dimanche 7 juillet 2013

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Comme il fallait s'y attendre, la plupart des critiques français ont suivi (ah le suivisme des critiques) leurs homologues américains dans leur entreprise de démolition du dernier Shyamalan, incapables d'y voir autre chose qu'un "film de propagande scientologiste", "une fable futuriste à la Koh-Lanta", sinon "l'un des plus mauvais films de science-fiction" de l'histoire (un rival pour Plan 9 from outer space d'Ed Wood ou, plus "modestement", le foireux Battlefield earth, ouvertement scientologue celui-là puisque adapté de Hubbard et porté à bout de bras par Travolta, autant dire que After earth est bien placé, lui aussi, pour le razzie award). Quel aveuglement! Au point qu'on serait prêt à considérer l'ursa du film, cette horrible créature qui ne voit pas, ne repérant les humains qu'à travers la peur qu'elle provoque en eux, comme une figure possible du critique: un monstre aveugle, pas très finaud et profondément cruel. Parce que, quand même, accuser Shyamalan de faire l'apologie de la scientologie parce que dans le film Will Smith, qui a conçu l'histoire, balance des sentences qui font écho à la Dianétique de Hubbard et son concept de "mental réactif" (peur, attaque, fuite, survie et tout le blabla), ou parce que le volcan qu'on y voit est celui qui orne la couverture de son bouquin, c'est aussi ridicule que disons... accuser Borzage de faire l'apologie de la franc-maçonnerie parce que dans ses films on retrouve, à la suite d'Hervé Dumont, la symbolique du dôme et plein d'autres motifs maçonniques. Je ne dis pas que c'est faux, c'est même probablement vrai (dans les deux cas)... seulement juger un film sur la base de tels motifs c'est passer complètement à côté (du film). Que After earth soit imprégné de scientologie, soit, de là à y voir un manifeste scientologue c'est vraiment prendre des vessies pour des lanternes. (Rappelons que si la vessie, ici, c'est la scientologie, dans le Dernier maître de l'air c'était le racisme, via l'accusation de whitewashing, à partir du manga d'origine: aux Blancs les beaux rôles, aux autres les rôles de méchants...). C'est d'autant plus stupide que repérer un discours scientologue dans un film de science-fiction n'a finalement rien de surprenant, la scientologie ayant influencé nombre d'auteurs de SF des années 50. Et c'est encore plus stupide si l'on songe que, quand bien même Will Smith incarnerait l'idéologie scientologue, le film, lui, raconte tout autre chose, finissant même par aller à l'encontre des préceptes de Smith... Car loin des histoires d'endoctrinement, de Ranger et de cadet, de genou à terre et autres âneries, au-delà même du thème initiatique, de celui du deuil et de l'éternelle (et belle) question du père dans le cinéma américain (l'idée que l'acteur Will Smith ne chercherait là qu'à faire adouber son fils est tout simplement consternante), After earth est surtout le récit d'une course "impossible", celle d'un enfant contre la peur.
Passé cette introduction, pénible j'en conviens mais nécessaire, on peut enfin parler du film... (à suivre)

PS. On ne reviendra pas non plus sur le fait que Smith (immobilisé, jambes cassées) et son rejeton (courant, sautant, grimpant au contraire dans tous les sens) jouent comme... des pieds. Dans la SF le jeu de l'acteur, on s'en fout un peu. Pour preuve, les meilleurs interprètes se nomment HAL, R2-D2, E.T...

50 commentaires:

Topkapi a dit…

En fin de compte, la critique (américaine et par suite française, sans préjuger de ce qu'écriront les Cahiers dans leur numéro de juillet) a cru voir un film, "After Earth" de Will Smith, qui n'existe que très peu. Notons que les Américains ont d'abord vu ce qui leur a été vendu par Sony Pictures : mise en avant de Will Smith (auteur de l'idée originale) dans la promotion du film, aucune mention du nom de Shyamalan dans les bandes-annonces et sur les affiches, interdiction à Shyamalan de donner des interviews, etc.
Si "After Earth" de Will Smith n'a que peu d'intérêt, ce n'est pas le cas de "After Earth" de Shyamalan. Il est dommage que tant de monde se soit trompé de film.

(il y a tout de même la critique de J. Momcilovic dans Chronicart)

D'une certaine manière, parce le cas est différent, je crois aussi qu'avec "Frances Ha", on ne devrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain, le film "Frances Ha" de Noah Baumbach (et ses agaçantes manifestations de cinéphile new-yorkais chic Woody Allen / Rohmer / Carax etc) ne devant pas occulter la réussite du film "Frances Ha" de Greta Gerwig.

P.S. concernant le jeu des acteurs dans les films de SF vous avez raison (même si j'aime ce que fait Jeff Bridges dans "Starman" par exemple)

Anonyme a dit…

Hello Buster, pour votre collection de perles, un extrait de la critique de Positif (Grégory Valens) :

"Shyamalan reprend ici le message écolo à deux balles qu'il nous avait asséné dans Phénomènes pour proposer un énième film post-apocalyptique, loin de l'intelligence de La Planète des singes ou du brio de l'efficace Je suis une légende (...) Un naufrage."

Anonyme a dit…

Je dirais même plus, le fait que Jaden Smith joue comme un pied (ou un cochon, c'est selon les goûts visiblement) aurait même tendance à servir le film, parfois de très belle manière notamment par cette artificialité maladroite qui sert de façade pour mentir au père (la scène des battements du cœur, explicite à ce sujet).

On pourrait parler d'une performance méta-Shyamalanesque : l'enfant qui ne peut tout à fait assumer le rôle qu'on lui impose.

Buster a dit…

Oui, le mépris avec lequel est considéré Shyamalan aujourd’hui est assez effarant, comme si les critiques ne lui pardonnaient pas le personnage d’Harry Farber dans la Jeune fille de l’eau. Mais le pire est que le goût du public semble aller dans le même sens. Shyamalan c’est l’auteur de Sixième sens, voire d’Incassable, point barre.

