mardi 13 mai 2014

Allons bon!

Ils s'appellent Dorian Pimpernel, ça pourrait être le nom d'une société secrète, d'un club des 5, de cinq dandys, Dorian comme Dorian Gray (gris?), Pimpernel comme The Scarlet Pimpernel (écarlate?), mais non, c'est tout simplement la traduction anglaise de "Mouron dorien"... "Mouron" comme la petite fleur (est-elle rouge, bleue, aquatique ou véronique? je n'en sais rien), "dorien", comme le "mode dorien", référence au système musical de la Grèce antique... "Mouron dorien" c'est ça, un nom pas possible, mais bon, pourquoi pas (il existe déjà un "Germe préfabriqué"), d'autant qu'en anglais ça sonne bien (mieux en tout cas que Prefab Sprout), un drôle de nom pour une drôle de pop, florale et platonicienne, dite aussi moonshine pop, selon Johan Girard, l'initiateur et leader du groupe, qui est aussi celui qui écrit les paroles et compose la musique, une shine pop d'aujourd'hui, moins lumineuse, plus inquiète, mais tout aussi légère et rêveuse (telle la voix du chanteur, Jérémie Orsel, la voce della luna), que Girard reconstruit à l'aide de vieux tapotoirs: piano électrique, Variophon, orgues et autres claviers électroniques des années 60-70, une pop qu'on croit reconnaître - car nourrie de nombreuses influences (Broadcast, Brian Wilson, Syd Barrett, Fugu, François de RoubaixYoung Marble Giants...), influences le plus souvent souterraines - et pourtant parfaitement nouvelle, c'est là le secret, fidèle en cela à la théorie de T.S. Eliot: "l'originalité poétique est en grande partie une façon originale d'assembler les matériaux les plus disparates et les plus dissemblants pour en faire un tout nouveau", bref la pop, avec ce que cela suppose d'éphémère et en même temps d'éternel. Et c'est merveilleux.

Allombon. Side A: Paralipomenon - Ovlar E (montage: Matthieu Brunel) - Existential suit (vidéo: Laurent Talon et Lucie Jego) - Coodooce melopoia - The mechanical eardrum. Side B: Alfalfa - October lane - Alephant - Teorema - A drowsy waltz.

52 commentaires:

Anonyme a dit…

Ces "Mourons doriens" doivent être aussi un peu cinéphiles : dans l'étrange vidéo-clip d'"Existential Suit", j'ai reconnu pas mal de cinéastes que j'aime bien (Gérard Blain, les Straub, Duras, Jean-Claude Rousseau (!?), Jess Franco, Eisenstein, Guy Gilles...) ; mais aussi d'autres que j'aime beaucoup moins (Ken Russell, Robbe-Grillet, Tarkovski...). Quel gloubi-boulga!

Waldemar

Buster a dit…

Oui il est super le clip, réalisé d'ailleurs par un des membres du groupe... Je voulais l'ajouter à l'article mais j'ai un problème avec YouTube en ce moment, impossible d'intégrer les vidéos sur mon blog.
Sinon les Moutons doriens sont très cinéphiles en effet, rappelons que 3 d'entre-eux figuraient dans le Mods de Serge Bozon (revu dernièrement)...

Laurent Talon a dit…

Ouais ouais ouais Waldemar ;-)

Anonyme a dit…

D'après les interviews, c'est plus Heidegger que Platon.

Dorian Gray a dit…

Heureusement Buster, vos Moutons doriens ne sont pas des chèvres ;
parfait à écouter en lisant le dernier bouquin de J.J. Schuhl

Buster a dit…

"Moutons" doriens, j'y suis pour rien (ça rime), c'est le correcteur automatique de mon smartphone, un crétin fini...

Pour Heidegger, je ne sais pas, j'ai pas tout lu, mais c'est pas grave si on considère comme Whitehead que la philosophie occidentale n'est qu'une suite de notes de bas de page aux dialogues de Platon :-)

§ a dit…

Sachez, imposteur de 17:23, que Dorian Gray n'aurait jamais lu en écoutant de la musique ! Et qu'il était un homme de goût et non un snob. Car J.J Schuhl et Dorian Pimpernel c'est formidable, mais les deux ensemble ça devient de la pose (ou une formule journalistique).

