mercredi 13 novembre 2013

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That's all folks.

Vu Inside Llewyn Davis des frères Coen, l'autre grand film de Cannes, juste derrière le Kechiche (hum). Alors? Pas terrible. Llewyn Davis est chanteur de folk mais il aurait été représentant de commerce que ça n’aurait pas changé grand-chose. Ce qui intéresse les Coen ce n’est pas le folk, sur lequel ils n’ont rien à dire, mais la lose, ce côté no-hoper du personnage, qui d’une certaine façon représente leur fond de commerce. Et quel poissard ce Davis - attention, spoilage -, qui a perdu son partenaire - lequel s’est jeté du pont GW -, a foutu en cloque son ex-copine à cause d'une capote déchirée - laquelle (la copine, pas la capote) le considère maintenant comme le dernier des trous du cul - et trouve le moyen de récupérer un des rares chats roux de New York qui ait perdu ses balls (parce que l'original, qui ne lui appartenait pas, lui a filé entre les pattes), sans compter bien sûr que, malgré son talent, il ne vend aucun disque, se fait escroquer par son agent, n'en trouve aucun autre et quand, à la fin, fatigué de cette vie de merde, il envisage de tout laisser tomber, de retourner dans la marine marchande, comme papa, eh bien non, impossible, embarquement zéro, sa conne de sœur a jeté sa carte de marin aux ordures... Comment expliquer autrement qu’on s’intéresse finalement plus aux aventures du chat (Ulysse le rouquin) qu’au destin, écrit d’avance, de Llewyn Davis, un vrai chat noir celui-là.
Les Coen disent préférer la fiction au biopic, ce qui fait que le personnage de Davis, bien que largement inspiré du chanteur de blues-folk Dave Van Ronk (jusqu’à la pochette de son disque Inside/Dave Van Ronk, où l’on voit d’ailleurs un chat) s’en éloigne aussi considérablement (déjà physiquement, Van Ronk était une grande carcasse, style Jess Hahn - cf. No direction home de Scorsese -, pour le coup on aurait bien vu Jeff Bridges dans le rôle mais les Coen ont choisi un petit brun barbu à la "Cat" Stevens, hé hé... sinon au Village c’est bien Van Ronk qui la nuit offrait son canapé aux jeunes folkeux démunis, tel Dylan, et non l’inverse). OK. L'ennui est que la vraie vie de Van Ronk fut infiniment plus passionnante que ce qu'il en reste ici à travers le personnage de Davis. Surtout on ne ressent rien de ce que pouvait être l'effervescence musicale de cette époque, même du folk. Ça ne respire pas et le fait d'interpréter les chansons dans leur intégralité ne confère pas plus d'authenticité. Tout paraît artificiel, sans vie. Reconstitution historique aux petits oignons (New York, hiver 61, comme si vous y étiez, brrr! ça caille), esthétique classieuse (cf. l'audition à Chicago, ah! cette lumière du petit matin), tout ça est trop léché, trop propre sur soi, pour rendre compte d'une musique par définition pauvre et intimiste. Et je ne parle pas des personnages, vus comme toujours à travers une loupe grossissante (ce qui n'est pas très folk), les Coen caricaturant outrageusement non seulement ce qui est étranger à Davis (l'Upper West Side via les soirées chez les Gorfein) mais aussi son propre environnement (il faut voir la palette de glands et autres ravis de la crèche que composent les chanteurs de folk dans ce film, tous plus ringards les uns que les autres, comme si Davis était le seul génie (méconnu) de l'époque, au point que Dylan, entrevu à la fin, y apparaît comme une sorte de messie, surgissant de nulle part), quand il ne s'agit pas d'un regard proprement avilissant (cf. le personnage "cloaquesque", franchement répugnant, joué par Goodman). Certains parleront de cruauté. Oui mais... "intolérable" (ha ha ha), car reposant sur rien. Tout ça est assez vain.
Autant dire qu'avec les Coen, hormis quelques films ici et là, j'ai vraiment du mal. C'est brillant, très brillant, mais aussi très gras, trop gras, c'est pour moi du cinéma gomina. Maintenant si vous n'aimez pas le folk (c'est vrai ça, le folk c'est pas de la musique, c'est juste trois accords sur un ukulélé) mais que vous aimez la bonne lose, bien poisseuse, et les chats bien sûr - gominé et gros minet -, alors oui ce film est fait pour vous. That's all folks!

