samedi 30 mars 2013

[...]

M. Didon n’est pas d’accord avec ce que j'ai écrit sur le dernier De Palma, et tient à le faire savoir. Je lui laisse donc la parole:

mobile - faun

Revu hier soir, Passion... disons, pour les besoins de la cause!, la "cause depalmienne", s’entend! puisqu’on ne trouve pas beaucoup de "depalmiens", ajoutons "totalement affichés" sur la Toile cinéphile (la blogociné) - ou alors, qu’ils se manifestent, pardi!
Peut-être pas un des meilleurs, mais plutôt... un bon. Si, si! En tout cas, déjà un de mes préférés (de son auteur, également parmi les films sortis en début de cette année). Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il n’y ait pas de mauvais (films de) De Palma... euh, "à mes yeux"! mais, pas tant que ça non plus: Mafia salad, c’est assez catastrophique, et Get to know your rabbit, de mémoire, pas terrible; mais le reste, souvent décrié, tient relativement la route - même The responsive eye ou Dionysus in 69!
Bon, parlons un peu du film; et des raisons pour lesquelles je l’apprécie. D’abord parce qu’il est "déroutant". Ce fut à peu près ma première sensation, ou mieux, mon premier "contact" avec le film. Ou assez déconcertant: totalement dérouté de ne plus y trouver "mon grand virtuose" des grosses machines à grand spectacle ou celui des intrigues alambiquées et des scénarios torturés. Or, en le revoyant, je me suis aperçu que ça y était - et même, que pratiquement tout mon De Palma adoré y était!
Il y a en fait trois films, au moins, dans Passion. Le premier dure une cinquantaine de minutes: ce serait une sorte de documentaire sur le monde des femmes d’affaires dans le milieu de la pub, chargées de promouvoir l’I-phone de chez Apple (où Christine "initie" en quelque sorte Isabelle au business). Le deuxième dure une trentaine de minutes, et c’est le processus d’une machination apparemment infaillible pour un crime parfait, jusqu’au récit du témoin-complice (Dani, la rousse). Le côté "film noir" du scénario. Sur cet aspect, plus d’un critique n’a pas manqué de citer l’écrasant modèle dans le même genre: Beyond a reasonable doubt (L’Invraisemblable vérité) de Fritz Lang. Et le troisième, ce sont les enchaînements de séquences de rêves.
A partir de ces trois films, je me dis qu’on pourrait en voir un quatrième: il s’agit de voir comment De Palma retravaille sa "manière" (ou si l’on préfère sa "matière"). Déjà, il est frappant de constater que Passion n’a, sur le plan formel, rien à voir pour ainsi dire avec les films passés, disons des films de genre du début jusqu’à ceux de la "grande période" (ceux des années 70 jusqu’à Snake eyes en 98), et peu non plus avec les cinq derniers en date. Une construction à quatre étages, si l’on veut, ou une "pièce montée" qui se présenterait ainsi: premier étage, le monde du marketing, puis au deuxième étage, l’intrigue policière, et au troisième, les rêves; enfin, au rez-de-chaussée, l’imaginaire du cinéaste. On y voit alors à peu près tous ses motifs-phares, depuis ses débuts - disons, au moins à partir des années 70. Je les cite en vrac: les sœurs jumelles de Sisters, une énième variation autour d’une scène de douche (avec meurtre au bout), ou de bain (comme dans Femme fatale), le "fétichisme des chaussures", le thème musical de Pulsions, emboîtements de rêves comme dans Raising Cain, strangulation comme dans Body double, jeux d’ascenseurs, split-screen, etc. Ce n’est pas tant d’inventorier toutes les scènes (ou motifs récurrents) qui est important, que de voir comment elles sont reformulées - leurs variations. Et d’observer comment quelques décennies plus tard elles résonnent dans le dernier ouvrage. Je ne m’étendrais pas là-dessus. Je mentionne juste que le "troisième film" fait re-basculer le récit des deux films antérieurs (le "quasi documentaire" et la "machination").
Un titre curieux: "Passion", mais de quoi au juste? Là, c’est tout bête, mais ne pas le relever, c’est vraiment passer à côté de l’œuvre! Il y a juste à revenir aux fondamentaux de l’auteur. D’abord, c’est moins l’idée de la passion amoureuse (et ici, lesbienne), que celle - pour le moment, énoncé superficiellement - de l’image, des images, de toutes les images. Et à partir de là, tout se décline, ou se déploie pour parler dans le coup. Passion du double, bien sûr, des dédoublements - et par ricochet la constante interrogation autour des masques - ensuite trouble des apparences, et finalement vertige des illusions. A l’arrivée, oui: illusion de la passion amoureuse, néanmoins. Passion (le film), c’est si l’on veut: le double et son (rapport au) réel. Voir le film sous cet angle, c’est découvrir la vivacité d’un regard sur le monde contemporain (qui prétend être moderne); ou encore, la modernité d’un regard sur le monde actuel, qui prétend s’attacher au réel. Passion nous dit en somme que le réel est une illusion, un abominable mensonge qui n’arrête pas de s’étendre (la validité des "preuves consistantes" est très fragile). Une vaste supercherie. Mais, plus encore, dans le monde d’aujourd’hui, dans le monde des images à portée de mains (l’I-phone), à portée des yeux (les écrans sont omniprésents: au bureau, à domicile, dans la rue), à portée... du postérieur aussi ("Ass-cam" !?!), il n’y a qu’un imaginaire cauchemardesque (viral): les désirs aboutissent au crime, les victimes poursuivent leurs bourreaux, et les doubles guettent toujours l’original.
Le spectateur-critique serait alors tenté d’avancer l’hypothèse qu’"il n’y a de réalité que dans l’image". Or, De Palma semble lui souffler: "Non. Mais seul l’imaginaire produit le réel." Aussi, pour conclure provisoirement, je ne suis pas loin de croire qu’aimer - vraiment - Passion (le film signé par De Palma), c’est, au fond, aimer passionnément le cinéma - le vrai!

