samedi 1 décembre 2012

Bish Bosch




"Epizootics!", Scott Walker, 2012. [via 4ADRecords]


Psalmodies, incantations, dislocations, répétitions, Scott Walker plus baroque et abstrait que jamais... Extrait de son nouvel album Bish Bosch (écho au peintre hollandais et son Jardin des délices). Fascinant.

Sinon ici la musique du Tabou de Miguel Gomes, composée par Joana Sá.

15 commentaires:

Buster a dit…

Au début du clip (réalisé par Olivier Groulx), à exactement 2.36, apparaît la tête d'un cochon en gros plan, glissée, telle une image subliminale, au milieu d'une scène de boogie, exécutée par un couple de danseurs noirs. Pourquoi?

Serge Damned a dit…

En tous cas le cochon est un des éléments du bestiaire de Bosch, et un symbole maléfique. C'est peut-être un hommage subliminal à Eustache, seul cinéaste jusqu'à présent à avoir filmé d'une part un cochon (avec Jean-Michel Barjol) et d'autre part un tableau de Bosch. :-)

niceorimmorally a dit…

Peut-être parce que, pour cet album comme pour le précédent - cf. http://www.bbc.co.uk/imagine/article/walker_preview.shtml - Scott Walker a utilisé des carcasses de porc comme instrument de percussion.
Un clin d’œil sans malice en somme.

PS : Je me permets de renvoyer à ce long mais très intéressant article/interview du Guardian : http://www.guardian.co.uk/music/2012/nov/23/scott-walker-interview?fb=native&CMP=FBCNETTXT9038

Buster a dit…

Bravo Serge. On peut y voir en effet un hommage à Eustache (le Cochon, le Jardin des délices). Elle est quand même étrange cette image, en rapport avec le titre du morceau "Epizootics!". Elle semble vouloir dire que si le tableau de Bosch est bien la référence de l’album, c’est à travers la description qu’en donne Eustache (plus exactement Jean-Noël Picq) dans son film.

Cf. le Jardin des délices

D’ailleurs, le premier élément que décrit Picq dans le tableau, le troisième panneau à droite (l’Enfer), le plus intéressant, c’est justement le cochon avec sa coiffe de religieuse (à moins qu’il s’agisse d’une religieuse transformée en cochon). Pour Picq il n’y a pas chez Bosch de sacré, pas de symbolique. Ni ordre ni sens caché dit-il. Si le panneau central, le Purgatoire, le Jardin des délices proprement dit (à gauche c’est le Paradis), marque la réconciliation des espèces, le panneau de droite (l’Enfer donc) exprime la "jouissance insensée". Tout y est mêlé, animaux et humains, morts et vivants, plaisir et douleur, de manière schizophrénique et finalement tranquille, s’opposant à l’image d’apocalypse que représente en haut du tableau la cité humaine détruite par la guerre. Le tableau tend vers le chaos originel. Est-ce aussi ce que cherche à exprimer Scott Walker, en mêlant ainsi chants psalmodiques, percussions tribales et trompettes modales (on pense à John Adams mais aussi au jazz fusion)? D’ailleurs le mot Bish, dérivé de Bitch (en urban slang) est peut-être aussi une référence à l’album de Miles Davis, Bitches brew.

Cf. le morceau-titre Bitches brew

Merci "érudilettante scribouillon" :-)
Je ne connaissais pas cette histoire de carcasses de porc.
L’article du Guardian est passionnant, comme souvent.

Anonyme a dit…

Scott Walker c'est quand même un peu chiant non?

Harlem a dit…

il y a peut-être un message moins honorable, c’est une image subliminale après tout, et elle n’est pas placée n’importe où, coincer une tête de cochon dans une séquence où l'on voit deux Noirs en train de danser, on peut trouver ça raciste.

valzeur a dit…

Hello Buster,

J'espère que vous avez remarqué : ce clip est quasiment le plus beau film de 2012 (avec celui-ci : http://vimeo.com/43974887).

Buster a dit…

Salut valzeur, oui j’ai remarqué, ce clip est fabuleux, je n’arrête pas de me le repasser… Hé hé, pour une fois nous sommes d’accord (je vais aller jeter un oeil à celui que vous proposez)

Harlem, c’est vrai que certains vont y penser, mais moi ça ne m’a pas traversé l’esprit, j’avais trop la tête à Bosch…

Anonyme de 16h18, la musique de Scott Walker c’est pas de la popinette, on y entre pas facilement, du moins aujourd’hui, parce que ses premiers albums (je viens de réécouter Scott 4) relevaient au contraire d’un très beau classicisme. Bish Bosh j’en parlerai plus tard, mais c’est vrai que The drift avait quelque chose d’écrasant, pourtant, à force de l’écouter, ça finissait par devenir magnifique. Scott Walker ça s’écoute dans le noir, les ampli à fond.

Sylvester Staline a dit…

Magnifique clip !

Anonyme a dit…

Et alors, z'avez vu Tabou ?

Buster a dit…

Bah non pas encore.

(et toi, t'as vu Zabou?)

Buster a dit…

Pour revenir à l’image du cochon, je me demande si ce n’est pas en rapport avec l’espèce de grognement électronique qui ouvre le morceau et se poursuit jusqu’à… l’apparition du cochon. Pas bête, hein?

Jacques Rivette a dit…

Une autre vidéo à regarder : après le fameux travelling (latéral) de Kapo, voici le travelling (avant) de Kapo (sans Emmanuelle Riva, non disponible)

Jacques Rivette a dit…

Le lien :

http://www.youtube.com/watch?v=f2k14YFR5sQ&list=UUfSXHzu4h93MFtRukVlBRSw&index=1

Buster a dit…

Hi hi... j’aime bien aussi la Walkula qui vient derrière!