jeudi 1 janvier 2015

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Pasolini d'Abel Ferrara. Le film est magnifique, j'y reviendrai... En attendant: I'll take you there par The Staple Singers.

Revu pour la cinquième (ou sixième?) fois Metropolitan de Whit Stillman. Je ne m'en lasse pas. , une interview du réalisateur.

Reçu (merci M.) une copie DVD de l'Etrange petit chat de Ramon Zürcher, ce film qu'adorent tous ceux qui l'ont vu. A découvrir donc au plus vite...

A part ça, depuis ce matin midi, j'écoute avec mon petit neveu plein de vieux vinyles, que j'ai ressortis exprès pour lui: King Crimson, The Soft Machine, Pink Floyd, Genesis, Yes, Emerson, Lake & Palmer... Ecouter du rock progressif, est-ce régressif? Pas vraiment quand il s'agit d'albums aussi fabuleux que par exemple Selling England by the pound de Genesis ("Firth of fifth", tous genres confondus, c'est quand même un sommet, non?) - l'occasion aussi de vérifier la supériorité de la version d'origine par rapport à la version remasterisée.

Ah au fait, the person of the year, j'ai oublié d'en parler... Il y a bien sûr ceux qui luttent contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest (Time les a justement mis à l'honneur), il y a aussi les manifestants de Ferguson, suite à l'affaire Michael Brown... mais bon, pour ma part, après Liu Xiaobo en 2009, Julian Assange en 2010, Mohamed Bouazizi en 2011, les Pussy Riot en 2012, Edward Snowden (et "Chelsea" Manning) en 2013, je retiens comme personnalités 2014, Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise, prix Nobel de la paix, et Samira Saleh al-Naimi, l'avocate et militante irakienne, victime parmi tant d'autres (elle fut torturée et assassinée pour apostasie) de l'Etat islamique.

82 commentaires:

Anonyme a dit…

Genesis ??? oulala, vous commencez l'année par du lourd

Anonyme a dit…

Phil Collins !?

Buster a dit…

Hé hé, on tique quand j’évoque Genesis. Mais je parle du Genesis époque Peter Gabriel… l’aspect mastodonte, pompeux et prétentieux du rock prog, oui bien sûr, mais surtout avec The Lamb... avant, Foxtrot et Selling England franchement, ce sont des sommets de créativité et de virtuosité qui font que le côté excessif et théâtral (Gabriel) reste au second plan… Firth of fifth, avec tous ces changements de rythme, l’intro au piano de Tony Banks (le véritable auteur du morceau), le solo de guitare de Steve Hackett, et ses riffs incroyables, qu’est-ce que c’est beau… Le groupe ne s’est pas encore philcollinisé, Collins est confiné à la batterie, il fait les choeurs, et quand il chante comme sur More fool me, morceau acoustique, c'est peut-être plus léger mais c'est aussi beaucoup plus faible…

Anonyme a dit…

Ah d'accord

Anonyme a dit…

C'est pas bien Buster, vous avez fait vomir Borges :)

Whit Stillman a dit…

Vous étiez à l'Archipel mardi soir, Buster ?

Buster a dit…

Ah Whit, toujours aussi drôle… :-D

Ah Borges, toujours aussi con… Comment peut-on croire ce mec, qui nous la joue rebelle, confortablement installé devant son ordi, à lire des blogs et Facebook (faut vraiment avoir rien d’autre à foutre), prototype même de l’intello puant, constamment dans la pose, mais sans une once d’authenticité… et en plus infoutu de faire la part des choses entre le côté parodique (je cite ceux que Time avait cités), à l’heure des bilans de fin d’année, et le côté sincère (ou naïf, peu importe) de ma note, parce que j’y évoque aussi, tout simplement, ce qui m’a touché cette année, comme le destin de cette jeune Pakistanaise ou celui plus tragique de Samira Saleh al-Naimi. Point final.

François d'Orcival a dit…

Entre Borges et BHL, si on regarde bien, il n'y a pas beaucoup de différence.

Buster a dit…

Oui, peut-être, j’en sais rien, à vrai dire je m’en fous.

(allez, on arrête de parler de Borges, sujet sans intérêt).

