jeudi 27 juin 2013

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Moments eluding, Greg Haines, 2012. Quand Frimousse est au piano, ou plutôt sur le piano, qu'elle y fait ses gammes (et non ses griffes), ça donne ça et c'est très beau.

Sinon, pour ce qui est des films, le meilleur de 2013 à mi-parcours (par ordre alphabétique):

- Biette de Pierre Léon
Cloud atlas de Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer
La Fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau
Le Fils unique de Yasujiro Ozu (1936)
L'Inconnu du lac d'Alain Guiraudie
Lincoln de Steven Spielberg
Promised land de Gus Van Sant
This is 40 de Judd Apatow
Tip top de Serge Bozon
Twilight's last gleaming de Robert Aldrich (1977)

[ajout du 05-07-13: After earth de M. Night Shyamalan]

Et le pire: "College boy", le clip d'Indochine (groupe toujours aussi nul) réalisé par Xavier Dolan, une merde absolue, summum d'abjection, de bêtise et de prétention, soit la confirmation que Dolan c'est vraiment bidon.

PS. Les deux premiers films réalisés par Ida Lupino: Not wanted et Never fear (1949, version originale non sous-titrée).

53 commentaires:

Eléonore a dit…

C'est étrange un Top 10 au milieu de l'année.

linconsolo a dit…

Bah dis donc, vous avez l'air content d'être "confirmé" dans votre mépris de Xavier Dolan!
Je dis ça alors qu'a priori je m'en fiche mais c'est sans doute la pique à Indochine qui m'a fait tiquer; parce que mauvais, en comparaison de tous les groupes pop aussi peu terribles qui vous font tomber en pâmoison, je trouve que c'est un peu fort de café, et j'ai le droit de m'en trouver offensé?
Nope?
Jusqu'à un certain point, c'est étonnemment correct, Indochine, cela n'engageant malheureusement que moi, peut-être. Je ne peux rien dire du dernier album, j'en suis pas arrivé là encore.
Autrement, ce top a l'air bien piteux. Alors, piteuse l'année 2013?
Parce que Lincoln avec son Obama à peine déguisé (et Spielberg qui fait l'innocent quand on lui dit que son scénariste a avoué s'en être inspiré alors que ça crève les yeux)
- ces gens se moquent un peu du monde, on est enclin à se dire.
- This is 40. Dommage qu'on ait rien pu lire de vous ici sur l'effroyable vulgarité que représente ce film.

Buster a dit…

Indochine c’est bien pour les ados boutonneux ou attardés. Moi j’ai passé l’âge…
Quant à Dolan, aucun contentement, je constate seulement que son cinéma est aussi boursouflé qu’immature et que dans le cas présent, le clip d’Indochine, avec ce noir et blanc léché, ces cadrages chiadés, ces ralentis chichiteux, bref cet esthétisme de publicitaire, d’où il ne ressort rien sinon une escalade gratuite dans la violence, comme si Dolan libérait là une sorte d’agressivité refoulée, ça donne vraiment la nausée…

Eléonore > un Top 10 maintenant c'est étrange en effet, mais c’est parce qu’il n’y en aura peut-être pas à la fin de l’année.

Anonyme a dit…

Vous allez encore nous dire que vous arrêtez Balloonatic ;-)

valzeur a dit…

Hello Buster,

Dites-moi, c'est horrifique, je partage au moins deux films avec votre pré-top (et pas tous vus). Curieusement, j'ai trouvé plus que visible "This is 40" (et comme l'intervenant outré, j'avoue une tendresse coupable pour Indochine, et notamment pour "College Boy", en faisant l'impasse sur les paroles - débiles - et sur la voix de Sirkis particulièrement limite).
Sinon, Clark m'avait prévenu, "After Earth" est un beau film, en laissant de côté le ridicule de ceci ou cela (quand je pense que tout le monde a préféré se déculotter devant le dernier JJ Abrams, qui est de la mécanique graissée à la bouillie).

Buster a dit…

Salut valzeur,
After earth, je ne l’ai pas encore vu, pas trouvé le temps, mais ça ne saurait tarder, d’abord parce que j’adore Shyamalan (même l’indéfendable Dernier maître de l’air trouvait grâce à mes yeux, en 2D bien sûr…) et aussi parce que ça m’a l’air d’être de la sci-fi de série B, ce qui ne peut que me ravir...

