samedi 30 novembre 2013

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Adieu au TNS de Jean-Luc Godard (1998). Musique: "Andina: toccata - huaino - the end", Dino Saluzzi, 1989. [via zohiloff]

Bonsoir Madame, et vous Monsieur / La suite n’est qu’un tendre adieu / Du réfugié sans domicile / Qui sur la scène pensa trouver / Dans la parole un doux asile / Ô vous, jeunes maîtres et maîtresses / Acceptez donc sans vous fâcher / La complainte d’un voyageur / Qui poursuivit une princesse / Dans un théâtre, ciel quel malheur / Le con pensait dans sa frayeur / Que s’il restait des libertés / Dans notre Europe mal aimée / C’était par paroles données / Qui sortent du corps de l’acteur / Combien de lettres, combien d’images / Combien de livres, tous bien écrits / Furent envoyés malgré l’orage / Mais ne reçurent en récompense / Qu’absence, silence, indifférence /
Vous qui chaque soir sous l’oreiller / Claudel, Artaud, Molière, trouvez / Antigone et Lorenzaccio / Des fois pensez à l’autre idiot / Ramant pour aligner trois mots / Je ne sais pourquoi doux camarades / Faut-il tellement que je supplie / Et vous, jeunes et belles amies / Pourquoi faut-il que je mendie / Que le navire reste pas en rade / Est-il possible ailleurs qu’ici / Se forme un joli bataillon / Qui s’en irait de par les monts / Chercher la parole d'autrui / Sans l’obliger de dire son nom / Roméo qui lançait des chaises / Et Juliette qui frotte son cul / Pauvre William, tu est battu / Notre monde si mal à l’aise / Le sida toujours invaincu /
La parole sort de la bouche / Peut-on l’embrasser, ma très chère / Avant que tu prennes la mouche / Et déclame comme le putois / Que la vie privée a force de loi / Vous qui sacrifiez votre corps / Et volez l’âme du personnage / Envolez-vous une fois encore / Sans tenir compte des réglages / Marchant au pas de l’exception / Etait-ce un peu trop déraison / De croire que dans ce lieu magique / Se puisse un jour, de l’âme humaine / Percer le secret scientifique / Parce que vos mains sont dans la mienne / Adieu TNS et Strasbourg / L’exilé marque donc le pas / Mais si le public est dans l’erreur / Quand on salue, ne dit-on pas / A vous très chers, bien le bonjour / Adieu mes amis.

1 commentaire:

Griffe a dit…

Merci Buster. Et merci à JLG de ne jamais prendre de gants.