B. Hachel a dit…
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Buster a dit…

Quand même quoi? La formule est celle des médias, je l’ai reprise telle quelle volontairement (bon OK j’aurais dû mettre des guillemets)… et quand bien même elle serait de moi, où est le problème? que rendre hommage à ceux (et pas que des Occidentaux venus sur le terrain, et pas que des médecins non plus) qui se mobilisent et prennent des risques (bah oui, ceux qui sont en première ligne) pour contenir l’épidémie, c’est indécent par rapport aux milliers d’Africains victimes du virus? parce que si ces gens (les Occidentaux) sont là c’est d’abord pour le business, et aussi bien sûr éviter que le virus se propage et arrive chez eux? C’est quoi ces arguments à la con? L’humanitaire reste une des rares choses encore de valeur aujourd’hui, malgré les nombreuses dérives, oui je sais (c’est d’ailleurs pourquoi je n’ai pas finalement retenu ces "combattants d’Ebola", terme trop flou, trop général, qui associe anonymes méritants, les plus nombreux, et dirigeants moins scrupuleux).

Buster a dit…

Et si je n’évoque pas le drame africain par lui-même c’est que ma note fait juste écho à ce petit jeu, complètement futile on est d’accord, qui consiste chaque année à élire, à la suite de Time, une ou plusieurs personnalités marquantes…

B. Hachel a dit…

C'est ça qu'il aurait fallu dire dans votre note.

Quentin Dupieux a dit…

"Le dernier arrivé est fan de Phil Collins !"

Buster a dit…

Ha ha... Chivers!

Guillaume a dit…

Salut. "L'étrange petit chat" moi je l'ai vu et je crois que je préfère encore écouter du Phil Collins.

Buster a dit…

Ah bon.

Colin a dit…

Salut Buster,

Sans rien dévoiler de votre identité, quelqu'un m'a dit que vous travaillez ou avez travaillé dans l'humanitaire, ceci expliquerait cela.

Bravo sinon pour votre blog et bonne année 2015 !

valzeur a dit…

Hello Buster,

Hum, oui, tout ce délire autour de l'"Etrange petit chat" me semble pour le moins étrange. On dirait un film de fin d'étude calculé dans ces moindres recoins. Ca n'est pas honteux, mais de là à trouver ça captivant. Seul point un peu marquant, la laideur très cinégénique des deux adolescents qui jouent les rôles principaux ou du moins vers qui tout converge dans mon souvenir (le film s'était déjà évaporé une heure après que je l'aie vu).

Sinon, oui, c'est vrai, le Pasolini est très beau, à deux ou trois fautes de goût près (mais bon, on est chez Ferrara, donc c'est compris avec le reste)

Buster a dit…

Salut valzeur,
Pas encore vu cet Etrange petit chat (j’ai d’autres chats à fouetter pour le moment) mais ça ne saurait tarder… Sinon bonne année!

Colin > salut et bonne année à vous aussi… Pour le reste je ne sais pas d’où vous tenez cette info, qui n’est pas exacte mais qui m’intrigue… merci de me recontacter (par mail)

Anonyme a dit…

A propos de Pasolini, je repose ma question : qui est l'auteur du texte Pasolini-Salo que vous avez publié ? Vous ne le précisez pas. Est-ce vous ?

Anonyme a dit…

"info, qui n’est pas exacte", c'est-à-dire qui n'est pas rigoureusement conforme à la réalité, donc pas complètement fausse non plus

Buster a dit…

Anonyme de 9:47 > sorry, je pensais avoir répondu, bien sûr que c’est moi, qui voulez-vous que ce soit? il s'agit d'un vieux texte, écrit il y a bien longtemps, juste après avoir découvert le film (en VHS, c’est dire si c’est vieux).

Anonyme a dit…

Eh bien merci, je m'en doutais un peu, c'est un beau texte, discutable par certains aspects, mais très fort au niveau du style. Vous deviez être très jeune quand vous l'avez écrit.
F. (anonyme de 9.47)

Anonyme a dit…

Merde, mais vous aviez quel âge?

valzeur a dit…

Hé, Buster !

J'ai oublié de vous souhaiter une mirifique année 2015, plein d'étranges petites chats (ou chattes, pourquoi pas ?) et de films beaux comme des camions (ou, plus certainement, des camionnettes).

Et merci pour My Sad Captains (j'adore Goodbye, en fait)

§ a dit…

Parler d'un délire à propos de L'étrange petit chat est bien exagéré.
Par contre il y a un réel délire autour de Pasolini, que j'ai trouvé exécrable, très con. Buster, j'attends donc votre texte avec impatience !

