samedi 17 octobre 2015

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La séquence du mois: le 2e essai de Bernard Foley, l'ouvreur australien, contre l'Angleterre. Un régal! Je ne sais pas si ce type de combinaison, rappelant le rugby champagne d'autrefois, est monnaie courante dans les matchs du Four Nations et du Super 15, mais chez nous, c'est-à-dire dans l'hémisphère Nord, je n'en avais plus vu depuis des lustres. Rien que pour ça, l'Australie mériterait de gagner la Coupe du Monde...

J'aime beaucoup Depression cherry, le dernier album de Beach House, mais peut-être pas autant que les précédents, Teen dream et Bloom... Quoique.

[ajout du 19-10-15: On ne me dit rien à moi, je viens seulement d'apprendre - merci valzeur - la sortie il y a trois jours, en loucedé, d'un nouvel album de Beach House, Thank your lucky stars, enregistré en même temps que Depression cherry... et plus beau encore!]

Une de mes chansons préférées du moment: "Be small" sur l'album éponyme de Here We Go Magic. Très steelydanien.

Belle & Sebastian: Perfect couples (extended version), une vidéo d'Oscar Sansom, parodiant le célèbre Tango de Zbigniew Rybczynski.

Sinon, quelques mots sur les Mille et une nuits de Miguel Gomes. Préféré, et de loin, à Tabou (trop chichiteux). Le volume 1 est long à démarrer, j'étais inquiet (haha), mais l'attente est récompensée: avec l'histoire du coq et du feu, Gomes retrouve le charme de Ce cher mois d'août et les "Magnifiques" sont vraiment... magnifiques. Le volume 2 prolonge dans un premier temps l'émotion ressentie à la fin du volume 1, à travers la fugue de Simão "Sans Tripes", avant de s'égarer quelque peu, lors d'un passage nettement moins inspiré, j'étais désolé (haha), puis de retrouver sa veine, miraculeusement, grâce à Dixie et ses maîtres, dans une tour de banlieue (qui n'a rien d'un donjon). Quant au volume 3, si le début - marseillais - marque le pas, la suite est un ravissement (c'est le plus beau du film): quarante minutes merveilleuses sur le chant enivrant des pinsons... à côté de l'aéroport de Lisbonne et sa piste d'atterrissage!, j'étais enchanté (haha). Bref un film hybride, sinusoïde, pasolinoïde, à l'imaginaire foisonnant, "poélitique" comme disait je ne sais plus qui, sur... sur quoi au fait? un pays en crise, oui bien sûr, des hommes et des femmes affligés, oui bien sûr... mais encore, la question du récit, en crise lui aussi, qui voit son auteur, faussement démissionnaire, chercher (et le plus souvent trouver), en toute liberté, quelques parades nouvelles à son propre cinéma, à mille (et une) lieues des formats d'aujourd'hui... Et ce par l'entremise, outre Schéhérazade et les gens de peu, d'un coq, d'un chien, de pinsons... d'une baleine également. Prodigieux bestiaire.    

30 commentaires:

Papi Chat Pong a dit…

Pas d'accord mais OK. Bon, et moi ?

Serge Blanco a dit…

l'Australie vainqueur de la Coupe du Monde ? alors qu'elle n'a battu l'Ecosse que d'un petit point et à la dernière minute, je rigole ! la finale ce sera Nouvelle-Zélande -Argentine !

Buster a dit…

Pas d’accord sur quoi, Papi? l’Australie, Beach House ou le Gomes?

Serge, je n’ai jamais dit que l’Australie allait gagner la Coupe du Monde, même si c’est peut-être la seule équipe aujourd’hui capable (dans un bon jour) de battre les All Blacks... Comparer les deux quarts NZ-France et Australie-Ecosse n’apporte rien. Les Néo-Z étaient en état de grâce face à des Bleus (en rouge) faiblards dans tous les domaines. Ce match c’était un peu le Brésil-Allemagne de la Coupe du Monde de foot. Les Australiens eux ont eu beaucoup de déchets dans leur jeu face à des Ecossais très efficaces en contre et qui ont joué le match de leur vie (si je me souviens bien, ils avaient finis derniers du Tournoi des 6 nations avec la cuillère de bois). La seule chose qui est sûre c’est la supériorité de l’hémisphère sud avec les quatre équipes du Four Nations en 1/2 finale.

Miguel Gomes a dit…

Obrigado Buster

Papi Chat pong, il est sympa votre chef op, Sayombhu :)

Papi a dit…

Le Gomes. Une triple bouse.

Serge Blanco a dit…

mouais, ce qui est sûr c'est que l'Argentine sera en finale et que la Nouvelle-Zélande va en baver comme lors du match de poule ! les Français ont été nuls du début à la fin dans cette Coupe du monde,

Buster a dit…

Papi, vous yoyotez, le film est certes inégal, peut-être aurait-il gagné à être un peu plus ramassé, j’en sais rien, Gomes a pas mal taillé je crois et ce côté démesuré fait quand même partie du projet, mais une triple bouse, non non…

Serge, OK l’Argentine a été impressionnante contre l’Irlande (qui a quand même laissé pas mal de plumes dans cette Coupe du Monde) et peut très bien battre l’Australie, mais bon, ce sera une tout autre équipe d’Australie en 1/2 finale... Quant aux Français, on est d’accord, ils n’auront rien montré durant toute l’épreuve, certainement l’équipe de France la plus faible qu’on ait vue en Coupe du Monde.

valzeur a dit…

Re Buster,

Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas disputé, hein ?

