dimanche 28 septembre 2014

Don Adams




"The waves are high today", Don Adams, 1969.

Don Adams (rien à voir avec Max la menace!) était un chanteur de soul écossais, ancien boxeur et membre de la troupe anglaise de "Hair". Watts happening, son premier album, enregistré à Munich avec des musiciens allemands de renom (Olaf Kübler, Lothar Meid, Hermann Breuer...), évoque le meilleur de la soul américaine (Stax, Motown). Richesse de la voix, magie du groove... Ecoutez, outre "The waves are high today", Yesterday hero, Home again hello, Rest my soul, That feeling is gone, Soap bubbles, Look into a mirror, Ev'ry minute ev'ry hour... c'est tout simplement fabuleux.

jeudi 25 septembre 2014

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Je ne connais pas Furnes.

Ainsi commence le court avertissement que Simenon place en tête du Bourgmestre de Furnes. Enfin un écrivain qui proclame son ignorance des choses qu'il décrit. Et, tout de suite cependant, dès les premières pages, Furnes surgit, nous sommes à Furnes.
Furnes, ajoute Simenon dans son avertissement, est pour lui "comme un motif musical". Il aurait pu dire, aussi bien, "comme une image d'Epinal". A force de banalité, Simenon trouble et dépayse. Rien de plus exotique, de plus étrange si vous préférez, que les circonstances ordinaires de la vie. La vie à Furnes, ou à Vierzon. Le chat ronronne, le poêle ronfle, et la pluie tombe. L'horloge qui sonne les quarts et les demies n'est jamais en retard. Les saisons se succèdent avec ponctualité. Souvent, c'est l'automne, ou l'hiver, que ça commence. Car quelque chose commence. Le "motif musical" peu à peu se développe. Est-ce bien, d'ailleurs, un motif musical? Ce que Simenon suggère, c'est moins la légèreté, la musicalité des choses, que leur lourdeur circonspecte.
Dans les volutes épaisses de la fumée du cigare de Joris Terlinck, l'impressionnant bourgmestre, le "baas" sous l'œil froid de qui chacun plie, on devine très vite que va se déployer l'éventail des poncifs du roman populaire. Tout s'y basculera, depuis le suicide de l'employé qui a fait un enfant à une fille de notable, jusqu'à la séquestration d'une jeune folle, en passant par le bâtard qui tourne mal, l'habituelle haine des nantis pour les démunis, des pauvres pour les riches, l'incompréhension conjugale, et que sais-je encore. Pas de psychologie, bien sûr, mais une "atmosphère", ponctuée d'allusions répétitives et de notations familières. Il y a la brume, la pluie, la neige, la ville enfoncée dans le feutre, et le ciel qui pèse et rend étouffantes les heures uniformes, un ciel tendu "comme une étamine". On s'irrite devant le développement convenu de l'intrigue, le simplisme des caractères, la grossièreté du tissu psychologique, la platitude de l'écriture, et cependant ce "quelque chose" qui a commencé se déroule et fascine.
Ou plutôt, se creuse en abîme. L'art de Simenon (mais faut-il parler d'art? après tout pourquoi pas?) procède de l'hypnose. Comme elle, insidieux et vulgaire, ficelard et fumeux. Mais le lecteur consentant succombe. La dernière page tournée, il s'éveille vide, la mémoire à peine étourdie d'un malaise, l'esprit légèrement nauséeux. Il lui reste à s'ébrouer, et à vaquer de nouveau, comme si de rien n'était, à sa médiocre aventure personnelle.
