samedi 26 janvier 2013

Django!

The D is silent.

Vu Django unchained. Bon, bah, c’est du Tarantino, autrement dit un style, unique en son genre (et ses sous-genres), machine infernale, prompte à tout recycler, mais sans tri sélectif, d’où ces mix improbables, se contaminant l’un l’autre, jusqu’à provoquer des réactions chimiques pas toujours heureuses, un cinéma au mieux métèque, au pire toxique. Car les films de Tarantino c’est d’abord ça: des réactions qu’on provoque chez le spectateur, en l’excitant, positivement ou négativement, peu importe. Tarantino ne cherche pas à plaire, mais d’abord à se faire plaisir, en retravaillant tout ce qu’il a aimé au cinéma depuis l’adolescence, mais vraiment tout (il brasse large, meilleure façon aussi de toucher le maximum de spectateurs, et la majorité c'est pas la crème - les admirateurs de Ford ça compte pour du beurre... quant à ceux de Griffith, je n'en parle même pas!), des films d’exploitation (blax, kung-fu, grindhouse...) à ceux de quelques maîtres comme Leone, Kurosawa, Aldrich, Fuller, Godard (première période), De Palma, etc., en passant par le polar, la série B, le chambara, le wu xia pian, le western spaghetti et autre bis italien... sans oublier Tony Scott, bien sûr. C’est en cela que le cinéma de Tarantino est dit jouissif, au sens le plus large, extrême: qui provoque plaisir féroce chez certains, profond déplaisir chez d'autres, les deux sensations étant liées en termes d'intensité. Le cinéma de Tarantino est sans limites (pour ce qui est non pas de la violence proprement dite - plutôt "choré/graphique" chez lui - mais du sadisme, d'autant que l'humour n'y est pas toujours associé et que, quand bien même il le serait, il y manque souvent la bonne distance), c’est aussi sa limite. Ad libitum et (parfois, souvent, toujours - selon la sensibilité de chacun) ad nauseam...

Et Django là-dedans? Est-ce un bon ou un mauvais Tarantino? Je dirais un Tarantino moyen, molto medio... Une bonne entame, de celle qui vous fait dire: "waouh, ce salaud de Tarantino est quand même un putain de bon cinéaste!", une séquence d’anthologie (celle des cagoules) - il n'y a pas à dire, la comédie dingo c'est vraiment son point fort - mais aussi de longs tunnels, comme toujours chez Tarantino (excepté Death proof et encore), sauf que là, le tunnel qui concerne toute la partie Candyland du film, malgré quelques petites échappées (les retrouvailles de Django et Broomhilda dans la chambre de Schultz, le cours de phrénologie donné par Candie...), se prolonge jusqu’à la fin (la faute à des dialogues plutôt ennuyeux qui plombent le rythme - un comble chez Tarantino). Au passage, à ceux qui ont l’habitude de se tirer pendant les génériques de fin, je précise que le dernier plan du film n’est pas le départ de Django et sa dulcinée, une fois le domaine explosé, mais celui - après le générique donc - des trois esclaves dans le chariot, que Django vient de libérer, répétant ainsi le geste de Schultz au début du film. "D’où il sort celui-là?" dit l'un d'eux, réplique qui renvoie à ce que Django avait dû lui-même penser de Schultz quand il l'avait libéré... Mais si la boucle est bouclée, les questions demeurent. Et la principale est celle-ci: pourquoi diable Tarantino a-t-il besoin d'un Allemand, cynique et sans scrupules (Waltz est passé du rôle de chasseur de Juifs à celui de chasseur de primes) mais, comme tout bon Allemand, cultivé et raffiné (il passe son temps à se lisser la moustache), pour non seulement libérer Django - et symboliquement les Noirs de l'esclavage - mais aussi l'aider à racheter (au pire négrier de la région) son épouse Broomhilda? Hein, pourquoi? Warum?

