dimanche 23 mars 2014

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Je ne sais absolument pas de quoi parle Aimer, boire et chanter, l'ultime film d'Alain Resnais, mais au vu du titre il me plaît d'imaginer que ce film soit au cabaret ce que le dernier Renoir (le Petit théâtre de Jean Renoir) et le dernier Tati (Parade) furent respectivement au théâtre et au cirque. Un art réduit à sa plus simple expression, où l'artiste, nu et comme livré à lui-même, nous montrerait ce qui reste de son art, mieux: ce qui se transmet à travers son art, de façon la plus intime, la plus élémentaire. Aimer, boire et chanter, soit a, b et c, comme l'abc d'un art, celui donc d'Alain Resnais...

Il y a toujours quelque chose d'admirable dans le "dernier film" d'un grand cinéaste. L'admiration dans son acception la plus ancienne: ad-miratio, "qui peut se regarder sans fin", car débarrassé des pièges de la séduction facile, et jamais là où on l'attend, car situé au-delà de notre horizon d'attente. Si je devais ainsi élire 15 "derniers films", ce serait (par ordre alphabétique):

Les Amours d'Astrée et de Céladon d'Eric Rohmer
L'Argent de Robert Bresson
La Charge de la 8ème brigade (A distant trumpet) de Raoul Walsh
Deux filles au tapis (All the marbles...) de Robert Aldrich
Frontière chinoise (7 women) de John Ford
Gertrud de Carl T. Dreyer
Le Goût du saké de Yasujiro Ozu
The Human factor d'Otto Preminger
L'Innocent de Luchino Visconti
Most dangerous man alive d'Allan Dwan
Nina de Vincente Minnelli
- La Rue de la honte de Kenji Mizoguchi
Sept contre la mort (The Cavern) d'Edgar G. Ulmer
- Les trois font la paire de Sacha Guitry
Va et vient de João César Monteiro

L'Atalante n'est pas un véritable "dernier film", c'est évident, Vigo est mort trop jeune... Et Tabou de Murnau? Peut-on le considérer comme un "dernier film", bien qu'il en présente toutes les caractéristiques, sachant que Murnau est mort lui aussi prématurément et que ce film témoigne plus qu'ailleurs d'un cinéaste au sommet de son art?

Pour certains cinéastes, il n'est pas toujours facile d'établir quel est le dernier film, en particulier quand l'œuvre se clôt sur un ou plusieurs courts métrages. Exemple: les trois petits films allemands réalisés par Douglas Sirk près de 20 ans après Mirage de la vie, son dernier film hollywoodien, ou encore ceux tournés par Welles pour la télévision dans le cadre de son Orson Welles' magic show (l'équivalent du Parade de Tati), série démarrée avant Filming Othello, son dernier film, mais poursuivie jusqu'à sa mort. On pense aussi à Eustache.

Et Antonioni, quel est son dernier film? L'épisode d'Eros, qui prolonge Par-delà les nuages (les histoires sont tirées de son recueil de textes Ce bowling sur le Tibre), ou son documentaire le Regard de Michelangelo? Quant à Bergman (mort le même jour), qui disait que "chaque film est un dernier film", on cite volontiers Sarabande comme étant le dernier de ses derniers films, mais il a réalisé ensuite un autre film pour la télévision, une nouvelle adaptation de La Sonate des spectres de Strindberg, qui finalement correspond mieux encore à un dernier film.

Bon, et pour vous, quels sont les plus beaux "derniers films" du monde? Voir ci-dessous une liste d'autres titres (liste non exhaustive évidemment, établie par P. que je remercie au passage, et que je complète en fonction des commentaires):