[ajout du 03-04-13] Une petite note (ancienne) sur l’éblouissement chez De Palma (à propos de Femme fatale):

Dans Femme fatale, le jeu de la forme donne parfois l’impression de tourner à vide. Les personnages féminins ne sont plus que des figures en mouvement, glissant à la surface du film (je ne parle pas des personnages masculins dont l’inconsistance est telle qu’ils deviennent inexistants). Si chez De Palma "tout commence par l’éblouissement", comme dit Starobinski à propos de... Corneille, dans Femme fatale tout n’est plus qu’éblouissement, à l’image du pendentif de cristal. Défaut peut-être en rapport avec le projet secret de De Palma de refaire Body double en le débarrassant du "romantisme ridicule" (dixit l’auteur) qui gâchait la fin du film. Défaut qui n’en est peut-être pas un si on inscrit Femme fatale dans cette voie vers l’abstraction où s’est engagé l’artiste. Car d’un autre côté, quel éblouissement! La mosaïque, figure depalmienne par excellence, n’a jamais été aussi éclatante. C’est "la mosaïque, mère du vitrail" selon l’expression de Malraux. Celle des diamants et des surfaces optiques, à la beauté lumineuse et parfois aveuglante. Celle aussi qui assemble les éléments, accole les morceaux. La juxtaposition des pièces. Ce qui compte n’est pas tant la composition finale, si éblouissante soit-elle, que le principe même d’assembler. Le fait qu’à chaque élément doit correspondre une place et une seule. Comme s’il fallait trouver pour chaque plan l’endroit idéal où placer la caméra. Comme si le jeu (le puzzle) consistait à chercher indéfiniment le bon point de vue - celui qui dit la vérité - parmi la multitude de points de vue, cette quête de la bonne place régissant toute la dynamique du film. Soit en balayant la surface - cf. l’œil tentaculaire dans le long plan-séquence du vol des bijoux - soit en se focalisant sur le détail, comme le caméscope filmant en continu (telle une caméra de vidéosurveillance) la terrasse d’un café de Belleville. De la reptation du "serpent laser" à la fragmentation du photomontage (équivalent du split screen), ce sont toujours les mêmes pérégrinations, celles d’un œil qui vient révéler, non pas ce qui serait caché derrière l’image mais - comme l’œil de Cézanne explorant le motif - tout ce qui est présent à la surface d’une image.

