dimanche 8 juin 2014

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"Mon camarade", Léo Ferré, 1958. [via guillaume bergonzi]


Paroles de Jean-Roger Caussimon. Musique de Léo Ferré. Les grenouilles ont des p'tits points d'or. Dans les yeux, tu l'savais?... Tu dors? Magique.

Note aux insomniaques. Les techniques mises au point par Ravel, grand insomniaque lui aussi, pour trouver le sommeil (en fait, des techniques imaginées par Echenoz dans son livre sur Ravel... et qui ne marchent pas):

Technique n°1:  inventer une histoire et l'organiser, la mettre en scène par le détail, le plus méticuleusement possible, en prenant soin d'aménager tout les dispositifs propices à sa croissance. Imaginer des personnages sans s'oublier comme acteur principal, construire des décors, disposer des lumières, envisager des sons. Entrez maintenant dans ce scénario et développez-le, contrôlez-le méthodiquement jusqu'à ce que la situation s'inverse et qu'acquérant une vie autonome il s'empare de vous, finissant par vous fabriquer comme vous l'avez vous-même conçu. C'est ainsi, dans le meilleur des cas, que cette histoire profite de ce qui lui est proposé, prend son indépendance et se développe selon ses lois propres pour devenir un rêve à part entière, et qui dit rêve dit sommeil et c'est parti.
Objection: tout cela est bien joli mais c'est fort mal connaître le sommeil qu'imaginer qu'on va le voir venir. On peut à la rigueur le sentir qui s'installe, mais on ne le voit pas plus qu'on regarde le soleil en face. C'est lui qui va s'emparer de vous par derrière ou dans un angle mort. Car on n'aborde pas le sommeil en sentinelle, la main en visière, surveillant le surgissement de visions hypnagogiques - damiers, spirales, constellations - qui d'ordinaire vous informent de son arrivée. Et les recherche-t-on, ces visions, tâche-t-on de les provoquer qu'elles se défilent, se dérobent, se refusent, attendent qu'on ait renoncé à elles pour décider d'attaquer. Ou pas. Bref.
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Technique n°2: tout en se retournant dans son lit pendant des heures, chercher la meilleure position, l'adaptation idéale de l'organisme nommé Ravel au meuble nommé lit de Ravel, la respiration la plus régulière, la pose parfaite de la tête sur l'oreiller, l'état qui fait se fondre puis se confondre le corps avec sa couche, cette fusion pouvant ouvrir une des portes du sommeil. Dès lors Ravel n'a plus qu'à attendre que celui-ci vienne s'emparer de lui, guettant son arrivée comme celle d'un invité.
Objection: d'une part, on l'a vu, c'est cette attente même, cette position de guetteur et l'attention qu'elle mobilise - même s'il s'efforce de l'ignorer - qui risquent de l'empêcher de dormir. D'autre part, une fois cette position trouvée, l'engourdissement encourageant qui s'ensuit et qui laisse miroiter le sommeil tombe fréquemment en panne, un petit court-circuit ou faux contact peut s'établir on ne sait où et tout est à recommencer. Pire encore, tout est à refaire en repartant de plus bas qu'on était parti, c'est décourageant, Ravel allume sa lampe de chevet puis une cigarette, tousse avant de l'écraser pour aussitôt en allumer une autre et ça n'en finit pas.
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Technique n°3: s'imposer une énumération. Se remémorer par exemple tous les lits dans lesquels il a dormi depuis l'enfance. La tâche est importante, cela peut prendre du temps, il trouve chaque fois de nouveaux lits dans sa mémoire, cela prend tellement de temps que c'en devient ennuyeux - il peut compter sur cette ennui comme facteur soporifique.
Objection: cet ennui peut aussi maintenir Ravel à l'état de veille, l'amener à se poser des questions imprévues, ce qui le maintient en alerte. Puis il arrive aussi qu'il négocie mal, qu'une torpeur parfois s'installe à laquelle il faudra céder, mais à laquelle justement il ne cède pas. Son désir de dormir est si fort qu'il observe trop nerveusement la survenue de la somnolence, même s'il peut la sentir imminente: cette attention clinique empêche celle-ci de venir quand elle était presque là, et tout est à recommencer. C'est qu'on ne peut pas faire tout en même temps, n'est-ce pas, c'est toujours la même chose, on ne peut pas s'endormir en surveillant le sommeil.
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Technique n°4: Bromure de potassium, Laudanum, Véronal, Nembutal, Prominal, Soneryl et autres barbituriques.
Objection: après avoir rendu bien des services, les produits hypnotiques lui sont maintenant de bien peu d'aide, ils ne font en vérité plus grand chose. Ravel finit quand même par s'assoupir un peu quand les premières lueurs du jour s'installent. Cependant ce répit n'est qu'un mauvais sommeil, troublé par des rêves hostiles qui ne lui laissent aucun repos: Ravel doit affronter des monstres ou, pire encore, les fuir. Et c'est au plus mauvais moment de ces combats qu'il s'éveille en sursaut, rompu, chaque fois plus fatigué que la veille au soir, même plus de mauvaise humeur, même plus d'humeur. (Jean Echenoz, Ravel, Les Editions de Minuit - forcément - 2006)

