samedi 4 avril 2015

L'arbre




L'ouverture de Non ou la vaine gloire de commander de Manoel de Oliveira (1990). Musique: Alejandro Massó.

"C'est d'ailleurs ce que j'aime en général au cinéma: une saturation de signes magnifiques qui baignent dans la lumière de leur absence d'explication." (Manoel de Oliveira, in "Godard et Oliveira sortent ensemble", Libération, 4-5 septembre 1993, repris par Godard dans Histoire(s) du cinéma, chapitre 4(b): Les signes parmi nous, 1998)

"Manoel de Oliveira est-il davantage un créateur de mondes ou un inventeur de formes encore qu'il soit à peu près impossible que l'un n'implique pas l'autre? Là, réside une part de l'ambiguïté de ce bâtisseur pour lequel créer s'apparente à l'acte divin en ce qu'il donne naissance au monde. L'ouverture de Non ou la vaine gloire de commander apporte à elle seule l'évidence de l'impossibilité entre "monde" et "forme", choix à tout le moins incompréhensible pour un cinéaste de l'élan et de l'énergie comme Oliveira; un torrent ne se demande pas de quel côté il coule. Ce plan où s'élève un arbre majestueux dont on s'approche lentement donne le sentiment d'un pas... avant l'humanité, quelque chose d'indicible comparable au drame de la lumière dans les spectacles du ciel chez Godard. On assiste à la victoire d'une manière au service d'une matière sans pouvoir décider laquelle a entraîné l'autre. La synthèse de la figure et de l'espace, stupéfiante d'équilibre et d'harmonie, ménageant à la fois le mystère de la création et la clarté du monde, invente ici une sorte de "perspective atmosphérique" qui s'incarne dans la réalité vivante loin de toute abstraction et en même temps si proche." (Jean-Claude Guiguet, "Réflexions", Manoel de Oliveira, sous la dir. de Jacques Parsi, 2001)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

é bonito

Anonyme a dit…

obrigado

Francisco a dit…

Beau titre de Télérama à propos d'Oliveira : "Il n'aura pas attendu 107 ans"

Buster a dit…

Ah oui, joli...