26 commentaires:

- et découvertes :-D a dit…

[B] (deuxième temps)

- Merci donc d’avoir publié ce billet… euh, rédigé d’un seul jet pratiquement, il y a plus de trois semaines maintenant !-D (et globalement très bien accueilli dans mon entourage !-D

En me relisant, il y a bien deux ou trois bricoles par-ci par-là que je modifierais encore, mais bon, tel qu’il est, il me plaît très bien comme ça.

Juste que… euh, juste que le point qui traîne à la fin du titre, après « faun[.] » n’a pas lieu d’être.

Ce n’est bien sûr pas horriblement grave ; donc, euh, si ça ne t’enquiquine pas trop (hum, désolé d’être aussi maniaque là-dessus)… mais pourrais-tu, s’il te plaît, le retirer ?-D

En ce qui concerne la discussion, il vaut mieux effectivement l’engager quand tu auras pris le temps de le revoir… plus sereinement !-D d’autant qu’une troisième vision rend le film encore plus éblouissant !-D

Enfin, pour ce qui est des films de ce mois-ci à découvrir, si tu permets que je t’en conseille deux ou trois…

Personnellement, ces dernières semaines, j’ai plutôt apprécié – sans emballement hystérique non plus –, le « No », de Pablo Larrain et le « Camille Claudel – 1915 », de Bruno Dumont.

En revanche, moi qui ne suis pas « malickien » (pour un… soûl !-), je suis très favorable « à sa merveille » !?!-D (j’en reste encore tout étonné !-D

Reste le cas de Spring breakers (d’Harmony Korine, euh, et… Agnès B. ?-), puisque ça a fait son « buzz » : c’est pas tout à fait ça… sans que ce ne soit non plus « honteux » – contrairement à ce que pourraient claironner vaillamment certains (ahem !-D

Buster a dit…

OK je retire le point. Si tu veux que je corrige d’autres passages, pas de problème.
Le Malick je le vois ce soir, j’en parlerai à mon retour...
Prévus aussi les films de Dumont, Apatow, Cianfrance, Almodovar et Cloud Atlas des Wachowski et Tykwer dont on m’a dit le plus grand bien (si si).

Anonyme a dit…

quand on est un passionné de depalma comme mr dindon, passion ne peut être que passionnant

Buster a dit…

C’est Didon, pas Dindon :-) lequel Didon nous parle d’éblouissement à propos de Passion. Or c’est exactement ce que j’avais ressenti (au sens purement esthétique) en voyant... Femme fatale, film plus abouti à mes yeux quoique très inégal. J’avais écrit un truc là-dessus, si je le retrouve je le publie...

A part ça, je sors du Malick: pas terrible mais bien meilleur que The tree of life. Je prévois une note là aussi.

doudou - dis donc !-D a dit…

- Dindon, Bidon... on m'a déjà fait les deux !-D et, pas forcément par malveillance, en plus !-D

Eblouissement, oui ! car le propos est d'une absolue cohérence !-D qui n'est pas de nous raconter, comme j'ai pu l'entendre ça ou là, le féminisme moderne dans le monde capitaliste, ou quoi (bien qu'il y ait un peu de ça), ou de nous donner les clés pour un crime parfait, par exemple !-D mais bien de dégager une question essentielle de cinéma - celle du conflit entre imaginaire et réel ; comme il en avait déjà été question dans Blow out, que j'ai pu revoir récemment.

Pour Femme fatale, je ne me prononcerais pas sur ma seule première vision, mais la fin trop foutraque m'avait paru gâter l'ensemble, bien que particulièrement brillant cependant - mais, peut-être seulement en surface ?