Buster a dit…

valzeur > re bonne année… merci pour les chattes et les camionnettes, on verra…

§ > j’ai un autre texte à finir :-) avant celui sur Pasolini…
mais bon, je peux déjà dire que si j’aime le film, c’est au niveau de son écriture, de sa forme plus que sur le fond, je ne sais pas à quoi fait allusion valzeur quand il parle de deux ou trois fautes de goût (le passage "Sodome" sûrement, plus fellinien que pasolinien, et même ferrarien), mais globalement le portrait qu’il dresse de Pasolini, par petites touches qu'il juxtapose, je le trouve très beau, très musical, j’y ai ressenti une vraie tendresse… On se focalise beaucoup sur la question de l’assassinat par le choix de Ferrara d’éluder la piste politique mais cela aurait été un autre film, plus construit au niveau narratif, pas sûr que Ferrara en soit capable, ce n’est pas trop son truc, ça ne l’a jamais été d’ailleurs…

Aux deux anonymes, la réponse est 12 ans, pourquoi? :-D

Anonyme a dit…

Le dernier film d'Abel Ferrara, la mort de René Vautier, on attend surtout les textes de Nicole Brenez :)

Marc Dorcel a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Buster a dit…

Ah ouais? Je réfléchis et je reviens…

Buster a dit…

En v’là déjà 4:

Gonad girl
P’tit coquin
Adieu au bondage
Under the stick

geeke a dit…

:D

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je pensais surtout aux plans après la catastrophe aérienne dans le roman en cours d"écriture (le crâne avec la toque de l'hôtesse, et les horribles fondus sur les indigènes du désert). Et la dernière scène - notamment le plan sur Adriana Asti - est quand même vilaine, avec de bons vieux restes de dolorisme sulpicien (mais je vous concède qu'à côté de l'hideux Nos Funérailles, c'est quasiment du Bresson).
Je comprends qu'on puisse détester l'ensemble (§ ou Clark), mais le film a quand même un charme étrange (même la partie Davoli que j'aime un poil - si je peux me permettre). Et surtout, Ferrara ne balise rien, ce qui peut paraître agaçant, mais est finalement assez "immersif". Il y a plein d'allusions artistiques ou politiques qui ne sont pas expliquées. Que le spectateur se débrouille avec ça et voilà !
Je disais à Griffe (qui ne l'a toujours pas vu) que Bonello avait certainement dans l'idée un résultat pareil avec Saint-Laurent qui malheureusement ne postule au fluide/funèbre que dans ses rêves : son film est une merde, contrairement à Pasolini.

Buster a dit…

Ceux avec qui j’ai vu le film n’aiment pas non plus, aussi bien ceux qui connaissent Pasolini (parce qu’ils n’ont pas retrouvé l’image du Pasolini qu’ils attendaient) que ceux qui le connaissent mal (parce qu’ils ont été perdus par le travail de Ferrara et n’ont pas compris grand-chose). Ferrara privilégie le geste, les détails, des faits anodins, qui valent comme éléments plus importants de la vie artistique et politique de Pasolini. C’est comme des métonymies, moi j’ai été très sensible à ce type d’écriture, c'est un film qui nécessite sûrement d'être revu (un peu comme on réécoute la musique ou qu'on relit la poésie).

Anonyme a dit…

C'est bizarre, vous répondez à mon commentaire, et en même temps vous le supprimez !!
Marc D.

Buster a dit…

Ah mais c’est pas moi… c’est Blogger qui a dû le supprimer à cause d’un mot interdit. Ce qui fait aussi que ma réponse vient là comme un cheveu sur la soupe, ça fait un peu tache.

D comme Dorcel? Renvoyez-moi le message avec quelques points de suspension... :-)

Buster a dit…

Bon, je peux le faire moi-même, le Top 4 avec Gonad girl, P’tit coquin, Adieu au bondage, Under the stick... était la réponse à un certain Marc D°rcel qui me demandait quel était mon Top des films p°rn° pour 2014.
C'est ça Marc? :-)

§ a dit…

Quand je serai directeur de la censure sur Blogger, c'est les mots Phil Collins et Bonello que je ferai interdire !

§ a dit…

Valzeur, la comparaison entre Saint Laurent et Pasolini est intéressante, bien que je n'aime ni l'un ni l'autre. Je vais sans doute vous faire hurler, mais je préfère le Mishima de Schrader, dont la construction éclatée a pour centre, comme dans le Ferrara, la dernière journée de l'écrivain.

Anonyme a dit…

Je me souviens plus trop de ce que j'avais écrit, mais c'est à peu près ça.

Le mot interdit serait donc P♡RN♡ :))

Marc D♡RCEL

Buster a dit…

Merci Marc, tous ces petits coeurs, Blogger va aimer (enfin je crois)

Mishima de Schrader, très beau aussi...

Bon, c'est pas le tout, mais j'ai un texte à finir!