Essayons d'aller un peu au-delà du débat stérile qui oppose depuis le début les thuriféraires de Tarantino, voyant dans ses films une lecture politique du monde (là où il ne s'agit que d'une relecture pop des genres et surtout, via ce qu'on pourrait appeler son ultra-post-modernisme, la célébration de toute une sous-culture - c'est son grand mérite, on ne peut le nier, même si cela s'accompagne d'une évidente dénaturation des produits en question - au risque aujourd'hui, puisque, ça y est, la sous-culture a acquis ses lettres de noblesse, d'être condamné à relire son propre cinéma), qui oppose, donc, les thuriféraires de Tarantino et ses détracteurs, lui reprochant à l'inverse, la vacuité de ses films, sinon leur crétinerie, un cinéma de la gratuité qui, question culture, se contenterait simplement, bêtement, de cultiver les images-chocs et les blagues potaches, sans se poser de questions (alors que ce n'est pas si creux que cela, au sens où il y a une toujours une idée chez Tarantino, derrière chaque plan, le problème étant que celle-ci n'est pas toujours bonne, qu'elle est même parfois douteuse...). Bref, si Tarantino n'est pas le grand maître du cinéma contemporain que certains veulent voir (son regard n'est pas suffisamment à la hauteur), il n'est pas davantage ce petit garçon auquel d'autres l'assimilent volontiers, à travers sa façon irresponsable, immature (pour ne pas dire perverse), de faire joujou avec le cinéma, et plus encore, la violence au cinéma... il est seulement le pur produit de son époque, soit une modernité, post ou hyper, peu importe, dominée par l'exagération de tout, des formes comme des concepts, sans hiérarchie aucune, l'objet tarantinien ne reposant, pour le coup, sur aucun fond esthétique ou moral solide (en ce sens il n'est pas baroque). D'où une réelle difficulté à l'appréhender, surtout si l'on s'en tient aux généralités...

Questionner un film de Tarantino, c'est donc l'interroger non pas sur les grands sujets qu'il aborde (les femmes et le machisme, les Juifs et le nazisme, les Noirs et l'esclavagisme, à travers le motif de la vengeance) mais sur ce qui fait saillie dans le film, offre une vraie prise, où l'on puisse s'accrocher, et dans le cas de Django unchained ce qui accroche, c'est bien l'idée que le destin héroïque de Django ne peut s'accomplir sans l'aide d'un Allemand. La réponse n'est peut-être que d'ordre technique, Tarantino ayant trouvé en Christoph Waltz, depuis son rôle de colonel SS dans Inglourious basterdsl'interprète idéal pour donner une nouvelle impulsion à ses films, jusque-là surtout peuplés de figures (pensons à Kill Bill et Death proof), plus que de vrais personnages (excepté celui de Jackie Brown), ce qui le conduit à privilégier ici le personnage de Schultz au détriment du héros noir, resté lui au stade de figure, expliquant la fin à double détente (si je puis dire), la mort de Schultz apparaissant comme une première fin, avant le grand feu d'artifice et son bouquet final: la libération de Broomhilda par Django (c'est la part légendaire du film, j'y reviendrai). Si la présence de Waltz a donc certainement joué dans l'importance accordée par Tarantino à son personnage, il n'en reste pas moins que c'est Schultz (et non Django) le personnage principal du film, là où il n'aurait dû être que le personnage central, autour duquel s'organise la fiction, ce qui n'est pas pareil. Django, lui, reste dans l'ombre, attendant son heure, soit la mort de Schultz, pour justifier son rang de héros noir (Django se prononce "Jango" - le D est muet -, à l'instar du héros de Powerman, une bande dessinée, publiée initialement au Nigéria, qui met en scène le premier superhéros noir). En passant du statut d'esclave à celui de faux valet puis d'apprenti chasseur de primes, Django perpétue l'image de soumission, telle que la théorise Candie/DiCaprio à travers son histoire d'alvéoles retrouvées sur le crâne des Noirs, même des plus exceptionnels... Pas de problème à ce niveau puisque ça fait partie de la fiction qui permet à Schultz de tromper Candie (au contraire de son vieux serviteur noir, l'infâme Stephen - figure antithétique de la "Mammy" d'Autant en emporte le vent - incarné ici par Samuel L. Jackson, l'acteur fétiche de Tarantino). Mais en dehors de ce stratagème, disons social, qu'en est-il des rapports entre Schultz et Django? En privilégiant le premier au second, le cinéaste n'entretient-il pas lui aussi ce rapport de domination que son film est censé dénoncer?