(sinon, une tendresse coupable pour College boy? décidément vous me surprendrez toujours)

Bob Morane a dit…

Moi j'ai 40 ans et j'aime toujours Indochine. Suis-je vraiment un ado attardé ?

Buster a dit…

Bah... oui :-)

Griffe a dit…

Une nouvelle chanson des Pixies pour l'été qui n'arrive pas :

http://www.youtube.com/watch?v=lGdSYPh5_BI

presto a dit…

Et les Top 10, 5, truc, machin, c'est pas un peu ado attardé ? On a tous fait ça à 15 ans, les listes, les filmos, les notes, les petites étoiles, mais là il serait peut-être temps d'arrêter, non ?

Buster a dit…

Ouais c’est ça... Et si on se faisait un Top 10 des meilleures chansons d’Indochine?

Murielle Joudet a dit…

je vous recommande Frances Ha qui sort la semaine prochaine, et puis Léviathan risque de vous plaire. Personnellement j'attends le nouveau Hong Sang-Soo, "Haewon et les hommes".

Sinon, je préfère le Brisseau au Guiraudie,
et All the marbles à Twilight's last gleaming.

Cordialement.

Buster a dit…

Merci pour les recommandations, le Baumbach et le HSS (pas avant l’automne?), très impatient de les découvrir moi aussi… All the marbles, oui bien sûr, le film est plus beau encore mais ce n’est pas une nouveauté, à la différence de la version longue de TLG…

Murielle Joudet a dit…

HSS c'est pour le 16 octobre, avant-première le 3 juillet au MK2 Bibliothèque (ah le monde magique et fou des avant-premières), j'en frétille déjà.

Buster a dit…

Ah zut, impossible le 3... du coup je vais attendre un peu pour frétiller :-)

Topkapi a dit…

After Earth (quand même loin des meilleurs films de Shyamalan) a pour lui l'avantage de la modestie - autrefois il aurait pu être une de ces séris B de science-fiction confiées aux bons soins d'Edgar G. Ulmer -, d'un scénario linéaire et cohérent - simple comme un film de guerre des années 50 : un trajet à accomplir dans un environnement hostile - et d'une mise en scène lisible. Déplorons quand même l'interprétation médiocre de MM. Smith père et fils. Dans la bouillie visuelle proposée par J.J. Abrams à partir d'un scénario assez confus, le prologue (les arbres rouges, Spock dans le volcan), plutôt prometteur, est toutefois sauvable, ensuite on peut quitter la salle pour s'éviter une migraine.

P.S. : je propose de faire du 3 juillet le Greta-Gerwig Day, jour férié. on pourra donc prendre une journée off et aller voir Frances Ha et le Hong Sang-soo.

presto a dit…

C'est vrai Buster, vous allez renoncer à vos listes ? à vos Top truc ? Vous trouvez aussi que ça fait ado attardé ? Bonne nouvelle.

Buster a dit…

Oui mais un blog Topless ça fait un peu nu, non?

Un ticket Greta Gerwig-HSS pour le 3: Ha Ha Ha...

Buster a dit…

Sinon Haewon et les hommes, ça fait renoirien évidemment, mais le titre original, Nobody’s daughter Haewon, "Haewon fille de personne", ça m’évoque plutôt la chanson de Jeanne Moreau écrite par Rezvani:

Je ne suis fille de personne

Donc Truffaut aussi...

Anonyme a dit…

Le titre français « Haewon et les hommes » semble avoir été soufflé au distributeur par olivier Père : http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/02/15/berlinale-2013-day-8-nobodys-daughter-haewon-dhong-sangsoo-competition/

Jean-Jacques a dit…

Et le film d’Axelle Ropert, vous l’avez-vu Buster ? il sort une semaine avant celui de Bozon

Buster a dit…

Hé hé… honneur aux dames, il est galant Bozon. A part ça, j’ai pas vu le film.

valzeur et Topkapi m’ont appâté avec leurs commentaires sur After earth, je voulais le voir aujourd’hui, mais bon, voir un blockbuster (même si c’est un faux) dans un multiplex un dimanche, qui plus est le jour de la fête du cinéma, j’ai beau être un ado attardé, c’est trop dur pour moi… j’irai le voir plus tard.