Lucie a dit…

Coucou Buster,

Je sors du "Pasolini" de Ferrara. Je ne serai pas aussi sévère que § mais j'ai trouvé ça plutôt décevant. J'ai eu l'impression d'assister aux "chutes" d'un film. Cela crée une atmosphère qui n'est pas désagréable, mais c'est quand même frustrant.

Sinon je n'ai rien compris à votre histoire de censure. D'où il sort ce Top 4 ?

valzeur a dit…

Hello § (et Buster aussi, quand même).

Ah non, j'ai plutôt un bon souvenir de Mishima ; c'est même le seul des films de Schrader qui m'en ai laissé un, de bon souvenir.

A ceux qui n'aiment pas le Ferrara, je recommande absolument A Most Violent Year, une bouse ultime qui vous donnera envie de voir en boucle le Pasolini d'Abel F.

Les cinq derrières minutes d'AMVY sont déjà un des summums de connerie de l'année - j'ai failli en hurler de rire. C'est du sous-sous-Lumet congelé qui après un début vaguement (?) tenu se déculotte à mesure et sombre dans une facilité de téléfilm de bas étage (oh, ce pistolet oublié dans la neige ! ah, ce compte en banque qui surgit de nulle part !). Quant à O. Isaac, il est insoutenable avec sa moue de faux Pacino et son accent hispano en toc.

Comme dit Télérama, "magistral" vraiment !

Buster a dit…

Bonsoir Lucie,

Des chutes, pourquoi pas... si ça fait du film un beau chutier ;-)
Pour le Top 4, laissez tomber, ça n'a pas d'importance, de toute façon j'avais piqué les films dans le calendrier 2015 de Chronic'art :-D

Salut valzeur,
Mmm... vous avez le chic pour rendre les bouses attractives, cet AMVY donne envie...

Pasolini a dit…

Ferrara m'a tuer (une deuxième fois)

un lecteur attentif des critiques valzeuriennes a dit…

"Bouse ultime" c'est quand même mieux que "descente d'organe" (Le Loup de Wall Street) non ? L'année 2015 commence donc mieux que 2014...

L'Enlèvement de Joris-Karl Huysmans a dit…

Pendant toutes les années de ma triste jeunesse, Huysmans demeura pour moi un compagnon, un ami fidèle ; jamais je n'éprouvai de doute, jamais je ne fus tenté d'abandonner, ni de m'orienter vers un autre sujet ; puis, une après-midi de juin 2007, après avoir longtemps attendu, après avoir tergiversé autant et même un peu plus qu'il n'était admissible, je soutins devant le jury de l'université Paris IV - Sorbonne ma thèse de doctorat : Joris-Karl Huysmans, ou la sortie du tunnel. Dès le lendemain matin (ou peut-être dès le soir même, je ne peux pas l'assurer, le soir de ma soutenance fut solitaire, et très alcoolisé), je compris qu'une partie de ma vie venait de s'achever, et que c'était probablement la meilleure.

(Premier paragraphe de Soumission de Michel Houellebecq, à paraître demain)

Monique Pantel a dit…

Qu'est-ce qu'il y connaît Valzeur à la descente d'organes ?

Geeke a dit…

Au fait sans vous commander, c'était quoi ce texte à finir ? pour qui, à propos de quoi ?

Buster a dit…

Disons que c'est un texte sur le rag pour une revue qui ne s'occupe pas de jazz... et hop!

Geeke a dit…

Ah oui, c'est beaucoup plus clair.

Buster a dit…

J'étais sûr que vous alliez comprendre tout de suite :-)

Juan-Lou Couillmolli a dit…

L'esprit de S. Delorme souffle sur La Fémis :

http://www.femis.fr/bonne-annee-442

Griffe a dit…

Intéressant de voir Pasolini dans le contexte actuel, et surtout de l'entendre parler (dans la 2ème interview) de "cette société qui nous rend tous frères dans le désir de posséder et détruire". Ça devrait faire réfléchir un peu (s'ils en sont capables) les démocrates va-t'en-guerre et tous ceux qui croient n'avoir rien à voir, ni de loin ni de près, avec ces gamins cinglés qui sèment la mort.

Buster a dit…

C'est sûr... Sinon ces "gamins cinglés" avaient quand même 32 et 34 ans, l’image de jeunes paumés c’était il y a 10 ans, depuis leur islamisme s’était radicalisé (en prison sans doute pour l’un d’entre-eux, comme pour beaucoup d’ailleurs)... Quelle horreur, quelle folie...

Griffe a dit…

Oui, mais ça reste des gamins. "Venger le Prophète", c'est de la menace de cour de récré, non ? Ils n'ont pas mûri, seule leur folle détermination a grandi.