The struggle (Griffith), Sous la robe rouge (Sjöström), Ivan le terrible (Eisenstein), la Folle ingénue (Lubitsch), Louisiana story (Flaherty), Fièvre sur Anatahan (Sternberg), Lola Montès (Ophuls), le Testament d'Orphée (Cocteau), le Trou (Becker), le Diabolique docteur Mabuse (Lang), Amore mio (Matarazzo), Lilith (Rossen), Cyrano et d'Artagnan (Gance), la Comtesse de Hong Kong (Chaplin), Nuages épars (Naruse), Enfants de salauds (De Toth), Rio Lobo (Hawks), Un flic (Melville), le Limier (Mankiewicz), Frankenstein et le monstre de l'enfer (Fisher), We can't go home again (N. Ray), Nuits rouges (Franju), Salò ou les 120 journées de Sodome (Pasolini), Complot de famille (Hitchcock), le Dernier nabab (Kazan), Gloria (Autant-Lara), Cet obscur objet du désir (Buñuel), la Vénus d'Ille (Bava), Raison, discussions et un conte (Ghatak), l'Age de la terre (Rocha), Riches et célèbres (Cukor), Querelle (Fassbinder), Vivement dimanche! (Truffaut), Osterman week-end (Peckinpah), Il était une fois en Amérique (Leone), les Enfants (Duras), The star (Oswald), le Sacrifice (Tarkovski), la Ménagerie de verre (Newman), Gens de Dublin (Huston), Trois places pour le 26 (Demy), Achik Kerib (Paradjanov), La voce della luna (Fellini), la Campagne de Cicéron (Davila), Tinikling, ou La madone et le dragon (Fuller), Transit (Allio), Agantuk (S. Ray), Madadayo (Kurosawa), Trois couleurs: Rouge (Kieslowski), Vanya, 42e rue (Malle), Nelly et Monsieur Arnaud (Sautet), le Garçu (Pialat), Nitrate d'argent (Ferreri), les Passagers (Guiguet), Eyes wide shut (Kubrick), Tabou (Oshima), Ainsi soit-il (Blain), Yi yi (Yang), De l'eau tiède sous un pont rouge (Imamura), Saltimbank (Biette), The last show (Altman), Chats perchés (Marker), Bellamy (Chabrol), la Nuit d'en face (Ruiz)...

[ajout du 04-04-14: et donc Aimer, boire et chanter de Resnais]

55 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas facile comme choix. Les Municipales c'est moins dur ! ;)

Buster a dit…

:-)

Lucie a dit…

Quels sont les plus beaux "derniers films" du monde ?

Superbe question. Je répondrai après avoir vu le Resnais. ;-)

§ a dit…

Chouette, encore une liste !

- L'Âge de la terre (Glauber Rocha)
- L'Argent (Bresson)
- Cet obscur objet du désir (Buñuel)
- Le Diabolique Docteur Mabuse (Lang)
- Frontière chinoise (Ford)
- Gens de Dublin (Huston)
- Gertrud (Dreyer)
- The Human Factor (Preminger)
- Il était une fois en Amérique (Leone)
- Jet Pilot (Von Sternberg)
- Lilith (Rossen)
- Madadayo (Kurosawa)
- La Rue de la honte (Mizoguchi)
- The Struggle (Griffith)
- Va et vient (Monteiro)

+ We can’t go home again, parce que je ne considère pas Nick's Movie comme un film de Nicholas Ray.

Sinon, faut-il considérer que le dernier Lubitsch est Cluny Brown ou That Lady in Ermine, achevé par Preminger ? Parce que Cluny Brown c'est sublime !

Autres propositions de beaux derniers films que vous n'avez pas mis dans votre liste :
- Un Flic de Melville
- Frankenstein and the Monster from Hell de Terence Fisher
- Miracles for Sale de Tod Browning
- Offre d'emploi de Jean Eustache

Buster a dit…

Merci §. Belle liste forcément. Je m’aperçois que j’ai zappé Leone dans ma seconde liste. Je le rajoute, et Melville par la même occasion. Sinon jamais vu l’Age de la terre de Rocha et toujours pas Lilith de Rossen! Pour Nick's movie vous avez raison, c'est davantage un film de Wenders que de Nicholas Ray. Quant au dernier Lubitsch, on peut considérer en effet qu’il s’agit de Cluny Brown puisque Lubitsch est mort au début du tournage de The lady in ermine, film qui se rélève au final assez premingérien.
En fait, je ne suis pas remonté aussi loin dans ma liste pour ne pas l'alourdir, mais on peut évoquer tous les "derniers films" bien sûr (même le Roi de Paris, le dernier film d’Evgueni Bauer, quoique lui aussi est mort avant la fin du tournage, ce qui fait que son dernier film est peut-être A la recherche du bonheur, un film magnifique)

Lucie > Pas de problème, je ne suis pas pressé ;-)

Buster a dit…

Les deux derniers films d'Eustache:

Offre d'emploi

Les Photos d'Alix

Tom a dit…

Pour moi un beau dernier film c'est tout simplement un dernier film qui compte parmi les plus beaux de son auteur.
Donc mes dix préférés :
1) Tabou (Murnau)
2) La rue de la honte (Mizoguchi)
3) Gertrud (Dreyer)
4) Gens de Dublin (Huston)
5) L'argent (Bresson)
6) Le sacrifice (Tarkovski)
7) Le goût du saké (Ozu)
8) Il était une fois en Amérique (Leone)
9) Eyes wide shut (Kubrick)
10) Le testament d'Orphée (Cocteau)

Anonyme a dit…

Gens de Dublin, c'est le plus beau des derniers films

Vous n'aimez pas Buster?

Geeke a dit…

C'est horrible, par votre faute j'ai rêvé que Gus Van Sant était mort et que Promised Land était son beau dernier film...

Buster a dit…

Ha ha, désolé… vous n’avez pas rêvé de Jarmusch? ;-)

Merci Tom pour votre Top BDF.

Anonyme, bien sûr que j’aime Gens de Dublin (que je préfère d'ailleurs à Jean Dujardin, hum… ça c’est pour valzeur), c’est le "dernier film" parfait.

Dr Orlof a dit…

Je ne sais pas si c'est le meilleur de ses films mais "Cet obscur objet du désir" est sublime dans sa manière de boucler la boucle d'une oeuvre qui débute par un oeil tranché et qui se termine par une scène de couture (la femme qui reprise un manteau).
Il ne reste plus alors qu'à attendre l'explosion :)

Judith a dit…

Bonjour Buster,

J'adore votre texte. On parle beaucoup du personnage de Gustave mais c'est le couple formé par Zero et Agatha qui m'a le plus touché. Un truc m'a intriguée tout au long du film : la tache de vin sur le visage de la jeune fille qui reproduit la carte du Mexique. Il doit bien y avoir une signification. Qu'en pensez-vous ?

Et bravo pour votre blog.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Sans ordre :
- deux Tabou (Murnau, Oshima)
- La Rue de la Honte (Mizoguchi)
- Le Trou (Becker)
- Gens de Dublin (Huston, son seul film qui me touche vraiment)
- Le Diabolique Dr Mabuse (Lang - je préfère la traduction mot à mot de son titre original : les 1000 yeux du Dr Mabuse, mais bon...)
- F for Fake (Wells, Filming Othello, c'est un téléfilm, non ?)
- Mirage de la Vie (Sirk)
- Osterman Weekend (Peckinpah)
- Trois Places pour le 26 (Demy)

Et je m'arrêterai à 10 si vous permettez !


Buster a dit…

Bonsoir Dr, la fin de Cet obscur objet du désir on peut la voir

Il y a donc cette jeune fille (que regardent Fernando Rey et Carole Bouquet derrière la vitrine) qui reprise un linge blanc dont une partie est tachée de sang, image d'une virginité en voie de restauration (écho aussi à El et au mari paranoïaque qui voulait coudre le sexe de sa femme), sauf que l'explosion qui suit semble dire autre chose. Tesson dans son bouquin sur Bunuel a une explication, mais je m'en souviens plus très bien... ça touche à l'art je crois.

Judith > je crains que vous vous soyez trompée de fil, ici on parle des "derniers films" pas du Grand Budapest Hotel... mais c'est pas grave. Pour la carte du Mexique je n'ai pas vraiment d'explication, c'est peut-être purement esthétique, la forme est élégante... A moins de considérer ça comme un clin d'oeil d'Anderson à son jeune acteur Tony Revolori dont c'est le premier film (zéro expérience!). Le Mexique se trouve entre le Texas dont est originaire Anderson et le Guatemala dont est originaire Revolori. Reproduit sur le visage de la bienaimée, il serait alors comme une "marque" d'affection entre le réalisateur et son comédien.

Merci valzeur. Je rajoute Osterman weekend dans la seconde liste. Pour Welles, franchement, je ne sais pas quel est son dernier film (sur IMDb, on trouve même un Filming The Trial qui date de 1981).

Pour le moment les films les plus cités sont La Rue de la honte, Gens de Dublin et Tabou (Murnau)

§ a dit…

On a souvent vu la femme qui reprise un linge à la fin de Cet obscur objet du désir comme une façon de boucler la boucle avec l'oeil tranché d'Un chien andalou. Et puis c'est filmé Passage Jouffroy où Bunuel disait avoir été conçu (hôtel Ronceray, lors d'un voyage de ses parents à Paris) : double retour aux origines avant de tout faire sauter.