Et le Somnidor, la machine contre l'insomnie, il existe encore?

54 commentaires:

Lucie a dit…

Bonjour Buster,

J'espère que je ne vous réveille pas. :-)

L'insomnie, est-ce à cause d'elle que vous pouvez consacrer autant de temps à votre blog ?

Et merci pour la chanson de Ferré, elle est magnifique.

Buster a dit…

Salut Lucie, non je suis debout depuis longtemps... je ne suis pas insomniaque, il se trouve seulement que je n'ai pas besoin de beaucoup de sommeil et que c'est la nuit où j'ai le plus de temps pour lire ou écouter de la musique. Le blog c'est en fonction de mes activités du moment. Cette nuit j'ai lu Ravel d'Echenoz (les livres généralement je les lis d'une traite) et écouté de vieux albums de Ferré (période Odéon, années 50)... D'où ma note, écrite avant d'aller me coucher. Et je me suis endormi tout de suite... ;-)

Anselme a dit…

Bonsoir Buster

Et en dehors du Godard, vous avez vu d'autres beaux films ?

Buster a dit…

Bonsoir Anselme,
Hélas non, depuis une semaine je tombe de Charybde en Scylla, chaque film que je vois est pire que le précédent.
J’ai commencé moyen avec Maps to the stars (vraiment pas un grand Cronenberg, la mise en scène est intelligente mais est-ce suffisant pour sauver un scénario qui relève plus du pudding destroy que de la tragédie) et la Chambre bleue (pas si mal, content qu’Amalric ait abandonné Desplechin pour Chabrol, mais Simenon s’y prêtait, et à l’arrivée c’est quand même bien sage).
Et puis ce week-end je me suis tapé Deux jours une nuit des Dardenne et Bird people de Ferran, et là c’est le pompon, deux films si consternants (à côté le Cronenberg et l’Amalric font presque figure de chefs-d’oeuvre, c’est dire) que j’ai même pas envie d’en parler.

Buster a dit…

Et tiens, puisqu’il est question de Dubaï dans le Ferran, plutôt que de discuter du film, je préfère réécouter Dubai my love de Burgalat :-)

birdie a dit…

l'oiseau est bien

Buster a dit…

Mais un peu con aussi, comme tous les oiseaux :-)

C’est triste pour Anaïs, on lui fait faire le ménage pendant les 2/3 du film et au moment où elle a presque fini, hop, elle se fait "voler" la vedette par un piaf!

Plus sérieusement, ce film est mauvais parce que c’est du cinéma de scénariste, sans véritable idée de mise en scène, Ferran devrait écrire des romans plutôt que de faire des films, elle pourrait y mettre tous ces monologues intérieurs qui ne servent à rien, la voix-off ici c’est une catastrophe, et pas seulement pour l’oiseau (la partie Walt Disney, ornitautologique, du film), ça nous épargnerait aussi ce filmage bidon que je ne supporte plus, où l’on suit à la trace, en caméra portée, les mouvements et les gestes d'un personnage, avec arrêt sur le premier truc qui traîne, pour être tendance, sans que ça apporte quoique ce soit au récit, et ce côté sursignifié (l'horreur de la vie moderne, la technologie, internet, les téléphones mobiles, la mondialisation, aliénation et incommunicabilité… bla bla ou cui cui, je sais plus), ça a déjà été dit cent fois, bonjour les clichés, et surtout mille fois mieux… là c'est vraiment puéril, à l'image du plan où la fille/moineau "décolle" sur Space oddity de Bowie...