Le bourgmestre de Furnes est révélateur, à la fois des moyens de l'écrivain, et de leurs limites. Le personnage central, ce "patron" tyrannique et buté, demeure une figure opaque à laquelle il est bien difficile de s'identifier, malgré les efforts consentis par l'auteur pour la doter d'un semblant de tendresse paradoxale. Ici s'exprime le pessimisme radical de Simenon, fondé sur le peu d'estime dans lequel il tient l'espèce humaine. Les humbles eux-mêmes, dans ce récit, ne trouvent pas grâce à ses yeux. Ce sont des larves. Les jeunes femmes sont bêtes et futiles, les mères envieuses, les patrons de bistro - qui jouissent ailleurs de la sympathie du romancier, ou de celle, à tout le moins, de Maigret, par exemple - étalent une mesquinerie satisfaite. Tout cela, finalement, paraît un peu trop noir pour être vrai. L'illusion de la vie, Simenon la rend palpable à des moments furtifs, lorsqu'il décrit l'odeur du Cercle catholique, ou la surprise effrayée d'un enfant qui voit la mer pour la première fois.
C'est alors que le charme opère, et que lecteur ravi s'éprend d'un texte dont le dépouillement confine à l'innocence: "On était en avril. Les jours s'étaient allongés et le port, dans le cadre de la fenêtre, était doré par le soleil couchant, avec la gare maritime figée comme sur une carte postale, les porteurs, en bleu, qui guettaient les voyageurs, les tramways jaunes et rouges qui passaient et donnaient un coup de frein criard au tournant de la rue." Cette "extrême indigence que le style exige", selon Chardonne, la voici. Le ton de Simenon est fait d'un tel refus de l'effet, mais il serait faux de croire que cela va de soi, que le naturel et le dénuement sont donnés. La voix de Simenon, lorsqu'elle atteint à la plus juste expression de son registre, restitue à la perfection l'instantané du regard, l'alerte des sens. Un état de grâce, une complicité sans artifice avec les choses, l'air qu'on respire, la couleur de l'instant. Cette pureté, Simenon la doit à la patience, à l'acuité de son affût.
J'ai lu Simenon lorsque j'avais dix ans. Je l'ai relu à vingt. Je le relis encore. Aucun de ses héros - qui n'en sont pas - ne m'accompagne. Toujours, en face des meilleures pages, cependant, je me dis: c'est ainsi qu'il faut écrire. Mais, le livre fermé, je l'oublie. Je pourrai le rouvrir: il sera comme neuf, malgré sa patine. Je n'attendrai de lui que ce divertissement un peu terne, cette mélancolie sans éclat, l'écho sourd d'une musique facile, l'image fuyante d'un univers simplifié, quoique toujours mystérieux, la lente pensée du quotidien. Qu'importe l'intrigue, elle n'encombre pas ma mémoire. Mais je n'oserais pas prétendre ne rien devoir à Simenon. Bien des écrivains d'aujourd'hui, qui s'étonneraient de lire leur nom associé au sien, l'imitent à leur insu, ont emprunté son regard, creusent à sa manière le sillon des phrases, cultivent comme lui le goût de ce que Jean-Didier Wolfromm appelle "la pesanteur des mots".
"Nouvelle plongée dans Simenon", note un jour Gide dans son Journal. Et d'ajouter qu'il a dévoré "six romans d'affilée". L'image de la plongée restitue à merveille la sensation qu'éprouve le lecteur d'une immersion en eau trouble, d'une dérive délectable et morose. Ce lecteur, Simenon le transforme en une sorte de Maigret poreux et flottant, qui ne réfléchit pas, dédaigne l'analyse et se prête avec complaisance aux effets d'une douceâtre imprégnation. Il suffit ensuite de presser l'éponge, quelques gouttes d'une eau douteuse aux reflets d'huile irisent un instant le souvenir, peu à peu cela s'évapore, l'éponge est prête pour un prochain usage.
Une impression ténue demeure, une vision fugitive de La Rochelle, ou de Liège, ou de Furnes: "les bourrasques continuaient, avec de gros nuages prêts à crever et des éclaircies de soleil, pendant lesquelles miroitaient comme des facettes les petits pavés mouillés de la place." Décidément Furnes est un rêve. Je connais Furnes. (Jean-Claude Pirotte, préface au Bourgmestre de Furnes de Georges Simenon, 1983)

dimanche 21 septembre 2014

Métamorphoses

Aimer, boire et chanter.