Bien qu'il s'agisse de l'un des plus grands films qui soit, je n'ai pas mis Tabou de Murnau car j'ai du mal à le considérer comme un dernier film. Il l'est seulement par accident.

Buster, il faut absolument que vous voyiez Lilith, c'est un immense film.

Connaissez-vous The Struggle, le dernier Griffith ? L'histoire d'un homme qui lutte contre son alcoolisme. C'est bouleversant. Et je trouve beau que Griffith termine sur un film si simple et intime.

Frédéric a dit…

Tout d'abord :

-Tabou ( Murnau )
-La Rue de la honte ( Mizoguchi )
-Le Goût du saké ( Ozu )
-Gertrud ( Dreyer )
-Frontière chinoise ( Ford )
-La Comtesse de Hong Kong ( Chaplin )
-Salò ( Pasolini )
-Il était une fois en Amérique ( Leone )

Puis :

-Les Trois font la paire ( Guitry )
-Le Diabolique Docteur Mabuse ( Lang )
-Lilith ( Rossen )
-Cet obscur objet du désir ( Bunuel )
-L'Argent ( Bresson )
-Gens de Dublin ( Huston )
-Eyes Wide Shut ( Kubrick )
-Va et vient ( Monteiro )

Beaucoup d'affection aussi pour :

-Un flic ( Melville )
-Saltimbank ( Biette )
-L'Âge de la terre ( Rocha )
-A Distant Trumpet ( Walsh )
-Le Garçu ( Pialat )
-Le Roi d'Yvetot ( le petit théâtre de Renoir )

Merci pour votre blog Buster.

Buster a dit…

Oui la fin du Bunuel est très belle dans sa manière de retourner aux sources (je crois d'ailleurs qu'on y entend du Wagner comme dans Un chien andalou) avant l'explosion.
Tabou de Murnau, je ne le considère pas non plus comme un "dernier film" (c'est ce que j'écrivais dans ma note), mais bon...
The Struggle, je ne connais pas. Je vais essayer de me procurer le DVD (et celui de Lilith en même temps)

Merci Frédéric pour votre liste. Je rajoute Saltimbank à la mienne.

La Rue de la honte de Mizoguchi semble prendre les devants.

Judith a dit…

Oups, excusez-moi, j'ai confondu les billets en effet. Merci d'avoir répondu. J'aime bien votre interprétation de la carte du Mexique.

Je n'ai pas assez vu de derniers films pour faire une liste, mais j'aime beaucoup "Eyes Wide Shut" de Kubrick.

Bonne journée.

Griffe a dit…

Si Mizoguchi a des chances de l'emporter, alors je participe au vote !

1) La Rue de la honte (Mizoguchi)
2) Gertrud (Dreyer)
3) Frontière chinoise (Ford)
4) Hello Sister (Stroheim)
5) Cet obscur objet du désir (Buñuel)
6) L'Argent (Bresson)
7) Mirage de la vie (Sirk)
8) Bellamy (Chabrol)
9) Querelle (Fassbinder)
10) A Distant Trumpet (Walsh)

Pas vu The Struggle, et trop oublié Tabou (d'Oshima) pour être sûr de l'aimer aujourd'hui autant qu'hier.

derniers - soupirs :-D a dit…

Bonjour à tous,

Voici mon Top 15 des « films ultimes »

01. Cet obscur objet du désir (Buñuel)
02. Le Diabolique docteur Mabuse (Lang)
03. Les Amours d’Astrée et de Céladon (Rohmer)
04. La Rue de la honte (Mizoguchi)
05. Frontière chinoise (Ford)
06. Un Flic (Melville)
07. Il était une fois en Amérique (Leone)
08. Complot de famille (Hitchcock)
09. The Human factor (Preminger)
10. Saga of Anatahan (Sternberg)
11. Gertrud (Dreyer)
12. L’Argent (Bresson)
13. L’Innocent (Visconti)
14. Deux filles au tapis (Aldrich)
15. De l’eau tiède sous un pont rouge (Imamura)

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Tenez, puisque c’est le sujet du billet – les derniers films –, j’en profite pour me prononcer sur la dernière livraison de Môssieur Bertolucci, ahum !-]

Avant de commencer, il faut reconnaître qu’il y a dans "Io e te" certaines qualités (disons « objectives »), dont quelques-unes assez remarquables même, quoiqu’un peu surannées !?