J'attends de trouver une occasion de le revoir dans de bonnes conditions !-D

Sur Malick, lors d'une re-vision, je peux le sauver in extremis (euh, disons ça comme ça) son Tree of life ; même si ce n'est pas un film auquel je suis très attaché. En revanche, j'adhère beaucoup plus à sa "merveille" - je crois que je le trouve plus "terrible" que toi !-D

Ta note devrait donc sûrement nous donner du grain à moudre !-D

PS : euh, merci pour l'effacement du "point superflu" ! en ce qui concerne les autres passages, on ne s'en sortira pas si je devrais me mettre à les modifier jusqu'à ce que j'en sois pleinement satisfait !-D l'espace des commentaires fera très bien l'affaire !-D

Buster a dit…

Ce que tu dis de l’imaginaire et du réel dans Passion est juste mais on pourrait le dire de beaucoup de films de De Palma, d’Obsession à Femme fatale en passant par Furie, Home movies, Blow out, Body double, etc., des films pour la plupart plus convaincants. Je n'ai vu dans Passion qu'une mécanique bien huilée...

futale - a dit…

[A]

D’abord, une petite précision me paraît nécessaire, surtout pour les futurs lecteurs qui viendraient débarquer par là : l’auteur de l’ajout sur Femme fatale… c’est TOI !-D un passage fort intéressant, au demeurant, c’est pourquoi, je ne voudrais qu’on m’en attribue la paternité !-D

Bien.

Maintenant, venons-en à ton comm, Buster : il y a trois points qui ressortent particulièrement. Je les reprends dans l’ordre inverse d’arrivée !-]

a) Le premier, c’est le grief (à l’encontre du film) de n’être, d’après ta vision, « qu’une mécanique bien huilée ».

Euh, ta PREMIERE vision, n’est-ce pas ?-] hum, pardon pour la pointe ironique !-] mais, si j’émets ce doute malicieux, c'est parce que dans ton billet (à toi) sur Passion – posté le di 24 fév. –, tu écris… euh, à peu près l’inverse !?!-D

A commencer par le long passage, qu’on trouve à la fin du deuxième paragraphe (vers le milieu) : « En fait le scénario est inepte. Que l’histoire soit invraisemblable […] »jusqu’à « […] ici aussi émouvants que des figures de mode (comme dans Femme fatale), mais surtout au récit (à la différence de Femme fatale). » ; et, que tu achèves par (euh, je n’y suis pour rien !-D : « [Je sais que ça ne se fait pas] mais bon, pour bien faire comprendre ce qui ne fonctionne pas dans Passion et qui fonctionnait malgré tout dans Femme fatale […] »

Ou alors, je comprends très mal ce que tu veux dire par « mécanique bien huilée ». Par ailleurs, sur ce type de « reproche », est assez ambivalent : si un film (par le biais du scénario) est « mal huilé », ainsi que « sa mécanique », on comprend aisément le mécontentement de l’ensemble des spectateurs. Maintenant, je vois bien que cette expression a un sens péjoratif. Alors, reprenons pas à pas.

Y a-t-il vraiment une « mécanique » ? Euh, pour moi, ce n’est pas si sûr… à la limite, pour toute la partie qui nous montre la machination fomentée par Isabelle (Noomi Rapace), qui représente à peine un tiers du film. Mais alors, là seulement ! Parce que le reste, ne me paraît pas aussi « attendu », « efficace », « couler aussi facilement de source » ou je ne sais quoi encore ?!

Car après la machination, il y a une résolution judiciaire, assez inquiétante – quoique assez, euh, « ordinaire » pour certains ?-D mais bon, ce n’est bien sûr pas là, le grand bouleversement du film – ou si l’on veut, son « énigme » (appelons ça comme ça).

Son enjeu, selon moi, se situe tout juste après : au « quatrième étage », avec les enchaînements de rêve. Où ta… « mécanique » s’emballe !!!-D et se grippe… au tout dernier plan (qui serait… mon cinquième étage !?!-D

à traction !-D a dit…

[B] (suite et fin)

b) Le deuxième point, c’est le côté « convaincants » des films. Ça, avec le temps, à force de pratiquer, les multi-visionnages (les « revisions »), je t’avoue que je ne sais plus trop ce que c’est !-D enfin, disons que je vois à peu près : le film « marche » à la première vision, ou pas. On a, ou on n’a pas, « marché » à un film, toujours à la première (voire deuxième ?-) – et ce, pas forcément à son scénario seul, mais à son « ambiance » générale.

