dimanche 5 avril 2015

Philippe DeBarge




Philippe DeBarge des Pretty Things, album enregistré en 1969 et resté inédit pendant quarante ans.

"Cette année-là, le dénommé Philippe Debarge, playboy et riche fils de famille (héritier d'une fortune dans l'industrie pharmaceutique), se met en tête de devenir chanteur et d'enregistrer un disque de rock. A cette fin, cet admirateur de rock britannique, pour qui les Pretty Things sont ce qu'il y a de mieux, invite dans sa villa de Saint-Tropez Phil May et 'Wally' Waller afin qu'ils lui écrivent des chansons. La ferveur du jeune homme, sa générosité, ainsi que son talent - réel - de chanteur convainquent les deux Anglais. Debarge finance ainsi des séances d'enregistrement au studio Nova à Marble Arch à Londres, qu'il aide à équiper d'instruments et appareils dernier cri. Une fois le disque réalisé, le Français repart avec les matrices sous le bras, ne le diffusant qu'auprès de ses amis et ne cherchant pas à le commercialiser. L'enregistrement gardera une réputation légendaire auprès d'un cercle d'initiés. Plusieurs années après la mort de Debarge, May et Waller rendront hommage à leur mécène de jadis en permettant au fanzine californien Ugly Things d'acquérir les droits de l'album, attribué aux Pretty Things et diffusé sous le titre Philippe DeBarge [sic]. C'est, pour ceux qui l'ont écouté et aimé, un disque de pop-rock psychédélique et baroque qui soutient amplement la comparaison avec S.F. Sorrow et Parachute. May et Waller ont ajouté un titre pour l'occasion: Monsieur Rock (Ballad of Philippe)." (Didier Delinotte et Michka Assayas, Le nouveau dictionnaire du rock, 2014)

L'album est en effet très beau, regorgeant de "jolies choses" - "You might even say", "Alexander", "You're running you and me", "Eagle's son", "It'll never be me" -, où l'on retrouve ce qui fait la magie des Pretty Things, ce côté fusion inégalable, comme si l'album avait été composé à la fois par les Beatles et les Kinks, les Zombies et les Who, Syd Barrett et Arthur Lee...

Hello, how do you do - You might even say - AlexanderSend you with loving - You're running you and me - Peace - Eagle's son - Graves of grey - New day - It'll never be me - I'm checking out - All gone now

PS. C'est bien Philippe Debarge qu'on entend sur l'album. La même année les Pretty Things enregistreront sous leur pseudo Electric Banana (utilisé pour les musiques de films) un autre album, Even more Electric Banana, sur lequel on retrouve trois des chansons écrites pour Debarge. Waller y reprend "Alexander" et "Eagle's son", alors que May, lui, interprète "It'll never be me", comme dans le film What's good for the goose de Menahem Golan. A écouter aussi sur la compilation The Electric Banana blows your mind (1967-69).

21 commentaires:

Lucie a dit…

Coucou Buster,

Dites donc, vous ne chômez pas depuis votre retour. C'est sympa, mais allez-y doucement quand même, vous risquez de vous épuiser et devoir refaire une pause ! ;-)

Avez-vous vu le dernier Jacquot ? "Plus vieillot, tu meurs" aurait dit Manoel.

Bonnes fêtes de Pâques !

Buster a dit…

Bonsoir Lucie,

Rassurez-vous, ce n’est qu’une embellie, suite à mon absence, ça ne va pas durer :-)

Le Jacquot oui je l’ai vu, c’est très mauvais, ce qui est vieillot c’est de se croire moderne ou de chercher à tout prix à l’être, les vrais modernes eux ne savent pas qu’ils le sont, tous ces zooms ici ne riment à rien, Jacquot fait du Hong Sang-soo, à la seule différence que chez HSS c’est pas sérieux, c’est comme un jeu, Jacquot lui y croit dur comme fer à ces mouvements de caméra, convaincu que c’est le summum de la modernité, alors que c'est d’une nullité affligeante…

Bonnes fêtes à vous!

Anonyme a dit…

Cet album des Pretty Things, on dirait un canular.

Buster a dit…

Oui… mais non, c'est pas un canular.

