samedi 16 mai 2015

Death And Vanilla


Magnus Bodin, Marleen Nilsson et Anders Hansson





POP EYE # 02

To where the wild things are..., Death And Vanilla.

Ils étaient deux (Marleen Nilsson et Anders Hansson), ils sont maintenant trois (avec l'arrivée de Magnus Bodin). De Death And Vanilla, on connaissait les deux premiers albums éponymes, un EP en 2010 - réédité en 2014 avec trois titres en plus - et un LP en 2012, suivis de l'étonnant Vampyr, enregistrement live d'un concert semi-improvisé lors d'une projection du film de Dreyer (cf. aussi le single From above). C'était déjà très beau, très broadcastien, c'est-à-dire imprégné des mêmes influences, multiples, qui caractérisent Broadcast, telles le groupe psychédélique The United States of America, les musiques de films (surtout italiens, genre giallo) et, plus généralement, tout ce qui touche à l'expérimentation, du BBC Radiophonic Workshop à White Noise... Avec To where the wild things are... (titre inspiré du livre pour enfants de Maurice Sendak - Max et les maximonstres en français), les Suédois de Malmö franchissent un nouveau palier. Certains trouveront à redire, sur le côté indécrottablement vintage de leur musique, à l'image des instruments utilisés - vibraphonette, glockenspiel, moog et autres vieux synthés des années 60 -, mais là encore, comme pour leurs aînés de Birmingham, l'emprunt n'est que la première étape d'un véritable travail de re-création, et de récréation lorsqu'on écoute certains morceaux de pure dream pop, admirablement portés par la voix lumineuse, tout en reflets, de Marleen Nilsson, sans jamais céder à la facilité de la pop éthérée, comme du rétro-futurisme gnangnan, y adjoignant au contraire la densité minérale du krautrock, pour atteindre l'équilibre idéal, aussi délicat que parfait, entre electro cosmique et pop radieuse, au pays des "choses sauvages"...  

Necessary distortions - The optic nerve - Arcana - California owls - Time travel - Follow the light - Shadow and shape - The hidden reverse - Moogskogen - Something unknown you need to know.

17 commentaires:

Anonyme a dit…

Aucun commentaire pour le moment.

Anonyme a dit…

Toujours pas de commentaire.

Anonyme a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=TDzMWqQP7Ig

Anonyme a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=OUOWnmT_X5k

reality is only temporary a dit…

C'est dingue, ce devrait être tout à fait ma tasse de thé, éternel fan de Broadcast que je suis, mais je trouve les chansons de Death & Vanilla terriblement ennuyeuses. C'est très bien produit tout ça tout ça, certes, mais je ne retiens aucun morceau (hormis peut-être California Owls, pas trop mal). Leur production est beaucoup trop appliquée pour être vraiment intéressante je trouve. Il n'y a pas du tout la richesse poétique et mélodique de Trish Keenan, ni le caractère extrême des expérimentations de James Cargill. Aucune prise de risques là-dedans et c'est bien dommage. Je ne comprends pas qu'on puisse passer autant d'heures à travailler, répéter, enregistrer de la musique qui ressemble à ce point à celle de Broadcast sans vouloir chercher à se démarquer de cette influence légitime par sa propre singularité. Ceci dit c'est toujours un peu mieux que le nouveau Jacco Gardner qui est encore plus barbant, et peu inspiré...

Buster a dit…

C’est sûr que Death And Vanilla ce n’est pas Broadcast, et la comparaison, inévitable, est forcément écrasante, j’imagine d’ailleurs que Nilsson et Hansson doivent en avoir un peu marre qu’on les compare systématiquement à Broadcast. Cela dit, je trouve leur album très réussi, beaucoup plus riche qu’il n’y paraît à la première écoute, toujours insuffisante... si California owls ressort davantage au début, d’autres morceaux viennent prendre le relais à mesure qu’on réécoute l’album, notamment les derniers (Shadow and shape, The hidden reverse, Moogskogen, Something unknown...), la qualité de l’album se révélant ainsi petit à petit, comme dans la musique minimaliste... D&V c’est un peu le croisement entre Broadcast et Beach House.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Rien de tout ça (Jacco Owls) n’est aussi excitant que les quelques morceaux déjà publiés de FFS, soit Franz Ferdinand + Sparks.
Par exemple, Johnny Delusional : https://www.youtube.com/watch?v=Ac3qj-E4K4M

Vous aimez, j’espère ?

Buster a dit…

Haha merci valzeur... j’adore Sparks, le morceau est d’ailleurs très sparskien (le Sparks des années 70), j’aime bien, en plus ça m’apaise (je sors du Bercot, une horreur!)

Anonyme a dit…

Bah alors, c'est mort ici

Buster a dit…

Complètement. Mort et vanille.

Anonyme a dit…

Et Other Lives ? Et Sufjan Stevens ? Déçu ?