Il semblerait que certains aient été sincèrement touchés par ce film ; mais, pour ma part, je trouve ça plus triste qu’autre chose, car quand on regarde de près, on se rend que tout est chiqué, forcé... et à la limite du détestable, grr !

Pour le dire vite, c'est un cinéma loin d'être imbécile, bien au contraire (avec même un certain raffinement), mais totalement exaspérant ! qui oblige, toutefois, à se poser des questions, de tous ordres (politiques, esthétiques) : en gros, c’est un cinéma bourré de bonnes intentions, mais qui s’arrête volontairement en cours de route, et faussement engagé, que je qualifierais de « duplice ». Suffisamment « malin » pour être du bon côté, et suffisamment « inconvenable » pour ne trop pas se mouiller ! Personnellement, je trouve aussi que l’état d’esprit de celui qui fait ce film est méprisable – et qu’il en faudrait peu pour le qualifier franchement de « dégueulasse ».

On touche sans y toucher (les questions politiques), on traite « convenablement le malséant », et hop, le tour est joué ! bref, « tout le monde n’y voit que du feu ; et, moi, Bernardo, j’ai tout compris, et suis plus intelligent que tout le monde !-D

A la limite, le seul (vrai) mérite que je lui trouve, à cette dernière réalisation, c’est de « diviser » – de « faire débat », comme on dit. Mais, au fond, si on creuse bien, ce n’est pas tellement intéressant d’en débattre, de polémiquer (pour ou contre, ceci ou cela) à partir du cinéma de B.B... en tout cas, plus maintenant !-D

(euh, on me souffle que le cinéma de B.B a toujours été comme ça ;-D

Buster a dit…

Merci Griffe.
Sinon la carrière de cinéaste de Stroheim s'est arrêtée trop tôt pour considérer Hello Sister, que je ne connais pas, comme un véritable "dernier film" (sans compter que de nombreuses scènes ont paraît-il été tournées par d'autres réalisateurs).

Merci "Derniers soupirs"!
Mais le dernier Sternberg c'est Jet pilot, pas Saga of Anatahan ;-)

Jeff McCloud a dit…

Désolé Buster, mais "Jet Pilot" fut tourné en 1950, avant "Saga of Anatahan". Il n'est toutefois sorti qu'en 1957.
Bien à vous,

Anonyme a dit…

Moi je vote pour Frontière chinoise de Ford. La fin est absolument sublime.

Last but not least a dit…

Derniers films : il y a aussi Les Enfants (Duras), Querelle (Fassbinder), Ivan le Terrible (Eisenstein), Satan never Sleeps (McCarey), A Distant trumpet (Walsh), Saltimbank (Biette), Transit (Allio), Kazahana (Shinji Somaï), Les Démons de la nuit (Mario Bava), voire, diraient certains, Le Dernier nabab (Kazan) ou La voce della luna (Fellini).

Manuel a dit…

Les passagers (Guiguet)

Buster a dit…

Bonsoir Jeff Pilot, vous avez raison, j’adresse mes plus plates excuses à M. Didon. C’est § qui m’a trompé (il est plus fiable sur Bunuel ;-). En plus, ça m’arrange parce que Saga of Anatahan ressemble plus à un dernier film que le hughesien Jet pilot.

Merci Last but… je complète (mais certains films que vous proposez sont déjà dans la liste). Idem Manuel.

Anonyme de 16h28 > Oui la fin de Frontière chinoise, Ann Bancroft et son fameux "so long, you bastard" (et non "so long, you Buster" ;-) le travelling arrière, le fondu au noir, la dépouille éclairée du chef mongol, tout ça est absolument sublime.

Sublime, admirable, magnifique, bouleversant... les superlatifs ne sont jamais de trop pour parler des derniers films des grands cinéastes. Alors profitez-en!

valzeur a dit…

Hello Buster,

J'ai honte d'avoir oublié "Nuits Rouges" de Franju que j'adore malgré tous ses défauts.

Un de plus à rajouter à votre liste !

