vendredi 10 octobre 2014

Café Modiano

"Ils ne savent pas que c'est leur dernière promenade dans Paris. Ils n'ont pas encore d'existence individuelle et se confondent avec les façades et les trottoirs. Sur le macadam, rapiécé comme un vieux tissu, sont inscrites des dates pour indiquer les coulées de goudron successives, mais peut-être aussi des naissances, des rendez-vous, des morts. Plus tard, quand ils se souviendront de cette période de leur vie, ils reverront des carrefours et des entrées d'immeubles. Ils en ont capté tous les reflets. Ils n'étaient que des bulles irisées aux couleurs de cette ville: gris et noir." (Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981)

Je l'ai déjà dit (ici ou ailleurs): j'aime Modiano, tout Modiano... du premier au dernier à l'avant-dernier de ses romans (pas encore lu Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier). Un jour peut-être j'écrirai quelque chose sur lui.

Sinon on connaît tous "Etonnez-moi, Benoît" (Etonnez-moi Benoît / Marchez sur les mains / Avalez des pommes de pin Benoît / Des abricots et des poires / Et des lames de rasoir / Etonnez-moi...), la chanson qu'avait écrite Modiano pour Françoise Hardy, mais il y en a eu d'autres, dont Je fais des puzzles, plus modianesque celle-là.

Voilà, c'était juste une note en passant, parce que bon, Modiano il est toujours vivant, il vient simplement de gagner un prix...

13 commentaires:

Philip Roth a dit…

Fuck!

Buster a dit…

Hé hé... Encore un "complot contre l'Amérique" :-)

Dacodac a dit…

Café Modiano pour mériter le Nobel ? (L'Os à moelle, suite) :)

Buster a dit…

Bah des chansons pour Françoise Hardy (accessoirement des livres).

Haruki Murakami a dit…

ヘック

Assia Djebar a dit…

@ Haruki Murakami :

Comment ça, zut ?

Maudit anneau a dit…

私はもっと言う:糞を。

Buster a dit…

Bah oui, désolé aussi M. Murakami :-)

Tiens au passage, ce billet publié il y a 2 ans... A ceux qui s'étonnent que Modiano reçoive le Nobel.

Sonia a dit…

Pourquoi "Une jeunesse" ? C'est votre Modiano préféré ?

Au fait, Buster c'est rigolo comme surnom, mais dans la "vraie vie", on vous appelle comment ?

Buster a dit…

Vous êtes bien curieuse Sonia...

Une jeunesse c’est le premier roman de Modiano que j’ai lu, dans ma jeunesse justement… Le citer me permet aussi d’évoquer les chansons qu'il avait écrites pour Françoise Hardy (qu’il qualifiait à l’époque de "jolie kapo" ou un truc comme ça) puisque dans le roman le personnage d’Odile a enregistré lorsqu’elle avait 20 ans trois ou quatre chansons, par l’intermédiaire de Georges Bellune, un ancien compositeur autrichien (auteur des Roses d’Hawaii) ayant fui le nazisme, qui travaille à Paris comme dénicheur de talents pour une maison de disques et disparaît (il se suicide) une fois l'enregistrement d'Odile terminé. Ce personnage, inspiré de je ne sais plus quel musicien, est également évoqué dans Memory Lane, écrit la même année, et se prolonge en quelque sorte dans le roman suivant De si braves garçons, à travers le personnage de Gino Bordin (mêmes initiales, mais réel lui), les deux personnages s’inscrivant chez Modiano dans la suite hawaiienne, magnifique, où se mêlent douceur et douleur… etc etc.

Sinon vous pouvez m’appeler Joseph ;-)

Sonia a dit…

Merci Joseph !

Maud Yano a dit…

- Patrick Modiano appelait Françoise Hardy "kapo de charme" et non "jolie kapo".

- Georges Bellune est inspiré du compositeur juif hongrois Paul Abraham mais qui, lui, ne s'est pas suicidé.

- Gino Bordin était surnommé "le virtuose de la guitare hawaïenne", instrument qu'il fut un des premiers à introduire en France.

Buster a dit…

Corrections et précisions sont toujours les bienvenues. Merci Maud.