D’abord, je vous recommande - gant de velours - le tout dernier Beach House, Thank your lucky stars, l’album-surprise sorti hier ou avant-hier (ou avant-avant-hier) qui m’a fait oublier l’un peu fadounet Depression Cherry. TYLS est l’un de leurs plus beaux disques, un retour au home-made avec leurs plus belles chansons depuis Teen Dream (Elegy to the Void, One Thing, Rough Song). C’est peu ou prou une merveille.

Ce que n’est hélas pas - gant de crin - les 1001 nuits du sieur Gomes.
Si je devais reprendre mon système de notes, on aboutirait à 2/20 pour le premier volume (dont j’ai vu les 3/4, je suis sorti au début des portraits de chômeurs), 9/20 pour le second, et 3/20 pour le troisième (ceux-ci vus intégralement)
Comme me faisait remarquer Clark qui a détesté les deux premiers volumes et pas vu le troisième, MG s’en tient à sa note d’intention : un état du Portugal moderne soi-disant enchanté par la fantaisie amère de son cinéma, avec des vrais bouts de réel dedans, recréé ou non, mais surtout recrachés avec les grumeaux, le mucus et tout. Autrement dit, un salmigondis directement placé sous le haut patronage du sieur Gomes lui-même qui s’enfuit complaisamment pour montrer la difficulté de la tâche dès la première scène (et s’il avait eu un peu de suite dans les idées, il aurait arrêté là, ce qui m’aurait fait gagné 6h d’énervement à peu près constant - oui, je sais, je suis un peu masochiste, contrairement à Griffe qui trouvant débectant le premier après 30 minutes, s’est bien abstenu des deux autres).
Il m’a suffi de peu de temps pour découvrir la problématique du tout : comment faire de l’art et le malin sur le dos de la misère et de l’horreur économique ? Concassons le réel en blocs pseudos-magiques, faisons les passer pour des perles et relions les par un fil inexistant. Les 1001 nuits de Gomes, c’est le couteau sans lame de Lichtenberg auquel il manque le manche, soit un Rien bien aveuglant, puisque se targuant de réel (vrais faits divers blah blah blah). D’ailleurs, Gomes réapparaît dans le troisième en vizir ou magicien - signature aussi visible et pompeuse que la dédicace à ses enfants (mon Dieu, mais quel monde va-t-il leur rester ?).
Je dois vous avouer qu’un mécanisme de défense face à autant d’inepties m’a fait presque oublier les 3 tomes - mais les impressions qui restent sont accablantes.
Gomes ne s’intéresse pas une seule seconde à ce qu’il filme, il n’y voit qu’un matériel pour imposer sa marque de conteur-magicien retors. C’est particulièrement visible avec la dernière partie du second, les deux retraités suicidaires, qui est traitée avec un retrait glacial, non pas de la réserve pudique, mais un désintérêt (et le seul plan dont je me souviens est celui de la surimpression du chien fantôme, un chichi global-Lassie).
Dans le troisième volet, la partie marseillaise est si pauvrement naïve et bêtassonne qu’on dirait une Honoré-moulade à la façon des affreuses Métamorphoses de notre micro-Demy national (…)

valzeur a dit…

(…) Et le summum de l’inconséquence est atteinte avec « le chant enivrant des pinsons » (je vois personnellement une ironie infecte dans l’usage du terme « enivrant »). Ces 45 minutes assomment proprement le spectateur en le perdant dans un mirage de cartons ineptes, de voix-off redondantes et de répétitions «  tongue-in-cheek » (pardonnez-moi l’anglais inrocks, mais cette expression est un résumé de son cinéma) ; ces fameux pinsons ne sont qu’un motif pour Gomes ; ce qui doit être un mode de libération des prolétaires portugais s’y adonnant (une libération qui joue d’ailleurs sur l’emprisonnement des oiseaux) n’est ni clarifié, ni même montré par le cinéaste. Avez-vous identifié un seul personnage ? Les noms se succèdent sur des plans de groupe, la voix-off joue des décalages. Et les rituels sont totalement incompréhensibles. Le mouvement de mythification que semble tenter Gomes est complètement vidé par ce que l’on voit à l’écran, et aboutit de fait à son inverse une pure et simple mystification du spectateur qui n’a rien vu, mais croit avoir saisi quelque chose. MG n’est pas un magicien, ni un illusionniste, mais rien de moins qu’un escroc, et il peut être fier de son coup, son triple film a été vendu comme le meilleur de Cannes, alors qu’il avait échappé, on se demande comment, à la sélection officielle (trop de beauté ?)
Je vous apprécie suffisamment, Buster, pour être un peu triste que vous ayez succombé à l’arnaque de l’année, pire que le Desplechin ou que le terminal Moretti - tellement mauvais, celui-ci, que peu oseront se déculotter devant (enfin, j’espère),

Ouf, ça va mieux en le disant, comme on le dit dans un torchon.