53 commentaires:

Titi a dit…

z'ai cru voir un ro bon film

DnD a dit…

Bonsoir Buster,
J'ai vu le film ce soir et là : vraiment le même que vous. L'enthousiasme qui accompagne sa sortie m'étonne beaucoup. Je n'ai pas à proprement parler envie de tirer dessus mais j'ai surtout l'impression que les Coen aboutissent ici à une sorte d'académisme maison, terriblement confortable. Rien qui respire un tant soit peu ici, à part, oui, le chat (à une exception près).
Etonnant aussi comme reviennent des expressions comme "magnifique portrait de looser" : c'est pas ça, la loose, on est très au-delà de la loose ici avec la galerie des horreurs que vous mentionnez. Une manière d'être triste et méchant pas très éloignée du dernier Woody Allen d'ailleurs.
Je vois un soin évident à l'oeuvre, mais sans réel objet d'amour.

Buster a dit…

Salut DnD, oui c'est désespérant, les Coen semblent se complaire dans la lose, et toujours ce même mépris pour leurs personnages. Dans le genre film de losers, je viens de voir Prince avalanche, le film n'est pas sans défaut mais au moins les personnages existent, on ressent une vraie tendresse à leur égard de la part de Gordon Green.

Christophe a dit…

OK merci Buster.

J'ai encore le souvenir de l'arnaque "No country for old men" et l'engouement général réitéré a failli me faire retomber dans le panneau.
A vous lire, les Coen n'ont pas changé.
Merci donc de remettre les pendules à l'heure et de m'épargner 10 euros. Je vais plutôt aller voir le film de Lanzman.


P.S: votre captcha ça devient n'importe quoi. C'est peut-être le dernier commentaire que je poste chez vous (si j'y arrive). Bon vent, donc.

Adèle Davis a dit…

Comme tout le monde a aimé La Vie d'Adèle et Inside Llewyn Davis, les deux plus beaux films de Cannes et même de l'année, vous vous positionnez contre évidemment. Quel snobisme!

valzeur a dit…

Hello Buster,

Bon, ça devient ennuyeux, tout pareil que vous !(même si le passage Hedlund-Goodman me semble assez réussi, et principalement le plan sur le chat blessé, le seul moment du film où quelque chose vibre un peu).

Ceci dit, rien ne peut être plus nul que les infâmes courts-métrages de Depardon que Griffe et moi venons de nous infuser. Ce type est une escroquerie GEANTE !

Buster a dit…

Adèle, ce que vous avez écrit n’est pas très malin, c’est comme si vous m’aviez dit "Comme tout le monde a aimé La Vie d'Adèle et Inside Llewyn Davis, les deux plus beaux films de Cannes et même de l'année, vous vous positionnez pour évidemment. Quel conformisme!"…
Je n’aime pas le film de Kechiche ni celui des Coen, c’est mon droit non? comme j’ai le droit de m’interroger sur l’accueil dithyrambique que ces deux films ont reçu à Cannes, surtout le premier, alors que, par exemple, la Vénus en fourrure de Polanski, dont je sors et qui était présent lui aussi en sélection officielle, leur est cent fois supérieur (j’y reviendrai).

Christophe, vous êtes le seul à vous plaindre de ma captcha, vous devez vous y prendre comme un manche, c’est pas possible autrement :-)

valzeur, cette convergence devient en effet pénible :-) mais comme je le dis plus haut j’ai beaucoup aimé le Polanski, ce qui va peut-être (enfin) nous opposer… avant de se réconcilier sur le Gonzalez!

DnD a dit…

Ah oui, "Prince Avalanche", vous avez raison, là, on est du côté de la loose et pas de l'acharnement scénaristique filmé savamment chic. M'intéresse bien davantage (même si je reste étranger à certains forts enthousiasmes qu'il suscite...).

Adèle Davis a dit…

Si vous avez aimé à ce point le Polanski, pourquoi ne pas écrire dessus au lieu de vous complaire dans l'éreintage systématique des films qui réconcilient public et critique.

studio - line !-D a dit…

Inside Llewyn Davis, pour ma part, je l’ai vu il y a un mois, en avant-première, à la CF – le 16 octobre.