Starman, c’est l’exception qui confirme la règle, c'est un film sublime, pour moi le meilleur de Carpenter, à la limite ce n'est plus de la SF…

La critique de Momcilovic est excellente, d’ailleurs Momcilovic c’est certainement un des meilleurs critiques actuels (on n’en dira pas autant du crétin qui a signé la critique dans Positif :-)
Sinon il m’étonnerait que les Cahiers aiment le film, mais bon je peux me tromper.

Anonyme de 17h25, c’est vrai que le jeu maladroit du fils Smith s’accorde assez bien au film, et en y repensant le jeu inexpressif du père n’est pas si mal non plus (ça lui donne un côté minéral, comme Randolph Scott dans les films de Boetticher)

Bien, maintenant je n'ai pu qu'à écrire la deuxième partie de mon texte!

Anonyme a dit…

ah tiens vous parlez de Borzage, ça m'intéresse, je ne sais jamais comment prononcer son nom.

Buster a dit…

Moi j'ai toujours prononcé "borzégui", si ça peut vous aider :-)

Anonyme a dit…

merci !

valzeur a dit…

Hello Buster,

Pfff, vivement que vous parliez de Frances Ha ! (alors vous avez aimé ?). Tous les gens d'un peu de goût se rendent bien compte que "After Earth" est un beau film d'une fluidité et d'un rythme assez rares aujourd'hui (litote), surtout dans le cinéma hollywoodien.

Anonyme a dit…

apparemment.
dit wikipédia:
"Frank Borzage est un réalisateur américain né le 23 avril 1893 à Salt Lake City (Utah), mort le 19 juin 1962 à Hollywood (Californie). Les Français ont tendance à prononcer [Borzaidge], alors que cela se prononce [Borzégui], anglicisme pour Borzaga qui était le vrai nom de son père, d'origine italienne. Il aimait beaucoup les chats et donc le personnage de bande dessinée Félix le chat."

ou (/bɔrˈzeɪɡiː/

N'empêche, je vous tire mon chapeau ("j'ai toujours prononcé), c'est pas évident.

Buster a dit…

valzeur, oui j’ai vu Frances Ha, je ne serai pas aussi sévère que vous, mais je n’ai pas non plus été convaincu, pas sûr que le film arrive vraiment à se dégager de son côté branchouille (noir et blanc classieux, références NV à la louche, dialogues trop "écrits"...), même Greta Gerwig n’est pas si convaincante, son jeu est très appuyé, elle colle trop à son personnage (ça manque de distance), après on dira que la gaucherie est partie intégrante du film mais ça serait trop facile, ce n’est pas parce que le personnage est défini comme "undateable" que le film ne doit jamais se poser, succession sans rythme de saynètes bancales, quelques bons moments quand même (le ménage à trois, même si on est loin de Lubitsch et Godard, le week-end foireux à Paris), mais globalement c’est plutôt laborieux… hé hé désolé pour la polémique :-)

Anonyme borzagien (ou borzaguien?), quand je dis que j’ai toujours prononcé "borzégui" c’est une façon de parler, c’est parce que j’ai dû entendre parler du cinéaste par quelques cinéphiles érudits peu de temps après l’avoir découvert, ce qui fait que je n’ai pas prononcé "borzaidge" très longtemps :-)

Anonyme a dit…

bah alors Buster, c'est le désamour avec Greta ?

Buster a dit…

Hé hé... non pas vraiment, j’aime toujours beaucoup l’actrice mais je la préfère chez Stillman (question de regard), là je ne sais pas, certains comme Topkapi arrivent à distinguer ce qui revient à Baumbach de ce qui appartient à Gerwig, pour moi c’est pas évident… c’est vrai aussi que les vingt premières minutes du film m’ont tellement irrité que je ne suis peut-être pas tout à fait objectif.

valzeur a dit…

Hello Buster,

Pffff, je suis dégoûté : somme toute, vous pensez la même chose que moi de Frances Ha (comme vous, je sauve la colocation à 3 et l'escapade ratée à Paris). Toutefois, la façon qu'il a de s'acharner sur son personnage et de se montrer plus malin que son sujet me semblent particulièrement insupportable : c'est quand même une histoire de lesbiennes refoulées, hypothèse suggérée dans le très pénible prologue et évacuée purement et simplement, alors que tout le film fait mine de regarder ailleurs (d'où le ratage complet des retrouvailles à l'université). La méchanceté de la fin m'a même révulsé. Frances parvient enfin à son désir second, l'appartement seule (le premier, c'était l'appartement avec Sophie) après s'être "imposée" comme chorégraphe tout ce qu'il y a de médiocre (il faut être un spectateur particulièrement naïf pour ne pas se rendre compte que le spectacle monté par F. Ha est de troisième zone minimum). Baumbach présente cela comme un accomplissement (la présence dans la salle de tous les personnages importants du film, quelle vulgarité), et il conclut avec l'idée absolument débile du nom tronqué et certainement symbolique à la noix (l'héroïne a du en rabattre sur ses prétentions) : comme si Frances H. n'avait jamais inséré une languette avec son nom dans une boîte aux lettres ! Tout ça est quand même bien mauvais. Ma seule vraie satisfaction est d'avoir vu distribué dans le rôle de l'hôte banquier, un héros personnel, Dean Wareham (de Galaxie 500, Luna, Dean & Britta - Britta Philips joue d'ailleurs sa femme). Il se sauve d'une scène assez déplaisante où Baumbach essaie d'enfoncer le plus bas possible Greta Gerwig (personne n'a aussi mal filmé sa moitié depuis Maris et Femmes et Drawing Restraint n°9).

Buster a dit…

Oui la fin est très déprimante, et plutôt ingrate envers le personnage de Frances (on n’est pas chez Stillman). Convoquer les autres personnages (on se croirait dans un mauvais Resnais) pour assister à un spectacle de type mjc, juste pour entériner le fait que Frances est bien une brave fille, sans grand talent mais attachante par son côté gentiment décalé, ce que le film n’a eu de cesse de nous répéter depuis le début, c’est pas très charitable.

Anonyme a dit…

Je n'ai pas vu le film mais je ne vois pas ce qu'il y a de choquants si ce sont principalement des amis qui composent le public de son spectacle. Dans ce genre de milieu artistique et confidentiel, c'est souvent le cas, non?
Et les gens qui aiment le film ne semblent pas du tout y voir cette méchanceté.
Donc, qui croire? Parce que vous, valzeur, vous évoquez des intentions chez Baumbach, mais il s'agit plutôt de ce que vous y voyez? Non?