Bon, là-dessus, je mentirais si je disais que j’étais « (complètement) emballé » à la première vision. Autrement dit, dans un « conseil des dix », je n’aurais pas mis, disons « à chaud », les quatre étoiles ! A la troisième vision maintenant… euh, il n’en faudrait pas beaucoup pour que je le fasse !!!-D Là-dessus, la plupart des autres films de De Palma que tu cites s’en sortent nettement mieux – sans qu’ils soient nécessairement plus « forts », plus « poussés », ou ce que tu voudras !-]

c) enfin, il y a la question de l’imaginaire et du réel, comme troisième point. Bien sûr, tu as raison de relever qu’elle parcourt depuis assez tôt l’œuvre du cinéaste – déjà fin des années 70, alors !-D euh, je trouve juste dommage que personne n’en parle à aucun moment dans leur compte-rendu. Euh… toi compris, ahum ?!-D (ou alors, ça m’a échappé !-D

Je dis juste que la problématique (la réflexion) de l’auteur a évolué… une bonne trentaine d’années après ! Mais bon, pour qu’on en parle plus à fond, je préfère attendre que tu l’aies… bien revu - d’autant que ton billet Playtimes (2) pourrait donner pas mal de pistes !-D

Buster a dit…

Tu as raison, je ne me suis pas beaucoup foulé pour le commentaire, rédigé à la va-comme-je-te-pousse…
En écrivant "mécanique bien huilée" j’avais surtout en tête la séquence en split screen, mais je pensais aussi plus largement au cinéma de De Palma, la "mécanique" depalmienne et son côté habituellement bien huilé. Non pas au sens où tout s’enchaînerait de manière fluide, ce qui n’est jamais le cas chez De Palma, mais au sens où il y a toujours un ordre caché dans ses récits, faits de lacunes, et c’est ça justement qui est bien huilé: le dispositif avec tous ses trous que la fin vient généralement combler (mais jamais complètement). Toutes ces lacunes relèvent soit de l’invraisemblable soit de l’improbable, terme plus vaste, qui englobe l’idée d’inattendu... Or ce que je reprocherais à Passion, c’est de cultiver davantage l’invraisemblable que l’improbable, la faute à un scénario faiblard. Si l’histoire ne tient pas debout (comme souvent, ce qui ne me déplaît pas, je le répète), elle ne décolle pas non plus (la fusée que tu y as vu, pour moi reste sur sa base de lancement). Et venant de De Palma c’est très décevant. Car c’est bien à l’aune des autres films de De Palma que je juge, c’est pourquoi je parle d’un mauvais De Palma (à revoir quand même, on est d’accord) et non d’un mauvais film (comme par exemple le dernier Dumont que je viens de voir).

Anonyme a dit…

Vous avez aimé "Passion" ? Vous adorerez "Effets secondaires" du petit Soderbergh...

Anonyme a dit…

Qui voit "Effets secondaires" pourra surtout mesurer la différence entre le petit Soderbergh et le grand De Palma!

Buster a dit…

Merci les anonymes

trames - on tanne ?-D a dit…

Mais, Anonyme de 00h 12… ça sonne comme un vilain slogan publicitaire, votre machin !-D

Eh ! vous savez quoi ? il y a ma boule de cristal qui me dit – attendez… elle me dit… elle me dit : que vous êtes quelqu’un de la société de distribution du film ?-] Bon, si je vous dis qu’on parie une affiche de cinéma (celle du film de De Palma, tiens !-), vous allez me répondre que c’est pas du jeu !-D

Euh, disons le DVD du film, alors !?-D

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Plutôt d’accord avec vous, Anonyme de 10h 16 !-D