Eh bien... il ne m’en reste pas grand-chose !?! A part l’agacement... mais, avec ces « auteurs », j’ai fini par m’y habituer – pff, ce qui me rend encore plus malade !!?-D

Le genre de cinéma, où on en revient seulement à parler du scénario (bien ou mal ficelé), des personnages (sympathiques ou antipathiques ? attachants ? crédibles ? ou pas), bien joué ou mal joué, etc. Avec des scènes chouettes, ou d’autres ratées (plus ou moins).

Bref, seule scène à peu près valable : l’audition de L. Davis, se retrouve dans le bar, en tête à tête avec le patron, jouant son dernier va-tout, dans le dernier quart d’heure du film.

« Cinéma gomina »... tiens, elle colle plutôt bien cette expression !-D à ce simili-cinéma !-D

Et la critique (installée) saute à pieds joints ?!! eh bien, voyez : le snobisme, c’est encore de ne pas aller voir La Vie d'Adèle, tiens !-D

Revenons aux Coen. Quand je pense qu’il y a eu la rétrospective aussi, le mois dernier ! Pff, pas eu le courage de tout revoir ! d’autant que je me suis efforcé de rattraper : O’brother (mouais...) et Intolérable cruauté (bof).

Le seul que je peux sauver – mais sans opiniâtreté non plus, c’est : Miller’s crossing. Bon, en étant généreux, il doit bien y en avoir encore un ou deux autres valables !-D allez, disons que A serious man, en fait partie...

Bon, heureusement, ma soirée du jeudi 16 octobre n’aura pas totalement été fichue, puisque j’ai eu la chance de tomber sur une charmante actrice, au sortir de la projection – euh, je l’avais quand même repérée en train de se faufiler, discrètement pourtant, dans la salle au tout début de la séance !?-D

Louise Bourgoin vous répondant « merci » avec un large sourire, c’est un rayon de soleil au milieu d’une morne soirée !-D

PS : Raymond Depardon, « escroc » ? c’est exagéré (euh, comme souvent, chez notre impétueux camarade !-) la trilogie paysane (Profils paysans 1 & 2 / La Vie moderne) et 10è chambre – instants d’audience, c’est quand pas mal, eh !-D

Paul en skaï a dit…

Buster, laisse tomber avec le Polanski, Neuhoff, le plus grand critique de cinéma actuel, a dit que c’était mal inspiré et qu’on s’y ennuyait ferme !

Buster a dit…

Ah Neuhoff, il faudrait que le Tout-Puissant le frappe et le livre aux mains d’une femme… :-D

La Vénus à la fourrure, j’ai dit que j’en parlerai, chaque chose en son temps. Sinon je ne suis pas dans l’éreintage systématique, j’écris aussi sur les films que j’aime, plus souvent d’ailleurs que sur les films que je n’aime pas, enfin proportionnellement, et puis… et puis rien (débat stérile qui ne mène nulle part)

Studio-line,
Des Coen j’aime bien Miller’s crossing, Fargo, The big Lebowski… mais je les ai vus il y a longtemps. Parmi les plus récents, A serious man, pour l’humour juif et donc l’autodérision, mais aussi, curieusement, Burn after reading, parce que la connerie des personnages était là, directe, sans ricanement par derrière…
En fait Inside Llewyn Davis c’est l’histoire d’un mec pas couillu qui a les boules et d’un chat couillu qui perd les siennes… traitée de manière folky cela aurait pu être sympa!
Il paraît que Llewyn Davis est un anagramme (le vrai prénom gallois c'est Llewelyn). Certains avancent Lewis V. Dylan, mais on pense aussi à Elvis W. Dylan (c'est Skorecki qui me l'a soufflé :-)

oups !-D a dit…

Euh, avant que valzeur me saute à la gorge !-]

Non pas : "Depardon = escroc" (j'ai posté trop vite !-], mais pas d' "arnaque généralisée" non plus, hein !-D


Les Inrocks a dit…

Escroquerie géante, Depardon ? Meuh non !

"Empty Quarter" : une dérive antonionienne filmée avec une retenue à la Ozu. Sublime. (Vincent Ostria)

"Profils paysans" : c'est aussi beau que chez John Ford. (Frédéric Bonnaud)

"La Vie moderne" : un film admirable. (Jean-Baptiste Morain)

valzeur a dit…

Hello Buster (et Alban),

Si on enlève le contenu humain des films de Depardon, que reste-t-il ? Du chichi-conceptuel à deux sous (plans fixes ou séquences) qui crevait les yeux dans les courts présentés à la Cinémathèque totalement irregardables.

