lundi 28 avril 2014

Panhard













Où sont les rêves de jeunesse?

J'ai longtemps rêvé de la Panhard de mon grand-père... une Panhard Dyna Z, acquise dans les années 50, vers 1957-58, ce qui fait que la carrosserie devait être en acier et non en Duralinox comme pour les premiers modèles. L'auto n'était pas bleue, comme ici, mais orange. Je me souviens d'une photo avec mon grand-père au volant. Il était très beau. Médecin, mélomane, amateur d'opéra et de théâtre (on lui prête quelques aventures avec des actrices de renom), c'était aussi un excellent cycliste. Arrivé le printemps, il partait (le vélo dans le coffre de sa Panhard) dans les Alpes ou les Pyrénées pour y gravir les plus grands cols, ceux, mythiques, du Tour de France.

Je n'ai pas vraiment connu mon grand-père (j'étais trop jeune quand il est mort) mais l'image de la Panhard m'est restée gravée. Au lycée, moi et trois copains avions fondé un petit groupe de rock. On ne savait pas quel nom lui donner, ça changeait tout le temps, jusqu'au jour où j'ai proposé "Panhard". Il y eut un long silence puis V a dit: "OK, ça sonne bien". Sauf que certains, autour de nous, s'amusaient à prononcer "Panard", par dérision mais aussi parce que c'était la mode du ska, ce qui nous énervait prodigieusement. Du coup Panhard est devenu Pan-hard, avec un trait d'union (histoire également d'associer folk et rock) et, pour enfoncer le clou, la promesse d'écrire une chanson qui s'intitulerait "Dina Z", chanson qui bien sûr n'a jamais vu le jour. Après, le groupe a changé, V est parti, K est arrivé, on s'est alors appelés DCA (période franchement hard où l'on faisait mumuse avec le feedback, ce qui nous a valu quelques démêlés avec le proviseur). Puis V est revenu, il a fallu que je trouve un nouveau nom, moins hard, plus pop. Ce fut The Beauchamp, en souvenir d'un séjour à Londres, nom qu'on pouvait cette fois prononcer comme on voulait, à la française ou à l'anglaise: "The Bitcham". Cela a duré encore quelques mois, jusqu'au passage en seconde et la fermeture définitive de l'internat.

Au fait, qu'est-ce que j'écoutais à cette époque? Les grands groupes du moment, c'est sûr, mais pas tant que ça (j'étais déjà attiré par les années 60-70). Citons quand même: Remain in light de Talking Heads, Crazy rhythms de The Feelies, Sandinista! de The Clash, Magic, murder and the weather de Magazine... Reste qu'aujourd'hui, quand je repense à ces années-là c'est, outre la Panhard de mon grand-père, autre chose qui me vient à l'esprit, quelque chose que je ne connaissais pas à l'époque, ne l'ayant découvert que beaucoup plus tard: les singles du label Postcard (et son fameux slogan The sound of young Scotland, inspiré de celui de la Motown), créé à Glasgow au début des années 80 par Alan Horne, label dont l'existence fut éphémère (concurrence des majors oblige) mais le rôle influent sur des groupes comme The Pastels, Belle & Sebastian, Franz Ferdinand... Douze singles parmi lesquels:

- Falling and laughing, Orange Juice, 1980
- Radio drill time, Josef K, 1980
- I need two heads, The Go-Betweens, 1980
- Simply thrilled honey, Orange Juice, 1980
- Just like gold / We could send letters, Aztec Camera, 1981
- Lost outside the tunnel, Aztec Camera, 1981

... et aussi un album: The only fun in town de Josef K (1981).

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Joli texte, c'est très touchant ces petits souvenirs de jeunesse. Un seul reproche : vous n'aimez pas le ska ? The Specials, Madness, The Beat, c'était génial pourtant !

Buster a dit…

Oui il y avait également The Selecter. Mais à l'époque c'est vrai je n’aimais pas trop, à part peut-être The Specials…

Bon, faut dire aussi que je m'appelais pas encore Buster ;-)

Anonyme a dit…

c'est marrant, je vous imaginais beaucoup plus jeune que ça

Buster a dit…

Pour ceux (les petits jeunes) qui n’auraient pas compris l’allusion, je précise que le ska anglais des années 80 s’est beaucoup inspiré de Prince Buster, pionnier du ska en Jamaïque (dans les années 60):

Madness
One step beyond
Al Capone

C'est ce ska-là que je préfère.

Buster a dit…

Hé hé, bah oui, je suis plus vieux que Xavier Dolan :-)

Manoel de Oliveira a dit…

C'est marrant, moi je vous imaginais beaucoup plus vieux.

Buster a dit…

Oui mais j'ai passé dix ans dans le coma, ça compte pas :-)