Buster a dit…

Merci §, je me disais bien que le vrai Dorian Gray sur mon blog c'était pas possible...

Et le type de 15:59, c'est le vrai Laurent Talon?

Anonyme a dit…

Bah, il y a sans doute 50 nuances de Dorian Gray...

§ a dit…

Je connais personnellement Dorian Gray, et je peux vous assurer que je ne dis jamais le mot "bouquin".
Je pense que Laurent Talon n'intervient jamais sous le nom de Laurent Talon. Ou alors pour faire croire qu'il est un faux Laurent Talon.
Quant à Anonyme, c'est toujours le même qui se fait passer pour une multitude d'autres.
Par contre § est une seule et même personne qui a sur la fesse gauche une tache de naissance sur la fesse droite en forme de §.

A par ça j'aime beaucoup le disque de Dorian Pimpernel.

Par contre, je trouve le Salvadori talentueux mais très antipathique, alors que c'est un cinéaste que j'aime bien d'habitude. Ce mélange de mièvrerie et de cruauté me laisse un goût très amer. Il créé un personnage en creux dans lequel chacun projettera un peu de lui même et il le regarde doucement couler sans lui donner la moindre chance. Et hop, un petit rosier bien niais pour sauver tout ça... Plus j'y pense et plus je trouve ça odieux. Vous l'avez vu ?

Lorenzo Taloni a dit…

Pour vous servir ! ;-)

David Thiery a dit…

J'adore Dorian Pimpernel. En ce qui concerne l'analyse des noms, si Hollandia semble renvoyer tout autant à une marque de bière qu'à un album des Beach Boys, j'espère qu'il y aura un jour un "Valstar", la rencontre d'une autre marque de bière et du Telstar des Tornados.

P-s: j'ai pensé à la découverte d'Hollandia que ce mini-album était constitué des titres refusés de la bande-orignales de La France de Serge Bozon, que j'ai vu à la même époque . En effet, les déserteurs de ce film fuient vers la Hollande et, tout comme les membres de Dorian Pimpernel à l'origine, sont constitués d'une fille et de beaucoup de garçons, des membres du groupe jouent dans le film et le genre musical de cette bande-originale n'est pas si éloigné que ça des débuts de Dorian Pimpernel. Hélas, il semble que cette hypothèse soit fausse.

David Thiery a dit…

En ce qui concerne le clip, quelqu'un sait-il d'où vient cet enfant dans le tunnel ? Et Louise Brooks, de "Prix de Beauté" ?

§ a dit…

L'enfant dans le tunnel c'est dans Le révélateur de Philippe Garrel. Sublime film, le plus beau de sa première période.

Buster a dit…

Bon alors si j’ai bien compris, § vous êtes Dorian Gray, vous avez sur le talon droit une tache de naissance en forme de rosier, vous aimez Pimprenelle et le dernier clip d’Henri Salvador (que je n’ai pas vu) vous a pas plu.

Anonyme de 22:54, je n’aurai qu’un mot: bravo!

Salut David Thiery,
Je ne connais pas l'album Hollandia, j'ai retrouvé le clip de The mimeograph, signé Zigfam, dans le même style que celui d'Existential suit (le zig c'est LT et la fam c'est LJ).

§ a dit…

Et bien justement, le dernier Salvadori est comme Henri Salvador : derrière la fausse sympathie se cache un vrai sale type !

Buster a dit…

:-D

David Thiery a dit…

Merci § pour le Révélateur.

Hollandia est un beau disque, un peu désavoué par le groupe d'après les interviews. Surement parce qu'il appartient à une autre inspiration musicale que leur dernier disque, moins électronique, plus classique peut-être mais très inventif. En ce qui concerne Zigfam, j'avais déjà pu découvrir leur clip pour Athanase Granson, sur votre blog je crois, très réussi lui aussi.

Je suis manifestement beaucoup moins cinéphile que vous, hormis les extraits de Fritz Lang et les animations peut-être signées John Whitney, je n'ai rien reconnu.