Ah zut, j’avais dit que je voulais pas en parler, mais ce matin je suis grognon :-)

Anonyme a dit…

La Javanaise chantée par Julien Doré, c'est pas mal non plus ,dans le même genre, et tout l'aspect publicitaire du film, affreux.
Quand on pense qu'il n'y a quasiment que Neuhoff qui n'a pas aimé le film parmi les critiques qui étaient à Cannes, il y a de quoi s'inquiéter sur la santé de la critique aujourd'hui.

Lucie a dit…

Bonjour Buster,

Alors comme ça, rien ne vous a plu, c'est Valzeur qui va être déçu. ;-)

J'ai vu le film de Mathieu Amalric, ce n'est pas génial, mais ce n'est pas mal du tout. Le Cronenberg ne m'inspire pas, pas plus que le Dardenne, je laisse tomber. Par contre, le Ferran m'intrigue beaucoup, je vais aller le voir, d'autant que j'avais plutôt bien aimé Lady Chatterley.

Buster a dit…

Oui, pour valzeur, c'est râpé, on ne va pas pouvoir ferrailler ;-)

Bird people, c'est sur-signifié et in-signifiant, mais ce n'est pas si affreux esthétiquement parlant, ce n'est pas Beurk people, c'est l'esthétique à laquelle nous sommes confrontés tous les jours, ça ne choque plus, c'est du "laid" écrémé...

valzeur a dit…

Hello Buster,

J'ai l'impression que vous devenez moi, c'est horrible ! Si ça continue, je vais me mettre à écouter des trucs poppinet-choupinou pour Chronicart genre Dorian-Pimprenelle, vous imaginez ?

Toujours pas vu le Ferran, mais j'ai une éruption des plumes sur l'anus, rien qu'à y penser ! (et le courage me manque encore pour le Godard).

Clark - qui était jadis un être de goût - a apprécié le Dardenne, je crois qu'il aime les mauvaises blagues belges avec plein de bons pauvres méritants qui se serrent les coudes. Quand je suis sorti du cinéma (après "2 Jours, 1 Nuit"), une vieille bourgeoise demandait à son amie comment elle avait trouvé. Réponse de vieille bourgeoise 2 : "C'était poignant !". Les Dardenne ne filment donc plus que pour Télérama et les vieilles bourgeoises, ça leur pendait au nez depuis longtemps….

Lucie a dit…

Hi hi Buster, mon dernier commentaire était un pastiche, j'ai repris un ancien commentaire à vous, j'ai juste changé les noms. Vous ne vous en êtes pas aperçu ?

Buster a dit…

Ha ha... c'est malin ;-)

Salut valzeur, oui c'est inquiétant ce rapprochement, mais c'est aussi que les bons films se font de plus en plus rares (vivement que Reichardt fasse un nouveau film!). Le Dardenne est vraiment horrible, écrit avec les pieds, filmé avec les pieds (et là en plus il y a quatre pieds), et politiquement parlant c'est quand même d'une incroyable niaiserie (désolé Clark).

Laurie Bird a dit…

Au lieu de vous complaire dans des petits commentaires méprisants, écrivez-nous une vraie critique sur les films en question. "Deux jours, une nuit" des frères Dardenne est un très beau film qui n'a rien de niais, politiquement parlant (ça, faudra l'expliquer), au contraire, rarement un film de fiction n'a montré à ce point la cruauté du monde de l'entreprise. Quant à "Bird People" de Pascale Ferran, c'est tout simplement l'un des plus beaux films de l'année, qui ose jouer la carte de la poésie. La naïveté que certains y voient est celle des contes, elle est parfaitement assumée par la réalisatrice, c'est ce qui rend son film magnifique.