On raconte que Balzac aurait accouru un soir chez sa sœur en s’écriant "saluez-moi car je suis en train de devenir un génie", tout ça parce qu’il venait d’avoir une idée lumineuse: faire réapparaître ses personnages d’un roman à l’autre. Presque deux siècles plus tard, on imagine un autre Honoré, débarquant un matin aux Inrocks en s’écriant "Hé les gars, saluez-moi, je suis en train de devenir un génie". Parce que lui aussi a eu une illumination: transposer les Métamorphoses d'Ovide à notre époque pour les rendre plus attractives (auprès des lycéens et lycéennes) et empêcher ainsi cette belle littérature de mourir. Magnifique... j’en ai les larmes aux yeux. Donc voilà, Métamorphoses se passe de nos jours. Au programme (écrit au tableau noir par maître Honoré, notre nouveau professeur): "dire les métamorphoses des formes en des corps nouveaux". Ici à travers trois rencontres, celles que fait la jeune Europe (qui "veut vivre une histoire", sauf qu'aujourd'hui, bah oui, c'est compliqué) avec respectivement Jupiter (le baiseur tout puissant), Bacchus (le fêtard) et Orphée (le poète) - le film aurait pu s’appeler "Aimer, boire et chanter" -, l’occasion de quelques récits mythiques entremêlés et autant de transformations (animales ou végétales) des corps, dans une nature proche des cités et des autoroutes. A l’arrivée, c’est plutôt moche et surtout très prétentieux. C’est du cinéma qui se veut réflexif, en fait surtout préoccupé d’afficher sa modernité (évoquant platement Straub et Pasolini), du nouveau cinéma (comme il y a eu le nouveau roman, l'anti-Balzac), un bric-à-brac d’images et d’historiettes, jouées par des comédiens amateurs, plus ou moins dénudés, débitant leur texte sur un ton volontairement monocorde, sans la pompe du classique mais aussi sans une once de passion, comme étrangers à eux-mêmes et à ce qu'ils racontent (exit les personnages et le récit), où l’on croise de tout (êtres hybrides, transgenre, bestiaire grandeur nature, avec de vraies bébêtes...) et de rien (du vent, beaucoup de vent), sur du Bach, du Schoenberg ou du Webern (du moderne, je vous dis)... jusqu’au moment où l’on reconnaît Ravel, qu’on se met à penser à Arrietta, et ce d’autant plus fortement qu’à la fin du film, qui voit Europe nager et glisser au fil de l’eau (joli plan au demeurant, comme cet autre plan, très balthusien, où elle apparaît, culotte à l'air, accrochée à un arbre), c’est "le Jardin féerique" de Ma mère l’Oye qu’on entend, soit le finale de Flammes, qu’on se rappelle alors qu’Arrietta s’était lui aussi penché sur les Métamorphoses d’Ovide (Echo et Narcisse) et que c’était autrement plus beau, car sans ostentation, autrement plus fluide, car tout en rythme (mêlant harmonie et dissonances), et pour le coup véritablement ravélien, en même temps qu'ovidien (1). Car si on ne peut plus raconter d'histoire, ou qu'on ne veut pas ou qu'on ne sait pas, et qu'on n'est pas vraiment peintre, le minimum est d'avoir de l'oreille. Qui sache faire avec la musicalité d'une œuvre. C'est là peut-être que se jouent les métamorphoses, surgissant mystérieusement au détour d'un plan, d'un raccord, d'une ellipse..., sans crier gare (donc sans effet d'annonce). Rien de tel chez Honoré qui, en matière de corps nouveaux, s'en tient à quelque chose de purement cérébral, des constructions, corps sans âme et sans chair, où manque finalement l'essentiel: un vrai frémissement, qui fasse naître le désir. Un manque... et un comble, s'agissant d'Ovide.