Si pour Tarantino le Sud esclavagiste de cette époque n'est constitué que de Blancs dégénérés, pervers ou psychopathes, le fait de recourir à un Allemand, ancien dentiste devenu chasseur de primes, et non à un futur nordiste (par exemple), pour libérer Django, laisse entendre que ce sont les Etats-Unis dans leur ensemble qui sont à condamner (le racisme, qui n'est pas spécifique au Sud, n'a pas disparu avec l'abolition de l'esclavage). C'est dans ce sens, peut-être, que Tarantino fait appel à la vieille Europe, réputée plus civilisée. Pourquoi pas... Reste que ça sert surtout à plaquer un mythe, celui de Siegfried, sur une réalité historique, l'esclavage des Noirs, qui assimile la quête de Django pour délivrer son épouse, une esclave noire germanophone (Broomhilda von Shaft, Shaft comme le flic interprété par Richard Roundtree, ha ha ha...), du "dragon" Candie, au récit de Siegfried sauvant Brünhilde... Aux yeux de Schultz, Django est une sorte de Siegfried noir... c'est aussi grotesque que pouvait être scandaleux, pour certains Blancs du Sud, le fait de voir un Noir monté sur un cheval, pire, de savoir qu'il est payé pour tuer des Blancs. Cette idée n'est là que pour justifier que Schultz reste avec Django puisque le contrat initial - retrouver et tuer les frères Brittle que seul Django était à même de reconnaître - a été rempli. Pourquoi pas, là encore, sauf que Django ne peut tenir ce rôle de Siegfried noir sans le concours, à nouveau, du "bon" Dr Schultz, suffisamment rusé, lui, pour échafauder une tactique qui permette, via l'intérêt porté aux combats de Mandingues, de racheter Broomhilda à Candie.

Comme on le voit, il y a une réelle distorsion entre ce que Tarantino cherche à montrer (la réalité barbare des Etats du Sud au temps de l'esclavage) et ce qu'il finit par révéler (un regard assez condescendant sur les Noirs), inconsciemment ou par simple inconséquence (de par ses excès, ses fantasmes, ce goût de la caricature, un vrai manque de discernement). D'où une tonalité vraiment malsaine: quid de ces "nigger" à répétition (qu'il y en ait trois fois plus que dans Jackie Brown, c'est normal, compte tenu du contexte historique, mais justement: est-ce le contexte qui favorise l'usage intensif du mot, ou l'envie de provoquer, en répétant à tout bout de champ le mot nigger, qui explique le choix de l'esclavagisme comme sujet de film?); quid de ces "combats de nègres" (que Tarantino nous en montre un, c'est normal, puisque cela a dû exister, mais justement: est-ce l'horreur représentée par de tels spectacles qui justifie qu'il filme ça de manière si frontale, comme un combat de gladiateurs - en référence au Mandingo de Fleischer -, ou son propre voyeurisme qui le conduit à s'attarder sur la scène, jusqu'au coup de grâce?); quid de l'esclave D'Artagnan déchiqueté par les chiens? (que l'image ait valeur de symbole pour signifier toute la barbarie de l'époque, OK, mais pourquoi mettre en scène avec une évidente complaisance, en termes de dramatisation, ce qui concerne des faits sûrement réels - des esclaves cherchant à s'évader attaqués par des chiens - mais suffisamment rares quand même pour qu'ils participent aussi de l'imaginaire collectif noir - a-t-on remarqué d'ailleurs que DiCaprio a la tête de Leslie Banks dans les Chasses du comte Zaroff? - autrement dit, pourquoi mettre en scène ce qui logiquement aurait dû passer par la parole, le récit oral?). Bon je passe sur la scène où Django, masqué, se retrouve nu, pendu par les pieds, prêt à être saigné par émasculation, par un des sbires de Candie, puisqu'il ne s'agit que d'autocitation de la part de Tarantino (clin d'œil à la séquence de l'oreille dans Reservoir dogs) qui fait ici mumuse avec le spectateur (suspense un peu couillon, si je puis dire)...

Au final, ce dont souffre Django unchained c'est d'un vrai déficit de parole, une parole pas déchaînée du tout, pour le coup, parole qui d'ordinaire fait la force des films de Tarantino. "D is silent". D comme Django, dont la libération ne libère pas à proprement parler la parole... comme si la personnalité de Schultz (ou le fait de se retrouver dans la "peau" d'un Siegfried) l'intimidait, plus précisément, comme si la présence de Schultz le freinait dans sa pulsion vengeresse (il est toujours prêt à dégainer). Une fois Schultz mort, Django peut enfin parler... par les armes! Et ce de façon d'autant plus explosive que l'envie de massacre, provoquée, entretenue, par toutes ces scènes de violence sadique gracieusement offertes par Tarantino, aura été contenue tout au long du film. Géniale apothéose! Le Siegfried noir s'est mué en Dragon, crachant le feu aux quatre coins du cadre... "D'où il sort ce nègre?" demande l'esclave hébété. Ah c'est sûr, pas d'un champ de coton! 