Tiens, Buster, autre sujet, je sors de Snowpiercer - vachement bien, d'un grotesque soutenu, avec des changements de rythme assez inimaginables dans un blockbuster. J'ai complètement marché (qu'est-ce qui m'arrive ?)

§ a dit…

Valzeur
On ne peut pas juger Depardon sur ses courts-métrages. San Clemente est un grand film. Et Fait Divers, Reporters ou Urgences sont assez impressionnants. Là, il n'y a pas de "chichi conceptuel", comme vous dites. Certes, dès qu'il est plus réflexif ou qu'il s'essaie à la fiction, c'est souvent lourd et stérile.

Buster a dit…

Snowpiercer, pas trop emballé, le début avec tous les queutards est poussif, c’est trop grouillant, trop moche (l’image bleu-gris je n’en peux plus), après ça s’arrange, à mesure qu’on remonte vers la tête, mais arrivé au bout, patatras, la fin est franchement tarte. Pour apprécier le film il faut vraiment faire le voyage en entier, remonter tous les wagons, de la queue à la tête, être emporté par le mouvement, avec en effet tous ces changements de rythme, moi j’ai l’impression d’avoir pris le train en marche et d’en avoir été éjecté avant le terminus. Mais je reconnais que certains passages sont proprement sidérants (le combat aux infrarouges, le pont du nouvel an…), faisant alors oublier, grâce aussi à l’humour, la lourdeur du récit (le train/monde). Frustrant quand même.

Buster a dit…

Ah tiens, salut §... on a posté en même temps!

valzeur a dit…

Vous oubliez la scène des meurtres au sauna… (ma préférée, je crois). Personnellement, je trouve Snowpiercer très supérieur à The Host, film autrement plus forcé et roublard.

@ § : je n'ai pas vu San Clemente. Les autres, oui, il ne m'en reste rien. Et les derniers étaient polis plan-plan (La Vie Moderne) ou assez désolants (le truc ma vie-mon oeuvre avec sa bourgeoise).

Éric N a dit…

"si on enlève le contenu humain des films de Straub, que reste-il ? Du chichi-conceptuel à deux sous (plans fixes ou séquences), complètement irregardables !

Éric Z a dit…

@ Eric N : ça marche pas ta comparaison : Depardon est un cartepostaliste qui trouve de temps en temps un sujet choc. C'est pas très différent de Philibert avec des cadres plus appuyés, plus "photographiques", mais au fond c'est la même séduction et la même superficialité. Rien à voir avec Straub.

« Alban » :-D a dit…

Euh, bonjour… Frizeur (désolé, mais nous sommes bien d’accord que c’est vous qui avez commencé, n’est-ce pas ?-D

Bon, par rapport à Depardon, je dois vous avouer que je suis loin d’être aussi exalté que nos « aimables éclaireurs » (euh, voyez comme je suis poli !-) aux Inrocks… – on parle bien sûr du cinéaste.

La plupart de ses films, ceux qui me convainquent le moins – qui sont quand même assez nombreux dans tout le paquet –, finissent effectivement par donner cette mauvaise impression que vous esquissez : une sensiblerie vieillote, des assemblages formels (ou partis pris esthétiques, si l’on veut) très superficiels, le côté « plan-plan » (oui), et je-ne-sais-quoi d’autre encore…

Personnellement, je ne chercherais pas à « sauver » absolument, à tout prix, Depardon (le cinéaste), mais… dans ce qui se fait, aujourd’hui, dans le cinéma, disons même « mondial », et pas seulement « documentaire », je le trouve à l’arrivée tout de même « estimable ». Aussi, si vous le placez au rang de l’ « escroquerie GEANTE » (comme vous dites), eh bien, j’attends alors que vous me présentiez toute la cohorte de ceux qui, bien avant lui, mériteraient largement le peloton d’exécution… sur le champ !!!-D

Car, ce qui rend appréciable le travail du photographe-cinéaste, contrairement à beaucoup d’autres (dont certains sont même outrageusement salués), c’est – euh, c’est bête à dire, mais pourtant, c’est moins fréquent qu’il y paraît – c’est le regard ; je veux dire : l’honnêteté du regard. Allié à une forme de modestie, quoique roublarde parfois, il est vrai.