Anonyme a dit…

"Oui mais un blog Topless ça fait un peu nu, non?"

Nous on veut un blog topless et sans slip, comme chez Guiraudie! :D

Buster a dit…

Et puis quoi encore…

Sinon, quelqu’un a-t-il vu le Renard jaune de Mocky?

UnfandeJeanLabeillé a dit…

Pas encore vu le Renard Jaune mais j'ai vu: le Mentor, Alliance Cherche Son Doigt, Le Dossier Toroto, Crédit Pour Tous, Les Insomniaques, Grabuge!, Les Ballets Ecarlates, Touristes, oh yes!, Le Furée, La Bête de Miséricorde, Vidange, Bonsoir, Noir Comme Le Souvenir, Ville à Vendre, Il gèle en enfer, Une nuit à l'Assemblée Nationale, Les Saisons du Plaisir, Agent Trouble, Le Miraculé, La Machine à Découdre, Le Pactole, A Mort l'Arbitre, Y a-t-il un Français dans la Salle, Le Piège à Cons, Le Témoin, L'ibis Rouge, Un Linceul n'a pas de Poches, Chut!, Solo, L'Etalon, Les Compagnons de La Marguerite, La Grande Lessive, La Cité de L'indicible Peur, Un drôle de Paroissien, Les Vierges, Snobs!, Un Couple, les Dragueurs,
et peut-être que j'en ai oublié un ou deux.
J'en suis pas fier mais qui dit mieux?
Un top s'impose, je pense.

Buster a dit…

Hé hé… j’en ai pas vus autant mais j’ai vu aussi l’Albatros, l’Ombre d’une chance, Le mari de Léon, La candide Mme Duff, 13 french street…

PS. C’est Jean Abeillé.

§ a dit…

Moi j'ai vu (et c'était avant qu'ils ne sortent tous en DVD) :
Les dragueurs / Un couple / Snobs / Les vierges / Un drôle de paroissien / La grande frousse ou la cité de l’indicible peur / La bourse et la vie / Les compagnons de la Marguerite / La grande lessive / Solo / L’étalon / Chut ! / L’albatros / L’ombre d’une chance / L’ibis rouge / Un linceul n’a pas de poches / Litan / Y a-t-il un français dans la salle ? / A mort l’arbitre / Le pactole / La machine à découdre / Le miraculé /Agent trouble / Les saisons du plaisir / Nice is nice / Une nuit à l’assemblée nationale /
Divine enfant / Il gèle en enfer / Ville à vendre / Le mari de Léon / Bonsoir / Noir comme le souvenir / Alliance cherche doigt / Vidange / La bête de miséricorde / Les araignées de la nuit / Le furet / Grabuge / Le bénévole

UnfandeJeanAbeillié et Buster, je constate que vous n'avez pas vu Litan, son film fantastique, et sûrement l'un de ses plus beaux.

J'ai été très fan de Mocky, mais j'ai un peu laissé tomber ces derniers temps. Son indépendance et sa rage restent admirables mais les résultats m'attristent un peu. D'ailleurs, j'aurais pu ajouter à ma liste la série TV Mister Mocky Présente : c'est nul mais ça touche par sa façon de rester du Mocky malgré tout.

Idée de film : un remake de Parking par Mocky avec Nicolas Sirkis dans le rôle d'Huster. En tous cas, ce serait mieux que le remake d'Un drôle de paroissien par Xavier Dolan avec Niels Schneider...

Topkapi a dit…

Après les nudistes de Guiraudie, voici Jean l'habillé... (hum)

Buster a dit…

Il doit en manquer encore quelques uns… Litan je ne l’ai jamais vu en effet, sinon mes préférés de Mocky: surtout ceux des années 60-70 comme les Compagnons de la marguerite, Solo, L’ibis rouge, le Témoin… premiers titres qui me viennent à l'esprit.
Le remake du Demy avec Sirkis (dans le rôle du chanteur qui chante comme une casserole à l'image de Huster) s'intitulerait Parquinge évidemment.