Buster a dit…

Deux jours une nuit est nul. La cruauté du monde de l’entreprise? Le film n’en dit strictement rien, au sens où il se contente d’épouser le point de vue de ceux qui en sont victimes. C’est du Michael Moore fictionné, simpliste, manichéen, invitant spectateurs et critiques à compatir au sort de la pauvre Cotillard. Rien n’est mis en perspective. Un film pourtant quelconque comme Que les gros salaires lèvent le doigt, du fils Granier-Deferre, en dit bien davantage… Les Dardenne auraient d’ailleurs dû s’inspirer des romans de Jean-Marc Roberts, infiniment plus subtils, cela leur aurait peut-être évité de nous livrer un truc aussi inepte.

Quant à Bird people, Momcilovic a déjà fait le boulot, dénonçant parfaitement la vacuité de ce film, qui n’est pas du tout naïf (nulle innocence ici, bien au contraire), mais puéril (ce qui est différent) dans sa partie "poétique"… Bird people c’est un film qui se veut à la fois d’auteur (la partie Gary) et populaire (la partie Audrey), sauf que non, ce n’est que tics (imitation ad nauseam d’un certain cinéma contemporain) et toc (poésie de pacotille)… Ce qui est marrant c’est qu’on a l’impression que Ferran a voulu faire un film pour faire plaisir aux Cahiers, enfin surtout à Delorme, un truc naturaliste (la vie dans l’hôtel Hilton) mais sublimé par la figure de l’oiseau…

PS. Sur le mur FB de Murielle Joudet, il y a eu une réponse de Morain à la critique de Momcilovic, réponse très symptomatique de la position de la critique aujourd’hui et qui a depuis disparu, comme toujours avec Morain… Quelqu’un l’a t-il conservée?

Anonyme a dit…

On s'en fout de Morain.

Buster a dit…

Oui, et même royalement.

Buster a dit…

En fait ce qui m’intéressait dans la réponse de Morain c’est qu’il reprochait à Momcilovic de vouloir se distinguer. Se distinguer de quoi? de qui? Des autres critiques pardi, les vrais, les pros, ceux dont fait partie Morain. Bref de ne pas jouer le rôle du "bon" critique, pas au sens de la qualité critique, mais de la bienséance, qui consiste à mettre des gants quand on n’aime pas le film d’une cinéaste proche du milieu critique... Ce que ne supporte pas Morain c’est ça, qu’on s’en prenne à ce petit milieu élitiste qui est le sien. Quand Momcilovic dégomme, avec la même virulence, des films de cinéastes qui ne sont pas du milieu, ça ne gêne pas Morain évidemment, là on ne l’entend pas.

Anonyme a dit…

Dites donc Buster, Chronic'art vous aurait pas embauché par hasard?

Vincent a dit…

Courage Buster, le nouveau (et dernier ?) Takahata, "le conte de la princesse Kaguya" doit sortir fin juin. Son dernier plan fera très beau dans votre collection des ultimes images des grands maîtres.
Sinon, le "côté sursignifié" dont vous parlez, m'a beaucoup fait souffrir dans le film d'Assayas. D'habitude j'arrive à éviter.

Anonyme a dit…

Ouais ouais Buster, vous défendiez moins Momcolovic quand il s'en prenait à wes Anderson.

chican(n)es – abysses :-] a dit…

Bonjour à tous,

Désolé pour la digression, c’est juste que je n’ai pas vu (pas encore) les croût... euh, pardon, les films en question : dans les deux cas – pour le Ferran et celui des Dardenne – rien que l’affiche me fout la frousse !-DDD et les retours, ici, ne sont pas très encourageants !-D

Voici seulement quelques suggestions de films à voir dans les semaines (ou mois) à venir, présentés lors du Festival de Cannes – et qui sont repassés, ici, à Paris !-D

Aucun grand film, à proprement parler. Mais, plutôt de très bonnes surprises :

Section « Quinzaine des réalisateurs » :

- P’tit Quinquin, de Bruno Dumont : mini-série TV, 4 x 50’ (soit 3h 20 !)
- National gallery, de Frederick Wiseman (173’)

Section « Semaine de la critique » :
- Gente de bien, de Franco Lolli
- The Tribe, de Myroslav Slaboshpytskiy

Euh, à part ça, vous pouvez largement vous passer de... FLA(N), de Djinn Carrénard !-D

PS : hé, mais vous êtes givrés ?!! vous allez réveiller le fantôme du « Grand JBM !-DDD

Anonyme a dit…

Heureusement qu'il y a Morain. Il est le seul à dire ça tout haut, alors que tous les critiques autour de lui fonctionnent exactement pareil : autocensure et copinage. Vive Morain !