Ensuite, il ne faut pas toujours lui trouver plus que l’intérêt ethnographique (plutôt que vaguement sociologique) de ses recherches. Même si ça paraît peu, c’est déjà pas si mal, quand on voit beaucoup d’autres faire des acrobaties fictionnelles ineptes, couronnés par de prestigieux festivals, ou d’autres encore vous asséner des vérités toutes faites sur le monde à grands renforts de « vécu » (larmoyant, de préférence) et de « documents historiques » en béton – ces derniers, pas moins célébrés dans les gazettes bien en vue (ahum !-]

Allez ! avec un peu d’efforts, je suis sûr que nous pourrons nous retrouver sur quelques (« grands ») noms !-D

PS : tenez, pour Snowpiercer, je serais à mi-chemin entre vous et Buster !-D

Buster a dit…

A mi-chemin? ça correspond à quel wagon? :-D

valzeur a dit…

Hello Dr Albin,

Bon, je suis bien embêté. Il se trouve que à deux degrés de séparation (rappelez-vous le beau film de Fred Schepisi), je sais que notre grande conscience documentaire nationale est plutôt/vraiment un sale type, ce qui ne transparaît pas forcément (mais un peu quand même) dans ses films (le plan fixe sur la famille terrifiée semi-mongoloïde avec la tarte aux pommes dans le premier Profils Paysans). Du coup, cette "révélation" colore tous les films de lui que je vois depuis 3 ou 4 (ceux d'avant m'ennuyaient juste).
Partial et bête, hein ?
Je ne développerai pas. Excusez-moi de rester drapé dans mon brouillard de mystère...

Philippe Geluck a dit…

Sans le chat le film des Coen il vaut rien !

Jerzy P a dit…

Heureusement, il nous reste les balloonatics et les valzeurs, les deux snobinards-salonnards dans le boudoir, les deux "proute-ma-chère" du muppet show naphtaliné, qui se donnent du "vous" vieille france façon pot de chambre en porcelaine de Limoges, et ne causent qu'entre eux, entre-soi, entre beaux-esprits et exquises sensibilités, dans leur fort chabrol à guichet fermés et droits d'entrée triés sur le volet clos: - oh mais je n'eus pu mieux le dire que vous cher ami, vous avez magnifiquement résumé ma pensée... - Quant à la vôtre, cher ami, elle s'ajuste à la mienne de si belle façon que j'en suis tout ému", et blâblââblâââ.
Et attention, le gag, le gag paradigmatiquement gaguesque: ces deux perruches mitées ironisent de leur dédain corpuchic sur les espaces où les autres, à les en croire, ne se parlent qu'entre-eux, en circuit fermé. Surtout quand les autres en question ont le toupet, ma chère, de les déranger pendant qu'ils rotent. Alors là, c'est le scandale: mais qui sont ces gens de peu, très cher? Mais voyons, cher Baronne à tics, où trouvez-vous la bonté, la politesse, de répondre à de tels étrons scripturaux? - Que voulez-vous, cher vaselineur, mon altruisme me perdra. - En tout cas, cher Boustère, je ne peux qu'admirer votre courage, et que pensez-vous du dernier Dindeluchon? Admirablement conchiant n'est-il pas? - Vous m'ôtez les mots de la bouche, cher Valvule... Blublublu... Interminable robinet d'eau tiède réjouissant ses légitimes bénéficiaires. C'est le dernier salon de la sculpture de l'étron de soi avant le zona. Terrible...

camille desmoulins a dit…

Il parait que Borges est mort hier soir, électrocuté dans son bain !

Buster a dit…

En tous les cas Jerzy, lui, est bien vivant... à moins que ce soit un truc qui mouline du verbe en son nom.

le « Doc’ » :-] a dit…

Oh, zut ! Comment je vais faire, moi, avec tous ces Spectres qui rôdent, et trouvent toujours une occasion pour provoquer un duel au couteau ?!-D grr, en plus, juste au moment où valzeur commençait à devenir, euh, je ne sais pas... « civilisé ?-]

Bon, juste lui dire, comme ça, en coup de vent alors, que je ne m’engouffrerais pas dans le faux-débat entre l’ « œuvre (hum, oui, bon, relativement, hein) majeure » contre « personnalité détestable sur le plan social, humain », etc.