Baby Kaiser a dit…

Ha !

valzeur et Buster... je vous lis là, tous les deux ; et, vous me faites de la peine. Vous m'écoeurez presque...

Personnellement, je trouve que vous avez un point de vue dégueulasse sur ce film. Et je crains même qu'il puisse l'être également sur le monde ? sans doute pas tous les deux, mais il y en a un, sûrement...

Vous prenez le film au pied de la lettre. Wysiwig. C'est vraiment nul... mais vous faites ce que vous voulez, après tout!

Frances Ha (le personnage autant que le film) est facile à détester... je dirais même à torpiller - ce que vous ne vous retenez pas de faire ! Alors que le propos du film, ça pourrait être de dire : okay, tout ce que je fais est irritant, exaspérant, inconvenant, lamentable... mais, regardez-moi un peu mieux, bon sang !!!

Mauvais sang, vous me répondrez, je sais !

Frances Ha déborde - oui, c'est peut-être à la mode ce mot-là, et alors ? donc, elle déborde, mais de quoi ? de vitalité, pardi !

Donc, elle déborde de tout, partout, tout le temps. Du cadre, aussi. Ou encore du langage. Social. Visuel. Oral. Elle le sait ; et ça l'embête aussi. C'est la séquence à Paris, avec les "amis" qui l'esquivent.

Il y a un désaccord entre elle et le monde. Et elle comprend donc qu'elle ne peut pas toujours rester en marge, ou excentrique, si ça vous plaît mieux - que ça ne lui va pas. Pour son... équilibre. Eh, oui!

Elle vit son trip, mais peu à peu, elle accepte de grandir, dans un monde qui visiblement n'est pas fait pour elle... mais sans non plus, se renier.

Et, ça, c' est beau, pour parler comme Buster !

Buster a dit…

Hum… chacun est libre d’interpréter le personnage de Frances comme bon lui semble, rien d’écoeurant là-dedans, ce n’est qu’un personnage de fiction… ce qui m’intéresse n’est pas le personnage pris isolément, qui n’a rien de détestable d’ailleurs, bien au contraire, mais comment il est mis en scène et comment il s’inscrit dans le récit. Sur le papier (le scénario), il déborde en effet, on n’arrête pas de nous le répéter (indateable/incasable), mais au niveau de la mise en scène ça reste plutôt sage, ça recycle plus que ça ne déborde (ou alors ça déborde de références, la Nouvelle vague, Carax, en veux-tu en voilà), nul grain de folie.
Le film ne fait que suivre, comme on dit d’un petit chien, les pérégrinations de Frances, favorisant du coup l’empathie du spectateur (un peu comme chez Donzelli). Le récit fonctionne entièrement sur ce principe qui ne peut que rendre le personnage attachant. L’histoire avance, les scènes se suivent, les appartements changent, mais c’est toujours le même sentiment qui revient: que cette fille, un peu godiche et fofolle, est touchante! A ce niveau c’est le surplace. Quant à la fin, j’y ai vu davantage de résignation que de maturité. Si tout le monde est là c’est pour témoigner que quand bien même le rêve ne se réalisera jamais, Frances restera toujours Frances, peut-être un peu moins godiche, peut-être un peu moins fofolle, mais toujours aussi incasable, et donc… attachante. C'est triste, non?

valzeur a dit…

Hello Buster (et le Kaiser à oeillères qui ose subodorer que j'aie un point de vue "dégueulasse" sur le monde parce que je méprise le regard minable de Baumbach sur ses personnages, (le même qui apprécie "Camille Claudel-1915", l'immondice ultime de l'année, en voilà du vrai regard de spectateur qui augure d'une "vision du monde", comment dire, gerbante ?, ignoble ?, méphitique - je vous laisse le choix, les trois sont bons),

Cette double parenthèse (totalement artificielle) refermée, je souscris à vos propos, Buster. Frances Ha est plutôt un beau personnage que Baumbach froisse sans ménagement, avec une sorte de distance pincée, laissant à Gerwig le soin finalement difficile de déborder son écriture en vignettes avec un peu de vraie vie (ce qui arrive au fond rarement, je me souviens surtout de son geste merveilleux quand elle répond à un colocataire indélicat qu'elle ne baise pas, mais "fait l'amour" - un geste de danseuse, l'épaule déjetée). Disons que je préfère le personnage au film qui porte son nom et que je regrette que Greta Gerwig n'ait pas eu tout loisir de casser le pesant système formaliste construit contre/autour d'elle (citations, étouffement) par son mari indélicat.

SD a dit…

Buster et valzeur, je vous conseille le dernier numéro des Cahiers consacré aux acteurs, ça vous fera le plus grand bien : http://www.cahiersducinema.com/Juillet-Aout-2013-no691,2044.html

Bonnes vacances!

Baby Kaiser a dit…

Bof, Buster, votre réponse ne me convainc pas beaucoup...

Facile de reléguer le personnage au domaine de la fiction... Le spectateur, lui, est évidemment libre de le lire, le voir, comme il l'entend, ça, d' accord!

Moi, je dois vraiment être mal constitué, mais il m'arrive de trouver beaucoup plus de corps, de chair, à un personnage fictif, que plein de gens dans la vraie vie !

Ce qui m'écoeure, "presque" j'ai dit non ?, c'est que l'un et l'autre, vous ne lui accordez pas beaucoup le "droit" d'être comme elle est. Et, surtout de la charger sur ce qu'elle devrait être, ou montrer - je cite votre ( petit) copain : "c'est quand même une histoire de lesbiennes refoulées".

Après pour la mise en scène... je suis content qu'enfin vous en parliez un peu ici !

Il y a d'abord, il est vrai, l'avalanche de références cinéphiliques... en effet, balancées constamment à la figure du spectateur. Au bout de trente minutes, ça m'avait même sérieusement emmerdé, pour tout vous avouer !

Et puis, peu à peu, je l'ai accepté : que Frances Ha-le film gagnait à être aussi grossier là-dessus (en faisant des appels du genou, du coude, toutes les trois minutes, aux spectateurs branchés), pour pouvoir faire accepter les gaucheries de Frances Ha-le personnage (sa profonde sincérité).