Buster a dit…

1) Oui Chronic’art m’a embauché, mais juste pour faire le ménage, j’ai hâte de me transformer en oiseau! :-)
2) Merci Vincent, j’irai voir le dernier film de Takahata (mais il prend lui aussi sa retraite?). Quant à Sils Maria d’Assayas, j’étais déjà un peu inquiet, votre commentaire ne me rassure pas ;-)
3) Je préfère la critique dure (Momcilovic) à la critique molle (Morain). Quand Momcilovic descend un film que j'aime (comme le dernier Wes Anderson), ça m'énerve... Pour Morain c'est le contraire, c'est quand il défend un film que j'aime que ça m'agace.
4) Merci Albin pour le programme.
5) Oui c’est ça, vive Morain!

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je ne savais pas que Claude-Marie Trémois lisait et intervenait sur votre blog sous le pseudonyme de Laurie Oie Blanche. Quelle surprise !

Enfin lu le dézinguage de Momcilovic sur le Ferran, il est vraiment très bon quand il est très vilain. Toujours pas vu Bird People (ce titre abominable, et si les gens s'étaient transformés en blaireaux, on aurait quoi : Blaireaux People ?). Je conjure encore le plan de la bande-annonce où on voit le pitit moineau tout joli voler parallèlement à l'avion qui décolle, une idée MONSTRUEUSE de niaisulerie que même Miranda July aurait écarté avec un burp de nausée.
Je ne comprends toujours pas comment cette médiocrité (litote) de Pascale Ferran jouit d'un quelconque crédit. Peut-être parce que la transformation évoquée plus haut s'est déjà produit chez tout le monde (pas en oiseaux, hein) ? Résistons encore !

Anonyme a dit…

L'avez-vous lu au moins ce commentaire de Morain ?

Buster a dit…

Salut valzeur, c’est bizarre que vous n’ayez toujours pas vu le film fienteux de Ferran. Vous boudez votre plaisir, really ;-) Sinon la critique de Momcilovic est en effet très bien et le commentaire de Morain (que j’ai lu bien sûr) très con, ça commençait par un truc du genre "texte nul et paresseux..."

Sur le commentaire de Laurie Bird (n’importe quoi le pseudo), j’ai des doutes, je me demande si, comme beaucoup de commentaires de ce type, il ne s’agit pas de leurre, une sorte d’appât, juste pour me faire réagir ou créer la polémique.

Laurie Bird a dit…

Film fienteux ??? Comment pouvez-vous écrire des choses pareilles, c'est honteux. Vous me dégoûtez.

Buster a dit…

Oui bon d’accord, c’est pas très gentil, mais faut arrêter aussi le petit numéro de l’indignation, quand je parle de bouse à propos du Tom à la ferme de Dolan, personne s’en offusque, et puis le film de Ferran est suffisamment défendu ailleurs, et de façon si démesurée et complètement neuneu, qu’on a bien le droit de se moquer…

Lucie a dit…

Bonjour Buster,

J'ai vu "Bird People". En y allant, je me disais : Buster, il pousse le bouchon un peu loin, le film ne peut pas être si mauvais. Et j'ai vu. Ouh la la. Dès le début, le prologue dans le RER m'a embarrassée et cela n'a été qu'en empirant. Le coup du moineau, passé l'effet de surprise, on se lasse assez vite. Beaucoup de scènes sont très gênantes, comme celle où l'oiseau suit le réceptionniste du Hilton qui va dormir dans un bois. Et la voix off est un vrai handicap. Je ne comprends pas Pascale Ferran, son film accumule les maladresses, c'est sidérant.

Sinon j'ai regardé par curiosité l'émission de Beigbeder, avec Jérôme Momcilovic justement, il y avait en face Philippe Rouyer et Marie Sauvion qui en ont fait des tonnes sur le film.