Mais, le (gros) hic, c’est que le grand De Palma, pour nous, eh bien, pour beaucoup (euh, de mirauds ?–] c’est… un petit cinéaste – qui, comment qu’y dit le gars déjà ? Ah, oui ! qui : « […] sait faire ou refaire des trucs, mais à ce stade-là, je m'en cogne… », ahum !-D

Euh, non ! Pire, encore !-D c’est que ce minus de Soderbergh, pour pas mal d’entre eux, il mérite beaucoup plus d’attention que… le « très décevant » De Palma !?!-DDD

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Oh, la la… Buster, qu’est-ce que tu me fais là ? mmh, j’ai l’impression de parler… dans le vent !?!-D

Déjà, quelle drôle d’idée de lâcher un comm « à la va-comme-j’te-pousse » !?-D je ne te reconnais pas !?!-D en plus, tu as bien vu qu’avec tes trois lignes, il m’avait fallu une bonne page pour te répondre ! alors, t’imagines : avec douze lignes (euh, de comm, hein !-], ce que je suis capable de faire ?-] genre, pondre carrément un roman !?!-D

Mais, ne compte pas sur moi, pour m’y engouffrer !-DDD car je sens bien que tu as en-fie dé mé fai-reu parh-léyeuh, ach !!!-D

Hum ! pas le sentiment que c’est le bon moment de me chamailler avec toi… euh, qui plus est, sur ton ressenti d’il y a bientôt deux mois sur Passion, ni sur d’autres films (Malick, Dumont) – euh, du moins, sur un fil de discussion !-D

Regarde, on est ici… pratiquement seuls two !-D

(euh, en revanche, autour d’un pot, je ne dirais pas non !-D

Buster a dit…

C’est Passion qui est très décevant, pas De Palma dont j’aime énormément de films (Obsession, Blow out, Snake eyes et Mission to Mars sont mes préférés). Passion est peut-être brillant (plus qu’éblouissant) en termes de... recyclage (celui du cinéma de De Palma), pour autant il lui manque quelque chose, l’étincelle? :-), qui en d’autre temps aurait permis à De Palma de surpasser, sinon délirer, visuellement les faiblesses de son scénario. Dans Femme fatale, De Palma faisait côtoyer, comme souvent, le bon et le mauvais goût. Passion est lui sans saveur. Enfin bref...

PS. Le Dumont est quand même atroce, non?, je ne sais même pas si je vais trouver la force d’en parler.

Anonyme a dit…

Si si, Buster, il faut parler du Dumont !!!

Buster a dit…

Hormis la dernière partie, le film est une vraie purge... En parler n'est pas très stimulant.

sparkle - (h)éros ;-D a dit…

- Hé, mais tu pinailles, là !?-D

Quand je parle du « très décevant De Palma », je m’adresse à l’Anonyme (« de 10h 16 ») ?! de façon très générale, pour mettre en contraste les emballements de certains (ahem) quand Soderbergh réussit un film et les « déceptions » – pour ne pas dire éreintages – quand De Palma en réaliserait prétendument des « mauvais » (des navets, paraît-il ?-)

Mais, ergotons, puisqu’on en est là : si tu as « aimé énormément de films » (de ce cinéaste) dans le passé, je ne vois pas en quoi, on ne pourra pas considérer que, pour toi, il pourrait être… « très décevant », quand il tourne un nouveau film que tu as rejeté ?!! Ou alors, il faudrait comprendre par là que tu n’espères plus rien de lui, depuis un bout de temps ?!!-D (euh, mais alors, depuis… The Black dahlia ?!!-D ce qui revient, du coup, quand même au même, puisque le réalisateur te décevrait au fur et à mesure qu’un de ses films sort à l’affiche ?-] au coup par coup, autant que depuis bientôt dix ans !-D

Passion, « sans saveur » ? Mmh, je me demande pourquoi les adversaires (euh, les déçus ?-] du film lui imputent ce reproche : je l’ai bien pourtant goûté… goulûment !?!-D euh, pas tant que ça la première fois, certes, mais à la revoyure, quel régal !-D