Il y a cinquante exemples, dans presque tous les domaines de la « création », qui invalident ce reproche. C’est tout au plus triste (ou dommage), et ça ne fait franchement pas avancer grand-chose au schmili-bili, au schmilblick, comme dirait l'autre !-D et bien sûr, on aura toujours des contre-exemples pour nous dire que le contraire existe, que c’est super – et c’est même tant mieux !-D

Mais, je crois qu’à la fin des fins, on s’en bran... pardon, que l’intérêt est vraiment limité, sinon nul !?

Après, bien sûr, si on est assez inspiré pour nous réjouir d’anecdotes bien cracras, je ne voudrais pas gâcher le plaisir aux autres, hein !-D

Et hop ! voilà, maintenant, si vous le permettez, je vais m’éclipser... en douce ;-D

valzeur a dit…

Hello Buster,

Tous les Spectres sont donc des programmes informatiques belges ? Et chaque nouvelle version est plus mauvaise que la précédente ? Matrix nous guette (ça n'est pas une contrepèterie)

(c'est valzeur à propos)304

Borges le vrai a dit…

que ce soit lui ou un autre c'est le même vent ou la même odeur d'intestins...

valzeur a dit…

Dîtes, Buster, vous me donnerez la recette de vos scones et l'adresse de votre proctologue, à propos ?

Sinon - plus sérieusement - le tromblon à plume ççççubtilement hhhironique a au moins raison sur un point : nos avis convergent de plus en plus et ça, ça devient effrayant. Je vieillis ? Ou alors, votre goût s'affine (comme le fromage) ? Dîtes-moi !!!

Buster a dit…

Jerzy c’est le genre cumulus, on le fait tourner la nuit aux heures creuses, vu ses problèmes d’incontinence, c'est plus économique...

Sinon pour paraphraser le chiasseux: "Oui mon cher Valstar, nous convergeons de plus en plus, mais c’est votre goût à vous qui s’affine, en vieillissant..."

Mamadou Sakho a dit…

:D

valzeur a dit…

Hello Buster,

Attention, ne me vouvoyez pas trop : ça fait "vieille dame des deux sexes" (Charles Dickens).

Vous avez vu - pardon ! - t'as vu ?, je cite mes sources. Faut croire que Lacanski (nom-valise à décrypter), il déteint sur moi... Bon, par contre, le parler gouailleux-vulgos façon Ventura qu'a lu Derrida, j'ai un peu de mal (mais ça va venir, qui sait?). Ou pas - merde !, j'ai pas lu Derrida (Anathème ! Eclairs me foudroyant ! Sol qui s'ouvre et m'engouffre !). Enfin, tu vois, genre...

Buster a dit…

Bonjour Mamadou et bravo pour hier soir, vous étiez vraiment en état de grâce, intouchable... comme votre sosie Omar! :-D

OK valzeur, on va essayer de se tutoyer, comme quoi il est pas totalement inutile le Jerzy :-)

nabila jerz y borgez a dit…

mdr il connait pas Lacan ! tu fais quoi dans la vie alors?

Buster a dit…

Cela dit j’aime bien voussoyer…

JFR a dit…

Pourquoi s'embêter à voir les films de Depardon alors qu'il y a une rétrospective René Allio en même temps ?

Griffe a dit…

Bien dit, JFR ! Mais vous nous conseillez quoi d'Allio ? Je n'ai vu que Pierre et Paul (qui rappelle le Haneke 1ère période + l'intelligence politique et l'humour) et Les Camisards... Que valent les autres ?

Buster a dit…

Salut JFR et Griffe,
René Allio est pour moi l’un des plus grands cinéastes français, c’est aussi le plus méconnu, réduit abusivement aux qualificatifs de brechtien et de régionaliste… Brechtien c’est manifeste dans ses premiers films mais par la suite (à partir de Pierre Rivière), outre son humanisme, c’est vraiment son génie pictural et scénographique qui prédomine, ses derniers films sont absolument magnifiques, son chef-d’oeuvre étant peut-être Un médecin des Lumières (version TV), un film qui sublime littéralement lumière et Lumières…

Buster a dit…

Au fait valzeur, j'ai pas bien compris votre/ton dernier message avec ces références cryptées au dernier Polanski. Aimé ou pas?

Astrée a dit…

Bonjour Buster, Je viens de voir Inside Llewyn Davis des frères Coen. Autant je vous suis à 100% dans votre détestation du film de Kechiche, autant j'ai du mal à comprendre votre rejet de celui-là. Ce film est une petite merveille.