(J'écoute en boucle "Hot Dreams" de Timber Timbre, je ne sais plus comment décrocher, faîtes quelque chose !!!)

clark a dit…

Bonsoir Buster.

Dès qu'il s'agit de faire une liste, je rapplique !

voici la mienne :

1. Mirage de la vie (Sirk)
2. Cet Obscur objet du désir (Buñuel)
3. Le Trou (Becker)
4. Le Goût du saké (Ozu)
5. La Rue de la honte (Mizoguchi)
6. Un Flic (Melville)
7. Frontière chinoise (Ford)
8. L'Argent (Bresson)
9. Sept contre la mort (Ulmer)
10. Smorgasbord (Lewis)

Jerry Lewis est bien vivant mais on peut considérer Smorgasbord comme son ultime film !

J'ai hésité à ajouter Arruza de Budd Boetticher, qu'il faudrait que je revois. Dans mon souvenir c'est quand même un choc...

Frédéric a dit…

Les derniers plans de Gertrud, La Rue de la honte et de L'Argent sont également fulgurants de beauté.
Mais la fin de Frontière chinoise reste ma préférée et, à ce titre, je ne peux m'empêcher de citer Jean Narboni sur le dernier film de Ford :
< Dans les dernières séquences enfin culmine la splendeur des grandes cérémonies funèbres
de l'écran où de " L'impératrice Yang-Kwei-Fei " à " Europe 51 ", des " Dames du bois de Boulogne " à " Naked Kiss ", sacrifice, honte, cruauté et démence ( mais elle, de la mise en scène ) échangent leurs doucereux éclats >

Buster a dit…

Bonsoir valzeur > c’est noté pour Nuits rouges.

(Hot dreams de Timber Timbre, je commence seulement à l’écouter, ça accroche bien)

Bonsoir clark > ravi de trouver le dernier Ulmer dans votre liste... Smorgasbord, oui bien sûr, ce film sera vraisemblablement le dernier de Jerry Lewis, mais bon c’est un peu délicat, je préfère m’en tenir aux cinéastes disparus (sinon je l’aurais inclus sans problème dans mon top 15). Jamais vu Arruza de Boetticher.

Merci Frédéric pour la citation de Narboni.

Anonyme a dit…

Sous la robe rouge, le dernier Sjostrom, pas mal du tout

Buster a dit…

Je prends.

Lucie a dit…

C'est la fête aujourd'hui sur Balloonatic : on va aimer, on va boire, on va chanter !

Buster a dit…

Euh... on va déjà commencer par boire, pour le reste on verra après ;-)

Vincent a dit…

Il y a du beau monde ci-dessus :) celui pour lequel j'ai une affection toute particulière, c'est Maddadayo de Kurosawa.
Ma modeste contribution:
Enfants de salauds (Play dirty) d'André de Toth
Terreur au Texas (Terror in a Texas Town) de Joseph H. Lewis avant qu'il ne parte faire de la télévision.
Alfredo, Alfredo de Pietro Germi
Les fêtes galantes de René Clair
Ultra Vixens de Russ Meyer

Buster a dit…

Merci Vincent. Magnifique le dernier Kurosawa.
Maadakai? Madadayo!... La scène finale

Christophe a dit…

sauf erreur de ma part, ni vous ni vos amis n'avez cité Gloria, le plus beau film de son auteur avec Douce.

Du coup, Jean-Claude Biette m'a envoyé un message de l'au-delà et il me dit qu'il est déçu par son plus fidèle admirateur.

Buster a dit…

Hé hé... c'est moi le plus fidèle admirateur de Biette? Si je l'étais j'aurais vu le dernier film d'Autant-Lara que Biette en effet aimait beaucoup, mais bon, je l'ai pas vu... Ceci dit je l'ajoute bien volontiers à la liste.

Sinon en parlant de Gloria, je pense aussi à Cassavetes dont on peut regretter que le dernier film ne soit pas Love streams... Cela dit je ne connais pas non plus Big trouble :-)

Christophe a dit…

je me permets, pour sortir un peu ce chef d'oeuvre de l'oubli (la critique de JCB a t-elle jamais été rééditée?):
http://films.nonutc.fr/2013/11/10/gloria-claude-autant-lara-1977/

Buster a dit…

Eh bien merci.