38 commentaires:

Anonyme a dit…

Impressionnant!

Anonyme a dit…

Euh, une rapide recherche sur internet vous permettra d'en savoir plus. Les "mandingo fights" semblent être une inventions de Tarantino. Il n'existe pas de traces en tout cas permettant de les établir.
Ensuite, quand on est français, c'est vraiment de manière théorique qu'on peut s'offusquer de l'emploi du mot "nigger". J'ai l'impression qu'il ne revêtira jamais d'importance qu'il n'en a aux oreilles d'un Américain - sans en avoir discuté avec l'un d'eux, ce semble être à la fois un symbole et un traumatisme.

Anonyme a dit…

Rien compris !

Buster a dit…

Sur les combats mandingues, Tarantino n’a rien inventé, c’est une référence au Mandingo de Fleischer, film qui en son temps avait aussi beaucoup indigné, une sorte d’Autant en emporte le vent, en condensé et surtout vu du côté des Noirs. Cette référence était d’ailleurs dans mon texte, je voulais la développer et puis j’ai abandonné (je la replace donc). Je ne sais pas, en revanche, quelle en est la part de réalité (il me semblait que le roman, beaucoup plus complexe, dont le film était l’adaptation, s’appuyait sur des faits réels). Ce qui est sûr c’est que Tarantino délire complètement ce genre de faits.

Avec le mot "nigger" je n’ai aucun problème, Tarantino peut l’utiliser autant de fois qu’il veut. Il est certain qu’il n’a pas la même signification aux USA qu’en France, dans la mesure où là-bas les Noirs eux-mêmes s’appellent ainsi pour retourner positivement le caractère raciste du terme. Il n’en reste pas moins que dans la bouche d’un Blanc c’est toujours un peu choquant, et dans le cas de Tarantino, qui visiblement s’en délecte, on ne sait jamais si on est dans l’hommage à la culture noire ou la grosse provocation.

Anonyme a dit…

C'est pas qu'un phénomène ricain, les rappeurs français aussi retournent les appellations et s'appellent "crouille" ou "négro"...

Anonyme a dit…

Avec Tarantino,on est quand meme à des années lumières du "travelling affaire de morale" godardien,(qui n'est pas un dogme bien sur,mais bon..)

Buster a dit…

C'est vrai que je n'écoute pas beaucoup de rap, surtout français, mais bon, c'est normal qu'on retrouve le phénomène en France (ça relève de l'importation)...
Ce que je voulais dire c'est que Tarantino est tellement roublard qu'on finit par douter de ses intentions. Qu'un Blanc récupère la rhétorique noire, ça ne me gêne pas (pas plus qu'un Blanc qui fait du rap), la question c'est "à quelle fin"?

Anonyme a dit…

Ce n'est pas un phénomène ricain, en effet, ou limité au rappeur. Si vous avez été à l'école récemment avec des noirs et des arabes, vous avez pu constater qu'ils se renvoient régulièrement ce genre d'adjectifs. Quant aux mandingo fights, vous êtes têtus et si vous vous basez sur un film de Richard Fleisher pour établir des faits historiques, eh bien on est pas sorti de l'auberge. Imaginez dans quarante ans quand Django Unchained sera pris pour argent comptant. Ces liens seront peut-être susceptibles de vous faire changer d'avis.

http://www.slate.com/blogs/browbeat/2012/12/24/django_unchained_mandingo_fighting_were_any_slaves_really_forced_to_fight.html

http://www.nextmovie.com/blog/is-mandingo-fighting-a-real-thing/

Buster a dit…

Attendez, on ne va pas refaire le débat sur la question de la vérité historique (comme pour Inglourious basterds), ce n’était absolument pas le sujet de mon billet. Que les combats mandingues relèvent du fantasme, ni de Tarantino ni de Fleischer d’ailleurs mais de celui qui a écrit Mandingo, c’est vraisemblable, peut-être a-t-il tout inventé, peut-être s’est-il basé sur l’existence de rites guerriers chez les Mandingues qu’il a transposés à son roman, peut-être retrouve-t-on malgré tout le cas unique, qu’on ne saurait donc généraliser, d’un esclavagiste qui possédait un esclave si fort physiquement qu’il le faisait se battre contre d’autres esclaves (sans mise à mort néanmoins), je n’en sais rien, et ça n’a pas d’importance, puisque c’est de la fiction… Donc peu importe les sources, l’écrivain, comme Fleischer, comme Tarantino, veut simplement rappeler la cruauté exercée à cette époque sur les Noirs. Et c’est bien cela qui compte, au-delà de ce qui est vrai ou pas dans le roman ou le film. Le problème avec Tarantino c’est que sa complaisance à l’égard de la violence, trop étalée ici, biaise complètement le regard qu’on peut porter sur son film.

