vendredi 2 novembre 2012

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Tiens, j’ai revu la Gueule ouverte de Pialat... Dur, parce que sans concession, mais tellement juste, parce que saisissant de vie, même si la vie y est tristement banale (le réalisme du quotidien: les hommes coureurs de jupons, les femmes douloureusement lucides), autour de la mort qui étreint progressivement la mère, en même temps qu’elle la détache du reste de la famille, attendant la fin sans savoir quoi dire. Soit l’antidote parfait - plus encore que le Cris et chuchotements de Bergman - au mortifère Amour d’Haneke. Car le problème chez Haneke n'est pas que moral. La tension qui y règne entre naturalisme et mise en scène, entre dramaturgie et projet formel - pour parler biettien -, est si violente qu'elle ruine toute possibilité de récit, piégeant ainsi le spectateur, à l'image du pigeon dans le film. Ici le dispositif est même renforcé, Haneke prenant soin de verrouiller toutes les portes, jusqu'à boucher les aérations (avec du ruban adhésif, évidemment), pour que rien ne respire. Chez Pialat, c'est différent, ça respire... pas toujours très bien, des fois ça grince, des fois ça coince, mais ça respire, et parfois avec une belle vitalité lorsque le cinéaste se laisse aller à son penchant renoirien (et qu'il ne le brime pas au montage). C'est que chez lui la tension se situe plutôt entre dramaturgie et récit (la vie sur le vif), le projet formel se trouvant pour le coup totalement sacrifié, ce qui est sans importance puisque l'essentiel est là, respecté: dans un film d'amour (et/ou sur la mort) il faut un minimum de récit.

PS1. Bigre, elle me fout les jetons l’affiche de Skyfall, le dernier James Bond. Daniel Craig ressemble à un mix de Stroheim et de Poutine. C’est lui le méchant du film?

PS2. J'aime bien les "couacs" d'Ayrault, je trouve ça mignon, en tous les cas c'est rien à côté des "crasses" de Copé, plus que pathétiques.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Parfait.

Arno Frisch a dit…

Dumm.