A poil et Abeillé c'est possible: Dossier Toroto

Topkapi a dit…

Vous qui verrez Le Renard jaune n'attendez surtout pas Solo, L'Albatros, Litan ou l'Ibis rouge (en gros ceux que je préfère ; le plus inepte étant sans doute Le Glandeur mais j'ai vu peu de ses films des 10 dernières années). Moins combatif ou véhément, Mocky témoigne surtout désormais de son profond désenchantement.
Passons sur les approximations - film tourné en une semaine, ce qui donne 12 minutes utiles par jour de travail - on peut même apprécier la pluie tombée subrepticement lors d'un champ-contrechamp, Béatrice Dalle qui change de prénom, les acteurs qui bafouillent, etc

Soit un lieu unique (le bistrot, si on excepte deux trajets en voiture et la séquence à la morgue) et un temps compté (du vendredi après-midi au samedi soir - il y a presque un plan de pendule par minute de film) : un endroit de relégation où les outcastés du cinéma français (anciennes gloires plus ou moins justifiées et/ou plus ou moins éphémères désormais has-been, tricards, retraités) interprètent des outcasts de la société (vieux, immigrés, balafrés par la vie et au bout du rouleau), et boivent pour oublier que le temps, plus que tout, les a rattrapés (si j'ai bien entendu - en tous cas j'aime assez l'idée - le personnage de Lonsdale est censé avoir 53 ans et Béatrice Dalle 40).

Le début est laborieux (Lonsdale n'a pas encore fait entendre sa petite musique) ; l'idée étant qu'il faut d'abord que Charles Sénac (Bohringer) éructe d'insupportables vérités à la figure des autres personnages, pour que dès sa disparition ils puissent retrouver de la place pour exister, faire entendre leur voix, et que le spectateur de son côté éprouve un coupable soulagement, le meurtrier ayant donc satisfait l'attente générale (en plus d'un lourd passif, Sénac a ajouté entre-temps à ses injures une maladroite tentative de viol). Mais c'est à double tranchant : le spectateur obtient son jouet, un whodunit, et les personnages libérés de Sénac ont tout loisir de vivre c'est-à-dire aussi de se bercer d'illusions. Sénac / Bohringer, qui secouait tout le monde, était aussi un double de Mocky en colère.

Quoi d'autre ? L'habituelle absence de nuance (les journalistes, la femme cougar...) nuit entre autres au potentiel comique, le film recycle des conventions antédiluviennes (le peintre raté) mais aussi les détails marrants (un clown au fond d'un plan, Stévenin qui vapote ou une scène à la morgue) ; il y a enfin une idée étonnante (scène de Lonsdale devant sa télé, je n'en dis pas plus), qui semble moquer l'obsession du terrorisme islamiste dans les sociétés occidentales (d'une certaine façon ça ruine l'objection éventuelle selon laquelle l'imaginaire de Mocky lui ferait filmer la société du passé, exclusivement blanche, moquer la seule religion catholique, accorder sa tendresse à des immigrés eux-mêmes blancs, etc. C'est que le propos se voulant général, Lonsdale ici était peut-être arabe et nous ne l'avions pas vu)

Mocky fait rapidement le tri entre ceux des personnages pour lesquels il éprouve de la tendresse, et les autres (notamment ici les imposteurs et les renégats - anciens cyclistes ayant retourné leur yellow jacket). On peut faire le tri aussi parmi les acteurs : comme ils sont livrés à eux-mêmes, certains errent (Diefenthal, Stévenin fils) ou surchauffent sur place (Duléry), d'autres se reposent sur les "ficelles du métier" (Brasseur) ou s'emparent peu à peu de leur personnage (Stévenin père) ; Dalle sans fard est émouvante (à vrai dire la balafre de convention était même superflue), et il y a l'inégalable Michael Lonsdale, la planète Melancholia du Renard Jaune, qui n'excelle pas seulement à faire semblant de jouer du piano, et auquel le film (dans sa partie finale particulièrement) doit beaucoup.