Buster a dit…

Pas encore écouté le dernier Other Lives, j’avais bien aimé le précédent, Tamer animals... Quant à Carrie & Lowell de Sufjan Stevens, curieusement je ne suis pas aussi dithyrambique que l’ensemble de la critique, c’est un très bel album de folk, émouvant, tendre, mélancolique, et tout et tout, mais pas aussi génial que ça, un peu trop monochrome à mon goût, voire redondant sur certains morceaux...

Anonyme a dit…

Et le Brizé ? Et le Desplechin ?

Buster a dit…

Rien vu de tout ça... en fait le film français (de Cannes) que j’ai le plus hâte de découvrir, plus encore que le Garrel, c’est Valley of love... très intrigant.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Tout différent ce soir, puisque n’écoutant que mon masochisme assoupi, j’ai enchaîné le Bercot et le Desplechin, et vous savez quoi ?, La Tête Haute met la misère à 3 souvenirs de ma jeunesse.
Bon, écrivant cela, je dois bien reconnaître que LTH n’est pas bon, voire pas bon du tout. Le virage mal négocié du film d’horreur sociale au grand mélo familial conduit dans le ravin, mais il y a au moins des acteurs (euh, d’accord, pas Sara Forestier et sa composition kamikaze en Zézette épouse X). Deneuve est bonne (honni soit...), Magimel très bon, et le petit Rod Paradot une vraie révélation ; il vaut totalement le déplacement, contrairement aux jeunes endives sous serre du Desplechin. Soyons sympa, Buster, La Tête Haute, c’est un peu du Maïwenn réussi, non ? (ce qui équivaut à pas grand chose aussi)
Griffe m’avait prévenu pour 3SDMJ, et il avait raison : c’est haut la main le pire film de Desplechin. Consacrons ici 10 lignes, quinze secondes de considération, et jetons-le aux orties pour toujours. D’ordinaire, le cinéma pervers et chichiteux de AD fait illusion - du moins pour les crédules - sous couvert de pseudo-romanesque. Privé ici de l’immense valeur ajoutée que représentent quelques bons acteurs avec de la bouteille, il révèle sa profonde inanité, et une fausseté permanente qui brille comme une broche en toc sur fond de boue. Si on peut à la limite s’amuser de la roublardise gorgée de soi que donne par exemple la scène entre Dussolier et Amalric, comment qualifier le reste dès l’apparition du cheptel adolescent calamiteux ? Incapables d’apporter quoique ce soit à un dialogue sur-écrit/sous-senti, ils n’obtiennent qu’une pénible mise à plat. 3DSMJ, c’est un peu Les Beaux Gosses se prenant pour le Docteur Jivago, et le film est aussi émotionnel qu’une nouille froide. Où qu’on regarde tout est faux : les acteurs, les sentiments (cette histoire d’amour déjà à la con à l’époque de « Comment je me suis disputé »), l’écriture, la mise en scène (mention spéciale au split-screen dans la scène d’immersion teen-moviesque). Et que des dires des moments physiques : le tabassage de Paul Dédalus (rien que ce nom), la séduction de l’étudiante en couple (je suis quasi-sûr qu’une telle scène existe dans l’Hôtel de la Plage de Michel Lang), le « ravissement » d’Esther complètement Bernadette Soubirous (et cette phrase post-coïtum sublime à se répéter pour toujours : « Quand les hommes viennent, ce sont les femmes qui partent », ou une connerie poétique approchante). Rien n’a de poids, rien n’a d’identité, rien n’existe : Desplechin est vraiment un cinéaste pour aujourd’hui, d’où son succès (du moins critique).

(Buster, votre nouveau captcha me demande de sélectionner avec des aliments, il pourrait au moins y avoir un navet ! Veillez-y !)

Anonyme a dit…

Valley of Love… à en croire la critique, c'est moins pire que The Sea of Trees, mais quand même très décevant

http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/video/2015/05/22/valley-of-love-huppert-et-depardieu-un-miracle-qui-ne-se-produit-pas_4638808_766360.html

Buster a dit…

Salut valzeur, jamais vu le Maiwenn (mon masochisme a des limites), sinon oui, les acteurs sont bien, mais pour le reste quelle plaie ce type de cinéma, socio-dardenno-loachien... les seuls moments un peu réussis sont ceux qui se passent dans le bureau de la juge, par exemple la scène après l’accident de voiture, quand l’avocat plaide la cause du môme en multipliant les métaphores sur la "conduite", c’est assez drôle, presque chabrolien... mais bon, ça fait pas beaucoup.
Le Depleschin, hé hé, c'est pas l'arcadie, vous l'avez habillé pour l’hiver :-)

Valley of love, on verra... parce que la critique hein, surtout à Cannes, elle est aussi fiable qu’un anus en temps de gastro (en plus les deux guignols du Monde...)