Buster a dit…

Venger le Prophète, c’est vrai, ça veut rien dire… mais peut-être moins des gamins que des mecs très cons, sûrement psychotiques, qui ont été facilement conditionnés, instrumentalisés, prêts à tuer et à mourir pour une cause qu’ils ne comprenaient peut-être même pas, bref le profil type du terroriste lambda…

§ a dit…

"De la menace de cour de récré", on peut justifier bien des violences de cette manière. Et on sort largement de la cour de récré lorsque ça cesse d'être une menace pour devenir une série d'exécutions sommaires à la kalachnikov. Je suis d'accord pour réfléchir à cette horreur de façon politique (et pas seulement émotionnelle) mais il faut se méfier des raccourcis et facilités. Sur son site, Dieudonné démontre en gros (entre les lignes) que le vrai responsable de cet attentat est Netanyahu. Voilà a quelle bêtise peut aboutir un raisonnement qui consiste à prendre ces terroristes pour des gamins, des victimes, en les déresponsabilisant totalement de leurs actes. Entre ça et l'hypocrisie du "grand rassemblement national" (d'ailleurs si loin de l'esprit de Charlie Hebdo), il y a une juste mesure à trouver.

Griffe a dit…

Salut §. Mais ça consiste en quoi, "responsabiliser" ces tueurs, au point où on en est ? Et peut-il y avoir une "juste mesure" à nos réactions ? Un acte extrême provient, toujours, d'une situation vécue comme extrême. Tenter de comprendre pourquoi certains vivent leur situation comme extrême (et quand on sait quelle fut la vie des Kouachi, Merah, Coulibaly, ça aide), c'est assez rapidement arriver à des conclusions proches de celles de Pasolini (en 1975 !), à savoir que la maladie est généralisée, c'est-à-dire bien "politique", et sociale, économique, etc. Si je "déresponsabilise" ces tueurs (mais je dis qu'ils n'ont pas mûri, ce qui n'est pas tout à fait "les déresponsabiliser" : on engueule aussi les enfants), je nous crois tous (ou presque) irresponsables. C'était le sens de mon intervention. Nous sommes tous irresponsables de ne pas prendre TRÈS au sérieux ce que disait et écrivait Pasolini il y a... 40 ans. D'ailleurs, pour en revenir au cinéma, j'ai le sentiment que cette 2ème interview est le moment du film le plus "sérieux", le plus grave, et le seul où Ferrara marque nettement son intérêt pour les idées de Pasolini. Non ?

Buster a dit…

L’irresponsabilité est peut-être générale mais pas équivalente. Il est difficile de comparer l’esprit potache et irrévérencieux de Charlie (les gamins sont plutôt là) avec l’immaturité de tueurs qui croient s’héroïser à travers un islam totalement fantasmé, de même qu’avec l’irresponsabilité des médias, type BFM, dans leur chasse à l’info, ou encore l’inconséquence des politiques… Si le fait d’être exclu du système favorise la délinquance, ce qui est le cas de pas mal de jeunes défavorisés, la folie meurtrière telle qu’elle s’est exprimée ici relève d’un tout autre cadre. On est là dans un contexte où le pathologique prime vraiment sur le social et le politique. La biographie des tueurs est à prendre compte pour situer leur dérive, le passage à l’acte, ça c'est autre chose.

Griffe a dit…

Vous avez raison Buster. On ne peut pas dire que tout se vaut, c'est sûr (même si Pasolini se permettait ce type de généralités, pour fouetter les consciences). Disons alors que l'irresponsabilité est partagée, mais à des degrés très divers. Cependant, la question reste entière : comment "responsabiliser" des jeunes chez qui le pathologique finit par primer sur toute autre chose ? Ce qui nous renvoie au social et au politique, seuls domaines où il est encore possible de sauver des vies de misère, de solitude et d'abandon.

Anonyme a dit…

L'irresponsabilité criminelle de BFM :

http://www.lesoir.be/754720/article/culture/medias-tele/2015-01-10/attentats-paris-femme-d-un-otage-fustige-en-direct-risques-pris-par-bfmtv-video

Buster a dit…

La question est difficile Griffe, je n’ai pas la réponse. Le problème ici c’est quand même celui de l’islam radical, dans lequel s’engouffrent des sujets prédisposés, disons immatures, parce qu’ils ont trouvé un environnement (prison, prédicateur, internet…) propice à leur endoctrinement. Les responsabiliser ce serait déjà leur offrir d’autres modèles. Or c’est bien souvent le seul, en tous les cas le plus fort, qui vient donner un sens à leur vie, et pour certains, les plus déconnectés, les plus délirants, qui basculent dans le djihad, l’occasion de devenir des héros tout en se vengeant de l’Occident, l’ennemi absolu. Après je ne sais pas, la misère sociale nous incombe, mais les modèles c’est aussi du ressort de l’islam… est-ce qu’un islam plus moderne ne réduirait pas les risques de la radicalisation?