Anonyme a dit…

David T.,

Louise Brooks, Pandora's Box.

Fam

Anonyme a dit…

C'est dans Gonzai que Johan Girard parle de Heidegger qu'on voit d'ailleurs dans le clip "Existential Suit".

Buster a dit…

C'est vrai que le clip aurait pu faire l'objet d'un quiz: reconnaître tous les films cités...

Fam? c'est vraiment Fam?

A propos d'Heidegger ça me fait penser au film Carnival of souls d'Herk Harvey dans lequel l'héroïne (une organiste!) croisait à un moment donné un personnage qui ressemblait de façon troublante à Heidegger.

leslie a dit…

"vieux tapotoirs", c'est joli comme expression, je ne connaissais pas.

Anonyme a dit…

David Thiery,

vous avez visé juste : l'enregistrement de "Hollandia" s'est achevé pendant le tournage du film "La France". Le titre du disque entendait rendre hommage (simultanément) : au breuvage économique qui avait soutenu les musiciens dans leur effort ; à l'album ("Holland") qui témoigne du passage du plus grand groupe du monde sur le vieux continent ; de manière plus sibylline, à la Terre promise (Hollande, Atlantide, on ne sait trop) des déserteurs de La France.

Fam de 11h55 en est peut-être une, mais ce n'est pas celle de Zig. L'usurpateur a néanmoins reconnu la Loulou de Pabst (1 point pour lui).
Parviendra-t-il à reconnaître l'extrait d'"Espions à l'affût" (1966), de Max Pecas (cinéaste abondamment commenté sur ce blog)?

Zigfam

Henri a dit…

Pour §

https://www.youtube.com/watch?v=Dbe_DIv_Ja0&feature=kp

§ a dit…

Henri, merci pour le clip de Juanita Banana. On dirait Deneuve dans Dans la cour...
J'ai quand même une préférence pour Mario Banana :
http://www.youtube.com/watch?v=1Ku9sGT2Ugg

Buster a dit…

Puisque c'est comme ça... moi aussi:

April May a dit…

Passer de Dorian Pimpernel à Henri Salvador et Lio, ça craint...

Buster a dit…

Oui c’est honteux, et je prie les Mourons doriens de bien vouloir m’excuser pour de tels écarts.

Anonyme a dit…

Je crois savoir que les Mourons doriens sont tous des fans (transis) de Lio.

Quant à Salvador, il a composé ce titre incroyable (parmi beaucoup d'autres de cette trempe) :

https://www.youtube.com/watch?v=0mlzyYoyLhA

Zigfam

Bergen White a dit…

c'est ennuyeux Dorian Pimpernel. C'est comme les Bee Gees avec la voix de Chris Martin. Aucune chanson ne commence directement!

Jérémie Dorcel a dit…

Le Pécas c’est le plan où on voit une fille qui se malaxe les seins ?

Buster a dit…

Nan, ça c’est le Straub.

Merci Zigfam pour Bêta gamma l’ordinateur, me voilà rassuré.

Sinon j’ai pas trop compris pour les Bee Gees et Chris Martin. (mais j’aime beaucoup Bergen White)

Bergen White a dit…

Bah il y a une chanson qui commence comme I started a a joke et qui m'y a fait penser. Quand à la voix, elle fait contemporaine par rapport au son du groupe (l'utilisation de l'électronique tranche un peu avec le reste des arrangements également).
D'ailleurs, je viens de voir qu'il y a un nouveau Roddy Frame qui vient de sortir. Sachant que Surf est un des plus bels albums du monde...

Anonyme a dit…

Jérémie Dorcel (Orsel?),

Le Pécas, c'est bien celui où la fille se malaxe les seins! (Espions à l'affût, 1966).

Fam

Buster a dit…

Et le Duras?

Bergen, c’est justement ça qui est beau et qui donne à l’album un côté intemporel, sinon on nagerait en plein revival.
(Roddy Frame? oui bon si vous me prenez par les sentiments)

David Thiery a dit…

Merci à la fausse Fam et au vrai Zig (si j'ai bien compris).