Lire aussi ce qu'en disait Christophe Conte en 2009 lors de la sortie de l'album:

Anonyme a dit…

En tous cas merci pour vos billets sur la pop, c’est grâce à vous que j’ai découvert The Left Banke, The Young Rascals et The Pale Fountains.

Buster a dit…

Bah merci à vous, c’est vrai que remettre ces groupes en lumière c’est important, même si bien sûr les popmaniaques connaissent déjà tout ça.

A ce propos, j’avais envisagé il y a quelques années d’ouvrir un autre blog, consacré uniquement à la pop (j’avais déjà le nom: Pop eye, un nouveau regard sur la pop, hé hé), mais bon, ça s’est pas fait...

Anonyme a dit…

Il faudrait que ça se fasse, c'est une bonne idée, mais pourquoi uniquement la pop ?

Buster a dit…

Il y aurait aussi Brutus, un supplément pour le rock bien dur, et Olive, pour le funk bien huileux :-)

(bon je file, je vais voir la Sapienza d’Eugène Green)

David Thiery a dit…

L'album de Philippe Debarge est vraiment bien. Dans ce même genre de personnage, le fils de Balthus, Stash de Rolla, a enregistré un 45 tours, trop rare pour que j' ai pu l'entendre, et des titres réunissant Mick Jagger, Paul Mccartney et John Lennon, qui eux ne sont jamais sortis. Il avait raconté tout cela dans un numéro d'Ugly Things, son histoire est assez fascinante mais j'ignore si sa musique l'est autant.

Buster a dit…

Jamais écouté non plus, Stash de Rola je ne connais que de nom...

Sur le blog A dandy in aspic, ils en parlent:

Anonyme a dit…

et alors la sapienza?

Anonyme a dit…

Eh bien, Eugene Green vous a coupé le sifflet ?

Buster a dit…

Haha non, pas à ce point… la Sapienza j’ai plutôt bien aimé, surtout en ces temps de vaches maigres et après s’être fadé le Jacquot (qui lui aussi il y a très longtemps se réclamait de Bresson)… le système Green (son maniérisme, ce côté recherché de la mise en scène, la diction des acteurs…) ne fonctionne pas toujours, surtout quand il est question comme ici d’espace et de lumière, ça rend le film par moments un peu étroit, mais c’est pas mal quand même…

Anonyme a dit…

Le film de Green est vraiment très bien et celui de Jacquot complètement nul.

Buster a dit…

Disons que dans les films de Green il y a toujours une sorte de conflit entre le rébarbatif (les choix esthétiques) et le roboratif (le plaisir qu’on finit par y prendre) et que par moments ça donne des choses très belles, notamment dans ses deux premiers films qui sont ceux que je préfère (Toutes les nuits et Un monde vivant). Dans la Sapienza, c’est surtout la partie centrale, le voyage à Rome d’Alexandre et Goffredo, qui m’a plu, j’ai été moins emballé par les parties à Senza, bien que nécessaires au récit, les autres rapports mari/femme, frère/soeur, et même entre la femme et la jeune fille…

Du film de Jacquot il n’y a rien à dire, je vois pas l’intérêt de faire un remake pour offrir un truc aussi indigent… les seules scènes qui m'ont fait marrer c'est quand Seydoux marmonne (parce que là on comprend rien de ce qu’elle dit), quand Lindon bougonne (parce là on comprend rien de ce qu’il dit) et quand Lacoste a ses quintes de toux et qu'il graillonne (parce que là... bah il y a rien à comprendre :-)

Benoit Jacquot a dit…

Très drôle.

Buster a dit…

Hum… Benoit, sans l’accent circonflexe

soit c’est un mec qui oublie les accents
soit c’est un mec qui lit Positif
soit c’est... Jacquot lui-même!

Benoit Jacquot a dit…

J'ai un mis un accent à "drôle" et je ne lis pas Positif, donc...

Buster a dit…

donc c'est un fake :-)

Yéti a dit…

Soit dit en passant, Michael Brown de The Left Banke est mort en début d'année.

Buster a dit…

Oui j'avais évoqué la disparition de Michael Brown sur le fil du billet The end (commentaire du 20 mars), à travers un petit clip de mon cru.