P.S. Le remake de Parking ne peut qu'améliorer l'original (mais doublé ou pas Sirkis ?) ;-)

Buster a dit…

Super! Merci Topkapi...

Y'a plus qu'à voir le film (au Desperado de préférence)

Anonyme a dit…

Litan, c'est le film favori de Mocky lui-même, mais c'est chiant.
C'est clairement pas adapté de Jean Ray, ça part en couilles, c'est un peu belge, c'est vraiment un truc de petit malin de conseiller ou d'aimer ce film.
J'ai toujours aimé Mocky mais à quelques exceptions près, ses films sont consternants d'un certain point de vue.
Les films de ces dernières années sont faits avec moins d'argent mais ne le sont pas davantage (consternants), c'est juste que ce sont les mêmes et qu'on y est habitué, mais crédit pour tous, c'est bon, les insomniaques aussi, et dans sa série, façon Alfred Hitchcok présente, il y a des bons épisodes. Quand on voit un Mocky désormais, on rigole bien, et on guette l'apparition de Jean Abeillé. Dans "Le Mentor", il apparaît en patron de spa torse nu qui se balade, donc, les seins à l'air.

yep, je me suis trompé sur son nom, c'est pas grave. Merci de la correction.

Anonyme a dit…

Mais , comment fait-on pour voir autant de films de Mocky ?!! Faut vraiment être complètement frappés ? ! ou n’avoir rien d’autre à faire (à voir)! :-D

J’ai sûrement pas vu les meilleurs (Litan, donc?) , mais le peu que j’ai vu, m’a largement suffi!

Le dernier que j’ai vu (Le Furet), je suis parti ... au bout d’une heure! En plus, si je m’étais écouté ce soir-là , je serais parti bien avant ! :-D

Anthony Prunaud.

§ a dit…

Je ne vois pas en quoi il est "petit malin" d'aimer Litan. Je trouve bien plus "petit malin" de dire que les films de Mocky ne sont pas plus consternants aujourd'hui qu'avant, et pas très malin d'ajouter que "ce sont les mêmes" mais "qu'on y est habitué"...

Dans Litan, tout l'univers comique de Mocky y devient soudain très inquiétant (les "gueules", les masques, les fanfares...), il y va au bout de son inclinaison pour le fantastique, qui lui vient sans doute un peu de Franju, et que l'on retrouve notamment dans La Cité de l'indicible peur (grand film).
En plus, la musique de Litan est de Nino Ferrer, et ce n'est pas rien.
La bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=CQta25IKuCA

Buster a dit…

Comme la plupart je n’ai pas vu les derniers films de Mocky (rien depuis 13 french street) et je veux bien croire que certains sont difficiles à sauver… Reste que j’ai une réelle tendresse pour le cinéaste, le seul vrai franc-tireur du cinéma français. Réduire ses films à des nanars anars et autres oeuvrettes bâclées, m’a toujours indisposé car même si c’est le cas aujourd’hui, c’était déjà ce qu’en disait la critique dans les années 70, à une époque où les films de Mocky étaient pourtant tout sauf bâclés (science du cadre, sens du rythme, montage cut, dramaturgie du décor, tout ça au service du récit)… Et puis dans le registre de la satire et du polar, il fut certainement (avec Chabrol mais qui lui oeuvrait à l’intérieur du système, au grand jour, alors que Mocky est plus un cinéaste de l'anti-système et de la nuit) ce que le cinéma français a produit de mieux. Je pense tout d’un coup à Vidange, un très beau film, peut-être son dernier grand film. Un cinéma de la bêtise, de l’immonde, mais aussi d’une profonde inquiétude, expliquant peut-être que Mocky ait été voué dès le départ à l’impopularité et à la solitude, avec le risque également qu’en s’asséchant (faute d’argent mais surtout de réelle inspiration), il ne soit plus aujourd'hui qu'une sorte de caricature de lui-même...

Serena Williams a dit…

Buster, faute de voir le film de HSS, vous pouvez vous consoler en frétillant devant votre chouchoute Marion Bartoli, elle va gagner Wimbledon cette année... :-D

Buster a dit…

Hum... c'est vrai que j’aime bien Bartoli parce qu’elle détonne dans le milieu mannequinisé du tennis féminin, mais de là à frétiller, euh non, quand même pas… :-)

Anonyme a dit…

Alors, il est comment le Hong Sang-Soo?

