dimanche 20 juillet 2014

Eté 14

Ce qui traîne actuellement sur mon bureau:

- le dernier numéro de Trafic, avec un excellent texte de Marcos Uzal sur un certain cinéma français, celui qui, au nom d'une prétendue réalité (naturaliste, sociologique...), fonctionne sur la surcharge et le conflit, réduisant le spectateur au pauvre rôle de témoin, tendance exemplairement représentée par la Bataille de Solférino de Justine Triet (mais aussi Mes séances de lutte de Doillon ou encore la Vie d'Adèle de Kechiche), et à laquelle l'auteur oppose la Jalousie de Philippe Garrel, film tout en intériorité, avec ses secrets et ses ellipses - sur la Jalousie lire aussi le texte qui suit de Saad Chakali - ainsi que Tip top de Bozon, sa folie créatrice autant que burlesque... A lire également le très beau texte de Laurence Lécuyer sur Night moves de Kelly Reichardt.

- des bouquins: Petites misères de la vie conjugale de Balzac (je ne m'en lasse pas), le volume "1977-1978" de l'intégrale Peanuts de Schulz (avec une belle introduction, très simple, d'Alec Baldwin) et Appels aux Européens qui réunit deux conférences (inédites en français) de Stefan Zweig, dont "La désintoxication morale de l'Europe" (1932) qui pourrait me servir pour un texte à venir sur The Grand Budapest hotel de Wes Anderson; des CD: Retrospectives, rarities and instrumentals de The High Llamas, 7 skies H3 de The Flaming Lips, Vauxhall and I de Morrissey (la réédition), Bermuda waterfall de Sean Nicholas Savage, Under the skin (la musique du film) par Mica Levi, Nancy & Lee de Nancy Sinatra et Lee Hazlewood, Siam roads de Limousine... et des DVD: le coffret Jean Epstein, la Peur de Rossellini, Wichita (Un jeu risqué) de Tourneur...

Bonus (dédié à mon "fidèle lecteur de Vladivostok", même si là on ne va pas aussi loin, on prend le train pour Irkoutsk seulement): Dogs have no hell d'Aki Kaurismäki.

11 commentaires:

Le fidèle lecteur de Vladivostok a dit…

Merci ! (vous voyez bien que je suis fidèle) :-)

Buster a dit…

Ne za chto :-)

Murielle Joudet a dit…

Oui, excellent texte de Marcos Uzal, que j'ai dû lire une dizaine de fois puisque nous avons enregistré une émission sur le naturalisme il y a quelques jours (je vous l'enverrai en temps voulu si ça vous intéresse). Sa conclusion sur la vérité du masque est vraiment très belle, il développe plus en détail le sujet pendant l'émission et aboutit à la conclusion que l'innocence obsède le cinéma français et que chaque réalisateur ne fait que se positionner d'une façon plus ou moins heureuse par rapport à elle (avec l'idée que Garrel et Bozon sont les deux extrêmes d'un même spectre).

(Je voulais faire la pub du texte d'Uzal mais je fais finalement la mienne ;) )

Buster a dit…

Ah oui cette émission m’intéresse (merci d’avance).

Sinon la conclusion est très belle en effet, je la reproduis ci-dessous:

"Garrel à un bout, Bozon à un autre, me conduisent à la conclusion de Kleist dans Sur le théâtre de marionnettes: si l’on ne possède pas l’innocence qui mène directement à la substance des choses et qui nous permet d’être guidé par elles plutôt que de les plier à soi, retrouvons la grâce par le vertige de la connaissance qui sait donner vie aux marionnettes. Et méfions-nous de cette fausse innocence qui se cache derrière la spontanéité et le naturel. Le cinéma n’est pas et ne sera jamais la vie même."

Je crois d’ailleurs que ce texte de Kleist est un peu le cheval de bataille (si je puis dire) de Marcos Uzal… il faut dire que c’est un texte incroyable qui ouvre d’infinies perspectives et s’applique merveilleusement à l’idée que se fait Uzal du cinéma (et que je partage entièrement).

Jean-Claude Biette a dit…

Il faudrait nommer Marcos Uzal rédacteur en chef des Cahiers du cinéma.

Buster a dit…

Je l’ai toujours dit :-)

Anonyme a dit…

Avec Uzal rédac chef vous pourriez enfin écrire dans les Cahiers, Buster ;)

Buster a dit…

Ce serait ma seule chance en effet :-)

Christophe a dit…

Vous avez vraiment bon goût Buster. Bravo!

Buster a dit…

C'est ironique ou sincère?

Christophe a dit…

ironique.