mardi 16 avril 2013

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Quelques notes (inachevées):

- "L'Amateur (celui qui fait de la peinture, de la musique, du sport, de la science, sans esprit de maîtrise ou de compétition), l'Amateur reconduit sa jouissance (amator: qui aime et aime encore); ce n'est nullement un héros (de la création, de la performance); il s'installe gracieusement (pour rien) dans le signifiant: dans la matière immédiatement définitive de la musique, de la peinture; sa pratique, ordinairement, ne comporte aucun rubato (ce vol de l'objet au profit de l'attribut); il est - il sera peut-être - l'artiste contre-bourgeois." (Roland Barthes par Roland Barthes, 1975)

Appliquée au cinéma, cette réflexion de Barthes, qui, c'est vrai, n'aimait pas le cinéma, me fait penser à Biette, Arrietta et d'autres encore...

- Vu Cloud atlas des Wachowski, Andy et sa "nouvelle" sœur Lana, et l’âme-sœur de celle-ci, l’Allemand Tom Tykwer, et The place beyond the pines de Derek Cianfrance, pour qui Ryan Gosling est comme un frère, même si, dans le film, il s'en débarrasse au bout de trois-quart d'heure. Deux films très différents, imparfaits - le premier a un petit côté ringard, le second est assez roublard (c'est pourquoi je préfère quand même le premier) -, mais stimulants dans leur manière de travailler le récit. En entrecroisant les histoires, les époques et les genres (Cloud atlas), six au total, via les mêmes comédiens "transformés" d'une histoire à l'autre (mais rien à voir avec le queer, ici c'est plutôt du frégolisme kitsch); en dépliant trois histoires (The place...) qui, chronologiquement, se suivent, via le thème (archi-rebattu dans le cinéma américain) de la culpabilité et de la relation père-fils. Evidemment toutes ces histoires ne se valent pas - dans Cloud atlas, c'est le thriller seventies (signé Tykwer) et la SF dystopique (signée Wachowski) que j'aime le plus - mais peu importe, c'est leur combinaison qui compte. Cloud atlas est impossible à raconter (cf. le résumé sur Wikipedia), on n'est pas sûr de tout comprendre, même si la philosophie y est des plus simples (simplistes?), mais on est happé par le mouvement du récit qui voit les histoires s'imbriquer, se fragmenter, tels des... nuages dans le ciel. The place beyond the pines se suit à la manière d'un feuilleton, même si l'intensité y est decrescendo, d'une histoire à l'autre, même si on souffre de l'enchaînement brutal entre les histoires, plantées là comme... trois pins au milieu d'un champ, qui plus est en pente, mais qu'on finit par remonter...

- Vu Effets secondaires de Soderbergh (surtout pour le joli minois de Rooney Mara). Ha ha ha... (rire nerveux). Si Passion de De Palma manquait de passion, Effets secondaires, lui, est particulièrement toxique. Le problème est que, n'ayant pas lu la notice, pour ne pas découvrir l'intrigue à l'avance, une intrigue hautement tarabiscotée (ça commence comme un film à thèse, genre Erin Brockovich ou Traffic, ici sur les antidépresseurs, puis ça vire au grand portnawak psycho-pharmaco-sexo-criminologique, avec des rebondissements nanardesques à n'en plus finir), je ne connaissais pas non plus les effets indésirables: maux de tête, somnolence, indigestion, irritabilité... Or, comme un fait exprès, je les ai tous ressentis, à un moment ou un autre du film, jusqu'au sentiment de persécution: pourquoi Soderbergh m'inflige-t-il une telle daube? Bah oui, non seulement le film est bourré d'effets secondaires, mais en plus son efficacité est proche de zéro. Ce qu'on appelle l'effet placebo...

(à suivre)

7 commentaires:

Anonyme a dit…

ça s'arrange pas ici

Lucie a dit…

J'ai vu Cloud Atlas.

Le film est génial !

Un futur classique ... dans 10 ou 20 ans.

Buster a dit…

Oui je compte revenir dessus, là c'était juste une petite intro... nébuleuse! :-)

Laurence a dit…

Cloud Atlas film génial, les bras m'en tombent !

Enfin, passons...

Anonyme a dit…

Mais pourquoi tout le monde s'inflige-t-il le dernier Soderbergh ? Pourquoi les commentateurs balancent-ils leurs opinions tranchées (élan d'enthousiasme ou un dépit dédaigneux qu'importe) sans jamais argumenter le moins du monde ? Pourquoi personne ne parle-t-il de la ressortie de Flammes ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Buster a dit…

Vous avez mille fois raison anonyme, Flammes est l'un des plus beaux films qui soit (je l'avais d'ailleurs retenu dans mon Top 10 des films français des années 70 et mis quelques extraits en ligne sur le blog).

J'en parlerai quand je l'aurai revu, dans sa version restaurée et légèrement corrigée (pas évident, il ne passe que dans deux salles à Paris), mais bon, en attendant, quelques mots peut-être dans ma prochaine note...

Buster a dit…

ça y est la note est écrite...

(Flammes l'un des plus beaux films qui SOIENT, évidemment)