Ensuite, elle revient assez souvent ton histoire de « faiblesse de scénario »… Hum, permets-moi de rigoler ! depuis quand « juge »-t-on un film à l’aune du scénario ?-D

- Mais, depuis très longtemps, mon cher !
- Euh, c’est tout à fait exact, mon bon monsieur !-D et, peut-être même depuis qu’il y a des « critiques » pour recenser les films dans la presse culturelle !-D eh bien… ça n’a pas souvent donné de papiers bien fameux !-D

Bon, tout ça pour dire qu’un scénario de film de De Palma est « faiblard », c’est pas forcément d’un intérêt exceptionnel, si ? peut-être, au contraire, il serait plus instructif d’y dégager ce qui, par ce biais, fait la particularité de son cinéma, voire… sa richesse ? et pourquoi pas, y trouver une volonté affichée d’élagage, sinon d’abstraction (hum, le mot est un peu fort ?-D mais, je crains que déjà pour beaucoup, c’est trop chercher !-D (ou recherché ?-]
Essayons de faire plus simple, alors !-] Voilà : pour moi, Passion – puisqu’on ne manque pas de convoquer Hitchcock quand on parle de De Palma – c’est entre Frenzy et Family plot, euh, « niveau de qualité » (ou d’intérêt). Je cite sciemment ces deux titres, car d’abord il y a des problématiques qui se rejoignent (le film policier, l’observation d’un monde contemporain, etc.), et surtout parce qu’au moment de leur sortie, ils ont été joyeusement dézingués un peu partout ! puis, peu à peu, ils ont été « repêchés », réhabilités.

Tu l’écris toi-même : « […] ce que je reprocherais à Passion, c’est de cultiver davantage l’invraisemblable [que l’improbable…] », « Si l’histoire ne tient pas debout (comme souvent, ce qui ne me déplaît pas, je le répète), elle ne décolle pas non plus […] », etc.

De Palma dénigré, conspué – tout bonnement, incompris – aujourd’hui, à peu près de la même sorte que le maître du suspense, en son temps !-D rappelons, pour mémoire, que ce dernier répondait : « Je hais messieurs les vraisemblants ! »

Enfin, l’ « étincelle » ; celle qui t’a donc échappé – et à bien d’autres visiblement !?!-D là, je suis sincèrement désolé, puisque, pour ma part, je l’ai vue… et ce, à la première « vision » (si j’ose dire !-D en fait, ce qui m’étonne chez toi, avec ce film (pour les autres mirauds… « je m’en cogne », comme dirait l’autre !-D c’est que tu n’as pas voulu la voir !? alors qu’elle est belle et bien là ! Hum, évidemment, si tu ne la vois pas à la deuxième vision, c’est que… euh, ton cas est plus grave que je le croyais !!!-D

Pour le moment, je préfère ne pas en dire davantage, car je ne veux pas gâcher ta… deuxième vision !-D

PS : personnellement, je trouve le Dumont pas si mal… dans son cinéma propre (celui du cinéaste), et surtout comparativement au cinéma hexagonal actuel !-D

oups !-] a dit…

Aïe, deux coquilles :

1) "[Bon, tout ça pour dire] QUE RELEVER qu'un scénario [de De Palma est faiblard…]
2) "euh, EN [termes de] « niveau de qualité »

Buster a dit…

Mon cher Albin, décidément on ne se comprend pas.
L'expression "le très décevant De Palma" renvoie pour moi à un jugement général sur le cinéaste... Passion est "un" très décevant De Palma :-)
Ensuite je n'ai jamais dit que je jugeais les films à l'aune de leur scénario, ce que je dis c'est que lorsqu'un scénario est faible, il faut que la mise en scène soit à la hauteur (pas du scénario, bien sûr) pour surpasser cette faiblesse. Je ne suis pas certain que la mise en scène de Passion soit si géniale que ça, je l'ai trouvée même par moments assez paresseuse.
Pour ce qui est du rapprochement avec les derniers Hitchcock, je suis d'accord avec toi, mais niveau qualité j'évoquerai plutôt Topaz :-D

PS. J'aime beaucoup le Dahlia noir.