Buster a dit…

Merci Lucie, c’est parfait ;-)

Pas vu le Cercle, Rouyer et Sauvion, c’est un peu à cause d’eux que je ne le regarde plus, ils sont vraiment toxiques, surtout Sauvion (Rouyer on peut encore mettre ça sur le compte de l’enthousiasme), qui nous fait son show à chaque fois, insupportable, d’autant qu’elle n’y connaît que dalle et raconte n’importe quoi… (au fait, est-ce la fille de celui qui doublait Columbo?)

valzeur a dit…

Hello Bird,

Il est possible que Laurie Autruche soit JB Morain déguisé à la façon de Dressed to Kill. Lorgnez derrière vous dans les rue sombres ! Et si un gros moineau vous fait de l'oeil, partez en courant !

Emily Loizeau a dit…

Franchement Buster, des films qui parlent de notre époque avec autant de grâce, d’émotion et d’humanisme, vous en connaissez beaucoup ? Ce film est magnifique et je comprends l’enthousiasme de la plupart des critiques. Votre position est tout simplement indéfendable.

Buster a dit…

Merci valzeur pour l’avertissement (mais vous m’avez appelé Bird!?)

Emily (encore une provocation mais bon, je réponds quand même), si vous voulez voir un film qui, tout en dressant le constat d’un monde de solitude, de cloisonnement et d’humiliation, arrive à transcender son sujet, à le réenchanter par la grâce (une vraie grâce, pas celle d’un moineau qui pense à voix haute) d’une mise en scène inspirée, regardez par exemple les Passagers de Guiguet… vous comprendrez que le cinéma est de ce côté-là, pas dans cette petite horreur que nous a concoctée Ferran, mélange de prétention moderniste et de mièvrerie poétique, le pire étant tous ces critiques qui nous parlent du film avec des trémolos dans la voix. Car évidemment s’il n’avait été signé Ferran et défendu becs et ongles (ha ha) par ceux que se disent "critiques", j’en aurai pas fait un fromage (d’ailleurs ce film dans une semaine j’y penserai plus), mais là c’est tellement gros qu’on finit par se poser des questions.

Buster a dit…

Quant aux oiseaux qui "parlent", il y en a pas beaucoup au cinéma c’est sûr, raison de plus pour nous offrir autre chose que ce discours bêtifiant (d’ailleurs pourquoi la fille une fois transformée en moineau devient-elle cruche à ce point, comme si elle héritait aussi du cerveau de l’oiseau, alors que les pensées sont censées être les siennes).

Pour le coup, ça me fait penser au corbeau marxiste et jacasseur de Uccellacci e uccellini de Pasolini... là au moins c’était poétique, drôle et intelligent.

Sur ce on peut passer à autre chose.

Watch_Dogs a dit…

Bonjour M. Buster, si cela vous intéresse, j’ai sauvegardé le message de Jean-Baptiste Morain.

Buster a dit…

Ouais ça m'intéresse, envoyez-le-moi par mail.

Zéro de conduite a dit…

Hier soir (à Beaubourg), les Prix Jean Vigo 2014 ont été remis à :

- Inupiluk, de Sébastien Betbeder (court-métrage, 36′)

- Mange tes morts, de Jean-Charles Hue (long-métrage, 63 min). En salle, le 24 septembre, Capricci Films.



Plus d'infos sur :

http://pro.arte.tv/2014/06/les-actions-culturelles-darte-mecenes-du-prix-jean-vigo-2014/

Anonyme a dit…

Y'à un débat sur Bird People et la critique sur la page facebook de Momcilovic, c'est bizarre qu'on ne vous y entende pas.

Le Samaritain a dit…

Extraits :