J’espère que le dernier Beach House agit sur vous comme un baume...

Buster a dit…

Oui oui valzeur, n'en jetez plus... le film n’est pas sans défaut, je le concède (la première moitié du volume 1 est franchement pénible), mais moi je le défends... on passe par tous les états en le voyant... impatience, attrait, ennui, étonnement, agacement, plaisir... ce n’est pas toujours inspiré, des fois ça ne fonctionne pas, mais à certains moments c’est quand même très fort... le passage avec les pinsonneurs, au départ j’étais dubitatif, moi non plus j’ai rien compris au concours, en plus ça dure, mais c’est justement sur la durée que ça marche, il finit par se passer quelque chose, ce mélange de poésie un peu grossière et d’absurde (les chants des pinsons à côté des bruits d’avions) m’a touché, on ressent une vraie tendresse pour ces hommes... quand le pinsonneur emmène son oiseau mort d’avoir trop chanté, c’est filmé simplement, sans effet, sans pathos, c’est très émouvant… Question arnaque, je trouve que Tabou, que vous aimiez bien je crois, s'en approchait davantage.

Sur ce je vais écouter ce nouvel album de Beach House dont vous me parlez.

Anonyme a dit…

Vous mettez quelle note au Gomes ? ;)

Buster a dit…

valzeur ayant mis sans scrupules12/20 à cette grosse daube qu’est Dheepan, je ne peux pas mettre moins, disons alors 13/20… pas plus non plus, car le film est quand même limité par son auteurisme et l’aspect laborieux de certaines histoires.

Brigitte Bardot a dit…

Il aime pas les animaux, Valzeur ?

Buster a dit…

Si, il aime le homard.

Anonyme a dit…

Finalement, vous ne l'aimez pas tant que ça le Gomes ! ;)

Buster a dit…

Lol

(je ne vais pas répéter ce que j’ai déjà dit, je n’aime pas tout dans le film, seulement il y a des récits: l’histoire du coq et du feu, la fugue de Simao "Sans Tripes", le chant enivrant des pinsons… qui m’ont suffisamment séduit pour que je considère le film dans son ensemble comme une réussite).

valzeur a dit…

Hello Buster,

Le Audiard n’est pas exaltant, loin de là, mais je l’ai vu sans déplaisir, grâce notamment à l’actrice qui est extraordinaire et rend valable approximativement toutes ses scènes.

Je veux que le Gomes est inégal ! il y a du mauvais, du très mauvais, du lamentable, et parfois, rarement, du correct (mettons l’échappée belle du vieux meurtrier misogyne et queutard, ou le début du procès - très vite ronronnant comme un chat grippé). Tabou - que j’aime bien, c’est vrai, du moins sa partie angolaise - avait au moins la décence de ne pas s’inscrire comme un témoignage d’ici et maintenant - et je persiste à penser que Gomes se contrefout de ce qu’il filme. J’aime beaucoup votre litote « limité par son auteurisme » : à part Grazia et les Inrocks, qui peut réellement se passionner pour cette purge aux 3/4 (le 1/4 restant constipe, remarquez…).

valzeur a dit…

Moi pareil ! (le Beach House - au moins, on est d’accord sur ça)

Pour l’instant, c’est mon disque de l’année...

Buster a dit…

Tout va bien alors.

Anonyme a dit…

finalement, sans les animaux le film serait moins bien

Buster a dit…

C'est "bête" à dire, mais oui, probablement.

Lucie a dit…

Coucou Buster,

Thank You for Thank Your Lucky Stars.

L'album est magnifique. Et "Somewhere Tonight" une pure merveille.

Buster a dit…

Coucou Lucie, content de vous retrouver, ça faisait longtemps...

Somewhere tonight, le slow de l'année: ... pink and blue were dancing... j'ai l'impression d'avoir 15 ans!

Lucie a dit…

"ça faisait longtemps…" mais c’est vous qui aviez disparu Buster !!

Buster a dit…

Ah oui c'est vrai ;-)

Buster a dit…

Oups... je viens encore de supprimer um commentaire sans le faire exprès, celui où je répondais à valzeur sur le Gomes... je sais plus ce que je disais, pas grave... je disais aussi que j'écoutais le nouveau Beach House en boucle... (et ça continue)

Time Machine a dit…

Vous disiez que chez Gomes la part narcissique est sûrement plus importante que la part altruiste ;)

Buster a dit…

Je disais ça moi? Ok.

McIntosh a dit…

http://www.liberation.fr/sports/2015/10/19/mondial-de-rugby-world-rugby-reconnait-une-erreur-de-l-arbitre-lors-d-australie-ecosse_1407442

Buster a dit…

Lol