Qu'à longueur du temps, en permanence, Frances Ha (le personnage) luttait contre le film du réalisateur, autant que contre le scénario du couple, sans guimauve ou mièvrerie mal placée.

Aucun surplace, de mon point de vue. Une lutte permanente entre "je fais comme je l'entends, mais... j'ai toujours un mur devant moi", et "je veux qu'on m'accepte, même si je dois faire semblant..." (film ou personnage)

Et semblant, de quoi?

D'accepter les règles, mais aussi... de me résigner !

Je me trompe peut-être, mais c'est comme ça que j'ai envie de voir le dernier plan !

C'est plus tristement beau , si vous voulez !

Baby Kaiser a dit…

Pardon, valzeur... mais vous devez certainement me prendre pour un autre !

D'ailleurs, pardon à tous, puisque je ne me suis pas présenté...

C'est par Anthony, que je lis ce blog : il m'en a parlé il y a de cela deux ans environ... donc, je l'ai un peu suivi. Je n'apprécie pas tout, mais l'ensemble me convient, sauf à des moments comme celui-là. Quoiqu'il y en ait quelques autres, si ça peut vous rassurer !

Je ne peux donc pas dire que je connais ni l'un ou l'autre d'entre vous (vaguement Jeff, cependant).
Même le "Prunaud.", je m'en méfie : par exemple, je l'ai déjà entendu se vanter d'être encore quelqu'un d'autre... mais je n'y ai jamais cru !

Et, donc, on dirait que là, vous me prenez pour ... "Albin"?

Drôle d'idée ?

Mais, c 'est très gentil à vous : je me sens flatté! je crois que je vais rougir !! parce que c'est quelqu'un dont j'apprécie les interventions , ici ou à dans autres endroits . Et surtout, l' humour assez particulier, et inégalable !

Sans vouloir l' offenser, je trouve tout de même son attachement pour Passion quelque peu exagéré, presque forcé!

Cependant, il est vrai, que j'aime bien le film de Dumont, aussi : qu'il ne mérite assurément pas tant de gémonies...

J'en concluerais donc que vos goûts peuvent bien souvent être contestables , par contre vos dons divinatoires le sont un peu moins !

Buster a dit…

OK Baby Kaiser, vous êtes un vrai disciple d’Albin - ou un de ses avatars? :-)
Sinon, je suis content que vous reconnaissiez que la première demi-heure de Frances Ha est particulièrement pénible (ça fait un bon tiers du film), mais que peu à peu vous vous y êtes habitué (on va dire, un autre tiers, le temps de l’adaptation), pour finalement y adhérer totalement (dernier tiers). Vu comme ça, on est un loin de votre premier commentaire, dithyrambique. Greta Gerwig est le film à elle seule, et c’est un peu ça le problème… qu’elle soit par moments merveilleuse dans son rôle de looser, tout le monde est d’accord, mais après? Le simple fait que l’intérêt du film ne repose que sur la prestation de miss Gerwig ne doit-il pas interroger sur la valeur même du film? Est-ce normal que les autres personnages soient aussi transparents, aussi insignifiants?… Frances Ha est peut-être un beau portrait de femme, c’est surtout un film très égocentré…

valzeur a dit…

Excusez-moi B-K, je vous ai pris effectivement pour Albin, je crois (je ne le connais pas), certainement à cause de vos sauts à la ligne (et un petit quelque chose de primesautier plus généralement).
Je divine très mal, voyez-vous.
Je reviens juste sur les lesbiennes refoulées. Loin de moi l'idée de vouloir "outer" Frances Ha, mais cette passion platonique évacuée dès l'une des premières répliques structure quand même assez lourdement le film (la fausse piste était la vraie, By Jove !). Fâcherie avec la grande Sophie ---) chute de Frances qui dit n'importe quoi à n'importe qui, fait tous les mauvais choix du monde, régresse chez ses parents à Noêl, dans sa fac, etc. Retrouvailles avec Sophie, abandon de ses chaussettes (l"écran entre elle et le monde, la sensualité, Dieu, la vie, cochez ce que vous voulez) ---) ascension de Frances adoubée par sa chorégraphe, location de son premier appartement. Vous n'avez peut-être pas tort de voir de la résignation dans la moue finale de Frances/Gerwig, mais tout ça n'est quand même pas d'une finesse et d'une légèreté extrême (je passe sur le burlesque lamentable de la scène avec la sénatrice cougar). Et Baumbach en rajoute encore par exemple en faisant de Sophie, l'impossible amie, une assez pénible conne, enlaidie par ailleurs, ramenée au rang d'accessoire dans deux plans du film (ses énormes lunettes qui brillent dans la nuit, l'accessoire de l'accessoire). A partir de là, moi, je suis quand même près à dire oui à tout (vous voyez, je suis bon prince), mais la passion amicale douloureuse de F. Ha ne dégage sur l'écran aucune empathie et niveau "émotion" (oui, j'écris comme un lecteur de Première) que POUIC !! Je ne demande pas à Baumbach de faire les Roseaux Sauvages, mais être un peu plus investi dans ses personnages et ne pas le regarder de haut, ce serait bien aussi, ce serait même mieux.
PS : Mon Dieu, Camille Claudel - 1915 ! Binoche en albatros marmonnant, l'Artiste contre le Monde figuré en amateurs épinglés vivants par Dumont (soignants, malades mentaux, ceux-là instrumentalisés à l'extrême, repoussoir absolu de la Grande Actrice/Artiste). Quelle tourbe ! Enfin, le post de Buster a ce propos était parfait. Sur le mélange amateurs/professionnels, la récente trilogie de Seidl est un trilliard de fois plus opérante si c'est possible (on part du néant, soit Dumont), et les trois dernières scènes de Paradis - Foi, ce que j'ai vu de plus fort cette année (dont la grande scène de presque-combat entre l'héroïne folle de Dieu et l'immigrée russe saoule avec les trois ou quatre faux-raccords qu'introduit Seidl pour éviter le surplomb du plan-séquence à la Dumont, genre "je suis au-dessus de ça" alors que là, on est dedans et du coup, c'est totalement bouleversant). Mais enfin, tout le monde peut continuer à préférer les risibles infamies dumontiennes...