Sinon merci pour les liens.

Anonyme a dit…

Fallait pas écrire "ça a existé" alors, si vous êtes sûr de rien

Buster a dit…

Ok, mais on va pas non plus y passer la journée... "ça a existé" au sens où ça préexiste au film de Tarantino, un fait qu’il n’a pas inventé, un fait historiquement faux, puisque ça n’a jamais été prouvé, mais qui sur le principe - faire combattre entre eux des esclaves noirs, à l’image des combats de coqs - n’est pas invraisemblable. Ce qui l’est davantage c’est la représentation qu’en donne Tarantino (on est passé du saloon aménagé en arène chez Fleischer au salon privé chez Tarantino), encore que la question n’est pas celle de l’invraisemblance, mais bien de la signification de telles scènes. Et quand on voit Django unchained on se dit que ce qui intéresse Tarantino, finalement, c’est moins l’esclavagisme et le sort des Noirs que de créer, à travers le personnage de DiCaprio, la plus belle ordure de toute l’histoire du cinéma.

Django Renard a dit…

La scène où Django manque de se faire couper les couilles évoque en effet la scène de l'oreille coupée dans Reservoir Dogs mais cette scène était déjà une citation du Django de Corbucci.

Buster a dit…

Hé hé… sacré Renard! (Renard comme Reinhardt ou comme Foxx?)

Sinon vous avez parfaitement raison, en fait il y a sûrement plein de références dans le film qui m’ont échappé car je ne suis pas spécialiste du western italien. Si je me souviens bien, cette scène de l’oreille coupée dans Reservoir dogs renvoyait à la fois au Django de Corbucci et à The big combo de Lewis (d’après Vincent d’Inisfree qui lui s’y connaît). On m’a dit aussi que la scène des chiens s'inspirait d'un film de Fulci toujours avec Franco Nero (le Temps du massacre, je crois).

Buster a dit…

En fait la recette de Tarantino est assez simple: je recuisine à ma sauce des films que le grand public ne connaît pas pour revisiter l'Histoire que le grand public ne connaît pas non plus. Avec ça, je gagne à tous les coups!

Frank Néron a dit…

Très bon texte de Malausa dans les Cahiers (la sauvagerie dans le boudoir)

Buster a dit…

Ah ouais? Tarantino sadien ou sadique?

Je lis ça dès que je rentre de Tombouctou! :-)

Frank Néron a dit…

Au fait, le pays des Mandingues c'est le Mali.

Buster a dit…

C’est vrai ça...
Sinon je pense à un truc, le film de Tarantino c’est pas Mandingo mais Dingoman!

Frank Néron a dit…

:D

Buster a dit…

Le D est muet?

Anonyme a dit…

Ces types qui viennent régulièrement vous dire : "très bon texte de truc, machin, trucmuche dans les Cahiers", ça serait pas les auteurs des Cahiers eux-mêmes par hasard ? ;)

Vincent a dit…

Absolument, je confirme pour l’oreille et pour les chiens :) quoique cette référence là, je ne l'ai pas vu passer (Je pensais plutôt à la correction au fouet du même tonneau que celle du film de Fulci). Mais il y en a tant ! Ça reste ce qui m'a le plus amusé, et il y en a pour tous les goûts (menu varié) y compris dans les clichés des films hollywwodiens classiques. J'ai été frappé par cette fille qui parle comme Butterfly McQueen dans "Laisse le vent emporter tout".
Voilà, pour ma part, assez séduisant au moment de se mettre à table mais sur la distance, l’écœurement guette.

Buster a dit…

Merci Vincent, le maître Capello du western spagh... euh, pardon, italien! :-)

Frank Néron aka Vincent Malausa? Tout est possible mais j’y crois pas...

Frank Néron a dit…

Vous avez raison Buster, moi et Vincent Malausa ça fait deux. Il se trouve seulement que je considère Malausa comme un des meilleurs critiques actuels, et son dernier texte sur "Django Unchained" le confirme.

Buster a dit…

C'est vrai que Malausa a écrit de très bons textes dernièrement (je pense notamment à ceux sur Wes Anderson).