Jérôme Momcilovic Mais c'est quand même honteux qu'on ponctionne Paramount ou Warner pour produire des trucs comme Bird People.
(...)
Jean-Baptiste Morain Non, mais à quoi tu joues dans la vie, exactement ?
(...)
Orsten Groom À mort tout le monde
(...)
Jean-Baptiste Morain Rien de gratuit : j'ai lu le papier de Jérôme. Il ne critique pas, il se fout de la gueule du film. On peut faire ça avec n'importe quel chef d'oeuvre.
(...)
Yannick Vély Je me souviens des mêmes discussions sur Oncle Boonmee (que j'adore) ou Tip Top (que je déteste). C'est peut-être l'effet Twitter, mais j'ai jamais eu autant l'impression qu'il fallait - pour exister et être entendu - être radicalement pour ou contre un film. Du coup, des films moyennement réussis sont parfois sur-encensés, moyennement manqués sont sur-descendus.
(...)
Jean-Baptiste Morain Oui, parce qu'il est devenu de mode de ne pas comprendre que quelqu'un puisse penser autrement que soi. Moi, je l'accepte tout à fait, parce que ça fait partie de la vie. Parce que c'est ça, le débat intellectuel. A condition de ne pas partir de l'a priori que les autres critiques sont des malhonnêtes vendus aux forces de Pascale Ferran.
(...)
Jérôme Momcilovic Ça c'est un peu gag, Jean-Baptiste. "Il est devenu de mode de ne pas comprendre que quelqu'un puisse penser autrement que soi" ? Après tout le fumier que tu viens déverser ici depuis qu'on a publié un texte qui pense l'inverse de ton journal ?
(...)
Jean-Baptiste Morain Je verse du fumier sur ta merde. Je ne te reproche pas de ne pas aimer le film de Ferran (d'ailleurs, tu ne sais même pas ce que j'en pense, moi), mais de ne pas avoir fait ton boulot sérieusement. Cela n'a rien à voir. Tu as tout à fait le droit de ne pas l'aimer, mais explique nous pourquoi.
(...)
Guillaume Orignac Si ce fil continue, on va arriver au constat que la critique ciné est morte. Arrêtez tout, s'il vous plaît.
(...)
Murielle Joudet putain mais vive Facebook
(...)

Buster a dit…

Merci, j’ai lu tout ça, c’est marrant, mais je ne m’y mêle pas, je suis pas le bienvenu là-bas, en plus il y a l’affreux Morain.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Comment, vous êtes sur Facebook ?
Quel choc ! Vous devez avoir un pseudo…
J'ai jeté un oeil, ce qui fait que j'ai donc lu plus de dix lignes de JB Morain à la fois, et mon estomac est retourné pour un mois. Ce type est révoltant de servilité face aux bien-nés du cinéma d'auteur comme il faut. C'est une serpillière qui grogne comme un bouledogue. Je serais Jérôme M, je lui chierais dessus, mais bon, il doit le croiser tous les jours en projection de presse, je conçois que ça n'est pas très pratique. En attendant qu'un nullard pareil plastronne ses avis définitifs sur des gars qui écrivent cent fois mieux que lui, c'est total LOL, si vous me permettez cet accès de très légère vulgarité. Avec toutes ces âneries, il va quand même falloir que je m'infuse le film de la nullasse humaniste, histoire de me rire un peu…

Chronométreur officiel a dit…

Rectification : Mange tes morts dure 95 minutes et non 63.

Buster a dit…

En fait il y a 2 versions: avec ou sans les os.

Salut valzeur, eh oui je suis sur FB mais je n'y fais pas grand-chose, juste un like ou une blague par-ci par-là.

Roxy Brown a dit…

JB Morain : un très bon exemple de nouveau chien de garde... appliqué au milieu (du cinéma) du milieu !

Fort avec les faibles ; et faible avec les forts... Et après, il vient faire des leçons de courage ! Rha la la, si c'est pas lamentable !

Mais surtout, il faut bien se garder de le lui dire, car... il risquerait encore d'aboyer !

Mouarf !

geeke a dit…

Oui ça manque cruellement d'un bouton like Buster, ici sur votre blog.

Buster a dit…

Hé hé... c'est vrai qu'il commence à faire vieillot ce blog ;-)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Cui-cui-cui cuicuicui cui cui !!!