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Griffe a dit…

Même si la «communauté musulmane » n’existe pas (comme l’a bien expliqué Olivier Roy dans le lien sur mon nom), un islam moderne existe bel et bien, Buster. J'ai entendu beaucoup de musulmans, beaucoup d’imams, dénoncer fortement ces crimes, défendre la liberté totale d'expression, s'en rapporter à leur Livre saint pour défendre le droit pour chacun de dire et penser ce qu'il veut. Et n’oublions pas ces jeunesses musulmanes qui se sont levées pour la liberté politique et la liberté d’expression en Tunisie et en Egypte (ainsi qu’en Algérie, où ça n’a malheureusement abouti à rien).

Il y a deux problèmes : le premier est que l'existence de cet islam moderne n'empêche pas, comme on le voit, les crimes les plus ignobles commis au nom de cette religion. Ce qui signifie que le problème est à chercher ailleurs que dans la religion elle-même, et où sinon dans le contexte familial et social où apparaissent ces délires ?

Le second problème est d'ordre géopolitique : nos grands amis saoudiens sont les promoteurs internationaux des interprétations les plus littéralistes et étroites du Coran. L'idéologie wahhabite, qui dote leur pouvoir d'Etat d'une légitimité transcendante, est à l'origine de la plupart des mouvements islamistes violents à travers le monde depuis 50 ans au moins. Or, parce qu'ils sont riches et qu'on l'est aussi grâce à eux, on se tait. Je ne sais pas ce qu'il faudrait faire, mais on ne peut pas d'un côté les parer d'une autorité dans le monde musulman, et de l'autre s'étonner des conséquences de cette politique.

Buster a dit…

Oui mais si l'islam moderne ne peut empêcher les crimes les plus ignobles commis au nom de cette religion, c'est peut-être aussi qu'il n'est pas suffisamment développé, je veux dire à une assez grande échelle...
Et à travers l'exemple saoudien, j'ai l'impression que la question religieuse fait finalement retour...

Sinon que pensez-vous d'Abdennour Bidar?

Griffe a dit…

Salut Buster.

Ce n'est pas l'islam moderne qui ne s'est pas développé, mais l'ensemble du monde musulman. Abdennour Bidar insiste sur le rôle de la religion dans l'apparition de l'État islamique ou autre ; personnellement, j'insisterais plutôt sur l'effondrement d'États entiers dans cette partie du monde, et sur l'abandon de millions de jeunes gens qu'on ne peut plus intégrer dans aucun « marché du travail », car il n'en existe pas, et qui végètent dans le ressentiment jusqu'à ce qu'un chef de gang religieux leur propose de « posséder et détruire », comme disait Pasolini, c'est-à-dire de suivre la mode occidentale diffusée partout dans le monde par les télévisions. Si l'islamisme prospère, c'est – si on va au fond des choses – qu'il est lui aussi un « islam moderne », l'islam de la possession et de la destruction – alors qu'à l'époque de la décolonisation, pourtant brutale et sanglante, cet islam-là ne jouait aucun rôle, car il y avait chez les peuples arabes et africains l'espoir de l'autonomie et du développement.

Qu'est-ce que l'islam moderne des Lumières que vous évoquez ? Il est issu, dans le monde musulman, des classes moyennes. En France, il est le propre de l'immigration intégrée, comme le policier Ahmed Merabet tué par les terroristes. Et qu'est-ce que l'islam moderne des Ombres ? Celui du sous-prolétariat : les frères Kouachi étaient des orphelins élevés en foyer, Coulibaly un taulard multirécidiviste, Merah un délinquant à la famille décomposée… Il ne sert donc à rien de répandre telle ou telle idée de l'islam (c’est largement fait), ce sont les racines sociales de la violence qu’il faut couper.

Quant à l’Arabe saoudite, le succès de son idéologie repose sur ce terreau grandissant de désespoir. La religion vient légitimer la violence, elle la justifie et la redouble, elle ne la crée pas. Déjà, si nous Occidentaux étions un peu plus cohérents... Vendredi, alors que l’Arabie saoudite dénonçait les attentats à Paris contre la liberté d’expression, le même jour elle faisait fouetter en public le blogueur Raif Badawi pour avoir ouvert un site Internet discutant la place de la religion dans l’espace public.