Anonyme a dit…

Bizarre...
Néron a évoqué le texte de Malausa sur Django Unchained alors que le numéro des Cahiers n'était pas encore sorti, et vous-même, vous posez la question de la perversité ("Tarantino sadien ou sadique?") qui est au coeur du papier de Malausa, comme si en fait vous l'aviez déjà lu.

Buster, seriez-vous plus proche des Cahiers que vous ne le dites? sur Django!

Anonyme a dit…

-les mandigues n'ont aucune réalité historique, qu'elle est l'intérêt de perdre un valeur 'marchande'?

-émancipé un esclave noir américain par une 'Europe réputé plus civilisé' alors que l'Esclavage européenne par la Francenotamment bat son plein ( Martinique,Haïti,Guyane,etc)
ainsi que colonisation en Afrique ,ne me semble pas pertinent.

- la majorité des noirs américains ne s'interpellent avec le terme 'nigger', il me semble par conséquent que certains rappeurs noirs américains ne représentent qu'eux même.

(argument que je renvoie aussi a cet 'anonyme' qui semblait faire d'un cas d'école , des discussion entre noirs et arabes qu'il dont il aurait été témoin).

Buster a dit…

Anonyme de 17h04>
C'est marrant ces soupçons récurrents d'accointance avec les Cahiers: je ne connais ni Malausa, ni Tessé, ni Delorme...
Quant à ma question "Tarantino sadien ou sadique?", rien d'extraordinaire, je ne faisais qu'extrapoler à partir du titre: La sauvagerie dans le boudoir. (pas encore lu le texte)

Anonyme de 18h53>
Plutôt d'accord avec vos remarques, moi je ne dis que ce que me renvoie le film. L'esclave noir, Tarantino s'en fout un peu, ce qui l'intéresse c'est surtout la figure du Black hip hop, bling bling et frimeur, genre 50 Cent...

Frank Néron a dit…

Oh les mauvaises langues ! Si j’ai parlé du texte de Malausa avant la sortie du numéro c’est seulement parce que je suis abonné à la revue. Moi j’aime beaucoup le film et la manière dont en parle Malausa, mais si je l’ai cité c’est parce qu’il semblait répondre à votre propre texte Buster. Et c’est ça qui m’intéresse, la confrontation des textes plutôt que de lire par ex. les salades de Frodon ou les insultes d’un Borges sur FB, un vrai paon celui-là, mais avec juste trois plumes dans le cul ! :)

Buster a dit…

Bon je lirai ce que dit Malausa d’un film qui de toute façon n’est absolument pas sadien.

(sinon, un paon avec trois plumes dans le cul, ça s’appelle un faisan, non?)

Anonyme a dit…

tss...etre encore abonné aux cahiers c'est naze ..

arnaud a dit…

Et pourquoi le film de Tarantino ne serait-il pas sadien ?

Buster a dit…

Bonne question. En fait si, il y a quelque chose de sadien dans le film, dans la partie qui se déroule à Candyland et plus précisément dans la maison de Candie. Disons qu’il y a là un dispositif sadien, à travers surtout le petit salon (boudoir), voire les dialogues, moins d’ailleurs par ce qui s’y dit que l’aspect ennuyeux du discours (littérairement parlant, Sade c’est plutôt chiant à lire, d’autant que, comme le rappelait Lacan, il n’y a pas la moindre trace d’humour chez le marquis).
Mais dans l’esprit et pour le reste, le film n’est pas sadien. D’ailleurs le cinéma de Tarantino n’a rien de transgressif. Digression, oui, par la parole, régression, oui, par les actes, mais pour ce qui est de la transgression...

Frank Néron a dit…

Très mauvais texte de Garbarz dans Positif (Eloge de la dramaturgie) ;)

Buster a dit…

Ne me dites pas que vous êtes aussi abonné à Positif? :-)

Anonyme a dit…

Une seule chose est sûre : Frank Néron n'est pas Franck Garbarz...

Frank Néron a dit…

Et puis quoi encore. Le texte est complètement creux. Faire du film une métaphore de la fonction de metteur en scène (Schultz le réalisateur, Django le comédien) et occulter toute la partie avec DiCaprio, c'est nul. Je préfère encore qu'on dénigre le film en s'attaquant aux problèmes qu'il pose que de le défendre à travers de tels clichés sans se salir les mains.

Buster a dit…

Hum... si c’est vrai ça craint, car cette partie du film, la partie Candyland, a beau être décevante, elle n’en demeure pas moins le centre du récit, ne pas l’évoquer ou la survoler dans une critique est totalement absurde.