Buster a dit…

Attention je n’ai pas dit que je détestais le film des Coen, contrairement à celui de Kechiche, j’ai seulement dit que je ne l’aimais pas (nuance), c’est pareil pour le Serra, que je viens de voir, un film que je n’aime pas (et pas la peine de le revoir pour m’en convaincre, hé hé), mais que je ne déteste pas non plus (il y a des choses dedans que j’aime bien malgré tout)...

Voir le Coen comme une petite merveille est pour moi impossible, il ne l’est pas au niveau de la mise en scène, ni de l’humour et encore moins de la sensibilité. C’est un film qui sonne faux, par rapport au folk, et au regard trop méprisant, à travers celui de Llewyn Davis, sur les autres, un film trop marqué par l’aigreur… Il y manque un contrechamp, quoique il existe ce contrechamp, c’est le chat, c’est d’ailleurs pour ça que je ne déteste pas le film :-)

Philippe Geluck a dit…

C'est bien ce que je disais, sans le chat, le Coen il vaut pas tripette !

valzeur a dit…

Hello Buster,

Je refais mon retard avec un brelan à la mode de Bretagne (ça ne veut rien dire, c'est normal) : Galienne, Polanski, Gonzalez.
De très loin, le premier est le pire et Murielle Joudet lui a parfaitement réglé son affaire. En gros, un film de Maïwenn avec Pee-Wee Herman dans le rôle principal (appétissant, non ?).
Le Polanski m'a partiellement amusé. C'est une toute petite chose mineure, et mal fagotée d'après une pièce visiblement médiocre. Reste le plaisir pervers que j'ai pris aux numéros d'Amalric et de Seigner. Pour le reste, j'aurai tout oublié dans une journée.
Sur les Rencontres d'Après Minuit, j'ai quand même le désavantage d'avoir dormi les 3/4 de la projection. Ce que j'ai vu me semble raté, mais bizarrement sympathique, un peu surprenant : Breakfast Club au monde des morts qui veulent bander, pourquoi pas après tout ? La fin est assez jolie-kitsch.
Voilà, rien de tout ça ne casse une patte à un canard, mais bon...

Buster a dit…

Salut valzeur,
Pour le Gallienne, je passe mon tour, la BA m’a suffit... et le Gonzalez, pas vraiment pressé de le voir. Reste le Polanski, le plaisir qu’on y prend repose en effet sur le jeu des acteurs, la joute entre les deux personnages, comme à chaque fois qu’un film ou une pièce se réduit à un face à face. La critique du texte de Sacher-Masoch, on voit bien que Polanski s’en fout complètement, seule compte l’espèce de compétition qui s’engage entre Amalric et Seigner, j'ai trouvé ça franchement jouissif... en plus la trivialité du film fonctionne plutôt bien et le fait de savoir que les intellos, du moins ceux qui n’ont aucun humour, qui prennent tout au pied de la lettre, se sentent visés, pour ne pas dire offensés, me rend le film encore plus jubilatoire.

Geluck, OK j’ai compris, sans le minou le film des Coen c’est du pipi du chat... :-)

valzeur a dit…

Je vois ce que vous voulez dire. Le personnage d'Amalric qui représente le mâle cultureux se décompose avec tant d'allant qu'on sent bien cette plus que pointe de jouissance mauvaise. Et Seigner n'a jamais été aussi bonne.
Ceci dit, je trouve que le film n'a pas d'autre programme que le dézinguage roboratif, ce qui en limite la portée.

Buster a dit…

Bah c’est une comédie, et à ce titre mieux vaut un dézinguage roboratif que du prêt-à-penser rébarbatif. Cela dit, le film ne se limite pas non plus au seul jeu de massacre, ce qui le rendrait assez vite pénible... (la suite dans le prochain billet)

Murielle Joudet a dit…

Buster, vous déconnez grave en ce moment, le Polanski est une merde infâme et le Coen, un vrai bijou.

Cordialement.

Buster a dit…

:-)

Slothorp a dit…

Le Polanski est pas mal, entraîné par un démon farcesque. Le Coen est un bijou.

Buster a dit…

Lol.

Si on combine les messages de MJ et Slothorp (la première est sûrement un fake, le second un fantôme), ça donne, pour le Polanski, infâme et un démon, et pour le Coen, deux bijoux (de famille, forcément).