Buster a dit…

Je l'ai pas vu!

(vous confondez avec miss Joudet)

Anonyme a dit…

Biette de Pierre Léon ? C'est vraiment bien ce truc ?

Topkapi a dit…

Impossible de trop parler ici du film par égard pour tous ceux qui le découvriront en octobre. Mais on aura compris que le personnage central est une jeune femme. Comme Frances Ha, elle boit (mais pas de vodka), elle lit (La Solitude des mourants de Norbert Elias), elle a la même sonnerie de téléphone portable que Frances Ha, mais ce n'est pas Frances Ha. D'ailleurs, quand elle court, ce n'est pas droit devant elle "à la Carax", mais en boucle...

Buster a dit…

Ha Ha Ha (c'est bien ce que je disais)...

Programme chargé ce week-end, maintenant que la fête du cinéma est finie: After earth, Frances Ha, The bling ring et... le Goût du saké, un des plus beaux films du monde, que je peux revoir indéfiniment.

Murielle Joudet a dit…

très triste, très dévidé, très silencieux, le HSS; à rapprocher d'Oki's Movie.
Première fois, il me semble, que HSS évoque ici et là la mort - entre autres, le livre (pas lu) de Norbert Elias, dont la thèse sur le secret (divulgation du secret sexuel, entrée de la mort dans le secret) est à mettre en relation avec le secret du film...En somme, c'est un peu La jeune fille et la mort à la sauce HSS.
Ca va, je n'en ai pas trop dit (de toutes façons je m'en fous, Buster spoile comme un porc la plupart du temps).



Cordialement ;-)

Buster a dit…

Moi je spoile comme un porc? C’est n’importe quoi… :-)

Sinon la mort c’était le thème de Conte de cinéma.

trop top - trop tard ?-D a dit…

Mon top de "mi-parcours" (euh, avec pas mal de retard, mais... d'avance, aussi !-]

01. Passion, de Brian de Palma
02. Film surprise (sortie mi-novembre)
03. Haewon et ses hommes, de Hong Sang-soo
04. Shokuzai 1&2, de Kiyoshi Kurosawa
05. La Fille de nulle part, de Jean-Claude Brisseau
06. Tip Top, de Serge Bozon
07. L'Inconnu du lac, d’Alain Guiraudie
08. To the wonder, de Terrence Malick
09. Camille Claudel, de Bruno Dumont
10. Frances Ha, de Noah Baumbach

Bonus : 3 x 3D - segment Les Trois désastres (JLG)

Murielle Joudet a dit…

ah oui tiens, je l'ai un peu oublié celui-là.
(désolée pour la vulgarité, mais parfois j'aime bien ça)

Buster a dit…

Bon c’est vrai j’ai un peu tendance à spoiler, mais toujours proprement, et puis spoiler un film où les acteurs sont à spoil c’est normal, non? :-)

Albin, je vois que ton n°1 n’est… palmien :-) quant au n°2 il porterait pas de la fourrure par hasard?

A part ça, je sors du Shyamalan, c’est vraiment un beau film, l’éreintement par la critique, bien que prévisible, me laisse sans voix…

valzeur a dit…

Hello Buster,

Hé hé, d'accord avec vous sur le Shyamalan ! Griffe et moi venons de voir Frances Ha. Nous parions par avance que vous aimerez (contrairement à nous). C'est même, pour ma part, le film le plus déplaisant vu cette année (quoique non dénué d'un petit talent). Et j'écris ça après avoir vu précédemment Le Congrès qui est une ignominie de connerie et de laideur (C'est bien simple, Avalon de Mamoru Oshii, à côté, c'est 2001, si vous pouvez imaginer).