(1) Echo et Narcisse, c’est d’abord le son et l’image, soit le cinéma, Arrietta nous dévoilant à travers ce film autant sa vision du mythe (différente en cela de la version, contemporaine et jazzy, qu’en a donné Pierre Zucca), via les Métamorphoses d’Ovide, qu’une forme d’ars poetica où se trouvent exposés, comme à l’état brut, à la fois le noyau narratif de ses films - des bribes d’intrigues et d’actions vécues dans l’intensité du moment, reliées entre elles par quelque fil secret et entrecoupées de plans sur un personnage tantôt songeur tantôt plongé dans un profond sommeil (ici Bacchus), de sorte qu’on ne sait jamais quelle est la part de rêve dans ce qui nous est montré -, et les bases de son esthétique, qui empruntent pour beaucoup au cinéma muet, ici à travers la couleur (...), rappelant les teintages et la technique du pochoir des films primitifs, alors que dans ses films en noir et blanc le rapport au muet repose davantage sur la vitesse de défilement des images, la naïveté des trucages - l’ange aux ailes de papier et habillé d’un drap, figure récurrente des premiers Arrietta - et le style de certains personnages, surtout féminins (...) Mais Echo et Narcisse, c’est surtout, concernant Arrietta, l’expression du désir. A bien écouter, c’est sur le mot "amor", répété par Echo, que disparaît Narcisse. A bien regarder, c’est en rose rouge qu’il se trouve métamorphosé (...) Ce qui meut les films d’Arrietta, au sens où ils sont en mouvement perpétuel, toujours en devenir (c’est ainsi finalement qu’il faut comprendre ce besoin chez lui, quasi pulsionnel, de les retravailler, moins par souci de perfection que par volonté de prolonger le mouvement), c’est bien le désir, autant le sien que celui de ses personnages, que seule la mort - qu’il s’agisse d’un meurtre ou d’une simple envie de dormir - semble capable d’épuiser.

vendredi 12 septembre 2014

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Ces séries qui nous dévorent... (dessin: Pénélope Bagieu, in Télérama).

Sondage destiné aux sériephiles et autres adeptes du binge watching: à quelle(s) série(s) avez-vous été le plus accros?

dimanche 7 septembre 2014

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Vertige des (h)auteurs.