baisser - l'étau ?-D a dit…

Mon cher Buster,

Euh… au contraire, il me paraît – à moi – qu’on on se comprend plutôt très bien !-D c’est juste que, toi, tu fais seulement semblant (on dirait) de ne pas vouloir bien comprendre !-DDD

En me relisant - après avoir rédigé le comm « oups ! » -, je me suis dit que tu allais tiquer sur le passage « juger à l’aune du scénario », mais il m’aurait encore fallu corriger là…

Bon, puisque tu veux vraiment pinailler (well, why not ?!-], je reformule : depuis quand alors « juge »-t-on, POUR REPRENDRE TON TERME, un film à l’aune du scénario ?-D (dans ta phrase : « Car c’est bien à l’aune des autres films de De Palma que je juge […] », dans le comm du 04 avril, 14h 02).

A cet égard, puisqu’on en parle, ne trouves-tu pas légèrement présomptueux de ta part de « JUGER », aussi sommairement le dernier film du cinéaste (ton billet sur Passion, les comm ici) - oui, oui, même « à l’aune de » ses films précédents !-D, mmh… et en passant, les autres également (euh, les films des autres cinéastes, ajoutons sans trop creuser « importants du moment », ahem ?!-DDD

J’ai (encore) bien lu : « [Je ne suis pas certain que la mise en scène de Passion soit si géniale que ça] je l’ai trouvée même par moments assez paresseuse » ?

Inutile, bien sûr, de relever ta mauvaise blague sur Topaz (ahum !-D

Désolé de la tournure vaguement « judiciaire », mais pas trop sinistre (espérons-le), que prend ce fil,

Très cordialement.

PS : bon, alors, il y a encore Redacted… qui déçoit ?-D

Buster a dit…

Ah je viens de comprendre... j'ai écrit "jugeais" au lieu de "jaugeais", je fais souvent l'erreur depuis quelque temps alors que je ne la faisais pas il y a 10 ans (mauvaise influence du net certainement)

Je l'ai trouvé... OK, c'est tout?

Bon je ne m'attarde pas, ça évitera les fautes de français :-)

(au passage: Redacted, pas bon)

net(t) - mini :-D a dit…

Euh… tu m’amuses beaucoup, tu sais !-D

Mais, allez ! c’est peut-être pas plus mal de passer à autre chose, tiens !-D

Anonyme a dit…

?? Mais "Topaz" ce n'est vraiment pas si mauvais !!!

le schpountz :-D a dit…

?? Et "Redacted", c'est vraiment plutôt bien !!!

Buster a dit…

Salut le schpountz - toi au moins tu ne te prends pas au sérieux :-)
J’ai vu hier Effets secondaires, c’est encore pire que Passion (si ça peut te consoler)

sérieux - s'abstenir !-D a dit…

Aah, ça : l’esprit de sérieux, en effet(s ?-), c’est pas vraiment pour moi !!!-D

Les critiques, de cinéma surtout – mais ça marche aussi avec les profs, les étudiants, et tout ce qui se rapporte au clergé, quoi – qui se prennent au sérieux, brr… ils me font froid dans le dos !-D c’est déjà pas sûr, qu’on connaisse si bien de quoi on parle (les objets de notre « discipline », ou de nos emballements), pour qu’en plus de ça, il faudrait se farcir les pontifiants, ou les doctes, qui se font passer pour des puits de science, des maîtres à penser (avec des guillemets partout !-], des pythies, ou je-ne-sais-quoi d’autre encore ?! franchement il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, chez certains, je trouve !-D

Tiens, en parlant de ça…

Ce qui me console ici, dans ton rejet du Soderbergh, c’est qu’il y en a – euh, des gens « tout à fait sérieux », hein !-] qui dans le conseil des dix de ce mois-ci des Cahiers, lui mettent trois étoiles (***) ?!! Et… seulement deux (**) – hum, sans même signaler qu’il y en a un qui s’est repris par rapport au mois précédent, euh, après un sursaut d’humeur probablement – pour le (passionnant) De Palma ?!-D

Mmh… va comprendre, Charles !-D