Anonyme a dit…

Bonjour… Baby Kaiser?

Mais … vous êtes bien sûr que nous nous connaissons ? parce que là , moi, je ne vous remets pas… mais alors , pas du tout!?

En tout cas , ne vous en faites pas, car j’ ai la ferme intention d ’ en avoir le cœur net !! :-D

Et puis, me vanter , moi? qu’est-ce que vous dites là? c’ est pourtant pas mon genre ? mais , je veux bien vous croire.

Il faut que je me surveille alors!? :-D

Anthony Prunaud.

l’impossible – monsieur bébé ;-D a dit…

Oh, cool, un fan ! bienvenu au club !-D ça me change de ne tomber que sur des ennemis (ahum !-D

En vous lisant, monsieur Baby, j’ai failli croire que… c’était moi qui avais écrit vos lignes !?!-DDD sauf que j’aurais sûrement été moins brusque (ahem !-]

Par ailleurs, bravo pour votre pseudo, car je crois que j’aurais été incapable de faire aussi bien !-D

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Oui, je sais, Buster, c’est à s’y méprendre ! mais non, ce n’est pas moi… c’est lui, si je puis dire !-D

D’ailleurs, maintenant que j’y pense, valzeur et toi, vous êtes bien distincts, vous aussi, n’est-ce pas ?!-D

Allez, d’autres partisans de Frances Ha, tiens !

- Sophia Collet, sur le site de Critikat
- le camarade Joachim dans le dernier numéro des Cahiers
- Amélie Dubois (qui pense à toi, on dirait) dans Chronic’art

Buster a dit…

Albin, Anthony Prunaud, Baby Kaiser... ça sent l'escroquerie en bande organisée ce truc :-)

Sinon j'ai remarqué que les filles critiques adorent Frances Ha et détestent The bling ring, c'est bizarre :-D

Baby Kaiser a dit…

Une "escroquerie ", je ne vois pas pourquoi vous dites ça!?

Anthony , je le connais juste comme ça: on a eu quelques échanges, parfois houleux, et puis c'est tout. Il arrive maintenant qu'on se croise à certaines projections, mais on se salue cordialement, c' est tout! C'est surtout en partie lié au fait que nous avons des relations communes!

Je veux bien admettre que je suis brutal , lourd, ou tout ce que vous voudrez, mais alors, lui, quelle prise de tête quand on l'écoute! Je préfère ne pas m'étendre davantage, si ça ne vous gêne pas trop....

Et Albin, je ne vois même pas quelle tête , il a !? tu parles d'un fan!

Et puis, je ne sais même pas comment je dois le prendre quand vous laissez entendre que je pourrais être un de ses "avatars"?!

Putain! j'ai deux bras, deux jambes, un zgeg, et je bosse comme un con dans une grosse boîte qui m'exploite sans vergogne!!! bref, je mange, je dors, je chie (et baise de temps en temps), comme tout le monde!

Voilà, je suis désolé d'être aussi cru, mais vous m'avez échauffé!!

D'ailleurs, c'est quoi cette histoire de "bande organisée"? et il y a quoi à gagner? ils vont braquer des banques, ces deux-là? je ne comprends rien?!!

C'est bon, je me calme ... et reviens sur le film!

Moi, le personnage de Frances, je le vois pas comme un loser, une louzeuse, à aucun moment. Pas même "godiche" ou "fofolle", comme vous disiez l'autre fois, d'ailleurs! Peut-être "too much", à la limite. Mais, moi, ça me va ! des personnages comme ça, on n'en a pas vu beaucoup au cinéma depuis des lustres!

Et si en face d'elle, il y avait plus de répondant, le film n'aurait pas "marché", je veux dire dramatiquement ! C'est quand même traité sous forme de comédie, douce-amère , si vous voulez, mais comédie quand même !!

Le film marche avec ce contraste, sans doute encore trop grossier pour votre fine bouche .

Moi, je prends, et tant pis pour les autres!

Baby Kaiser a dit…

Mais, cette passion platonique, elle n'est ni fausse, ni vraie : elle est ce qu'elle est, nom d'une pipe !! Vous n'avez jamais vécu d'histoire comme ça, on dirait!

Moi, non plus, il faut dire , mais, c'est comme ça que je la vivrais si ça m'arrivait!

Et puis, c'est ça que j'appelle "dégueulasse", chez vous, désolé : "pénible conne", "enlaidie" ( j'en oublie)! merde, quand on aime quelqu'un, on ne s'arrête pas à ça! En plus, c'est dit dans le film: "elle est moi, sauf qu'elle est brune et que je suis blonde" ! je ne sais pas ce qu ' il vous faut de plus!

C'est pour ça que vos trucs chichiteux sur le film me hérissent les poils (d'où vous voulez, si ça vous fait du bien )!

Je me calme , j'ai dit!

Ah, non, je peux pas!!! il y a l'attaque contre le Dumont, et le renfort avec Seidl !!

Seidl, c'est de la finesse, ça ? Import/export, c'est bien lui, non? Mais, pas ma faute, si vous insistez sur cette trilogie "Paradis/Foi/Amour"...

Hé bé, il y en a qui ont pas peur de la grandiloquence !!

Ce que j'ai aimé dans le Dumont, j'ai toujours l'impression que les détracteurs ne l'ont pas vu, ou ont refusé de le voir: c'est la scène où Camille (Binoche) craque en voyant les "fous" jouer la pièce de Molière - Don Juan.

Et son Popaul de frère qui vient là, avec ses bigoteries à la mords-moi le jonc! et qui n'est même pas foutu de lui venir en aide, alors qu'il n'aurait qu'à...

Paul Claudel, grand écrivain, grand homme...

Mais surtout, quel pauvre type!
Ha, la Religion?! mon cul , oui!

Pardon, ce n'est pas contre vous deux: mais là-dessus, vous y allez quand même de concert! donc, ça vous tombe dessus!

Ne m'en voulez pas trop !!

Anonyme a dit…

Baby Kaiser sent de plus en plus l'escroquerie...