Dans la critique de Biette, on peut lire à la fin des notes: ... Pour en revenir à Gloria, le thème "comment, à partir d'une photo d'enfance, se construit un amour" est développé totalement et sans le moindre tour de passe-passe ou de bluff vis-à-vis du spectateur. Et ça, personne ne le dit, on se moque de la désuétude du thème ou du genre abordé, on en rit au "Masque et la plume", mais on se garde bien de regarder le film dans son rapport dialectique et vivant entre un point de départ et son développement et sa transformation. Ce qui devrait être le premier effort d'un critique consciencieux.

Christophe a dit…

sinon, il y a aussi La ménagerie de verre, film pour le coup aussi beau que Gens de Dublin.

Buster a dit…

Ah celui-là je l’ai vu. Très beau, très émouvant. De loin la meilleure adaptation de Tennessee Williams au cinéma.

Buster a dit…

J'ajoute aussi The last show d’Altman, beau film de troupe, ici celle d’une émission de radio, dans l’esprit de ce que j’écrivais au début de ma note…

Tom a dit…

Dans le cas des cinéastes dont l'œuvre se termine sur l'adaptation d'une pièce de théâtre il y a aussi Vanya, 42e rue, de Louis Malle.

Buster a dit…

Ah oui c’est vrai... Ce besoin de revenir à des dispositifs ultra simplifiés, loin de la grosse machinerie du cinéma, sous forme de huis clos où domine la parole, caractérise bon nombre de "derniers films", c’est ce qui les rend si touchants.

Louis S. a dit…

Sauve qui peut (la vie), le dernier Godard avant sa mort prématurée.

Christophe a dit…

un peu comme Les dix commandements quoi

Emmanuel Levaufre a dit…

Voici un court-métrage tourné en vidéo pour la télévision, "sous forme de(semi) huis clos où domine la parole". C'est The Star (L'Etoile du berger), le dernier film de Gerd Oswald :http://www.youtube.com/watch?v=QcEQlih7wrM

Buster a dit…

C'est sûr que Sauve qui peut (la vie) aurait fait un beau "dernier film"... mais c'est aussi une sorte de nouveau premier film.

Christophe > DeMille c’est le contre-exemple parfait.

Merci Emmanuel, je ne connaissais pas ce court métrage de Gerd Oswald, en fait je ne connais rien d’Oswald dont j’ai dû voir quelques épisodes de séries télé sans savoir que c’était lui le réalisateur.

§ a dit…

Quelqu'un a-t-il vu Le Stigmate (1924), dernier feuilleton et dernier film de Feuillade (coréalisé avec M.Champreux) ? Comme Resnais, il est mort juste quelques jours avant la sortie de son dernier film. C'est leur côté artisan.

Buster a dit…

Ils ne doivent pas être nombreux ceux qui l'ont vu. Gilbert Lascaux peut-être?

Au fait, et le Resnais, qui l'a vu?

Anonyme a dit…

Nota à propos de Gloria : la charmante Valérie Jeannet (dont c'était le premier rôle au cinéma) est devenue ensuite une interprète régulière des films de Biette

Buster a dit…

C'est vrai... du coup elle aura joué dans le dernier Autant-Lara et dans le dernier Biette.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Vu le Resnais : très beau dernier film passé les 30 premières minutes où il faut s'habituer à la laideur assez générale (notamment des dessins de Blutch). D'une certaine façon, la laideur et la vieillesse font saillie dans le film (les dialogues parfois limite de Besset), mais ce sont ces saillies qui le rendent vivant et grinçant comme une horloge qui va s'arrêter - mais continue encore un peu. C'est un film sur le temps sans mort qui parle ("Guêpier pour trois abeilles" est une énorme référence d'ABC). Pas le temps d'en écrire plus, mais je suis très heureux que Resnais finisse sa filmographie avec "Aimer, boire et chanter" plutôt qu'avec l'affreux "Vous n'avez encore rien vu".

Buster a dit…

Hé hé… j’en sors aussi. Après m’être tapé le Tsai Ming-liang qui m’a mis très en colère, j’ai enchaîné avec le Resnais et je partage votre enthousiasme. Un film moins sur la mort que sur la vieillesse, dominé par l’interprétation de Michel Vuillermoz (génial), j’en reparlerai, mais il faut que ça se décante un peu.

(en attendant je vais m’occuper du Tsai Ming-liang)