L'idée d'un quizz sur ce clip me parait bonne, la plupart des extraits attisent ma curiosité. Après l'enfant dans le tunnel , je me demande d'où vient le vieillard dans un tunnel désaffecté, ce serait Tartkovski ? Je ne me base que sur l'image que je me fais du cinéma de ce réalisateur, n'ayant vu que son adaptation de The Killers d'Hemingway peu représentative, j'imagine. Et le chalet sur le lac qui s'enflamme ?

En tous les cas, merci à Zig et Fam pour leurs clips, celui-ci comme ceux pour Athanase Granson et Mehdi Zannad. Sont-ils tentés par un métrage un peu plus long ou préfèrent-ils s'en tenir à des formats courts ?

Anonyme a dit…

Buster,

Plan de coucher de soleil, sur la plage (avec "la dévastation et l'attente" incrusté).
Baxter, Vera Baxter, Marguerite Duras, 1977.

Fam

Buster a dit…

Merci Fam.

(qui a dit que c'était pas la vraie?)

David Thiery a dit…

J'évoquais la première Fam qui m'avait éclairé sur Louise Brooks et qui ne serait pas celle qu'elle prétend (enfin c'est compliqué à comprendre vu le goût pour les pseudonymes de certains) mais dans l'absolu le vrai est un moment du faux parait-il.

Simone non a dit…

Le Amalric est une belle merde. Qui l'a vu ?

Anonyme a dit…

David T,

Pour te répondre, ainsi qu'au faux Laurent Talon (que j'ai démasqué mais ne trahirai pas), le chalet qui s'enflamme provient du film Malher, de Ken Russell, 74.

Le vieillard en effet, Stalker de Tarkovsky, 79.

Fam (la vraie ou la fausse, peu me chaut)

Buster a dit…

Et le concert hier soir, c'était bien? (pas pu y aller)

Pessoa a dit…

Un faux Laurent Talon, un vrai Zig, une vraie fausse Fam... on s'y perd un peu avec ces faux et ces pseudos ! :)

J-B M. a dit…

C'est de la lâcheté, c'est tout. Grrr.

Anonyme a dit…

Par ailleurs le vrai Laurent Talon est formidable dans Le Dieu Saturne de Jean-Charles Fitoussi...

Anonyme a dit…

Buster,

hier soir, le Point FMR a fait salle comble (le sanguin patron du label Born Bad - qui avait loué le lieu pour l'occasion - semblait rassuré).
Forever Pavot a fait mentir les mauvaises langues qui ne voient en eux qu'habiles pasticheurs, en colorant leur garage psychédélique d'envolées lyriques pop virtuoses à la High Llamas.
Julien Gasc a entonné le premier titre, de sa voix blanche nimbée d'écho, dans un silence de cathédrale, son piano réverbéré à peine soutenu par quelques pincées de basse dispensées sobrement par l'une des trois "Gascquettes" (un harem concertant). L'ombre de Robert Wyatt les couvait d'un sourire triste et bienveillant. Mes yeux se sont embués. La sérénade crépusculaire écorchée s'est achevée dans une symphonie de larsens ("La Boucle") sur laquelle planaient les anges électriques de Marie et les Garçons. L'élégance, la science, la violence.
Je confie à d'autres le soin d'évoquer le concert des Dorian. Ils ont quitté la scène sous les applaudissements, et se montraient disposés en coulisses à revenir pour un rappel, quand leur batteur leur a barré la route d'un geste impérieux : "Il faut les laisser avec le nectar au bord des lèvres" a-t-il tranché. Manifestement, ce garçon était ivre.

Zigfam

Paul Bismuth a dit…

Ces temps-ci, mieux vaut rester prudent quant à sa propre identité.

Buster a dit…

Merci Zigfam, très beau compte-rendu, je vous engagerais bien comme chroniqueur...

Rador a dit…

J'en aurais bien repris une tranche...

Buster a dit…

Et moi le fruit en entier, vu que j'y étais pas.

(il y a une autre date de prévue?)

Anonyme a dit…

Festival Rock en Seine, le samedi 23 août.
D'ici-là, je l'ignore.

Zig

Buster a dit…

Ah super! (je note)