Frances Ho a dit…

Si c’est un beau portrait de femme, il est normal que le film se concentre sur le personnage principal. Peut-on dire que « Wanda » de Barbara Loden, ou « Sue » d’Amos Kollek, sont des films égocentrés ? Non. « Frances Ha », c’est pareil.

Buster a dit…

Non ce n’est pas pareil. Wanda et Sue sont des portraits de femme à la dérive. La déréliction y est totale, il est normal que les personnages autour n’existent pas. Là c’est différent, Frances Ha n’est pas abandonnée, elle est entourée de personnages qui l’aiment. A ce titre, le film aurait dû s’y intéresser davantage (en tout cas avec plus de générosité). La beauté d’un personnage ne se limite pas au personnage lui-même (sauf dans le cas particulier des films que vous me citez), mais aussi à ce qui le relie au monde, à son rapport aux autres. Et c’est à ce niveau que, pour moi, le film coince… Le monde extérieur se résume à une suite d’événements interchangeables, où se séparer de sa meilleure amie semble finalement ne pas avoir plus d’importance que changer d’appartement. Ce n’est pas évidemment ce que Baumbach et Gerwig souhaitaient montrer, mais c’est ce que le film laisse apparaître en négligeant ainsi les autres personnages. Pour prendre un contre-exemple, j’évoquerai un autre beau portrait de femme, Une femme sous influence de Cassavetes, où le personnage de Gena Rowlands existe aussi (et surtout) à travers le regard de ceux qui l’entourent (et qui l’aiment), un regard qui n’a rien à voir avec celui, un peu bébête, de tous ces personnages qu’on réunit ici à la fin du film pour assister au spectacle de Frances. Comme si les auteurs, se rendant compte subitement de ce qui manquait au film, voulaient rattraper le coup, in extremis.

Francis Heu a dit…

Pas mieux.

Baby Kaiser a dit…

Anonyme, je n'entrerais dans votre jeu ...

Ne comptez pas sur moi pour partir en boule , cette fois-ci !!

Vous croyez ce que vous voulez, je m'en branle!

Anonyme a dit…

Et comment vous prononcez Cassavetes? :)

Buster a dit…

Ha ha… "cassavétis", j'ai bon?

valzeur a dit…

Dîtes-moi, B-K, vous le faîtes exprès ou quoi ? La scène de répétition dans CC-1915 est clairement l'une des pires. Le jeu téléguidé de Binoche (son visage comme un ciel changeant : "regarde, je passe du sourire compassionnel à la larme à l'oeil parce-qu'au-fond-c'est-de-moi-que-ça-parle, la scène, de ma relation avec Rodin, ce monstre aimé"), l'idée des handicapés en répétition comme théâtre intérieur de la Grande Artiste, le découpage à la truelle (eux - elle ; cause - effet, re-eux - re-elle, etc.), tout ça est exécrable, d'une lourdeur et d'une vulgarité assez rares finalement.
Quant à Paul Claudel, écrivain qui me hérisse le poil, j'avais presque de la pitié pour lui, tant sa représentation par Dumont est univoquement à charge (j'avais également mal pour son acteur envoyé au casse-pipes sans ménagement, tout ça est minable). Bon, vous n'êtes définitivement pas un esthète (vous êtes même disqualifié, colis-fiché !).
Import-Export n'est pas un très bon film dans mon souvenir, mais juger Seidl sur celui-là seul, c'est comme ne voir de Hitchcock que l'Etau et en tirer la conclusion que c'est infâme.
Je rebondis (au moins vous aurez servi à ca, B-K) pour signaler un film extraordinaire vu hier à la Cinémathèque dans une séance présentée par Nicole Brenez qui y voit un jalon dans l'histoire du documentaire (rien que ça !). Il s'agit de "Maalich" de Thomas Jenkoe (Griffe me le vante depuis un an), où le réalisateur filme la nuit des clochards et sans-papier à Chinagora et tente d'établir un contact avec l'un d'entre eux, un capverdien au français à peine compréhensible. Le film est globalement bouleversant et c'est une expérience esthétique hors-norme. Les petits-bourgeois étudiants en cinéma qui composaient une partie du public étaient majoritairement horrifiés par l'absence de fiction de gauche et de narration sociétale. Pour ma part, j'ai vu un film sans pitié mais pas cruel (contrairement au "téléramesque" Bruno D. quand il filme des "éclopés de la vie"), à l'image sinistrée et magnifique, bien loin de toute esthétisation de la misère (ce n'est pas du Pedro Costa), en bref un film sur la présence et l'être au monde. Je vais y penser longtemps, je crois.

sérieusement ennuyé a dit…

Vous avez quel âge Baby Kaiser?
Vous parlez comme un enfant, ou devrais-je dire, un bébé!

Buster a dit…

BK, ça fait scrofuleux comme diminutif! :-)

(Maalich c'est noté)

Topkapi a dit…

Je rebondis à mon tour en souscrivant à ce qu'écrit valzeur sur “Maalich”. Le film ne fournit pas de béquilles (“fiction de gauche et narration sociétale”) au “spectateur petit-bourgeois étudiant en cinéma”, lequel toutefois aime probablement “On the Bowery” (suffisamment distant de lui dans le temps et par la forme). Aimer “Maalich”, ici et maintenant, lui est plus difficile.

Autre chose encore : le dispositif adopté ne permet pas à lui seul de répondre aux questions d'éthique du cinéma documentaire telles que ce spectateur, disons, conventionnel, les formule habituellement (la “bonne” distance avec le sujet). Jenkoe a pour principe de se trouver toujours physiquement avec ses interlocuteurs à l'intérieur du cadre afin d'éviter que soit porté sur eux un regard extérieur ou surplombant. Il-y-a un renversement : la mise en scène ne se fait plus derrière mais devant la caméra (c'est depuis sa position dans le champ que Jenkoe peut donner sa parole de laisser en dehors l'homme qui le lui demande). Le beau protocole de la cigarette offerte, tentative maladroite de renouer régulièrement le contact, ne peut avoir lieu que dans le champ. Mais ça ne suffit pas ; ce qui est opérant c'est au fond la profonde détresse du cinéaste lui-même qui le met dans un état particulier sans lequel sa présence resterait illégitime ou déplacée. Quand Nicole Brenez écrit “un cinéaste sans doute bien plus perdu que les personnes qu’il rencontre “ elle exagère, mais à peine. J'aime beaucoup le “je me dis que tu ne comprends presque rien de ce que je te raconte, alors je peux dire tout ce que j'ai au fond de moi, tu ne pourras pas le répéter”.