Griffe a dit…

Salut Buster, on sort du Baumbach, valzeur et moi : mon collègue vous attend au tournant... Sinon – parce que j'en suis le premier surpris et pour faire de vous l'un des premiers prévenus – le Desplechin est admirable, vraiment. J'ai tellement détesté ses films précédents que me voilà forcé de me l'avouer publiquement. Le film d'Avi Mograbi qui sort d'ici peu est extraordinaire lui aussi. Ces deux-là m’ont laissé comme deux ronds de flanc. Ce sont mes films préférés de l'année à cette heure, avec « Paradis : Amour » de Seidl, qui a été affreusement maltraité par la critique alors que c’est au moins le plus grand film brechtien de ces dernières années, et qu’il est tout sauf obscène ou complaisant comme on l’a bêtement écrit… Bonne nuit !

palm - springs :-D a dit…

Hé hé ! comme tu vois, pour Passion… je ne suis pas près de lâcher pas le morceau !!!-D

Tiens, à propos… puisque tu le soulèves – et si, bien sûr, tu permets que je m’amuse à mon tour –, je me demande toujours pourquoi, ici, les classements de tes « Tops de l’année » (ou en cours, donc) sont alphabétiques ; alors que, sur le collectif Zoom arrière [PUB !-], tu proposes plus volontiers un ordre de préférence pour ce qui est des dernières recensions (54 & 55 ?-]

Ensuite, pour revenir au présent, et à ton Top éventuellement « classé » (par ordre de préférence, hein !-) en mi-parcours de cette année, je ne sais pas, mais… mon petit doigt me dit que ton « Number one » (à toi), est quand même, quelque part, dans mon palmarès à moi (ci-dessus ?-D enfin, disons plutôt que ton préféré ne me paraît pas trop difficile à deviner !?-D

Bien sûr, nos classements respectifs ne sont pas définitifs - l’année est loin d’être terminée ; d’autant que des films très alléchants (sur le papier, du moins) vont venir ponctuer nos mornes journées du deuxième semestre – je songe, par exemple, à ceux de Claire Denis ou Neill Blomkamp, au Polanski, qui a l’air de bien se porter (mais, que je n’ai toujours pas vu, en fait !-D peut-être également le Desplechin ? et, allez, euh, même… pourquoi pas, le Kechiche (hum, hum, huuum !!?-D

« Beau », le Shyamalan ? Ah ?-]

Bon, dans l’ensemble, je l’aime bien, son After shave (ahem !-] mais, de là, à employer ce qualificatif, ça me paraît tout de même bien excessif !? le film est sur plusieurs plans défendable ; mais, le « survendre »… ce ne serait pas vraiment très « honnête » ;-D

Il ne te reste alors plus qu’à t’en expliquer plus clairement, au détour d’un prochain billet ?-D

Buster a dit…

Salut valzeur et Griffe,
Frances Ha, je vois ça demain, je vous dirai… le Congrès ça me dit pas trop, d’autant que je n’avais pas aimé Valse avec Bachir… Et le Desplechin m’intrigue beaucoup. Dans Rois et reine, l'ethnopsychiatrie était réduite à une blague assez vulgaire, Amalric allongé sur le divan et une grosse psy noire qui s’appelait Devereux, le film sans être nul partait dans tous les sens sans qu’on arrive à suivre… J’ai l’impression que Jimmy P. c’est exactement l’inverse.

Albin, l’ordre de préférence j'y recours quand ça me paraît évident, ce qui est le cas pour des films anciens, vus et revus, que je peux comparer… pour les films récents, c’est plus difficile, le plus souvent je commence et puis j’abandonne...
Si si le Shyamalan est "beau", et l'affirmer ce n'est pas le "survendre", c'est juste réparer une injustice.

Vincent a dit…

Tout à fait d'accord sur Mocky. Ses films des années 60 sont de petites merveilles qui n'ont rien de bâclé. Il a conservé ce style inimitable sur certaines œuvres des années 70, 80 parfois 90. Ensuite, pour ce que j'en ai vu comme la plupart des gens, il s'est enfermé dans un système dégradé par des moyens trop ténus. Financiers je veux dire...
Par contre ce n'est pas le seul franc-tireur. Il y aurait au moins Vecchiali et Jean Rollin.

Buster a dit…

C’est juste, disons alors que Mocky est le plus franc-tireur des francs-tireurs, puisque contrôlant toutes les étapes de ses films: production, création, distribution, exploitation, une indépendance totale qui évidemment se paye…