dimanche 4 mai 2014

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Whit Stillman sur tous les fronts. Tournage à Paris du pilote de sa série The Cosmopolitans, avec Adam Brody, Chloë Sevigny et Adriano Giannini. Sortie de la traduction française de son roman Les derniers jours du disco. Rencontre avec le cinéaste lors du prochain Champs-Elysées Film Festival. Reprise en juillet de son premier film Metropolitan. Et un projet: Lady Susan, d'après Jane Austen...

Les derniers jours du disco (récit des événements véritables ayant inspiré le film du même nom, par Jimmy Steinway le "publicitaire dansant"):

"Les contraires s’attirent", dit-on - qui pourrait en douter? On verra toujours les types les plus diaboliques sortir avec des anges, et vice-versa; si vous trouvez ces termes impropres, remplacez-les par leurs équivalents laïcs, la formule sonne toujours juste. Un cliché, certes, mais comme tout ce qu’y rapporte, résultant d’une somme incalculable d’expériences vécues. Les contraires s’attirent, et c’est bien triste quand on songe au faramineux prix à payer, en termes de désespoir, de procès, de divorces, de familles déchirées, de perte de repères voire de suicides, et de violence. C’est pourquoi je me suis engagé à m’opposer, autant que faire se peut, à cette loi de la dynamique qui, en amour, porte les contraires les uns vers les autres. (préambule)

Printemps précoce.

Sinon Ozu bien sûr. En attendant de découvrir à la Cinémathèque les quelques films de lui que je ne connais pas (c'est mal parti, je voulais voir les Sœurs Munakata, mais la séance à été annulée au dernier moment, je me suis déplacé pour rien), je relis certaines pages de ses Carnets, celles qui concernent l'année 1955, plus précisément la période pendant laquelle fut écrit - avec Noda - le scénario de Printemps précoce. A l'image de ses films, il s'y dégage quelque chose de faussement immuable, les journées semblant se répéter invariablement, rythmées par la météo (il pleut souvent), les bains (nombreux), les siestes (fréquentes), les sorties, multiples (promenades, visites, réceptions...), les petits moments de contemplation (des cerisiers en fleurs à ses propres pivoines), les divertissements (tournois de sumo, matches de base-ball, parties de mahjong...), sans oublier les repas évidemment (ah le poulet au radis rapé, les nouilles de sarrasin de la région de Shinshû ou encore la daurade grillée au sel d'Osaka) et surtout la boisson (bière, saké, whisky), consommée sans modération, souvent jusqu'à l'ivresse (avec gueule de bois le lendemain). Pas étonnant si l'écriture du scénario a duré près de 3 mois!

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Mais dans ses films il ne pleut jamais (sauf dans les deux "Herbes flottantes"), il laisse la pluie à Kurosawa...

Buster a dit…

Mais je n'ai pas dit le contraire, juste que la question météorologique était très présente dans ses Carnets (sauf que là, malheureusement, il pleuvait souvent)

Sinon oui, dans ses films il laisse la pluie à Kurosawa, les nuages à Naruse et la brume à Mizoguchi :-)

Anonyme a dit…

Bonjour Buster,

Sur Ozu, lire absolument le lumineux et érudit ouvrage de Donald Richie, "Ozu".

Ludovic

Anonyme a dit…

Et Night Moves alors ?
S.

Buster a dit…

Oui, le Richie est important parce qu'il a fait découvrir Ozu, mais il faut lire aussi Hasumi qui a démontré qu'Ozu n'était pas typiquement japonais, qu'il était même le moins japonais des cinéastes...
Et puis un très beau texte: Le monde d'Ozu, par Sylvie Pierre (Trafic n°4)

La note sur Night moves, je la finis ce soir normalement (il faut aussi que je lui trouve un titre).