Nicole Brenez à propos de “Maalich” :
http://thomas-jenkoe.blogspot.fr/2012/03/nicole-brenez-propos-de-maalich.html

Pour avoir un aperçu de la démarche de Thomas Jenkoe on peut voir ici “une Passion” (2011), constitué d'images fixes saisies avec un téléphone portable :
http://creative.arte.tv/fr/community/thomas-jenkoe-une-passion

P.S. : Buster, je me rends compte qu'il est cavalier d'évoquer ce film chez vous sans que vous l'ayiez vu, donc n'hésitez pas à supprimer mon commentaire s'il vous semble pousser trop loin le hors-sujet...

Buster a dit…

Au contraire, c'est très bien quand vous et valzeur me signalez des films importants, surtout quand ces films ne sortent pas en salles. J'ai vu que Maalich existe en DVD, je vais essayer de me le procurer.
Encore merci.

PS. Albin, vrai rat de la cinémathèque et grand admirateur de Nicole Brenez, a-t-il vu le film?

l’œil – mé(qui)choui ;-DDD a dit…

Maalich ? non, je ne l’ai pas vu… alors que, pourtant, j'étais bien à la Cinémathèque, ce soir-là !

Pour me disculper de l’avoir raté, je pourrais avancer qu’il y avait les séances de la rétrospective consacrée à Bette Davis… Or, il n’y en avait pas ce soir-là !?-D ou encore, que, pour rien au monde, je ne voulais rater un seul film de Matazarro (ahum, hum !-D manque de bol, là non plus !

Comment ai-je donc pu rater le film de Jenkoe ? Eh bien, j’étais au programme du Cinéma bis !?!-D deux films mignonnets de science-fiction, pas de quoi fouetter un chat !-] (les Créatures de Kolos, de Hugo Grimaldi & Objectif Terre Mission Apocalypse, de Jun Fukuda)

C’est que, entre « Nicole Brenez » et « JFR », je penche davantage pour le deuxième ! D’ailleurs, moins une « (grande) admiration » qu’une (haute) estime, pour l’un et l’autre, cependant !-D

En gros, pour le dire vite, je crois que j’ai aucune, vraiment aucune « admiration » pour un critique, ni un théoricien de cinéma. Ça fait « crime de lèse-majesté », ce que je dis là, mais, même pour Douchet ou Tesson, ce n’est pas de l’admiration ! Au tout début de ma cinéphilie, peut-être… mais plus maintenant, c’est sûr ! On va encore me trouver arrogant, mais, même pour les grands cinéastes actuels, ce n’est plus de cet ordre-là – oui, oui, je sais Godard, Straub, etc.

PS : Matarazzo, pour le moment, c'est très, mais alors très, moyen ! De ce que j'ai vu pour le moment, je n’en conseillerais qu’un ou deux seulement :
- L’Anonima Roylott (1936)
- et, dans une moindre mesure : I terribili sette (1963)

Buster a dit…

Et les autres Matarazzo, ceux que tu n'as pas aimés, c'était lesquels?

la balance ;-D a dit…

Des dix que j’ai vus pour le moment, il y en a un, que je n’ai pas eu le courage, l’envie, de voir jusqu’au bout – ce qui m’arrive assez rarement, il faut dire : Sono stato io (1937). J’avais des choses à faire ensuite, et le lendemain. Le film, après une bonne trentaine de minutes, m’a paru pénible, convenu, renfermé, inepte, etc. C’est possible que ça se rattrape après (ahum)…

Pour l’anecdote, et pour se faire une petite idée, Serge (Bozon), qui suit plutôt assidûment la rétrospective depuis le début, a quitté la projection… à deux reprises (euh, pour l’instant) ! Pour « Adultero lui, adutero lei », c’est sûr ; et pour « Paolo e Francesca », je crois. Dans les deux cas, il faut bien avouer qu’il n’a pas raté grand-chose… quoique le deuxième est pas si mal, par moments (sans bien sûr, être extraordinaire).

Quant à lui, il me recommande (assez vivement) Malinconico autunno (1958), avec Yvonne Sanson.

PS : maintenant, si tu demandes de faire un topo sur Matarazzo, tu peux courir, hein !-D

Baby Kaiser a dit…

vz (= valzeur , vous aurez compris ),

C' est fascinant de voir quelqu' un qui est toujours sûr de lui! et qui ne doute jamais de rien! C'est sûr , ça en jette: vous êtes un dur , et on ne vous la fait pas!!

Alors... oui , si vous voulez, "je le fais exprès"... pardon, non , pourquoi se retenir? Pour aller plus loin dans votre sens , je suis stupide... profondément stupide, si ça vous fait du bien!

Et vous devez sans doute avoir raison : "d'une lourdeur" et "d'une vulgarité assez rares finalement." Regardez, il m'arrive d'aller voir des blockbusters ( américains , surtout) : ce n'est jamais aussi lourd , c'est bien vrai!

Dommage que je n ' aille jamais voir les "films beaufs bien de chez nous ": par peur, je dois l' avouer, de les trouver , au fond, trop subtils! Chouchou, Disco, Camping, Turf, Les Seigneurs, Taxi, je regrette d'en oublier, doivent être des sommets de rare poésie hors de ma portée?!

Oui, je sais : ce type d'ironie est dégueulasse, pardon ...

Revenons, alors, sur votre description de cette séquence dans le film de Dumont.

Sur le plan technique, factuel, c'est à peu près ça – et, j'aurais bien du mal à le nier.

Ainsi, dans le cours du film, il y a ce que vous venez de décrire. Le reste, étant votre interprétation, votre ressenti .

Parce que, justement, moi , je dis bien "moi ", ma petite personne ( et sous-entendu "les autres spectateurs, je n'en sais strictement rien"), quand je regarde un film, je suis (du verbe "suivre") un parcours, des trajets, des trajectoires – basiquement, ce sont les personnages, et pour parler comme Buster, un récit – mais, bien plus, c'est toujours un processus (évolution dramatique, tout autant que construction du film).

