above - Hell - The river - Girl in a sling (vidéo: David Galloway) - Times Square (vidéo: Shayne Ehman) - Archer on the beach - Midnight meet the rain - Solace's bride - Bangkok - Sun in the sky - Times Square, Poison season II.

Bonus: de Vancouver à Toronto: Do we all feel it, Laser (Lisa Lobsinger), 2015.

15 commentaires:

Miguel G. a dit…

Et moi et moi et moi ?

Buster a dit…

T'inquiète Miguel, ton tour viendra.

Apichatpong a dit…

Et moi ?

Buster a dit…

Oui oui, toi aussi.

Yann Arthus-Bertrand a dit…

Et moi?

MNS a dit…

Moi aussi ?

Victoria Legrand a dit…

Et moi alors ?

Stéphane a dit…

Pas mal Poison Season, bel objet, élégant et tout, mais un peu ennuyeux quand même

valzeur a dit…

Hello Buster,

Alors bientôt revenu ?

Cette rentrée m’a inspiré et je me suis amusé à noter les derniers films vus/subis à comparer avec vos propres impressions, hein ? (mais nous sommes de plus en plus synchrones, c’est d’un pénible…) :

The Lobster : 15/20
Sous-sols : 13/20
Straight Outta Compton : 12/20
Dheepan : 11/20
Vers l’autre rive : 10/20
Sangue de mi sangue : 10/20
Fatima : 9/20
Ni le ciel, ni la terre : 8/20
Cemetery of Splendour : 8/20
L’Homme irrationnel : 7/20
The Visit : 6/20
Crimson Peak : 6/20
Francofonia : 6/20
Sicario : 4/20
Maryland : 4/20
Mia Madre : 1/20

Comme je ne suis qu’Amour, vous remarquerez que j’ai un peu surnoté (Audiard, Kurosawa, Bellochio, Moretti)

Buster a dit…

Salut valzeur,

Hé bé, vous n’avez pas chômé… moi je n’ai vu que Dheepan (4/20) et Vers l’autre rive (8/20).
Audiard me file toujours autant de boutons... là, le personnage féminin et la question de la langue, cela aurait pu donner quelque chose d’intéressant, mais Audiard passe son temps à saborder les (quelques rares) bonnes idées qu’il peut avoir.
Pour le Kurosawa, qui est quand même d’une autre tenue, j’avoue une certaine déception, je ne suis pas très sensible à ce type de poésie. Le début est très beau, en termes de mise en scène, après, j’ai eu plus de mal, j’ai trouvé ça un peu trop affecté, trop explicatif par moments, trop dense aussi… dans ce genre de fantastique, je préfère la simplicité, quand ça repose sur une seule ligne et quelques notes, comme le Starman de Carpenter (auquel le film de Kurosawa m'a fait penser, du moins par son sujet).

David fincher a dit…

Francofonia je lui mets 15 de mon côté...
Même si le propos est un poil confus, je vois peu de cinéastes capable aujourdhui d'assembler une telle hétérogénéité de formes et d'idées...
Je vous trouve aussi très sévère avec Fatima, mais peut être n'aimez vous pas le cinéma dit réaliste ?


Buster a dit…

Je n'ai vu ni l'un ni l'autre… c'est valzeur (prof dans la vie?) qui a mis les notes.

« Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ? » a dit…


Oh, ben, si on se fit aux notes de Walzeur , on peut assez largement recommender le film d ' Eli Roth !

J' avais presque honte d 'avoir trouvé ça chouette , dis :-D

valzeur a dit…

Hello Buster,

Non, je ne suis pas prof (Dieu m’en garde).

En fait, les notes disent tous - mieux encore que les étoiles.
Pourquoi perdre du temps à critiquer Une jeunesse allemande - degré zéro du documentaire, imbitable bout à bout d’images d’archives dont l’unique point de vue est qu’il est monté dans l’ordre chronologique - alors qu’on peut tout simplement le résumer à 5/20 ?
Et Les Deux amis, la romance buddy-movesque bas de plafond du lamentable Louis Garrel, à qui on déroule partout le tapis rouge, alors que son insupportable vision culmine à 3/20 ?
(J’avais oublié ses deux là, et un dont je parlerai dans votre post le plus récent)

Le Kurosawa est médiocre, mais il y a de jolies scènes dans la seconde partie (ce terme de joli résume en partie le problème).

Buster a dit…

Salut valzeur, alors allons-y pour les notes... je viens de voir le dernier Woody Allen, un poil meilleur que les précédents, mais sans surprise, réglé aux petits oignons comme d’habitude, la tournure que prend le film dans sa deuxième moitié est assez prévisible, et en plus c'est pas toujours bien amené. Cela dit, j’aime bien la petite Emma Stone... 8/20