Jean Genet a dit…

"Personne ne devient sociopathe par hasard."

http://blogs.mediapart.fr/blog/patricjean/080115/charlie-et-les-vraies-questions-khaled-kelkal

Anonyme a dit…

intéressant ce que dit Griffe, dommage qu'il n'y ait pas plus de commentaires

Buster a dit…

Oui très intéressant... mais c'est noyé dans un billet fourre-tout, il aurait fallu ouvrir un fil spécial.

J'essaie de répondre dès que j'ai un peu de temps.

Borges a dit…
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Anonyme a dit…

Borges, encore lui ? Qu'est-ce qu'il raconte de moche ?

Buster a dit…

Merci Griffe pour la réponse…

Avant toute chose quelques précisions:

1) quand je parle d’islam plus moderne, j’entends simplement un islam moins rigoriste, moins dogmatique, plus démocratique, etc, de même quand je dis plus développé, c’est bien sûr au niveau géographique, à une plus grande échelle donc, vous aviez compris évidemment

2) quant à ma phrase "Et à travers l'exemple saoudien, j'ai l'impression que la question religieuse fait finalement retour..." c’était en réponse directe à votre commentaire, quand vous évoquez le cas de l’Arabie saoudite où finalement, après l’avoir écartée, vous réintroduisiez la religion à travers l’exemple du wahhabisme, à l’origine dites-vous des mouvements islamistes les plus violents… enfin bref, vous aviez compris aussi, mais apparemment pas tout le monde, à commencer par le vieux radoteur des Spectres :-)

Buster a dit…

Sinon bien sûr je ne méconnais pas les racines sociales de cette violence, elles jouent un rôle évident dans la dérive terroriste. Cela dit, sans en appeler à ce que le monde musulman fasse son autocritique comme le prône Bidar, il est quand même étonnant que du côté musulman on ne s’interroge pas plus sur l’aspect religieux, perverti mais religieux quand même, de ces attentats, parce qu’affirmer "l’islam ce n’est pas ça", considérer que ces tueurs sont soit des monstres qui n’ont rien à voir avec l’islam, soit des paumés, victimes exclusives du consumérisme à l’occidentale, c’est aussi une manière de ne pas s’impliquer… Or comment empêcher cette fascination qu’exerce de plus en plus le djihad sur certains jeunes exclus ou fragiles, comment par exemple s’opposer efficacement à ceux qui en France, tels certains imams, alimentent la propagande islamiste, si les musulmans eux-mêmes ne se sentent pas concernés… peut-être le sont-ils mais c’est quand même très frileux… au point que je me demande si cette réserve ne trahit pas chez beaucoup une forme de neutralité par rapport à ce qui est arrivé à Charlie Hebdo ("ils savaient à quoi ils s’exposaient", "ils l’ont bien cherché quelque part", "c’est horrible ce qui s’est passé oui mais…")

Buster a dit…

Borges? rien... des fois il fait rire à ses dépens, comme Hollande avec sa merde de pigeon, mais là, rien.

Griffe a dit…

Je crois, Buster, qu’Olivier Roy a tout dit au sujet de cette prétendue « communauté musulmane » dont beaucoup attendent des clarifications :

« Un autre cliché veut que les musulmans ne condamnent pas le terrorisme. Mais Internet déborde de condamnations et de fatwas antiterroristes. Si les faits démentent la thèse de la radicalisation de la population musulmane, pourquoi sont-ils inaudibles ? Pourquoi s’interroge-t-on autant sur une radicalisation qui ne concerne que les marges ? Parce qu’on impute à la population musulmane une communautarisation qu’on lui reproche ensuite de ne pas exhiber. On reproche aux musulmans d’être communautarisés, mais on leur demande de réagir contre le terrorisme en tant que communauté. C’est ce qu’on appelle la double contrainte : soyez ce que je vous demande de ne pas être. Et la réponse à une contrainte ne peut être qu’inaudible. »

Cette communautarisation qu’on impute aux musulmans est vieille comme le mélange des peuples. Mais on se heurte, dans ce cas précis, à l’absence de représentants officiels. Ceux qui existent sont doublement rejetés : non reconnus par l’ensemble des musulmans et non entendus par le reste des Français, tout le monde ayant bien conscience que ce ne sont que des politiciens nommés par des politiciens…

Cela dit, il est très possible, et même certain qu’il existe des musulmans « neutres » par rapport au problème du terrorisme, qui vous répondront : « Oui mais… » et qui vous renverront à la figure les crimes de l’Occident, qui ne sont pas petits. Il faut voir le film Iranien pour entendre leur logique : « Vous voulez que l’on soit comme vous, c’est vous qui êtes totalitaires », voilà ce qu’ils répondent aux demandes répétées de discrétion et de preuves de patriotisme et d’esprit républicain.