Winter sleep de Ceylan et Sils Maria d'Assayas ont en commun un paysage grandiose (ici la Cappadoce, là l'Engadine), de la "haute" culture (ici Tchekhov, Shakespeare, Dostoïevski, Schubert, là le vrai faux Wilhelm Melchior, Nietzsche, Haendel) et, planant sur les scènes de huis-clos, une même ombre, celle de Bergman. Du cinéma d'auteur, avec ce que cela suppose de maîtrise et de sérieux, à la base quelque chose d'un peu pesant (autour de questions on ne peut plus existentielles), qu'il s'agirait de dépasser, via la mise en scène, le jeu des dissonances et des conflits (entre les personnages) mais aussi de l'harmonie (avec les lieux, la nature, le cadre), pour atteindre quelque émotion. C'est à ce niveau que les films diffèrent, Ceylan travaillant sur la compacité, alourdissant encore plus son propos, par sa façon d'insister sur l'aspect bloc qui isole les personnages, à l'image de leur habitat (troglodyte) et de cette neige qui vient recouvrir l'ensemble, là où Assayas vise au contraire une sorte de nébulosité, diluant son propos, par sa façon de laisser flotter les choses (qui touchent au théâtre, au cinéma, au désir, à la terreur du temps... rien que ça), à l'image du serpent de brume (le phénomène de Maloja) et de ces effets miroirs, censés rendre l'ensemble plus vertigineux encore. Des voies "climatiques" différentes donc, mais à l'arrivée le même constat d'échec, au sens où rien ne se passe vraiment. Ça ne vibre pas. Chez Ceylan on sent trop la volonté de faire du cinéma majuscule, ici sous la forme d'un mix angelopoulosso-bergmanien pas très digeste - de la parole encadrée -, alors que chez Assayas il y aurait plutôt la tentation du minuscule, une forme de dialogue intime avec le cinéma (tel qu'il le revendiquait à propos de son triptyque Irma Vep - Eloge de Kenneth Anger - HHH), sauf que là ça se résume à des échanges assez creux (notamment sur les nouvelles technologies, le cinéma américain d'aujourd'hui, avec ses superhéros, toute cette "modernité", celle du tout-à-l'image, à laquelle se trouve confronté le personnage joué par Binoche - dont le rire, soit dit en passant, sonne toujours aussi faux - et à laquelle Assayas oppose, de façon un peu simpliste et trop répétitive, la force des intervalles: fondus au noir et autres ellipses)... De sorte que la trajectoire des deux principaux personnages (dans Winter sleep, un ancien comédien raté; dans Sils Maria, une actrice plus toute jeune) reste confinée au surplace, chacun enfermé dans son petit monde, lui, mesquin et lâche, à l'image de ses éditoriaux qu'il rédige pour la gazette locale (une feuille de chou, dixit la sœur), incapable qu'il est d'écrire sa grande Histoire du théâtre turc; elle, narcissique et égoïste, angoissée à l'idée de rejouer Maloja snake, la "pièce à deux personnages" qui l'a rendue célèbre à 18 ans, car devant interpréter cette fois l'autre rôle, passer de l'autre côté du miroir (comme il est dit dans le dossier de presse, véritable "prêt-à-penser" pour critiques pressés) et ainsi abandonner le rôle-vedette, le sien, à une jeune star d'Hollywood dont on suit les frasques via Internet (All about Jo-Ann). Tout ça n'est pas désagréable (il y a pire, comme on dit) mais pas terrible non plus, parce que finalement très confortable, du Tchekhov congelé d'un côté, un serpent qui se mord la queue de l'autre, où l'on perçoit trop les intentions de l'auteur, l'aspect métaphorique de l'ensemble, que la métaphore soit lourdement plaquée (les larmes invisibles chez Ceylan) ou soigneusement filée (l'éternel retour chez Assayas), ce qui en rétrécit l'horizon, obligeant l'auteur à des coups de force scénaristiques (la scène "dostoievskienne" de l'argent brûlé dans Winter sleep, la disparition "antonionienne" de l'assistante dans Sils Maria) pour sortir du rail narratif. Et l'occasion (pour le spectateur que je suis) de s'apercevoir, hélas un peu tard, que l'intérêt des deux films n'était pas dans le parcours intérieur de leur personnage principal (dont on se fiche pas mal) mais dans le sacrifice de celui qui leur offrait la réplique, et que s'il y a émotion, elle vient de là uniquement: de la mélancolie d'un regard, celui d'une épouse, perdue au fin fond de l'Anatolie, ou de l'éclipse d'une autre jeune femme (Kristen Stewart, formidable), disparue subitement, comme volatilisée, au pied d'un rocher...

PS1. Je ne parlerai pas de Party girl, c'est trop mauvais. Imaginez un épisode de l'émission Strip-tease filmée par le cameraman des Dardenne, un cameraman qui, en plus, serait un peu bourré sur les bords... Ce n'est même plus la question du naturalisme, c'est celle de la mise en scène, ici égale à zéro (trois fois zéro puisqu'ils se sont mis à trois pour réaliser cette horreur qui colle aux personnages comme un vieux sirop dégoûtant). Et dire que certains évoquent Pialat...

PS2. Nishikori et Cilic qui sortent respectivement Djokovic et Federer en 1/2 finale de l'US Open, c'est de ça dont j'aurais dû parler!