Bon, ça y est, j'ai vu Bird People. Comme prévu, c'est lamentable, mais pas totalement nul. Je sauverai deux scènes dans un accès de générosité coupable : la fausse arrivée à Dubaï et la coupure de courant dans le RER - ce qui fait 5 minutes de film, maximum. Le reste est poussière. La première scène m'a rappelé l'horrible clip de "Everybody Hurts", où les sous-titres remplaçaient les voix-off. Ce côté "Family of Man" à deux francs est très présent dans le film, il n'y a même que ça. Ferran s'enferre (s'enFerran ?) dans des mauvaises idées qu'elle use jusqu'à la corde. Sur son versant naturaliste, le film est très faible (qui se souvient de "La Fille Seule" de Jacquot, dix fois supérieur ?), sur son versant fantastique, on atteint une forme de nullité à peu près totale, Pascale F. n'ayant pas le début de commencement du sens du merveilleux et de l'angoisse. La scène avec le Japonais qui croque le moineau (au sens figuré, hein ?) est particulièrement symptomatique. Pour rendre "cet éblouissement de nature offerte" (Télérama), un pitit oiseau qui mange un Pringles émietté dans une assiette sans avoir peur du gros Monsieur qui le nourrit, n'importe quel cinéaste un peu opérant userait du plan large pour jouer de la poésie de ce moment à nul autre pareil, afin que l'homme et l'animal se partagent le champ. Pas Ferran qui sur-découpe, certainement à cause de ses effets spéciaux à la con (quoique les moineaux dressés, ça n'est pas pour les chiens). Et comme vous, je tombe à la renverse devant les voix-off. Celle d'Amalric, pontifiante, qui hurle le défaut de structure ; et celle, mongoloïde, de Démoustier. Ferran a-t-elle réfléchi trois secondes à son script ? Bon évidemment, Ferran, ça n'est pas Kafka, mais le côté ravi du perchoir de son héroïne à ses moments "envolés" est juste consternant. Comme Lucie, j'ai trouvé la scène du bois affreusement gênante, on devine qu'il y a un surmoi social, mais ça n'est pas bien clair. Si j'ai bien compris, la naissance du lien dans note monde hyper-moderne ne peut se faire que a) si vous avez connu une expérience de dépersonnalisation à la suite d'une métamorphose en oiseau (gageons que ça marche aussi avec les reptiles et les poissons), b) vous avez souffert d'angoisse nocturne jusqu'à penser crever d'une crise cardiaque. Franchement, Buster, on est mal barrés ! Ce qui est fascinant, c'est qu'aucun producteur digne de ce nom n'ait dit à Ferran : "écoute, Chérie, à bien y réfléchir, tu viens d'avoir l'idée la plus conne de la décennie. Tu veux bien me retravailler ton scénar ? Ou mieux, le jeter à la poubelle ?'. Je ne vois qu'un seul cinéaste qui aurait pu tirer quelque chose de ce fatras, c'est Alex van Warmerdam. Mais avec Ferran, on écope d'une fontaine d'eau tiède à moineaux...

Buster a dit…

Excellente analyse valzeur, je fais un copier-coller que j'envoie illico à Morain... :-)
Quant aux deux scènes que vous sauvez, je suis pas surpris, ce sont les deux seules du film où le scénario se met en mode pause, ça crée ainsi deux petites échappées, des scènes pas trop chargées de sens, qui se suffisent à elles-mêmes. Cela dit engager une équipe cinéma juste pour filmer à Dubaï un type dans un aéroport qui attend un autre type qui ne vient pas, c'est un peu du gâchis, non?

Charlie Parker a dit…

Sur l'écran de cinéma, Marion Cotillard et Fabrizio Rongione sont assis sur un banc. Chacun tient dans sa main un cornet de glace. On entend un oiseau siffloter. Cotillard, "poignante" comme il se doit, dit soudain : "je voudrais être à sa place. - A la place de qui ? - L'oiseau, là."

Dans le noir de la salle, Pascale Ferran sursaute : "Eurêka!"

Buster a dit…

Ha ha... moi sur le coup j'ai cru que c'était un clin d'oeil à la Môme, à Cotillard dans le rôle de... Piaf! ;-)

Sinon faut absolument que je lise la critique des Cahiers sur le Ferran... des Cahiers qui ont changé leur couverture à ce que je vois, renouant avec celle des années 90. Pas mal.

Anonyme a dit…

Halte au Ferran bashing !

Buster a dit…

C'est vrai ça, on ne parle pas assez du film des Dardenne.

Anonyme a dit…

Mais qui peut bien vouloir passer deux heures et demie à voir une baston de sourds-muets non sous-titrés ? s'interroge Delorme. L'avant-première à la Cinémathèque affichait complet plusieurs jours à l'avance...