Alors de deux choses l’une : soit on considère qu’il y a une étrangeté fondamentale entre l’islam et les valeurs dites occidentales, ce que réfute l’existence en France et dans le reste du monde d’un islam tolérant et pacifique ; soit on cherche les causes de cette méfiance, et pour ma part, je crois qu’il faut revenir très loin en arrière, à l’époque où l’Occident a projeté de mondialiser par les armes son système économique et les valeurs (« démocratie », « liberté ») qui s’y rattachaient.

Pendant quelque temps, cette « croisade » a indéniablement porté ses fruits. Si on repense aux valeurs qui soutenaient les guerres d’indépendance dans le monde arabo-musulman (et que proclament encore certains Palestiniens), on voit qu’elles étaient les mêmes que celles que nous brandissons aujourd’hui contre « la barbarie » : Liberté, Egalité, Fraternité. Alors que s’est-il passé ? Il s’est passé que la promesse de développement n’a pas été tenue, et que la crise économique où s’enfonce le monde a pour premières et principales victimes les peuples mêmes qu’on a forcé à entrer dans la « mondialisation ».

Les islamistes, durs ou modérés, sont les héritiers de cette longue histoire. Ils répondent avec les moyens habituels de la Réaction – à savoir le ressentiment et le mythe – à un Occident qui leur sert de modèle et de repoussoir depuis des lustres. On est donc dans une sorte de dialogue, considérablement biaisé, mais pas dans une incommunicabilité. Une communication a lieu, qui pourrait largement s’éclairer de part et d’autre si on cessait de s’inventer qu’on n’a rien à voir les uns avec les autres. L’islam contemporain, qu’il soit républicain ou intégriste, provient du monde moderne, pas d’un autre. Quel est ce monde moderne qui crée chez des gens ce besoin de s’inventer une identité exclusive ? Ce qui se passe dans les têtes des gens nous renseigne sur le monde réel. C’est à ce monde réel qu’on doit sans cesse en revenir pour ne plus opposer des « nous » et des « eux », alors qu’il n’y a qu’un monde, le nôtre, où tout est lié.

Anonyme a dit…

Bouh Buster, le vilain fasciste qui veut forcer les musulmans à critiquer l'islam radical.

Anonyme a dit…

Pourquoi les Musulmans devraient être les seuls à s'opposer aux islamistes ?

Buster a dit…

OK je vois que Borges (vous savez, le type qui n’arrête pas de vomir) en a remis une couche… traiter les autres de fascistes (le point Godwin approche) ça montre le niveau du bonhomme, je ne vais pas m’abaisser à répondre à de telles attaques… j’aimerais seulement savoir où j’ai écrit que les musulmans devaient impérativement s’opposer aux islamistes, et en plus qu’ils soient les seuls! Je n’exige évidemment rien de personne… Si mes questions portent autant sur l’islam radical c’est parce c'est le seul qui nous menace, à travers le djihadisme, quand bien même il ne représenterait qu’une toute petite minorité. Parce que oui, je me pose des questions, je ne fais que ça, tous ces événements m’ont non seulement ébranlé ils m’ont aussi plongé dans le doute. Si le problème n’était que celui de la radicalisation, chez certains Français musulmans, je pourrais encore espérer que cela change, disons plutôt rêver, à une France plus juste, plus égalitaire, qui ne soit pas dans le rejet… mais là on est entré dans une autre dimension, qui ne se limite pas qu’à la France, et j’ai beau écouter ici et là les analyses, les explications, voire les solutions… je bloque. Réfléchir aux causes qui ont donné naissance à cet islamisme de terreur ne me permet pas d’entrevoir un avenir meilleur, il y a une sorte de hiatus, quelque chose qui me désespère, parce que j’ai l’impression que c’est trop tard, qu’on a franchi un point de non retour, que tout ce qu’on prône pour stopper la spirale de la haine est voué à l’échec et qu’il faudra des événements qu’on n’appréhende pas aujourd’hui pour que peut-être cela cesse… Voilà c’est tout.

Sur ce, bonne nuit.

Anonyme a dit…

Merci de nous remonter le moral Buster :D

charlie abdu a dit…

Faut pas tout confondre, les attentats commis à Paris n’ont pas de lien direct avec l’islam, ceux qui les ont perpétré sont d’abord les victimes d’une société malade, la nôtre. Ce qui se passe avec l’Etat islamique et Boko Haram relève d’une idéologie extrémiste visant à rétablir par la terreur l’islam des origines.