Généralement "dynamique", et j'ose même avancer "organique ".

Donc, à ce moment-là, on doit avoir quarante, quarante cinq minutes de film. Comme je disais l'autre fois, chacun fait ce qu'il veut devant un film!

Moi, devant le Dumont, à ce moment-là, je dirais bêtement: je participe "activement" au film.

C'est franchement pas un truc d' "identification" à la con. Non, j'essaie de comprendre : en gros, pourquoi tel ou tel personnage fait ci ou ça, qu' est-ce qu'il ou elle attend ? qu'est-ce qui leur tombe dessus? qu'est-ce qu’il ou elle ressent ? et en même temps, pourquoi le réalisateur fait ci ou ça, qu'est-ce qu'il cherche à faire ? Et, encore en même temps, si j'adhère aux différents choix des uns et des autres ( personnages à l'écran, mais aussi les auteurs ) : je suis d'accord ou pas avec les différentes options proposées, dans le cours du processus, si selon moi, l'ensemble des choix est cohérent avec le processus – le projet d'ensemble.

Sachant que pendant le processus d'un film que je découvre, il m'est impossible de connaître à l'avance le projet d'ensemble, du coup, je regarde si mes intuitions se vérifient : sont "bonnes", ou carrément fausses.

Ça , c'est une première chose.

Baby Kaiser a dit…

Ensuite, je dirais, que, pour ma part, dans très peu de cas, j'arrive « mal intentionné », avec des intentions "malveillantes" devant un film .

C'est mon côté "couillon", si vous voulez! Je considère, par avance, qu'a priori le film va m'apporter émotionnellement, intellectuellement, quelque chose. Je lève toutes mes défenses quand le film commence. Et , il en faut beaucoup pour que je me sente "agressé" par un film!

Là, ce ne fut pas le cas... pour moi. Alors que je crois, ça a été le cas pour vous – et peut-être pour Buster aussi ?

Moi, je n'ai pas eu l'impression d'être pris pour une quiche. Du moins, pour aller dans votre sens, je dois être tellement crétin, que je ne vois même pas quand on me couillonne!! C'est fort possible...

Mais elle est où la couillonnerie?

Je vois à ce moment-là, juste avant la scène de répétition, un personnage (joué par Binoche ) complètement perdue, dans un monde en total décalage avec son être, un univers qui ne lui correspond pas, selon elle, mais selon moi aussi (spectateur) – c’est cet asile.

Et, arrive cette scène, qui tombe pratiquement comme un cheveu sur la soupe, si vous voulez : où ce qu'elle voit correspond à ce quelle ressent : un malaise, une profonde injustice, une profond sentiment de trahison!

La représentation colle parfaitement avec un vécu. Bien plus qu'une "représentation", c'est une vision !

Pour moi, c’est ma lecture, un peu bête, un peu couillonne, de ce passage, cette articulation dans le récit.

Après, on glosera comme on voudra sur ce terme de "vision" ! puisque cette dernière émane d'un détour imprévu (probablement téléphoné, pour vous) d'une production de l'art, mais qui cependant produit un effroi.

Après votre « théâtre intérieur de la Grande Artiste », c'est très bien possible, mais je vous dirais que je ne l'ai pas vu, en tout cas, pas comme ça.

Ensuite, vous parlez de Paul Claudel et de "son acteur envoyé au casse-pipes sans ménagement" : moi, toujours aussi nigaud, ça ne m'a pas paru aussi évident.

Sûrement pas glorifié, d'accord... mais j'y ai surtout vu un écrivain-artiste dans ses exercices quotidiens de piété et ses petites bondieuseries rituelles. Je ne suis ni de son milieu, ni de son obédience, et encore moins de son époque : tout cela m'a pourtant paru crédible, et pas particulièrement "à charge", comme vous dites ?!

Ce qui me touche alors, du coup, le film terminé, c' est la confrontation , la mise en regard , entre deux parcours et deux mondes, intimement liés entre eux. Une part solaire (lumineuse ) qui serait le monde intérieur de Camille, et une part obscure qui appartient en propre aux croyances discutables de Paul .

D' y trouver, au fond, une forme de mysticisme , quelque part, dans cette entreprise de démystication.

Grossière donc, selon vous: "exécrable", "lourd", "vulgaire", allons bon!

Baby Kaiser a dit…

Maintenant , je ne sais pas trop ce que valent vos certificats d’esthétisme ...

Par contre , il est sûr que votre rapprochement entre Import-Export, de Seidl, avec Hitchcock, quand il "commet" l'Etau, n'est pas très judicieux?!!

Je ne suis pas sûr qu'il y ait quoi que ce soit de comparable , dans la démarche " artistique" de l'un et de l'autre, à tel et tel moment de leur carrière ( ou parcours)?

Sans même mentionner que je ne trouve pas L’Etau aussi "infâme ", que vous dites!?

A la limite, vous m'auriez dit Tarantino, James Gray, Albert Serra, Lars von Trier ... pourquoi pas ?

Ou plus simplement, puisque vous l'avez mentionné... Pedro Costa! Sauf que: En avant, jeunesse ou The Rabbit hunters, c' est peut-être bien meilleur que ce que vous laisser entendre!



Anonyme a dit…

Le texte d'Eugenio Renzi sur Frances Ha. ça devrait vous intéresser Buster, ainsi que Valzeur:

http://www.independencia.fr/revue/spip.php?article793

Buster a dit…

Bof… sans intérêt. J’aime pas le film mais j’aime encore moins ce genre de note, pleine d'arrogance, où on se positionne au-dessus de tout le monde...
Le pire c’est que ça fait aussi très branché d’écrire "on reconnaît la fille d’un certain Sting et la fille d’une certaine Meryl Streep" (ah bon? moi j’étais pas au courant).
En fait on a l’impression que Renzi règle des comptes, comme s’il ne supportait pas que Frances Ha ait plus de succès que les Coquillettes :-)

Pierre Léon a dit…

J'aime beaucoup "Topaze" ("l'Etau") et Maalich.

Buster a dit…

Maalich, ça y est, je viens de recevoir le dvd...